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Responsabilités des intellectuels
Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton - Préface de Michael Albert
Parution : 20/10/1998
ISBN : 2910846083
Format papier : 168 pages (9 x 18 cm)
11.00 €

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À quoi bon dénoncer les crimes dont sont coupables les régimes totalitaires, si l’on est incapable d’investir la même énergie militante et la même rigueur intellectuelle à révéler ceux commis par les démocraties ? – à commencer par la plus puissante d’entre elles, les États-Unis. Analysant notamment le sort médiatique réservé à la tragédie du Timor-Oriental, Noam Chomsky s’applique à dévoiler les ressorts cachés de la politique des grandes puissances et dénonce l’« utopie des maîtres » qui, sous couvert de libéralisme et de « démocratie de marché », se profile à l’horizon du nouvel ordre mondial.

Noam Chomsky

Linguiste, Noam Chomsky est professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston). Parallèlement à sa prestigieuse carrière universitaire, il est mondialement connu pour son engagement politique et sa critique de la politique étrangère des États-Unis.

Les documentaires sur Noam Chomsky aux Mutins de Pangée : Chomsky & Cie et Chomsky et le pouvoir

Autour des interventions de Noam Chomsky en France

Les livres de Noam Chomsky sur le site

> Texte intégral disponible en ligne sur Revues.org
Dossier de presse
Silence, n°244 , 05/1999
Serge Halimi
Le Monde diplomatique , 05/1999
Compte-rendu
Chomsky est un pourfendeur de la démocratie version américaine. La série de conférences qu’il a donnée en Australie et qui vient d’être traduite dans cet ouvrage en est une parfaite illustration. Il n’a d’autre but que montrer à quel point les Américains sont intolérants et conquérants. La première de ses conférences porte sur le rôle des intellectuels. Selon Chomsky, « la responsabilité des intellectuels occidentaux, est de dire la vérité sur les exactions du monde occidental à un public occidental susceptible d’y réagir et d’y mettre fin effectivement et rapidement. » Toute sa plaidoirie consiste à démontrer que les intellectuels, loin de remplir cette fonction, sont plutôt des personnages dociles et soumis. Il dévoile ensuite une version peu rassurante de la politique extérieure des États-Unis. À partir de l’exemple de l’intervention américaine au Timor Oriental, l’auteur prouve que le seul souci des autorités est la défense de la libre entreprise, des intérêts des multinationales. Enfin, dans une dernière intervention plus idéologique, il définit ce que pourrait être le rôle de l’État. Pour lui, « la stratégie des anarchistes sincères doit être de défendre certaines institutions de l’Etat contre les assauts qu’elles subissent […] »
Silence, n°244 , 05/1999
Compte-rendu
Ce livre ne pourrait pas être d’une actualité plus brûlante : on croirait presque que l’auteur s’est imposé l’exercice de style d’évoquer la guerre en Yougoslavie sans jamais en parler. Alors que chacun, en « Occident », semble désormais se soucier de réfugiés et de misère, Michael Albert, qui préface le livre, imagine un autre « train de la mort violente ». Interminable, il traverserait les États-Unis, chargé de tous les corps des victimes du « monde libre ». Dont les « dix millions d’enfants qui, pour n’avoir pas reçu l’aide médicale élémentaire que les nations industrielles sont en mesure de leur fournir, meurent chaque année dans des pays que la Bank of America ou Exxon pillent sans scrupule ».

Si une telle mise en perspective choquera certains, c’est, comme l’explique Chomsky, que les victimes d’Exxon – ou les deux cent mille Timorais massacrés par l’indonésie avec des armes occidentales – ont pour tort particulier d’être « idéologiquement inutilisables étant donné l’identité des vrais responsables ». Quand rien n’est plus commode que de célébrer la dissidence chez « nos » ennemis, il est moins courant de dénoncer « notre » propagande, notre censure, d’autant plus efficaces qu’elles se répètent et se répandent sans violence apparente. « Libertaire de gauche », anarchiste, Noam Chomsky résume néanmoins ainsi la responsabilité des intellectuels occidentaux : « Dire la vérité sur les exactions du monde occidental à un monde occidental susceptible d’y réagir et d’y mettre fin. » Une telle démarche semble devenue « impensable pour notre intelligentsia, qui ne peut pourtant pas prétexter la peur ». Restent ceux qui, à rebours de « l’utopie des maîtres », réfléchissent « aux marges de la marge habituelle ». Avec l’espoir de savoir qu’« on perd, on perd, on perd et puis un jour on finit par gagner ».
Serge Halimi
Le Monde diplomatique , 05/1999
Understanding and Interpreting : Language and Beyond
Le lundi 31 mai 2010    Paris 5 (75)
Conférence-débat de Noam Chomsky
Le samedi 29 mai 2010    Paris 5 (75)
Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky
Le vendredi 28 mai 2010    Paris 5 (75)
Réalisation : William Dodé