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Les Affaires sous la guerre
Armes, pétrole & argent sale en Angola
Parution : 16/09/2003
ISBN : 2910846903
Format papier : 240 pages (9 x 18 cm)
13.00 €

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Depuis que la guerre civile angolaise a repris en janvier 1998, le développement économique et social du pays n’a cessé de se détériorer alors que les revenus pétroliers continuent de croître. Les trois quarts de la population survivent avec moins d’un dollar par jour ; 42 % des enfants âgés de moins de 5 ans sont sous-alimentés ; un enfant meurt de maladies guérissables ou de malnutrition toutes les trois minutes ; l’espérance de vie est de 45 ans et plus de 3 millions de civils ont dû s’enfuir de chez eux.
Les investigations de l’ONG britannique Global Witness ont révélé que les hauts fonctionnaires angolais émargent sur des acquisitions militaires largement surévaluées, et dévoilé l’existence de fuites de capitaux dans les îles Vierges britanniques. Ce livre met à jour les complicités dont se sont rendues coupables sociétés pétrolières et banques internationales avec l’argent des contribuables des pays du Nord. Il révèle le dispositif de pillage des avoirs de l’État angolais par ses élites corrompues. Il montre comment le blanchiment d’argent dévoilé par l’« Angolagate » ne s’arrête pas en France mais s’étend notamment à l’Europe, à la Russie et aux États-Unis.

> La collection des “Dossiers noirs”, en coédition avec l’association Survie est issue d’une collaboration avec Agir ici (un collectif ayant rejoint la confédération internationale Oxfam France)

Global Witness

Global Witness est une ONG qui lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption politique qui l’accompagne.

Les livres de Global Witness sur le site

Dossier de presse
Jean-Pierre Chavagne
Lusotopie , mai 2005
Roman policier ou livre d’histoire ? On est un peu dans les deux ambiances en lisant ce rapport d’enquêtes, fruit des travaux de journalistes et de militants, regroupés par l’ONG Global Witness (témoin mondial), dans une traduction française qui s’ajoute â la collection des Dossiers noirs publiées à l’initiative des associations françaises Agir Ici et Survie. Le texte complet, ainsi que certains autres de la même veine, est accessible sur le site de Global Witness, <www.globalwitness.com>, en anglais, portugais et français. Les informations présentées dans ce rapport sont tirées d’articles de presse, tous donnés en références, ainsi que de données obtenues grâce à des investigations approfondies menées en 2000 et 2001.
Parmi les personnes qui ont fourni des informations à Global Witness, certains l’ont fait en prenant un risque réel.

Si on passe sur de petites erreurs d’un mois sur la date de la mort de Savimbi et sur de très nombreuses redites, il nous reste une foule de renseignements précis sur les personnes, les compagnies, les sommes d’argent, les procédures judiciaires, les liens internationaux, qui nous permettent de nous orienter beaucoup mieux dans un monde qui se veut caché mais dont l’influence est évidente. Démonstration y est faite que les angolais ont été dépouillés de leurs droits et dépossédés pendant plus de quatre décennies de guerre civile. Le conflit angolais a été exploité à des fins d’abus économiques organisés tels que l’appropriation et le blanchiment à grande échelle des avoirs de l’État grâce à des budgets parallèles, des marchés d’armes surévalués, et un endettement délibéré s’appuyant sur l’hypothèque de la production pétrolière à venir. Il n’est pas réaliste compte tenu de ces informations de mettre les échecs de l’État angolais directement sur le compte de la guerre et encore moins depuis la mort de Savimbi.

Ce rapport est structuré en trois grandes parties ; une première où l’Angolagate est minutieusement décortiqué et où on fait complètement connaissance avec Pierre Falcone et Arcadi Gaidamak, entre autres acteurs de ce « Scandale » (titre de cette première partie) ; une deuxième partie qui étudie, sous ce titre, « La complicité des sociétés pétrolière » et souligne les quelques progrès réalisés aujourd’hui de ce côté ; et une troisième et dernière partie plus courte et plus technique, mais accessible, « Le financement », et qui suffit à faire comprendre comment fonctionne le blanchiment de l’argent. Global Witness nous fait remarquer que ce problème s’étend à tous les pays où les ressources naturelles représentent une large pan des revenus de l’État, où la corruption est associée à ces revenus et où les paiements des entreprises sont opaques. Les industries du pétrole, du gaz et des ressources minières sont importantes dans plus de cinquante pays en voie de développement, où vivent quelque 3,5 milliards de personnes dont 1,5 milliard avec moins de 2 dollars par jour. Douze des vingt-cinq pays les plus dépendants de leurs ressources minières et six des pays les plus dépendants de leur pétrole sont classés par la banque mondiale comme « pays pauvres extrêmement déficitaires » et présentent certains des plus bas indicateurs de développement humain.

Une proportion significative de l’investissement étranger dans les pays les moins développés appartient au secteur des industries du pétrole, du gaz, et des ressources minières. Le revenu provenant de cet investissement parvient aux gouvernements sous la forme d’impôts, taxes et autres versements. Si ce revenu était géré de façon efficace et transparente, il pourrait être à la base d’un développement réussi et de la réduction de la pauvreté. Global Witness, en effet, ne se contente pas d’énoncer des faits et de décrire les mécanismes du blanchiment de l’argent, elle énonce aussi sur plusieurs pages des recommandations qui s’adressent aux sociétés pétrolières, aux banques, aux gouvernements, au FMI, au G8, à l’Union européenne, et à l’OCDE. Le leitmotiv de toutes ces recommandations est la transparence.
Jean-Pierre Chavagne
Lusotopie , mai 2005
Réalisation : William Dodé