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Les Pillards de la forêt
Exploitations criminelles en Afrique
Parution : 16/01/2003
ISBN : 2748900103
Format papier : 192 pages (9 x 18 cm)
11.00 €
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Le saccage des forêts primaires d’Afrique centrale est infiniment plus rapide et accompli que ne l’avouent les discours officiels des gouvernements africains et de leurs « bailleurs de fonds » occidentaux. Sous la pression des mouvements écologistes, les seconds ont fait adopter aux premiers des réglementations, souvent très élaborées, qui sont censées protéger l’écosystème, la biodiversité, et garantir le « développement durable ».
Le résultat est exactement inverse.
Voici plusieurs études de cas assez exemplaires, où les opérateurs français occupent une place privilégiée. Pour comprendre comment s’organise ce pillage, il fallait analyser les agissements de nombreuses sociétés (Rougier, Bolloré, Thanry, Pallisco, etc.) ; décrypter les liens entre des acteurs de l’exploitation et les réseaux mafieux, entre des hommes politiques occidentaux tels que Foccart, Godfrain, Pasqua, Chirac et leurs homologues africains ; enfin, suivre l’argent du bois depuis la Banque mondiale jusqu’aux coffres des paradis fiscaux, depuis les ventes de grumes jusqu’aux trafics d’armes.

> La collection des “Dossiers noirs”, en coédition avec l’association Survie est issue d’une collaboration avec Agir ici (un collectif ayant rejoint la confédération internationale Oxfam France)

François-Xavier Verschave

Économiste de formation, François-Xavier Verschave (1945–2005) membre fondateur de l’assocciation Survie est notamment l’auteur de La Françafrique (Stock, 1998) et de Noir silence (Les Arènes, 2000).

Les livres de François-Xavier Verschave sur le site

Arnaud Labrousse

Arnaud Labrousse est l’auteur du Silence de la forêt (L’Harmattan, 2000).

Les livres de Arnaud Labrousse sur le site

Dossier de presse
Jean Chatain
L'Humanité , 25/02/2003
Le pactole africain ne se limite pas au pétrole, métaux précieux et autres diamants, le saccage des forêts primaires représente également une source de surprofits d’autant plus juteuse que largement ignorée. Dans un pays comme le Cameroun, selon la FAO, la déforestation progresse d’au moins 120 000 hectares par an, et, bénéficiant de la complicité (intéressée) du gouvernement Biya et de l’armée, les sociétés françaises y accaparent les trois quarts de la filière bois. Dans le peloton de tête, le groupe Bolloré, qui avait déjà fait l’objet d’une publication de la collection « Dossiers noirs » : Bolloré : monopoles, services compris (L’Harmattan, octobre 2000).
Surnommé « le dernier empereur du Cameroun », Bolloré envoie ses tentacules tous azimuts. Son activité, traditionnellement centrée sur l’exploitation du bois, son transport (pour l’exportation) et les services connexes, est en train de s’étendre à la logistique du futur oléoduc Tchad-Cameroun, aux côtés du frère ennemi, Bouygues.
« Sur la liste des lauréats des coupes 2000 de bois camerounais, on repère vite un récidiviste, Vincent Bolloré, derrière sa Société industrielle des bois africains (SIBAF) et sa Forestière de Campo (HFC). C’est le seul investisseur franco-français à emporter deux concessions », relève la dernière publication d’Agir ici et Survie, précisant que « si la SIBAF est depuis longtemps associé au nom du chasseur Valéry Giscard d’Estaing, la HFC est plus connue, depuis les années soixante, pour son rôle de pilleur de la réserve naturelle de Campo-Ma’an. »
Un exemple révélateur de la stratégie de monopole mise en place par ce type de groupe, s’appuyant sur une pratique de dessous de table érigée en système. Juillet 2000, la HFC est sélectionnée pour des « travaux d’entretien de voies de chemin de fer », financés par la Banque mondiale, concernant la société ferroviaire Camrail, dont Bolloré avait obtenu la concession l’année précédente avec le sud-africain Comazar. Un schéma proche de la perfection : « Il convenait d’améliorer le transport du bois en provenance de la deuxième concession de Bolloré dans le lointain sud-est du pays, de faire charger ce bois par un manutentionnaire Bolloré, dans des wagons Bolloré, destinés au parc à bois Bolloré, pour qu’il retrouve au bout du chemin, sur les quais, les beaux navires Bolloré… » Pour rendre le tout présentable, il suffit de le baptiser « valorisation locale des ressources naturelles pour le marché domestique » et personne n’osera seulement trouver quelque chose à redire.
Jean Chatain
L'Humanité , 25/02/2003
Réalisation : William Dodé