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Däubler, Theodor (1876-1934). Né à Trieste, alors austro-hongroise, d’une mère silésienne et d’un père triestin d’origine allemande, Theodor Däubler publie en 1910 un recueil de poésies lyriques et épiques fortement influencées par l’expressionnisme, qui le rendent aussitôt célèbre. Dans les années 1920, il est membre de l’Académie des arts et président du Pen-Club. Grand voyageur mais de santé fragile, il s’établit en 1926 en Allemagne, où il va mourir. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Däumig, Ernst (1866-1922). Rédacteur au Vorwärts * (1911-1916), dont il est licencié pour engagement pacifiste, il entre à l’USPD * en 1917. Membre du comité exécutif en novembre 1918 et l’un des meneurs des Délégués révolutionnaires à Berlin, il est chargé des préparatifs militaires de l’insurrection de novembre. Membre du Conseil exécutif * , il tente de le convaincre du danger de l’assemblée constituante. Lors du congrès des conseils d’ouvriers et de soldats du Reich, le 18 décembre 1918, il vote en faveur d’un système de conseils comme base constitutionnelle. Président de l’USPD en 1919 et délégué au deuxième congrès du Komintern à Moscou en 1920, il s’engage alors pour un ralliement au parti communiste (KPD), à l’issue duquel il devient président du parti communiste allemand unifié (VKPD), avec Paul Levi, qu’il suivra en démissionnant à la veille de l’Action de mars 1921, pour participer à la fondation de la Communauté communiste de travail (KAG). [ Source : Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Delaisi, Francis (1873-1947). Né dans un petit village de Mayenne dans une famille modeste, François (dit Francis) Delaisi, après des études d’histoire, abandonne le professorat pour devenir journaliste à Paris. Spécialisé dans les questions économiques, il collabore jusqu’en 1913 avec les milieux syndicalistes révolutionnaires de la revue La Vie ouvrière , en particulier avec Alphonse Merrheim. Après la guerre de 1914-1918, il est en contact avec Léon Jouhaux et les syndicalistes de la CGT. Il est associé à l’élaboration du Plan de la CGT (1934-1935) et à la publication du mensuel L’Atelier pour le Plan. Il est aussi chargé du cours d’économie à l’Institut supérieur ouvrier, tandis que le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes publie en 1936 son livre La Banque de France aux mains des 200 familles . Munichois, il demeure proche de Marcel Déat après 1940 et le Comité national des écrivains le frappe d’interdiction à la Libération. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Délégués révolutionnaires ( R evolutionäre Obleute). Organisation d’ouvriers créée pour protester contre le nombre croissant de victimes de la guerre et la misère sociale à l’arrière. Ce regroupement de non-syndiqués de différentes usines s’opposait, pendant la guerre, aux syndicalistes, qui soutenaient pour la plupart la politique de Burgfrieden Littéralement « paix du château », Burgfrieden qualifie initialement la paix forcée du seigneur ; à propos de la Première Guerre mondiale, la Burgfriedenpolitik est l’équivalent allemand de l’« Union sacrée » des Français. du SPD*. Ses représentants les plus importants, Emil Barth* et Richard Müller * , soutiennent la lutte de l’USPD * contre la politique de guerre impérialiste du gouvernement et du haut commandement des armées. Les Délégués jouent un rôle majeur dans l’organisation de la grande grève de janvier 1918. Lors de la révolution de novembre, ils sont porte-parole du mouvement des conseils et tentent, par l’entremise de Barth, de convaincre le Conseil des commissaires du peuple * de constituer une république des conseils. Après que les indépendants ont quitté le Conseil des commissaires, les Délégués révolutionnaires sont les initiateurs du soulèvement spartakiste. À la suite de la répression et de l’échec de la révolution, ils continuent à jouer un rôle de meneurs de grèves, notamment après le putsch de Kapp-Lüttwitz (1920), mais ils perdent peu à peu de l’importance dans le mouvement ouvrier allemand. Source : Peuple trahi  ; Karl et Rosa ]
Deutsch, Ernst (alias Ernest Dorian, 1890-1969). Fils d’un gros commerçant de Prague, l’acteur autrichien Ernst Deutsch commence sa carrière théâtrale sur les planches de la Volksbühne de Vienne. Jusqu’à l’avènement du cinéma parlant, il est considéré comme le parangon de l’acteur expressionniste dans de très nombreux films. Considéré comme juif, il doit quitter l’Allemagne en 1933 et joue alors sur de nombreuses scènes européennes. En 1938, il émigre aux États-Unis, où il prend la nationalité américaine. Il joue dans des films de guerre américains sous le pseudonyme d’Ernest Dorian. Après la guerre, il retourne à Vienne, puis s’installe finalement à Berlin en 1951. Il fait de nouvelles apparitions au cinéma dans des films comme Le Procès (1948), Le Troisième Homme (1949) et Nathan le Sage (1955). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Dittmann, Wilhelm (1874-1954). Militant et parlementaire, co-fondateur de l’USPD * . Wilhelm Dittmann entre au SPD * en 1898 et devient député en 1912. Pacifiste pendant la guerre, il lutte contre la censure. Membre du comité d’action du conseil d’ouvriers du Grand-Berlin lors de la grève de janvier 1918, il est arrêté et condamné à cinq ans de forteresse. Amnistié en octobre, il fera partie du Conseil des commissaires du peuple * , duquel il démissionne avec Barth * et Haase * le 29 décembre 1918. Élu député au Reichstag en 1920, vice-président jusqu’en 1925 ; favorable à la réunification de l’USPD avec le SPD, il est secrétaire du comité de direction de ce dernier jusqu’en 1933, où il se réfugie en Suisse pour échapper au procès contre les « criminels de novembre ». Revenu en Allemagne en 1951, il travaille aux archives et à la bibliothèque du SPD à Bonn. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Division de la marine populaire (Volksmarinedivision). Formation armée mise sur pied le 11 novembre 1918 par le conseil de la marine populaire et les matelots insurgés du Marstall pour seconder le préfet de police de Berlin Eichhorn * dans la protection du quartier du gouvernement. On y trouve des membres du SPD * , de l’USPD * , des spartakistes * et des matelots sans parti. Après avoir été ralliée par des matelots de Kiel, la formation est forte de 3 100 hommes. À sa tête est élu un Conseil de la marine populaire, composé de quinze hommes et dirigé par Heinrich Dorrenbach. Début décembre, la division ne compte plus qu’environ 1 800 hommes. Du fait de sa taille et de son orientation politique, elle devient très vite gênante pour le gouvernement, qui lui ordonne, le 23 décembre 1918, d’évacuer le Château de Berlin qu’elle occupe et de réduire ses troupes à 600 hommes – condition au paiement de la solde. La division de la marine populaire prend alors le contrôle de la chancellerie du Reich et se retourne contre le gouvernement qu’elle était censée protéger. En réponse, le haut commandement de l’armée et le gouvernement tentent d’affaiblir puis de dissoudre la division ainsi que d’autres gardes populaires. Un amendement du 19 janvier 1919 ordonne que les gardes populaires de gauche soient commandées par des conservateurs. La solde est baissée drastiquement. En mars 1920, la division finit par se dissoudre après avoir mené de violents combats contre des corps francs. [ Source : Peuple trahi  ; Karl et Rosa ]
Division de marine Voir Ehrhardt
Donovan, William Joseph (1883-1959). Ce général est considéré comme le père des services secrets américains. Il est placé par Roosevelt en 1942 à la tête de l’Office of Strategic Services (OSS), précurseur de la CIA. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Dorrenbach, Heinrich (1888-1919). Membre du SPD * depuis 1910, Heinrich Dorrenbach s’engage volontairement comme sous-lieutenant lors de la Première Guerre mondiale ; désertant en 1916, il est cassé et réformé après une courte peine de prison en 1917. Très actif lors des grèves de janvier 1918, il devient en novembre 1918 le président du conseil de la Division de la marine populaire * et prend la tête de la division. Proche des spartakistes, il pousse au soulèvement en janvier 1919 mais est congédié par les marins. Arrêté à Eisenach, Dorrenbach est transféré à Berlin (prison de Moabit), où il est assassiné par l’agent de la police judiciaire Tamschick « au cours d’une tentative de fuite ». [ Source : Karl et Rosa ]
Draxler, Ludwig (1896-1972). Avocat et homme politique, Ludwig Draxler fut ministre autrichien des Finances du 17 octobre 1935 au 3 novembre 1936. Son « règne » fut celui d’une austérité musclée, imposée par la SDN. Le parti nazi le fit interner au camp de concentration de Dachau pour sa critique l’Anschluss en février 1938. Libéré, il sera appelé à servir dans l’armée de l’air en septembre 1939 en tant que capitaine. Il sera aussi conseiller juridique pour le compte de la Dresdner Bank. Ayant repris sa profession d’avocat après la guerre, il comptera parmi ses clients Otto von Habsburg, dont il a permis le retour en Autriche, en 1966, en tant « personne privée » et non comme prétendant au trône. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Dreiundfünfziger Ausschuss Voir Comité des 53
Durieux, Tilla (1880-1971). Née à Vienne d’un père professeur de chimie et d’une mère pianiste d’origine hongroise, Ottilie Godeffroy a repris le patronyme de sa grand-mère maternelle française et s’est fait connaître sur scène sous le nom de Durieux. Elle débute véritablement sa carrière d’actrice en 1903, en intégrant à Berlin la troupe de Max Reinhardt ; elle contribuera à la création de plusieurs pièces de Bernard Shaw. Mariée en 1910 au marchand de tableaux, mécène et critique d’art Paul Cassirer (1871-1926), sa beauté rayonnante inspire des peintres illustres tels Oskar Kokoschka et Auguste Renoir. En 1914, elle entame une carrière cinématographique qui culmine en 1929 avec le film de Fritz Lang La Femme sur la Lune. Mais, à partir de 1927, elle s’associe avec Erwin Piscator pour fonder le théâtre de Nollendorfplatz à Berlin et se consacre presque totalement à la scène. Elle épouse en 1930 le magnat de la bière et mécène Ludwig Katzenellenbogen. Fuyant le nazisme, Tilla et son époux vont s’installer en Yougoslavie (Croatie), après bien des errances. Suite à l’arrestation de son mari par la Gestapo, l’actrice s’engage dans la résistance yougoslave, puis travaille, après la guerre, pour un théâtre de marionnettes à Zagreb. De retour à Berlin en 1952, elle publie ses Mémoires et commence une seconde carrière cinématographique et théâtrale jusqu’à la fin des années 1960. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé