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Que fait l’armée française en Afrique ?
Préface d’Odile Tobner-Biyidi
Parution : 23/10/2009
ISBN : 9782748901122
Format papier : 480 pages (11 x 17 cm)
18.00 €

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Que fait l’armée française en Afrique ? Et de quel droit s’y trouve-t-elle encore aujourd’hui ? Si l’on en croit les discours officiels, elle n’y aurait plus depuis longtemps que des missions humanitaires et de maintien de la paix. La page du néocolonialisme et de la Françafrique aurait été tournée en même temps que finissait la guerre froide.
Ce « Dossier noir » examine, à travers de nombreux exemples concrets, la réalité de cette présence depuis deux décennies. Après un retour sur le dispositif néocolonial mis en place au lendemain des indépendances, il analyse – notamment à travers les conflits en Côte d’Ivoire ou au Tchad – les interventions militaires censées illustrer la « nouvelle » politique africaine de la France.
Entre héritage colonial et stratégies pour s’adapter à l’évolution des rapports de force internationaux, cette politique n’a jamais cessé d’être criminelle.

> La collection des “Dossiers noirs”, en coédition avec l’association Survie est issue d’une collaboration avec Agir ici (un collectif ayant rejoint la confédération internationale Oxfam France)

Raphaël Granvaud

Membre de l’association Survie, Raphaël Granvaud est également l’un des rédacteurs de Billets d’Afrique, bulletin mensuel d’information alternative sur les avatars de la politique africaine de la France.

Les livres de Raphaël Granvaud sur le site

Extrait

La portée du soutien stratégique français au Tchad ne doit pas être sous-estimée. Des dizaines de milliers d’habitants terrorisés ont dû fuir N’Djamena et, sitôt les rebelles mis en échec, Idriss Déby en a profité pour tenter de liquider son opposition démocratique, avec la complicité des autorités françaises. Tandis que l’armée semait la terreur parmi la population, ceux des opposants ou des défenseurs des droits humains qui n’ont pas été arrêtés ont été contraints à la clandestinité. Les arrestations auraient été décidées après que l’armée française ait fourni au dictateur des informations selon lesquelles il y aurait eu des contacts entre les rebelles et les opposants.
Alors que Déby décrétait le couvre-feu, Amnesty international dénonçait des tueries extra-judiciaires, parfois sur des bases ethniques, ainsi que les arrestations de militants et de journalistes. Mais Bernard Kouchner ne voyait aucun inconvénient à tenir une conférence de presse commune avec les ministres tchadiens en visite en Europe. Puis Nicolas Sarkozy s’est rendu au Tchad, où il appelle l’« opposition tchadienne à prendre ses responsabilités »… Enfin, Bernard Kouchner s’est contenté de déclarer : « Entre le président de la République Idriss Déby Itno et la France et entre moi-même et le chef de l’État Déby, les choses sont simples. » Simples, mais pas rassurantes…

Dossier de presse
Dénètem Touam Bona
Africultures , Avril 2010
S!lence , avril 2010
Altermondes , mars 2010
Emmanuel Riondé
Regards , janvier 2010
Jean Chatain
L'Humanité , 10/12/2009
Guillaume Davranche
Alternative Libertaire n°188 , octobre 2009
Le "Dossier noir" de l'armée française en Afrique

Que fait l’armée française en Afrique ?1, c’est le titre du dernier “Dossier noir” de l’association Survie paru aux éditions Agone. Un dossier on ne peut plus actuel en cette année de commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines. Rencontre avec son auteur, Raphaël Granvaud, qui revient sur certaines questions abordées dans ce dossier.

La troisième partie de votre livre s’intitule “la réhabilitation du colonial”, j’ai ressenti un vrai malaise à sa lecture. Je ne savais pas que l’armée française, du moins les forces spéciales opérant en Afrique, étaient travaillées à ce point par la nostalgie du colonialisme. Je me demande s’il ne faut pas voir dans la forte implication militaire française en Afrique, au-delà des enjeux économiques et géopolitiques, une manifestation de puissance. Comme si la France n’avait toujours pas digéré les indépendances africaines, comme si elle ne pouvait renoncer à être une “plus grande France” (formule qui désignait l’empire français)…
Les hommes politiques le revendiquent très clairement, qu’il s’agisse de Mitterrand, de Chirac ou de Sarkozy, on retrouve toujours dans leurs discours l’idée que “la France doit garder son rang dans le monde”. On sent bien que c’est l’argument qui légitime le maintien de cette présence militaire en Afrique. Bien sûr cette présence offre de nombreux avantages : elle conditionne, dans une large mesure, la possibilité d’entretenir des situations de monopole économique dans certains pays et de surveiller des ressources stratégiques.

D’ailleurs certains régimes africains comme ceux du Tchad ou de la Centrafrique ne tiennent que par la force des armes, que par le soutien de l’armée française.
Depuis les indépendances, le prétexte majeur du maintien de la présence militaire française c’est de défendre les pays africains, avec lesquels on a passé des accords militaires, contre des agressions extérieures. Dans les faits, il n’y a quasiment jamais eu d’agressions extérieures, l’armée française n’a servi qu’à gérer les problèmes internes à des régimes confrontés à des rébellions armées ou à des mouvements populaires.

Le plus souvent, les armées des Etats africains postcoloniaux se comportent vis-à-vis de leurs propres populations comme des armées d’occupation. Leurs forces armées sont conçues avant tout pour répondre au péril de l’ “ennemi intérieur” et non à celui d’une agression extérieure. Vos analyses montrent clairement la responsabilité de la France dans cet état de choses.
Absolument, ça faisait partie du kit théorique doctrinal qui a été inculqué aux officiers africains formés dans les écoles militaires françaises. Il faut rappeler qu’au moment des indépendances, les armées africaines sont créées de toute pièce : elles constituent alors une sorte de prolongement de l’armée coloniale française. Les armées africaines sont des filiales de l’armée française, elles sont structurées sur le même modèle, formées à partir de la même idéologie : la doctrine militaire de la “guerre révolutionnaire”, de la “contre-insurrection” qui veut que le rôle principal de l’armée soit le “contrôle de la population”. Mais pour les armées africaines, il ne s’agit pas du contrôle d’une population étrangère comme dans le cas de l’armée française en Algérie. La mission des militaires africains est de contrôler leurs propres populations, mais avec les mêmes méthodes que l’armée française a employées dans ses guerres coloniales. C’est ce qui s’est passé au Cameroun, au moment de l’indépendance, dans la guerre sanglante menée contre les maquis de l’UPC (Union des Populations Camerounaises). Dans le cas du Rwanda, le chercheur Gabriel Périès a retrouvé des mémoires d’officiers rwandais, formés en France dans les années 80–90, dans lesquels on retrouve cette obsession de lutter contre l’ennemi intérieur, de mettre en œuvre des tactiques contre-insurrectionnelles. Menée à son terme, la logique du “contrôle de la population” conduit au génocide…

En dressant la généalogie de la guerre contre-insurrectionnelle, votre livre souligne les continuités et similitudes qui existent entre guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie et guerres postcoloniales du Cameroun (une guerre occultée) et du Rwanda.
Je n’ai fait que rapporter des travaux qui existent sur le sujet. Officiellement, depuis la fin de la guerre d’Algérie, ces théories contre-insurrectionnelles sont remisées et des méthodes comme la torture ou la guerre psychologique proscrites. Dans les faits, il y a eu une première vague d’exportation des tactiques anti-subversives françaises à destination des dictatures sud-américaines : des gens comme le général Aussaresse (connu pour ses révélations sur l’usage systématique de la torture en Algérie) ont pu ainsi continuer à transmettre leur “savoir-faire”… Puis ce savoir-faire anti-insurrectionnel a été recyclé en Afrique francophone pour gérer les indépendances et la période post-indépendance. Moi, ce que j’ai essayé de montrer, c’est que cette tradition de la “guerre révolutionnaire” se poursuit aujourd’hui, de façon plus subtile. Quand on lit les publications militaires contemporaines, on retrouve des références à des gens comme Trinquier (théoricien principal de la “guerre contre-insurrectionnelle”), mais aussi des références aux techniques de conquête coloniale de Liautey ou de Gallieni (guerres coloniales de “pacification” fin XIXe – début XXe siècle) ; des stratèges qui reviennent au goût du jour quand il s’agit de penser des situations de conflit comme celles de l’Afghanistan ou de la Côte d’ivoire.

Sur le plan des savoir-faire et des discours, l’armée française entretient donc un rapport intime avec son histoire coloniale. Y a-t-il une spécificité de l’armée française de ce point de vue là ?
Les militaires français considèrent qu’il y a une tradition culturelle française plus forte que celle des anglo-saxons sur le plan du contact avec les populations. L’armée française prétend détenir un vrai savoir-faire lui permettant de mieux se faire accepter en tant qu’armée d’occupation. C’est la question du “contrôle des populations”. Pour les militaires français, il ne faut pas faire comme les Américains qui arrivent, militairement par la force, et qui ensuite se barricadent. L’armée française se flatte d’être capable d’agir de manière psychologique, en menant des opérations “civilo-militaires” pour faire accepter auprès des populations civiles la présence des militaires. Toujours avec cette idée, qui remonte à l’Indochine, qu’on va pouvoir séparer dans la population le bon grain de l’ivraie, et couper les rébellions de leurs bases populaires.

L’armée française a-t-elle recours à des savoirs de type ethnologique dans son approche des populations des pays occupés ?
Quand on gratte un peu, on retombe toujours sur une espèce de prêt à penser, directement issu de la période coloniale. Les forces spéciales françaises sont sensées, en plus d’un savoir-faire proprement militaire, posséder un savoir culturel, ethnologique qui les rendrait plus à même d’opérer dans certaines zones géographiques du monde, en particulier en Afrique. Ces savoirs “culturalistes” reposent sur des conceptions complètement dépassées d’un point de vue universitaire. Quand on lit des interventions d’officiers dans des colloques, on trouve des choses absolument ahurissantes comme : “la présence de l’armée française est nécessaire parce que les Africains ont du mal à se projeter dans l’avenir”. Les mêmes clichés éculés qui émaillaient le discours de Dakar de Sarkozy : ce vieux fond colonial qui prétend être une connaissance permettant une intervention sur des populations.

Revenons sur le cas du Cameroun, le premier pays africain, en 1960, à accéder à l’indépendance (le 1er janvier). Du milieu des années 50 au début des années 70, il s’est produit une véritable guerre dans ce pays : des dizaines de milliers de morts, plus de 100 000 selon certaines sources. Cette guerre menée contre l’UPC par un régime à la solde de la France relève-t-elle, elle aussi, de la guerre “anti-insurrectionnelle” ?
Le chercheur Gabriel Périès a montré récemment comment les dispositifs mis en place en Algérie ont été décalqués au Cameroun à la même époque2. Le quadrillage des territoires, la torture à grande échelle, la déportation des populations, la politique de la terre brûlée, tout ce qui se faisait en Algérie a été repris tel quel au Cameroun. Il faut signaler sur le sujet l’excellent documentaire “Autopsie d’une indépendance”3 dans lequel on peut entendre Mesmer déclarer à propos des bombardements des villages au napalm que “ce n’est pas important”. Ce sont des choses qui, ces dernières années, commencent à remonter à la surface.

Cela remet donc complètement en question le mythe d’une “décolonisation douce”…
La “décolonisation en douceur” reste la version officielle si l’on se réfère aux programmes scolaires en histoire au collège ou au lycée. Un des enjeux de l’étude de la décolonisation c’est de montrer qu’il y a eu, d’un côté, une décolonisation violente, celle de l’Algérie et, de l’autre, une décolonisation qualifiée de pacifique, de “douce”. Les cas du Cameroun et de Madagascar suffisent à montrer que c’est un mythe complet : le mythe des indépendances en douceur préparées par Deferre et de Gaulle après la conférence de Brazzaville en 46. Dans les faits, tout ce qui a été concédé par la France l’a été contre le gré de la métropole, souvent après des tentatives désespérées de reprise en main violentes. Cela s’est accompagné d’un processus d’élimination des mouvements indépendantistes et de leurs leaders, mais aussi de la promotion d’hommes politiques à la dévotion des intérêts français. Dans l’après-guerre, il y a eu une émergence de mouvements indépendantistes, autonomistes, progressistes, révolutionnaires, un vent d’espoir irrésistible : il y avait des idéologies variées qui mobilisaient les populations, et ces mouvements ont été étouffés, brisés, parfois, comme dans le cas du Cameroun, complètement éradiqués. Il y a donc eu une longue période où les populations africaines ont été orphelines d’un certain nombre de mouvements et de leaders. Ça commence à renaître maintenant avec les mouvements sociaux africains et les contre-sommets où la question de la domination néocoloniale est au centre des préoccupations de la société civile ; qu’il s’agisse de la présence française ou de systèmes plus mondialisés comme la dette et les politiques imposées par le FMI et la Banque Mondiale.

Revenons à l’armée française. Dans votre livre vous mentionnez un “détail” qui fait froid dans le dos : les troupes de marine sont toujours surnommées la “Coloniale”…
Les questions de tradition et d’identité sont des questions extrêmement fortes, en particulier dans les forces spéciales, dans cette composante de l’armée française issue de l’armée coloniale. Les troupes de marine sont extrêmement fières de leur passé colonial, elles en revendiquent l’esprit et les méthodes. Les prises d’armes comme les éditoriaux de leur revue L’Ancre d’or continuent à se clôturer sur ces mots “Et, au nom de Dieu, vive la Coloniale !”

Et j’imagine qu’on retrouve souvent ces troupes de marine dans les opérations françaises menées en terre africaine.
Elles composent en effet la majeure partie des forces spéciales auxquelles on fait appel lors des opérations sensibles : des opérations “coups de poing”, des opérations à forte teneur en renseignement. On les retrouve également dans les opérations européennes (EUFOR). Lors de la première d’entre elles, en République Démocratique du Congo, en 2003, la France s’était flattée d’avoir inculqué un certain nombre de méthodes à des forces militaires européennes, en particulier aux forces spéciales suédoises. Depuis on se demande quelles méthodes puisque parmi ces forces suédoises, certains militaires s’étaient plaints auprès de leur hiérarchie d’avoir eu à subir la vision d’actes de torture pratiqués par des militaires français sur des congolais. Ca a fait beaucoup de bruit en Suède, beaucoup moins en France…

Est-ce qu’il y a un contrôle du Parlement français sur les opérations militaires menées en Afrique ?
Théoriquement, depuis la modification constitutionnelle opérée à l’été 2008, il y a un droit de regard du parlement sur les opérations extérieures, mais un droit extrêmement limité. Les députés ont le droit d’être informé d’une opération extérieure dans les 3 jours après son déclenchement, ils restent donc mis devant le fait accompli. Le parlement ne possède un pouvoir de contrôle que sur les opérations lourdes de plus de 4 mois (qui ne représentent qu’une petite partie des opérations militaires) dont il peut refuser le renouvellement. Il n’y a aucun contrôle par contre sur les opérations secret-défense spéciales et les opérations clandestines de la DGSE.

Le Tchad et la République Centrafricaine (RCA) représentent certainement aujourd’hui l’exemple le plus caricatural de l’ingérence militaire française dans certaines régions d’Afrique. Vous consacrez d’ailleurs une place importante dans votre livre à ces deux terrains d’intervention.
En 2006, en RCA, la France a monté une opération du même type que Kolwezi (sauvetage du régime de Mobutu grâce à l’intervention des parachutistes français) : l’armée française a largué des parachutistes pour reconquérir Birao, dans l’ignorance totale de la population française mais aussi des parlementaires. Cette opération a sauvé le régime du président centrafricain Bozizé. Ce type d’opération reste aujourd’hui tout à fait possible. Plus récemment, lors de la dernière offensive sérieuse des rebelles sur la capitale tchadienne, il y a eu une intervention officielle de l’armée française sous prétexte de sécuriser ses ressortissants. Cette opération a permis de sécuriser l’aéroport d’où ont pu décoller les mercenaires d’Idriss Deby… D’après le journal La Croix, la “sécurisation” de l’aéroport de N’Djamena s’est accompagnée aussi d’une intervention militaire des forces spéciales françaises qui ont pris directement part aux combats contre les rebelles : une opération clandestine qui n’est toujours pas reconnue par les autorités françaises…

Dans son dernier rapport sur la Centrafrique, Human Rights Watch est très critique par rapport aux dernières interventions de l’armée française en RCA.
Dans le rapport qu’elle a publié en 2007, l’ONG a pointé un certain nombre de choses : elle a détaillé la politique de terre brûlée menée par l’armée centrafricaine à l’égard des populations du Nord, des populations accusées de soutenir les mouvements rebelles. Là aussi, on retrouve les techniques coloniales françaises : il s’agit de terroriser les populations afin de priver de leur soutien les mouvements rebelles. Les exactions les plus graves ont été commises dans le sillage direct des interventions militaires françaises. Après la reprise de Birao par l’armée française, cette ville a été ravagée par les forces centrafricaines. A l’époque, dans les journaux, les militaires français ont fait peser la responsabilité des destructions sur les rebelles. On sait depuis qu’il s’agissait d’une tentative de dissimulation qui relève de la complicité de crime de guerre. Il y a également dans le rapport de HRW des photos qui interrogent : on voit des officiers français à proximité directe de l’OCRB (Office Central de Répression du Banditisme), une sorte de milice qui se livre à des exécutions sommaires.

Vu la nature de ses interventions en Afrique, la France est-elle vraiment en mesure de commémorer le cinquantenaire des “indépendances” africaines ?
On sent qu’il y a un gros malaise au niveau de la commémoration de ce cinquantenaire. Ce malaise n’est pas étranger au fait que toutes les interventions orales de Nicolas Sarkozy sur la question de l’Afrique affirment une volonté de rupture avec les pratiques de ses prédécesseurs. Mais en dehors des discours, de rupture on n’en voit pas : c’est toujours le règne des pressions diverses, des émissaires occultes, des accords secrets, des opérations clandestines. On va avoir en guise de célébration des choses assez caricaturales : un défilé du 14 juillet où, sous couvert de rendre hommage aux tirailleurs africains, on va inviter des armées comme celles du Cameroun ou du Congo connues pour leurs exactions envers les populations. La véritable décolonisation et la célébration de cette décolonisation restent à faire…

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1 Que fait l’armée française en Afrique ?, Editions Agone, oct. 2009.

2 cf. Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959–1994), Gabriel Périès et David Servenay, Editions La Découverte, 2007.

3 Cameroun, Autopsie d’une indépendance, réalisation Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf, durée 52’, production : France 5 / Program 33, 2007.

Quelques références :
En Centrafrique, stratégie française et enjeux régionaux
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/02/MUNIE/15569

État d’anarchie (rapport Human Rights Watch sur la RCA)
Rébellions et exactions contre la population civile
http://www.hrw.org/fr/reports/2007/09/13/tat-d-anarchie

Cameroun : retour sur une décolonisation sanglante
http://www.afriscope.fr/spip.php?article182

Où est le “centre” de l’Afrique ?
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=7250

Marchés militaires et économie de la prédation, des pays du lac Tchad et du Soudan occidental au Golfe de Guinée.
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=4394“http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=4394

Cinquante ans de décolonisation africaine
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9139

> Lire l’article sur le site d’Africultures

Dénètem Touam Bona
Africultures , Avril 2010
Interview

Que fait l’armée française en Afrique ? De quel droit s’y trouve-t-elle encore aujourd’hui ? Si l’on en croit les discours officiels, elle n’y aurait plus depuis longtemps que des missions humanitaires et de maintien de la paix. Vraiment ? Silence a rencontré Raphaël Granvaud, militant de l’association Survie et auteur d’un ouvrage publié récemment, Que fait l’armée française en Afrique ?

Silence : Combien de soldats français opèrent actuellement en Afrique ?

Raphaël Granvaud : Officiellement un peu moins de 5 000 hommes dans les bases militaires et un peu plus de 3 000 hommes en opération, sans doute un peu plus. Compte tenu du matériel dont ils disposent, cela représente une force de premier plan en Afrique.

Depuis quand et pourquoi l’Armée française est-elle en Afrique ?

Cela remonte à la conquête coloniale. Celle-ci a donné naissance à des entités militaires particulières : l’Armée d’Afrique et l’Armée coloniale, qui acquièrent une importance considérable dans l’armée française et dans la société1. Dans les années 1960, l’armée française ne se retire pas d’Afrique. De Gaulle n’a accordé les indépendances qu’en contrepartie d’accords militaires, de coopération ou de défense qui garantissent à l’armée française le maintien de garnisons et une libre circulation en Afrique. Depuis les années 1960, le nombre de bases militaires françaises a fortement baissé. Il n’en reste officiellement plus que trois au Gabon, au Sénégal et à Djibouti. Mais parallèlement, les moyens de projection depuis la métropole ont été considérablement accrus, et ni le rythme ni le volume des interventions militaires n’ont diminué. Au total, plus de 50 interventions officielles depuis 1960, sans compter les opérations secrètes ou clandestines et les opérations officieuses sous-traitées à des mercenaires sous contrôle. Sous couvert d’humanitaire ou de protection des ressortissants, il s’agit toujours d’ingérence ou de défense des intérêts tricolores.

Comment se comportent les troupes françaises, au quotidien, par rapport à la population ?

Je ne voudrais pas avoir l’air de faire de généralisation abusive. Tous les militaires n’ont évidemment pas le même comportement. Mais il faut néanmoins noter qu’au mieux le paternalisme raciste semble la norme. Et surtout, si tous les militaires ne se livrent pas à des abus, ceux qui les commettent sont en revanche systématiquement couverts par l’institution militaire et ce sont ceux qui les dénoncent qui sont sanctionnés, car ils sont accusés de salir l’image et l’honneur de l’armée française. Ainsi, que l’on considère les viols commis contre les rescapés du génocide au Rwanda en 1994, les tortures pratiquées en 2003 en RDC sous les yeux effarés des soldats suédois présents aux côtés des français, les massacres gratuits de civils ivoiriens en novembre 2004, ou les meurtres « ordinaires », comme celui de l’affaire « Mahé », du nom de ce civil ivoirien exécuté en 2005 sur ordre de la hiérarchie militaire, c’est pour l’instant l’impunité qui est la règle.

Quel a été le rôle de l’Armée française au Rwanda ? En Côte d’Ivoire ?

Au Rwanda, l’armée française a soutenu militairement jusqu’au bout la dictature raciste de Juvénal Habyarimana tandis que celle-ci planifiait le génocide. Elle a formé les corps d’élite qui en seront le fer de lance. Une fois le génocide commencé, et même une fois celui-ci quasi achevé, elle n’a jamais cessé son soutien. Si l’on ne prend que les livraisons d’armes, c’est déjà, en droit international, constitutif de complicité de génocide. L’armée française a également exfiltré vers le Zaïre les troupes génocidaires alors qu’elles perdaient la guerre contre le Front patriotique rwandais pour leur permettre de préparer « la revanche ». C’était l’opération Turquoise.
En Côte d’Ivoire, la France est officiellement intervenue pour éviter un bain de sang, un « nouveau Rwanda ». En fait, elle n’est pas étrangère au déclenchement de la crise : le pompier pyromane en quelque sorte. Après avoir refusé de faire jouer les accords de défense qui la liaient au gouvernement ivoirien, elle s’est interposée et a sanctuarisé la rébellion au nord du pays, créant une partition durable du pays. Les événements les plus marquants se sont déroulés en novembre 2004. Alors que l’aviation ivoirienne tente une reconquête militaire du Nord du pays, les forces françaises et onusiennes censées garantir le cessez-le-feu laissent faire. Mais deux jours plus tard, un camp français à Bouaké est mystérieusement bombardé par un avion ivoirien piloté par un mercenaire slave. Sans prendre le temps d’obtenir des explications, la France ordonne la destruction immédiate de toute la flotte ivoirienne, déclenchant des représailles contre les ressortissants français orchestrées par les milices de Gbagbo, mais aussi des manifestations patriotiques tout à fait légitimes. À plusieurs reprises, l’armée française a tiré sur des foules désarmées, faisant des dizaines de victimes et des milliers de blessés, tandis qu’il n’y a pas eu un seul mort de ressortissant français à déplorer. Par ailleurs, c’est la France qui s’est opposée à l’arrestation des mercenaires impliqués dans le bombardement de Bouaké et qui maintient le secret défense sur le sujet, à la grande colère des familles de militaires français décédés.
Il faut rappeler que ces deux opérations, Turquoise au Rwanda et Licorne en Côte d’ivoire, ont bénéficié d’un mandat de l’ONU, ce qui n’est donc pas un gage absolu de légitimité.

Quelles sont les évolutions depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir ?

Elles sont faibles… D’un côté on continue à envoyer l’armée soutenir « nos » dictateurs au Tchad ou en Centrafrique quand c’est nécessaire, de l’autre on tente de ripoliner l’image de la France en Afrique. Ainsi on renégocie les accords de défense et on promet la transparence, mais l’Assemblée nationale sera simplement mise devant le fait accompli et on ne touche pas aux nombreux autres accords militaires secrets. Suite à la réforme constitutionnelle de l’été 2008, l’Assemblée dispose aussi d’un pouvoir de contrôle sur les interventions militaires : mais uniquement a posteriori pour le renouvellement des opérations de plus de quatre mois. Et encore, cette règle n’est même pas strictement appliquée et ne concerne que les interventions les plus volumineuses. À plus forte raison, les interventions secrètes des forces spéciales du COS[2] ou les opérations clandestines du service Action de la DGSE (services secrets), qui sont de véritables gardes prétoriennes à la discrétion de l’Elysée, ne sont pas concernées. Quoi qu’en disent certains, il n’y a aucune volonté de rupture avec l’impérialisme français en Afrique.

1 Cf De l’armée coloniale à l’armée néocoloniale, brochure de Raphael Granvaud, 2009, téléchargeable sur http://survie.org.

2 Commandement des Opérations Spéciales, troupe d’élite de plusieurs milliers d’hommes, contrôlée par l’Elysée.

S!lence , avril 2010
Compte-rendu
Que fait l’armée française en Afrique ? Question pertinente que tout citoyen français est en droit de se poser car il finance le coût de cette présence (100 000 € par heure). Collaborateur du Billets d’Afrique, bulletin mensuel de l’association Survie, l’auteur ne manque ni d’exemples, ni de chiffres pour sa démonstration. Il revient sur le dispositif néocolonial mis en place au lendemain des indépendances et dresse le bilan de l’activité de l’armée française en Afrique depuis la fin de la guerre froide. Les épisodes ivoiriens et tchadiens démontrent que rien n’a changé dans la politique africaine de la France sous couvert d’« opérations de maintien de la paix ». Le contrôle des richesses de ce continent est un enjeu stratégique que se disputent, plus que jamais, plusieurs pays dont la France. L’armée française en Afrique sert essentiellement les intérêts des multinationales, toujours promptes à mettre leurs bénéfices à l’abri dans les paradis fiscaux.
Altermondes , mars 2010
Compte-rendu
« Que fait réellement l’armée française en Afrique ? Et de quel droit s’y trouve-t-elle encore aujourd’hui ? » Dès l’introduction, Raphaël Granvaud précise le double sens du titre interrogatif qu’il a donné à son ouvrage.

Cette petite somme (l’auteur, militant de Survie, a consulté de nombreux ouvrages, articles de presse, rapports d’Ong, de missions parlementaires, etc.), précise et bien écrite, met en lumière l’histoire cohérente d’une armée française qui n’a jamais réellement envisagé de quitter l’Afrique. Un continent nimbé d’un fort parfum de nostalgie coloniale et sur lequel tous les dirigeants de la Vème République lui ont confié la sauvegarde des intérêts économiques et stratégiques du pays. Y compris au prix du crime, qu’il s’agisse de l’accompagner ou, très souvent, d’y participer.

L’ouvrage réduit en miette les raisons toujours servies depuis 30 ans lorsque nos fiers soldats se déploient en “opérations extérieures” : protéger les ressortissants français, apporter de l’aide humanitaire, éviter le chaos régional… Du Tchad au Rwanda, ils n’y sont presque jamais pour ça. Ce livre croule sous les exemples.
Emmanuel Riondé
Regards , janvier 2010
Vérité, histoire, démocratie - Trois grandes notions entachées d'imposture

Le livre de Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique, est une somme considérable et passionnante qui fait le point sur les crimes et complicité de génocide du pays des droits de l’homme au continent des «sauvages». Les informations sur ces crimes existent mais nombre d’universitaires continuent de ne pas les divulguer, travestissant ainsi l’histoire, manipulant des clichés racistes et cela afin de ne pas blesser un certain orgueil patriotique.
À la lecture de ce livre on peut penser aux pires heures du stalinisme sur la falsification historique au sommet de l’État. Le bloc soviétique désinformait grossièrement, contrairement aux technologies plus subtiles à l’Ouest qui, désinformation, manipule de l’opinion et pratique l’autocensure.
S’intéresser aux rapports de la France à l’Afrique réinterroge les conditions de production de la vérité, l’écriture de l’histoire, la légitimité des interventions guerrières des pays démocratiques. Et fait douter de notre statut de démocratie et d’état de droit. Mais qui a le courage de s’apercevoir que la vérité relève du thumos et non de la sophia?

Zibeline : Vous portez dans votre livre des accusations très graves contre l’armée française, lui reprochant de s’être rendue coupable, jusqu’à récemment, de crimes ou de complicité de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Sur quoi ces accusations sont-elles fondées ?

Raphaël Granvaud : Ces accusations correspondent à des définitions très précises en droit international et sont étayées par des rapports très sérieux de diverses ONG. Lorsque l’armée française tire sur des foules de manifestants ivoiriens désarmés en novembre 2004, quand elle cautionne le recrutement d’enfants soldats comme dans l’armée tchadienne qu’elle porte à bout de bras, lorsqu’elle encadre et supervise les opérations militaires d’une armée qui mène une politique de la terre brûlée contre une fraction de sa population, comme en République centrafricaine et qu’en plus elle tente de dissimuler ces crimes à l’opinion publique internationale, il s’agit bien de crimes ou de complicité de crimes de guerre. Sans parler bien sûr du Rwanda en 1994 où il y a eu complicité active, au sens juridique du terme, dans l’accomplissement du génocide des Tutsi.

Sur le Rwanda, justement, certains font valoir qu’on se massacrait dans la même famille et qu’il s’agissait d’une affaire purement rwandaise. Comment la France est-elle complice ?

Ce sont des personnes précises qui se sont rendues coupable de complicité de génocide, mais elles occupaient à l’époque le sommet de la hiérarchie politique et militaire, et elles engageaient donc l’État français. Pour faire court, disons simplement que livrer des armes aux génocidaires, pendant le génocide, relève au plan juridique de la complicité de génocide, crime également imprescriptible.
Cela n’enlève rien au fait que la genèse du génocide, l’instrumentalisation politique, par une dictature raciste, d’un ethnisme artificiel hérité de la colonisation, est bien une histoire rwandaise (néanmoins certains militaires belges et français partisans des théories de la « guerre révolutionnaire » s’y sont associés depuis longtemps). Cette histoire a effectivement déchiré des familles mais utiliser l’argument de la proximité entre les victimes et les exécutants du génocide pour le banaliser, et masquer sa planification au sommet de l’État, le faire passer pour une explosion de colère spontanée, ou occulter les complicités françaises, relève de la méconnaissance, ou de la falsification historique.

Les faits que vous rapportez dans votre livre sont très largement ignorés de la population française. Comment est-ce possible à l’ère du « tout communication » ?
Je me suis contenté de produire une synthèse des rapports d’ONG, des enquêtes journalistiques françaises ou étrangères, des travaux universitaires, des publications militaires… Mais il est impossible au lecteur de la presse nationale d’avoir une vision d’ensemble de ce que l’armée française fait réellement en Afrique.
Les informations pertinentes sont rares et noyées en permanence dans un flot continu d’approximations, de clichés hérités de la période coloniale ou de tentatives délibérées de désinformation.
Sur les questions sensibles, qui touchent à la raison d’État et au « secret défense », dont on use abondamment en France, le terrain médiatique constitue officiellement un terrain de manœuvre comme un autre pour les militaires… Enfin, il faut aussi regretter une sorte de paresse intellectuelle ou d’aveuglement volontaire, qui fait qu’il est plus facile de laisser filer au second plan de sa conscience des informations qui viendraient trop radicalement bouleverser les idées communément admises sur « le pays des droits de l’homme »…

Régis Vlachos
Zibeline , décembre 2009
Afrique. Un continent sous « secret défense »
La politique africaine de la France demeure méconnue tant des représentations nationales concernées que des opinions publiques. Une tradition de la Ve République (et non la Constitution elle-même, comme le prétendent certains) en a fait une véritable chasse gardée élyséenne, rendant malséante la moindre curiosité, fût-elle parlementaire. Un exemple extrême  : les «  accords de défense  » signés à la période des indépendances comportent des clauses secrètes, toujours ignorées cinquante ans plus tard des députés et sénateurs de notre pays, a fortiori des élus africains. Ce qui n’empêche de les évoquer comme autant de «  sésames  » pour telle ou telle intervention sur le terrain, de la destruction de la force aérienne ivoirienne en novembre 2004 au soutien confirmé par Nicolas Sarkozy à la dictature tchadienne menacée par des rébellions périodiques. Nul besoin de préciser le contenu des dites clauses, le «  secret défense  » permet d’opposer une fin de non-recevoir à toute demande d’investigation qui se ferait insistante. Ainsi la mission d’information parlementaire sur les responsabilités françaises dans le génocide rwandais de 1994 se vit-elle très officiellement refuser l’accès à un certain nombre de sources essentielles. Une chaîne de commandement courte relie directement la présidence française à la haute direction de l’armée, court-circuitant de fait la sphère politique. Elle fut mise en place au début des années soixante, lors de la vague d’indépendances ayant ponctué la fin de la guerre d’Algérie. C’est à décrypter sa logique bien particulière que s’emploie l’auteur de Que fait l’armée française en Afrique  ? Un titre question qui doit s’entendre dans un double sens. Quelles actions mène-t-elle concrètement sur place (en 1994, peu de Français savaient que «  nos  » militaires étaient présents au Rwanda depuis déjà quatre années)  ? De quel droit celles-ci sont-elles conduites et pour la promotion de quels intérêts  ? Un ouvrage doublement de référence en quelque sorte.
Jean Chatain
L'Humanité , 10/12/2009
Sur l'échiquier continental
Est-elle si loin, l’époque de Kolwezi, quand la France parachutait la Légion sur le sud du Zaïre pour sauver un despote aux abois et affirmer la primauté de ses armes en Afrique francophone ?
C’était il y a 31 ans, et c’était la Guerre froide.
Aujourd’hui que l’URSS ne menace plus son « pré carré », que fait l’armée française en Afrique ? C’est le thème – et le titre – du livre de Raphaël Granvaud.
De l’armée coloniale à l’armée néo-coloniale, il étudie l’évolution du dispositif militaire français en Afrique, et le discours qui l’accompagne. L’avenir, c’est la sous-traitance, avec la formation d’armées supplétives. Quand ça ne marche pas, il reste toujours les bons vieux corps expéditionnaires (au Tchad ou en Centrafrique). Aucune puissance étrangère ne dispose d’autant de troupes prépositionnées sur le continent.
Un des chapitres est consacré à la montée de l’influence chinoise et états-unienne sur le continent, qui perturbe le jeu habituel de la Françafrique. Les Chinois restent pour l’instant prudents. On apprend même que depuis l’an dernier Pékin et Washington négocient un deal pour éviter que le continent devienne un « front de conflit » entre eux. Un deal dont les États-Unis testent la résistance, en revanche, c’est celui passé avec la France. Même si les deux États restent fondamentalement alliés, c’est l’équilibre de l’alliance qui est sujet à un permanent rapport de forces. Ainsi Washington n’hésite plus à nouer directement des partenariats militaires avec des pays du « champ » français. Paris doit défendre son influence pied à pied, quitte à téléguider certains putschs. En août 2005 encore, Paris n’était pas mécontent de voir le dictateur mauritanien Ould Taya, trop proche de Washington, destitué au profit d’une junte militaire qui lui a aussitôt donné des gages de fidélités On ne plaisante pas avec la Françafrique…
Guillaume Davranche
Alternative Libertaire n°188 , octobre 2009
Raphaël Granvaud : Que fait l'armée française en Afrique ?
Le mercredi 16 février 2011    Romans (26)
Raphaël Granvaud : Que fait encore l'armée française en Afrique ?
Le mercredi 17 novembre 2010    Lyon 7 (69)
Conférence-débat Raphaël Granvaud : « 50 après le décolonisation, où en est-on ? »
Le lundi 15 novembre 2010    Bagnols sur Cèze (30)
Projection-débat Raphaël Granvaud : « Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le vendredi 29 octobre 2010    Nanterre (92)
Conférence-débat Raphaël Granvaud : « Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le jeudi 28 octobre 2010    Belfort (90)
Conférence-débat Raphaël Granvaud : « Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le mercredi 27 octobre 2010    Rennes (35)
Conférence-débat Raphaël Granvaud : « Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le mardi 26 octobre 2010    Nantes (44)
Rencontre « Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le mercredi 19 mai 2010    Paris 13 (75)
« Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le mardi 18 mai 2010    Marseille 2 (13)
« Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le lundi 17 mai 2010    Le Thor (84)
Rencontre « Que fait l'armée française en Afrique ? »
Le mercredi 7 avril 2010    Grenoble (38)
Rencontre avec Raphaël Granvaud
Le mercredi 31 mars 2010    Toulouse (31)
Rencontre "Que fait l'armée française en Afrique?"
Le mercredi 24 mars 2010    Aubenas (07)
Rencontre "Que fait l'armée française en Afrique?"
Le mercredi 17 mars 2010    Lyon (69)
Rencontre "Que fait l'armée française en Afrique?"
Le mercredi 10 février 2010    Saint-Etienne (42)
Rencontre "Que fait l'armée française en Afrique ?"
Le mercredi 27 janvier 2010    Bordeaux (33)
Rencontre "Que fait l'armée française en Afrique?"
Le mercredi 18 novembre 2009    Paris 3 (75)
Réalisation : William Dodé