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Aktion (Die) Revue littéraire et politique publiée par Franz Pfemfert entre 1911 et 1932, Die Aktion se revendique d’une esthétique proche de l’expressionnisme et suit une orientation politique d’extrême gauche. D’abord anarchiste avant la Première Guerre mondiale, elle se rapproche du radicalisme « conseilliste » et anarchiste au début des années 1920. D’abord hebdomadaire, la revue paraît ensuite tous les quinze jours à partir de 1919, puis de plus en plus irrégulièrement après 1926, où elle devient un des organes de presse officieux de l’opposition trotskiste. La revue a donné naissance à la maison d’édition de Franz Pfemfert, l’Aktion-Verlag. Depuis 1981, Die Aktion reparaît aux éditions Nautilus (Hambourg), qui ont publié les œuvres complètes de Franz Jung. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Albers, Hans (1891-1960) Fils de commerçant né à Hambourg, Hans Albers est à la fois chanteur, acteur de cinéma et de théâtre. Engagé en 1926 par le Deutsches Theater, il doit son plus gros succès de scène au rôle de Mackie Messer dans L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht. Il va acquérir également une certaine célébrité dans les films L’Ange bleu (1930) et Münchhausen (1943). Sa carrière d’acteur se poursuivra après la Seconde Guerre mondiale puis il sombrera peu à peu dans l’alcoolisme. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Andler, Charles (1866-1933) Strasbourgeois d’origine, Charles Andler enseigne comme germaniste à la Sorbonne puis au Collège de France. Auteur des travaux sur Nietzsche et Bismarck, il s’élève pendant la Première Guerre mondiale contre le pangermanisme et le militarisme allemand. Avec son collègue Charles Schweitzer (le grand-père de Sartre) ils proposeront deux fois, sans succès (en 1929 et 1930), Karl Kraus au prix Nobel de littérature, pour sa pièce-réquisitoire contre la Première Guerre mondiale, Les Derniers Jours de l’humanité . [Source : Bourgeois et Soldats ]
Angriff (Der) Journal de propagande national-socialiste créé – délibérément au cœur de « Berlin la rouge » – par Joseph Goebbels à l’été 1927, sa parution est d’abord bihebdomadaire avant de devenir quotidienne, en octobre 1930. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Appel, Jan (alias Jan Vos, Jan Arndt et Max Hempel, 1890-1985). Né dans un village du Mecklenburg, cet ouvrier professionnel des chantiers navals adhère au SPD en 1908. En contact avec les radicaux de gauche (Linksradikale) de Hambourg pendant la guerre, président des Revolutionäre Obleute (délégués révolutionnaires ou « shop stewards ») de Hambourg, Jan Appel joue un rôle majeur dans la conduite de la grève des usines d’armement de la cité en mars 1918. Il devient spartakiste, puis adhère au KPD de la ville. En octobre 1919, il représente l’opposition de gauche hambourgeoise au congrès de Heidelberg, participe aux combats armés de la Ruhr en mars 1920, puis, le mois suivant, adhère au KAPD lors de sa fondation. Durant l’été 1920, il est envoyé à Moscou avec Franz Jung et détourne, avec l’aide de Hermann Knüfken, un chalutier pour se rendre à Mourmansk. À Moscou, il rencontre personnellement Lénine et Radek. Il sera (avec Alexander Schwab) délégué officiel du KAPD au IIIe congrès du Komintern. Responsable et rédacteur du journal unioniste Der Klassenkampf dans la Ruhr, il est arrêté par la police et condamné pour « piraterie » à une peine de prison de deux ans (1923-1925). À partir de 1926, il vit et travaille sur les chantiers navals aux Pays-Bas, milite avec le Groep internationale comunisten (GIC) et commence la rédaction de son ouvrage sur les Principes de base de la production et de la distribution communiste (1930). Recherché après 1933 par le régime hitlérien, qui demande son extradition, il vit dans la clandestinité, tout en restant un membre actif du GIC. Il adhère à l’organisation conseilliste hollandaise Spartakusbond en 1945, qu’il quittera en 1947. Après des années de clandestinité, il finit par obtenir des papiers néerlandais et se marie à une écrivaine néerlandaise d’origine juive, Lea Appel-Bereklauw. Il gardera, jusqu’à sa mort, des contacts avec le milieu communiste des conseils international. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Arp, Hans ( 1886-1966) Né à Strasbourg, peintre, sculpteur et écrivain. Après des études académiques à Weimar et Paris, Hans Arp s’installe en 1911 à Munich où il adhère au groupe d’avant-garde Der Blaue Reiter. Installé à Zurich en 1916, il est l’un des cofondateurs du mouvement Dada. Comme Max Ernst, il a adhéré au mouvement surréaliste. S’il a été aussi poète et peintre, il demeure avant tout l’un des plus grands sculpteurs du xx siècle. Hans Arp est mort à Bâle. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Auer, Erhard (1874-1945). À la tête du SPD * en Bavière à l’époque de la révolution de novembre, Erhard Auer est d’abord ministre de l’Intérieur du Conseil national provisoire (le gouvernement révolutionnaire de Kurt Eisner*) puis membre de l’Assemblée nationale de Weimar et député au Landtag de Bavière. Le but d’Auer est de travailler avec le gouvernement du Reich et de former une coalition avec les libéraux et les centristes, comme cela aura lieu au niveau national dans le gouvernement de Scheidemann * . Lors de la défaite de l’ USPD * aux élections du Landtag, Auer est blessé par balle par un radical de gauche, Alois Lindner. Après sa convalescence, il reprend la tête de la fraction SPD au Landtag puis, une fois la République des conseils réprimée, redevient ministre de l’Intérieur bavarois. Conseiller municipal à Munich jusqu’en 1933, il s’enfuit alors en Autriche. De retour, il sera emprisonné, sévèrement battu puis libéré mais interdit de séjour à Munich. Interné au camp de Dachau après l’attentat contre Hitler (juillet 1944), il meurt lors d’un transfert de prisonniers, en mars 1945. [Source : Retour du front ]
Aufricht, Ernst Josef (1898-1971) Né à Beuthen (Haute-Silésie), Ernst Josef Aufricht débute comme acteur à Dresde dès 1920. À partir de 1923, il s’engage dans différents théâtres de Berlin et devient directeur adjoint du Wallner Theater. Il inaugurera en 1928, à Berlin, son propre théâtre, l’Am Schiffbauerdamm futur Berliner Ensemble –, avec L’Opéra de quat’sous . Il produit aussi Happy End en 1929. À l’arrivée au pouvoir des nazis, il s’exile sur le territoire suisse puis gagne la France où il deviendra agriculteur dans le Calvados et l’animateur sans succès d’une expérience de théâtre surréaliste à Paris. Réfugié aux États-Unis, il y demeure de 1941 à 1953, date à laquelle il rentre à Berlin, non sans avoir produit en 1950, à New York, un Kurt Weill Memorial. Ernst Josef Aufricht a également travaillé avec Max Ophüls. Il est mort à Cannes en juillet 1971. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé