Glossaires des glossaires

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Baader, Johannes (alias Oberdada, 1875-1955) Né à Stuttgart, Johaness Baader suit un apprentissage de tailleur de pierre (1892-1894) puis, après des études universitaires, exerce en tant qu’architecte à Dresde avant de rejoindre Berlin en 1905. Il y rencontre le poète et plasticien Raoul Hausmann, avec qui il sera au centre du Dada berlinois. Il participe aux revues Neue Jugend , Die Freie Strasse et Der Dada . Après 1917, il profite d’avoir été déclaré fou pour se permettre des parodies ou des cérémonies publiques choquantes ( Christ happening , foire dada …). C’est à cette époque qu’il fonde, avec Raoul Hausmann, le Christ GmbH, offrant les adhésions aux pacifistes qui, certifiés par le Christ, doivent être exemptés. En 1918, Johannes Baader écrit Die acht Weltsätze (Les Huit Thèses du monde) , tract quasi religieux, puis annonce en 1919 la résurrection d’Oberdada, président de la terre. Il exposera son identité cosmique à travers ses œuvres, collages et sculptures. En 1919-1920, avec Raoul Hausmann, il rédige les manifestes du mouvement dada berlinois et, parallèlement à son activité artistique, va travailler comme journaliste à Hambourg à partir de 1925. Avant de pouvoir reprendre son métier d’architecte en 1941, il sera plusieurs fois interné par les nazis. À partir de 1945, il se consacre à la peinture et meurt, dix ans plus tard, à Adeldorf (Basse-Bavière) où il s’était retiré. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bachmair, Heinrich (1889-1960) Fils de pharmacien, écrivain, Heinrich Bachmair est devenu un célèbre éditeur de Munich. Il fut notamment l’ami du jeune expressionniste Johannes Becher, dont il publia les quatre premiers ouvrages (1911-1913). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Baden, Max von (1867-1929) Officier prussien, Max Von Baden quitte l’armée en 1911 avec le grade de général-major ; actif au sein de la Croix-Rouge pendant la guerre, il devient, en 1919, président d’honneur du comité germano-américain d’aide aux prisonniers de guerre du YMCA. À la tête du gouvernement du Reich le 3 octobre 1918, il envoie deux jours plus tard, sous la pression du haut commandement des armées, au président américain Wilson une demande d’armistice conforme à son programme en quatorze points. Le 26 octobre, il obtient le renvoi de Ludendorff puis, devant l’aggravation de la situation militaire et politique du pays, annonce (de son propre chef et dans le but de sauver la monarchie) la nouvelle de l’abdication de l’empereur et de la nomination du social-démocrate Ebert * au poste de chancelier. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Ball, Hugo (1886-1927) Après une formation théâtrale auprès de Max Reinhardt, Hugo Ball devient dramaturge à Munich, où il entre en contact avec les expressionnistes juste avant la guerre. Très proche de l’anarchisme, il participe à la rédaction de Die Aktion* jusqu’en 1915. Au mois de mai de cette année de disgrâce, il va émigrer à Zurich. C’est là qu’il fonde en février 1916 (avec Hans Arp, Tristan Tzara et Marcel Janco) – à quelques mètres de l’appartement où habitait Lénine – le Cabaret Voltaire. Il rompt en 1917 avec le dadaïsme et s’essaie au journalisme politique dans la Freie Zeitung de Berne. Marié en 1920 à Emmy Hennings, il va se tourner vers le catholicisme et se lier d’amitié avec Hermann Hesse, dont il publie la biographie en 1927, l’année de sa mort. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Barlach, Ernst (1870-1938) Né à Wedel (Holstein), mort à Rostock (Mecklemburg-Poméranie occidentale). Fils d’un médecin de campagne, Ernst Barlach suit des études d’arts plastiques à l’académie de Dresde (1891-1895), puis dessine des caricatures pour les revues Jugend et Simplicissimus entre 1897 et 1908. Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale, il en revient pacifiste convaincu. Graphiste de très grand talent, Ernst Barlach est surtout connu pour ses sculptures. Adepte de l’Art nouveau, puis expressionniste, il sera membre de la Berliner Secession (groupe d’artistes allemands, actif de 1898 à 1933), de l’Académie prussienne des arts et de celle de Munich, et recevra le prix Kleist en 1924. À partir de 1926, ses sculptures de « maudissement » de la guerre vont lui attirer la haine de toutes les droites, au point que certaines seront retirées des lieux d’exposition. Considéré par les nazis comme l’un des représentants de l’art « dégénéré », il lui sera interdit de peindre et d’exposer, et la plupart de ses œuvres seront confisquées. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Barthel, Max (1893-1975) Né à Dresde, fils de maçon, Max Barthel travaille dès l’âge de quatorze ans à l’usine et fait partie de l’Organisation des jeunes travailleurs socialistes. Engagé dans l’infanterie, il publie en 1916 ses premiers poèmes contre la guerre. Membre du Spartakusbund, il adhère au KPD à Stuttgart en décembre 1918, et il est arrêté en 1919 pour sa participation à l’insurrection spartakiste. Dans les années 1920, il écrit de la poésie engagée, exaltant la révolution communiste et le pacifisme. Il est délégué jusqu’en 1922 aux congrès du Komintern puis quitte le KPD l’année suivante pour se consacrer à sa carrière d’écrivain indépendant, produisant récits de voyage et romans d’évasion. Après l’arrivée au pouvoir de Hitler, il se tourne vers le nazisme et devient rédacteur du journal nazi Der Angriff . D’après son autobiographie Kein Bedarf an Weltgeschichte (Pas besoin d’histoire mondiale, 1950), il aurait rapidement changé d’opinion et aurait été un représentant de « l’émigration intérieure ». Pendant toute la Deuxième Guerre mondiale, il travaille comme correspondant de guerre et, en 1948, après avoir été désigné persona non grata en RDA, il est arrêté puis s’enfuit en France. Peu après cet épisode, il va s’installer en Rhénanie où il finira sa vie comme écrivain. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Barth, Emil (1879-1941) Ouvrier métallurgiste et syndicaliste, devenu pendant la guerre membre du SPD * , qu’il quitte en 1917 pour l’USPD, Emil Barth rejoint dès 1916 l’organisation des Délégués révolutionnaires de Berlin, dont il devient le chef le 9 février 1918, remplaçant Richard Müller de nouveau mobilisé. Il est élu le 10 novembre 1918 représentant de la Ligue spartakiste * au Conseil des commissaires du peuple. Il est également membre du Conseil exécutif et se voit confier le rôle de médiateur entre les deux instances gouvernementales. Pour la première fois dans un rôle politique aussi important, Barth peine à faire accepter ses opinions au sein du Conseil et son radicalisme se heurte à la politique contre-révolutionnaire d’Ebert * . À la suite de la répression du soulèvement de Noël par ce dernier, Barth démissionne du Conseil des commissaires du peuple le 29 décembre 1918. En 1921, il revient au sein du SPD, dont il dirige l’antenne berlinoise jusqu’en 1924. Jusqu’à sa mort, en 1941, il a dû endurer les persécutions du nazisme au pouvoir. [Source : Bourgeois et Soldats ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa
Bebel, August (1840-1913). Leader du mouvement ouvrier allemand, August Bebel participe en 1875 à la fusion de l’ADAV (Association générale allemande des travailleurs) avec le SDAP (Parti social-démocrate des travailleurs), qu’il avait fondé en 1869 avec Wilhelm Liebknecht. Résultat de cette fusion, le SAP (parti des travailleurs socialistes) deviendra le SPD * en 1890, dont Bebel deviendra (avec Paul Singer) président après la mort de Wilhelm Liebknecht, le 7 août 1900. À l’exception notable des années 1882-1883, pendant les lois antisocialistes (Sozialistengesetz), Bebel fut député au Reichstag de 1871 à sa mort, en Suisse. Marxiste convaincu et adversaire du « révisionnisme » bernsteinien, il considère l’arrivée de la révolution comme un événement juste et naturel. Ses écrits les plus importants sont Unsere Ziele [ Nos buts ] (1870) et Die Frau und der Sozialismus (1883) [ La femme et le socialisme ]. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front ]
Becher, Johannes Robert (1891-1958). Né à Munich dans une famille bourgeoise, Johannes Becher entreprend des études de médecine, de lettres et de philosophie à Berlin, Munich et Iéna, qu’il interrompt pour se consacrer à la littérature. Expressionniste, il collabore en 1912 à la revue Die Aktion* avant de fonder sa propre revue, Die Neue Kunst . Membre de l’USPD dès sa fondation, il adhère au Spartakusbund, puis au KPD en 1921. Son recueil de poèmes Der Leichnam auf dem Thron (Le Cadavre sur le trône, 1925) et son roman Levisite oder der einzig gerechte Krieg (Levisite ou la Seule Guerre juste, 1926) lui valent l’accusation de « haute trahison littéraire », mais les protestations, en Allemagne et à l’étranger, contraignent le tribunal à abandonner les poursuites. Après l’arrivée au pouvoir des nazis, il émigre à Moscou en avril 1933, tout en voyageant à Prague et à Paris. En Union soviétique, il dirige, à partir de 1935, la revue littéraire de langue allemande Internationale Literatur , qui reflète les préoccupations soviétiques en matière littéraire et où il multiplie les articles de justifications des procès de Moscou. De retour en Allemagne, en mai 1945, il fonde la célèbre maison d’édition Aufbau-Verlag. En 1946, il intègre la direction du SED, avant d’écrire l’hymne de la RDA (1950), qui lui vaudra le titre de président de l’Académie des arts de Berlin-Est (de 1950 à 1953). Il recevra le prix Staline pour la paix (1952) avant d’être nommé, en 1954, ministre de la Culture de la RDA. En 1957, ayant perdu son influence politique, il tentera un rapprochement avec les écrivains de l’Ouest. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Beerfelde, Hans-Georg von (1887-1960). Officier et écrivain pacifiste, Hans-Georg von Beerfelde participe à l’organisation de la grève de travailleurs de janvier 1918. Élu vice-président du Conseil exécutif * des conseils d’ouvriers et de soldats du Grand-Berlin le 11 novembre 1918, il est démis de ses fonctions le lendemain, suite à sa tentative d’arrestation du ministre de la Guerre Scheüch. Pendant la République de Weimar, il s’engage dans le mouvement pacifiste et pose la question de la responsabilité de guerre allemande. Emprisonné et battu par les SA après l’incendie du Reichstag, il n’est libéré qu’après plusieurs mois d’incarcération puis reste sous surveillance de la Gestapo jusqu’à l’effondrement du Reich, renouant dès lors avec ses activités pacifistes. [ Source : Peuple trahi ]
Benn, Gottfried (1886-1956). Né à Mansfeld en Allemagne d’un père pasteur, Gottfried Benn fait des études de théologie, de philologie et de médecine. Il sera médecin militaire pendant les deux guerres mondiales. Après avoir été favorable à l’instauration du régime hitlérien, il est exclu en 1938 de la Chambre de la littérature du Reich et frappé de l’interdit de publication. Il fait néanmoins imprimer à ses frais un recueil, Vingt-deux poèmes (1943). Gottfried Benn, devenu célèbre après la parution de Poèmes statiques en 1948, a reçu le prix Büchner en 1951 ; il est considéré comme une grande figure de l’expressionnisme, orienté vers la « transcendance », et comme l’un des plus grands écrivains allemands de sa génération, au même titre que Thomas Mann ou Bertolt Brecht. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Berliner Zeitung Journal crée en 1877, dont l’avatar fut après 1945 le Boulevardzeitung Berliner Zeitung (BZ) édité par Ullstein – à ne pas confondre avec le Berliner Zeitung , titre de plus grande diffusion, fondé par le colonel russe Aleksander Kirsanov le 21 mai 1945. Ce quotidien sera, de fait, le quotidien « officieux » du SED pour Berlin. La chute du mur mit fin à l’existence séparée de deux Berliner Zeitung . Celui-ci paraît sous le même titre dans Berlin réunifié. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bermann-Fischer, Gottfried (1897-1995). Né en Haute-Silésie, à Gleiwitz (aujourd’hui Gliwice, en Pologne), ce jeune médecin, époux de la fille de l’éditeur Samuel Fischer, fait son entrée dans la maison de son beau-père en 1925 et en prend les rênes en 1932. L’arrivée au pouvoir de Hitler le contraint à émigrer à Vienne avec une partie de son équipe. Après l’Anschluss, il réussit de justesse à se réfugier à Stockholm où il continue de diriger la maison d’édition en exil. De retour en Allemagne, dans les années 1950, il reprend la direction de la maison mère allemande jusqu’à sa retraite en 1963, en éditant Freud, Kafka, Virginia Woolf, Boris Pasternak, Anne Frank, etc. Il est mort presque centenaire dans sa maison en Toscane. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bernstein, Eduard (1850-1932). Homme politique allemand, rédacteur au Sozialdemokrat (1880-1890). Après l’abrogation des lois antisocialistes (1890), il rédige la deuxième partie du programme du congrès du SPD à Erfurt (14-26 octobre 1891). En conflit avec Karl Kautsky et notamment Rosa Luxemburg * , August Bebel * et Karl Liebknecht * , Bernstein remet en question la nécessité d’une révolution du prolétariat : convaincu que la social-démocratie peut réaliser les changements qu’elle vise au terme d’un processus réformiste, il plaide pour une participation au système parlementaire du Reich. Le débat prend fin lors du congrès de Dresde (1903), où la majorité refuse officiellement les thèses de Bernstein. En 1917, Bernstein devient membre de l’USPD * . Livres traduits en français : Les Présupposés du socialisme (1900, 1974) ; Socialisme théorique et social-démocratie pratique (1900) ; Socialisme et science (1902). [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Bierbaum, Otto Julius (alias Martin Möbius, 1865-1910). Né à Grünberg (Basse-Silésie), poète, romancier, rédacteur et éditeur de revues comme Die Freie Bühne , Pan et Die Insel . En 1897, le baron Ernst von Wolzogen s’inspire de son roman Stilpe pour une représentation donnée au cabaret Überbrettl. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bing, Henry (1888-1965). Paysagiste français, caricaturiste et galeriste, né et mort à Paris. En 1905, Henri Bing travaille à Munich comme caricaturiste pour le Simplicissimus et la Jugend . En 1906, il retourne à Paris où il fréquente, jusqu’en 1910, le fameux café du Dôme à Montparnasse. En 1911 et 1912, il donne de nombreuses contributions à la revue d’art Der Komet (Leipzig). Par la suite, il travaillera surtout au côté de Hans Goltz, un marchand de tableaux, pionnier de l’art moderne (fauvisme, cubisme, et expressionnisme). Après la Première Guerre mondiale, il vit à Zurich. Il rentrera à Paris en 1925 pour ouvrir sa propre galerie d’art, Bing & Co. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Blass, Ernst (1890-1939). Fils d’un commerçant juif de Berlin, docteur en droit, archiviste de banque, journaliste, critique de cinéma et de théâtre, lecteur de maison d’édition et poète. Ernst Blass s’engage tôt dans la bohème littéraire berlinoise ; il appartient à la première association d’auteurs expressionnistes : le Neuer Klub. Il donne des auditions poétiques au cabaret Gnu (Le Gnou) et publie, dès 1910, dans les revues d’avant-garde Der Sturm et Die Aktion* , ainsi que dans la Fackel de Karl Kraus. Son premier recueil de poèmes, Die Strassen komme ich entlang geweht (Le long des rues, au gré du vent, 1912), est l’une des pièces majeures de la littérature expressionniste, qui décrit, de façon lyrique, l’isolement et la souffrance de l’individu dans les grandes villes modernes. À partir de 1914, avec l’édition de son mensuel littéraire et philosophique Die Argonauten , il se rapproche de l’esthétique néoclassique. Devenu aveugle à la fin des années 1920 après avoir contracté une tuberculose oculaire, il ne publiera plus rien sous le nazisme et mourra des suites de la tuberculos e pulmonaire, en janvier 1939, à Berlin, dans la misère la plus totale. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bleibtreu, Karl (1859-1928). Fils d’un peintre de batailles, cet écrivain protestant né à Berlin est un critique littéraire féroce, un historien militaire très conservateur et un grand admirateur d’Émile Zola et du naturalisme. Fondateur de la Deutsche Bühne en 1890, Karl Bleibtreu s’oppose au nouveau théâtre « étranger » incarné par Ibsen et Strindberg. À partir de 1900, il se fait le chantre d’un « bouddhisme ésotérique », tout en s’attaquant violemment au libéralisme de gauche, au « matérialisme » et au socialisme athée. Antisémite, il fut le défenseur de la monarchie, du colonialisme et du militarisme. Marié à une Suissesse, il s’installe en Suisse en 1908 et meurt à Locarno. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Blei, Franz (1871-1942). Critique littéraire autrichien né à Vienne et traducteur du français (Laclos, Baudelaire, Claudel et Gide, dont il fut le correspondant). Franz Blei est rédacteur et éditeur de nombreuses revues, en particulier Hyperion (1908-1910), où Kafka et Musil ont fait leurs premiers pas. Son œuvre la plus connue demeure Le Grand Bestiaire de la littérature allemande (1920), où il présente, suivant l’ordre alphabétique, des littérateurs illustres comme des animaux exotiques. Il fuit l’Allemagne dès 1932 pour se réfugier à Majorque, puis en France après le putsch franquiste, avant de gagner les États-Unis, où il mourra. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Blüher, Hans (1888-1955). Philosophe né à Freiburg (Silésie) et mort à Berlin. Par sa philosophie nietzschéenne, Hans Blüher influence notablement le mouvement de jeunesse Wandervogel. Dans son œuvre principale, Die Rolle der Erotik in der männlichen Gesellschaft (1917), il diffuse l’idée d’une « société homo-­érotique virile » comme « forme sociale héroïque ». Il ne fut pourtant jamais partisan du national-socialisme, en dépit de certaines affinités avec l’idéologie «  völkisch  ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bluth, Karl Theodor (1892-1964). Né à Berlin, mort à Londres. Écrivain et psychiatre, auteur d’une thèse de médecine remarquée sur Novalis, Karl Bluth publia en 1918 son premier recueil de poèmes, qui appartient déjà à l’expressionnisme tardif. Dans les années 1920, il écrit surtout des drames, en particulier Die Empörung des Lucius (La Rébellion de Lucius, 1924), qui sera rapidement interdit à Berlin en raison de sa dénonciation du totalitarisme en gestation. Ses œuvres seront également victimes des autodafés nazis en 1933. Après avoir émigré en Amérique latine (1934), il revient sur le continent européen (1936) et ouvre à Londres un cabinet médical dans lequel il exercera en psychiatrie, suivant des méthodes hétérodoxes pour guérir artistes et écrivains illustres. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bombacci, Nicola (1879-1945). Membre du conseil national de la CGIL (la CGT italienne) en 1911 et secrétaire du parti socialiste de 1917 à 1919, Nicola Bombacci est arrêté pour « défaitisme » pendant la Première Guerre mondiale. Député socialiste de Bologne (1919), il fait partie du courant favorable à l’URSS et représente l’Italie au IIe congrès du Komintern en juillet-août 1920. L’année suivante, il siège au comité central du parti communiste italien et devient directeur d’ Il Comunista et de l’ Avanti comunista . Le 5 décembre 1923, le député communiste Bombacci tiendra à la Chambre un discours dans lequel il affirmera l’existence d’« affinités électives » entre la Révolution russe et la « révolution fasciste ». Il sera exclu en 1927 du PCI et se rapprocha peu à peu du parti fasciste, auquel il adhérera en 1934. Avec l’aide du régime mussolinien, il fonde ensuite la revue La Verità , qui voit l’Italie comme une « nation prolétaire » devant se frayer son chemin par la force face à l’impérialisme des puissances nanties. Lors de la chute de Mussolini en juillet 1943, il est l’un des inspirateurs du programme de gouvernement du nouveau parti fasciste de la République de Salò. Fait prisonnier par des partisans, il est exécuté à Dongo le 28 avril 1945, et tombe en criant : « Vive Mussolini ! Vive le socialisme ! » Son corps fut exposé, pendu par les pieds, au côté de celui de Mussolini et de sa maîtresse Clara Petacci, sur la place Loretto de Milan. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Breuer, Robert (1878-1943). De son vrai nom Lucian Friedländer, Robert Breuer est né à Rzeki, près de Tschenstochau (Czestochowa, en Pologne, haut lieu de pèlerinage). Il est l’un des cofondateurs, en 1909, de l’Association pour la défense des écrivains allemands. Il est journaliste et critique d’art pour le quotidien social-démocrate Vorwärts puis, à partir de 1911, pour Die Schaubühne où il rédige, en 1915, sous le nom d’emprunt de « Germanicus », une série d’éditoriaux critiques sur la politique du gouvernement, qui conduira à l’interdiction de la revue. Secrétaire du Comité national pour l’instauration d’une paix d’entente en 1917, il devient en novembre 1918 le chef du service de presse de la chancellerie dirigée par Ebert, dont il est et restera l’un des hommes de confiance. Lié à la Weltbühne en tant que journaliste politique et culturel jusqu’en 1931, il est emprisonné l’année suivante pendant plusieurs mois, puis gagne la France, via la Tchécoslovaquie, en janvier 1933. À Paris, il écrit dans les différents journaux de l’émigration allemande et signe l’Appel pour un front populaire allemand (Volksfrontaufruf) en décembre 1936. Il est ensuite interné par le gouvernement français (1939), mais réussit à gagner la Martinique (1940), où il mourra trois ans plus tard, dans une misère totale. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Brockdorff-Rantzau, comte Ulrich von (1869-1928). Juriste et homme politique allemand, Ulrich von Brockdorff-Rantzau commence une carrière diplomatique en 1894. En janvier 1919, Ebert * et Scheidemann * le poussent à accepter le poste de secrétaire d’État aux Affaires étrangères, dont il devient ministre le 13 février, dans le gouvernement Scheidemann. Il s’engage en faveur de l’unification du Reich avec l’Autriche et pour la Société des Nations proposée par Wilson. Chef de la délégation allemande lors de la conférence de la paix à Paris, il rejette l’idée d’une responsabilité de guerre uniquement allemande, au profit d’une co-responsabilité. Il rédige les contre-propositions de l’Allemagne, visant à un adoucissement des conditions de paix. Suite au refus de ses propositions par les Alliés, Brockdorff-Rantzau refuse de signer le traité, qu’il appelle « diktat ». Il démissionne et s’engage en tant que journaliste pour une révision du traité et une ordonnance pour le droit des peuples. Ambassadeur à Moscou durant les années 1920, il travaillera à améliorer les relations entre son pays et l’URSS, en faveur de la signature du traité d’amitié et de neutralité germano-soviétique (traité de Berlin, 24 avril 1926), prônant un renouveau de la coopération économique et militaire. [ Source : Retour du front ]
Bronnen, Arnolt (1895-1959). Fils d’un écrivain et professeur de lycée juif, cet écrivain autrichien acquit la gloire littéraire pour sa pièce de théâtre Vatermord (Parricide, 1920). Dans les années 1920, Arnolt Bronnen se lie d’amitié avec Brecht et travaille pour lui. À partir de 1927, il se rapproche des cercles d’extrême droite, d’abord d’Ernst Jünger puis d’Otto Strasser et de Goebbels. Sous le nazisme, il travaille pour la radio et la télévision naissante. Malgré son allégeance au régime et son statut de « demi-juif », il est exclu, par deux fois, de la chambre des écrivains (en 1937 puis en 1943) et interdit de publication. Il prend ensuite contact avec la résistance autrichienne (1943-1944) avant de devenir, en 1945 et pour une brève période, maire KPÖ (parti communiste autrichien) de la commune de Bad Goisern. Avant de quitter l’Autriche pour Berlin-Est en 1955, il sera metteur en scène pour la Scala de Vienne. Il meurt peu après sans avoir pu reprendre une véritable carrière théâtrale. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Bruch, Max (1838-1920). Musicien, compositeur et chef d’orchestre, né à Cologne et mort à Berlin. Ami de Brahms et de Sarasate, Max Bruch fut à son époque un célèbre et prolifique compositeur de style romantique et antiwagnérien, ayant acquis une célébrité tant en Grande-Bretagne qu’aux États-Unis. Très conservateur, il s’opposa à la musique nouvelle de Richard Strauss et Max Reger. Sous le nazisme, ses œuvres disparurent des répertoires sous prétexte qu’il aurait été juif. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Buchrucker, Bruno Ernst (1878-1966). Militaire allemand, ce major participa au putsch de Kapp en 1920. Bruno Buchrucker fut officiellement licencié de la Reichswehr afin de constituer – en réalité pour le compte de cette dernière, et avec les fonds des magnats de l’industrie lourde – dans la région du Brandebourg l’organisation paramilitaire Orgesch, qui regroupait, dans l’esprit des corps francs, plusieurs centaines de milliers de membres. Après son interdiction par l’Entente, cette organisation fut remplacée par une nouvelle structure : la Reichswehr noire. Celle-ci regroupait aussi bien les SA que les Casques d’acier et son but était d’instaurer une dictature militaire fasciste afin de « libérer » l’Allemagne du joug de « Versailles » et du « communisme bolchevique ». Le 1er octobre 1923, le major Buchrucker fait une tentative de putsch sans lendemain à Küstrin (Kostrzyn nad Odra), qui lui vaut une condamnation à dix ans de prison. Cette peine vaut aussi pour des meurtres clandestins ( fememorde ) qui étaient pratiqués jusque dans les rangs de la Reichswehr noire. Membre du parti nazi dès 1926, il sera amnistié en octobre 1927, mais son adhésion à la tendance d’Otto Strasser lui vaudra d’être enfermé en camp de concentration à la suite de la Nuit des longs couteaux, en 1934. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé