Glossaires des glossaires

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Cassagnac, Guy Granier de (1882-1914). Fils du journaliste Paul Adolphe de Cassagnac, Guy de Cassagnac dirigeait avec son frère, depuis 1904, le journal L’Autorité , à tendance cléricale et antisémite, fondé par son père en 1886. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Cavell, Edith (1865-1915). Infirmière anglaise, Edith Cavell fut exécutée par les Allemands, en 1915 à Bruxelles, pour avoir aidé des soldats alliés à fuir la Belgique. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Comité des 53 ( Dreiundfünfziger Ausschuss ) . Créé le 19 novembre 1918 par l’ensemble des conseils de soldats de la marine pour surveiller l’Office de la marine impériale. Le 9 décembre, suite à l’arrivée aux environs de Berlin de plusieurs divisions de soldats revenant du front, le Comité des 53 se prononce contre leur entrée dans la ville, arguant que Berlin n’est pas en mesure de subvenir à leurs besoins. Reprochant par ailleurs à ces troupes d’être fidèles à l’ancien Reich, le Comité menace de faire intervenir vingt mille marins si sa requête n’est pas satisfaite. Si Ernst Däumig le soutient dans sa démarche, il n’est pas dans l’intérêt du gouvernement de déclarer ces troupes antirévolutionnaires et Ebert finit par les accueillir en grande pompe à la porte de Brandebourg, manœuvre qui lui assurera le soutien de l’ex-armée impériale. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Conseil des commissaires du peuple ( Rat der Volksbeauftragten ) . Gouvernement révolutionnaire provisoire allemand. Formé le 10 novembre 1918 suite à l’abdication de l’empereur Guillaume II et à la proclamation de la République, c’est une coalition USPD * -MSPD * validée par les conseils d’ouvriers et de soldats de Berlin ; il est supposé représenter tous les conseils révolutionnaires du Reich, mais sera vite contrôlé par les éléments les plus modérés. Les commissaires du peuple sont Ebert * , Scheidemann * , Landsberg, Haase * , Dittmann * et Barth *  ; le conseil est présidé par Haase et Ebert mais ce dernier, également chancelier provisoire du Reich, y détient plus de pouvoir. Le 18 décembre 1918, lorsque le congrès des conseils d’ouvriers et de soldats du Reich se prononce en faveur d’une Assemblée nationale, le Conseil des commissaires se disloque définitivement. Les indépendants * se rendent alors compte du double jeu contre-révolutionnaire des majoritaires * . Le 29 décembre, après les combats entre la division de la marine populaire * et les soldats de Wels, ils démissionnent pour protester contre la politique répressive d’Ebert. Une fois celui-ci confirmé au poste de chef de l’État, le 11 février 1919, le Conseil des commissaires transmet ses pouvoirs au nouveau gouvernement de Scheidemann élu par l’Assemblée nationale. Le rôle du Conseil des commissaires du peuple fut d’entériner l’armistice du 11 novembre 1918, d’organiser le retour des troupes allemandes et le congrès des conseils d’ouvriers et de soldats du Reich (16-20 décembre 1918) puis préparer de l’élection de l’Assemblée nationale, le 19 janvier 1919. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Conseil exécutif ( Conseil central d’ouvriers et de soldats ) . Le 10 novembre 1918, les conseils d’ouvriers et de soldats de Berlin acceptent le Conseil des commissaires du peuple * comme gouvernement provisoire de la « révolution » et élisent un Conseil exécutif de vingt-huit membres, qui a pour rôle de contrôler le Conseil des commissaires du peuple jusqu’au congrès des conseils du Reich. Après de vifs débats sur sa constitution, on s’accorde sur une répartition égale des rôles entre le SPD * et l’USPD * . Le majoritaire Wels charge un groupe de soldats d’influencer la décision pour que, malgré sa représentation moindre dans les usines, le SPD soit autant représenté que l’USPD – ce qui provoque de fortes protestations de la part des spartakistes. Six délégués révolutionnaires y sont tout de même élus ; Richard Müller * et Brutus Molkenbuhr (1881-1959) en prennent la tête. C’est toute l’ambivalence de ce conseil, composé à la fois de radicaux et de modérés, même si les chefs radicaux parviennent au bout de quelques jours à remplacer des élus « incertains » par des militants sûrs. Mais le Conseil exécutif, qui peine à remplir les nombreuses tâches qui lui sont assignées – contrôler le Conseil des commissaires du peuple et le gouvernement prussien, servir de centre aux dix mille conseils du pays, etc. –, sombre vite dans le désordre, assailli de délégations et de papiers à signer. Ce qui explique ses décisions contradictoires, tantôt allant dans le sens des majoritaires, tantôt bloquant ses décisions. Lors du congrès des conseils du Reich (16-21 décembre 1918), les cinq cents délégués des conseils territoriaux votent en faveur d’une démocratie parlementaire et fixent le 19 janvier 1919 comme date des élections de l’assemblée constituante. Le Conseil exécutif qui, en tant que représentant des conseils d’ouvriers et de soldats, aurait pu devenir le gouvernement d’une république des conseils sur le modèle de l’Union soviétique, n’aura donc servi que de préambule à une démocratie parlementaire. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Corps des chasseurs volontaires ( F reiwilliges Landesjägerkorps). Fondé par le général Ludwig Maercker * après la Première Guerre mondiale et utilisé par Ebert * en complément des forces armées régulières pour combattre les soulèvements de novembre 1918. Dans son « ordre constitutif », Maercker donne les lignes de conduite des futurs « corps francs » – dont il est souvent considéré aujourd’hui comme le fondateur : « Maintenir l’ordre à l’intérieur du Reich et en protéger les frontières. » En charge de la protection de l’assemblée constituante de la République de Weimar, le Corps des chasseurs est responsable de la répression de nombreux soulèvements, notamment à Berlin, Magdebourg et Erfurt. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Réalisation : William Dodé