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Garnier, Octave (1889-1912). Né à Fontainebleau, Octave Garnier commence à travailler à treize ans et sera très tôt révolté contre la société. À dix-sept ans, il fait quelques mois de prison pour vol, fréquente les milieux anarchistes individualistes, puis se réfugie en Belgique pour échapper au service militaire. Revenu en France en 1911, il fait la connaissance de Jules Bonnot dans les locaux de L’Anarchie , alors dirigée par (le futur) Victor Serge et Rirette Maîtrejean, puis évolue vers l’illégalisme. Participant aux actions de la « Bande à Bonnot », il est abattu par la police le 15 mai 1912. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gärtner, Heinrich Friedrich (1885- ?). Ancien officier de renseignements pendant la Première Guerre mondiale ; journaliste économique et contact de l’amiral Canaris avec les opposants allemands en exil. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gasbarra, Felix (1895-1985). Né d’un père italien et d’une mère allemande, Felix Gasbarra suit des études de droit en Allemagne. En 1921, il adhère au KPD et, à partir de 1923, devient le rédacteur de la revue satirique Der Knüppel , conçue par John Heartfield. Auteur de pièces radiophoniques et collaborateur d’Erwin Piscator, il contribue à la mise en scène d’un théâtre politique, telle la célèbre revue musicale Trotz alledem ! (Malgré tout, 1925). Il dirige aussi un « collectif dramaturgique » auquel appartinrent, entre autres, Bertolt Brecht et Franz Jung. En 1929, il expose la conception du théâtre de Piscator dans son livre Das politische Theater . En 1934, il émigre à Zurich où il poursuit son activité de dramaturge, mais quitte, l’année suivante, le KPD en proie aux purges staliniennes. Il va ensuite s’installer en Italie ; il prend sa carte au parti national fasciste et dirige, en allemand, la propagande radiophonique fasciste. Au moment la seconde chute de Mussolini, il se rallie aux Alliés, est nommé censeur-général de la province germanophone de Bolzano-Bozen, avant de poursuivre une carrière de journaliste au quotidien Die Dolomiten . [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gegner (Der) Cette revue reprend le titre du périodique créé en 1919 par Julian Gumperz et Karl Otten (et repris ensuite par Wieland Herzfelde du Malik-Verlag ). Fondée en juin 1931 par Franz Jung, le Gegner publie notamment des articles d’Ernst Fuhrmann, Raoul Hausmann et Karl Korsch. L’année suivante, c’est Harro Schulze-Boysen qui en poursuit la publication. En 1933, ses bureaux sont saccagés par les SA. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gerstenberg, Theodor Éditeur allemand et ancien condisciple de Franz Jung à Neisse, Theodor Gerstenberg a publié les œuvres de ce dernier dans les années 1920 au sein de la maison Gerstenberg, une entreprise familiale créée à Saint-Pétersbourg en 1792, puis installée à Leipzig. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gielen, Josef (1890-1968). Né à Cologne, après des études en histoire de l’art, dramaturgie et philosophie, Josef Gielen débute une carrière d’acteur en 1913 puis, à partir de 1921, s’impose peu à peu comme régisseur. Il travaille à Dresde au Staatliches Schauspielhaus (1923-1934) puis au Berliner Staatsoper (1936-1937) et, jusqu’en 1939, au Wiener Burgtheater, dans la capitale autrichienne. Il s’exile en Amérique latine, où il devient chef de régie du Teatro Colón de Buenos Aires. Inquiété après la prise du pouvoir par le général Perón, il rentre en Europe (1948), dirige la mise en scène du Wiener Burgtheater, puis du Wiener Staatsoper (1957-1960). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Goldschmidt, Alfons (1879-1940). Né à Gelsenkirchen (Ruhr), fils d’un marchand de textiles, Alfons Goldschmidt est docteur en sciences politiques et maître de conférences en sciences économiques à l’université de Leipzig. Journaliste économique et politique, il est collaborateur et éditeur du Berliner Tageblatt et de la Weltbühne , puis contribue politiquement à la vie de la Räte-Zeitung entre 1919 et 1920. Il entreprend des voyages en Russie soviétique d’où il rapporte des études soulignant les résultats positifs de la « construction du socialisme ». De 1923 à 1925, il est professeur d’économie aux universités de Córdoba (Argentine), puis de Mexico. En 1929, il devient directeur du Secours rouge international, fondé par le KPD, et dont la présidente était Clara Zetkin. La même année, il crée à Berlin un Institut économique pour l’Amérique latine. En 1933, il émigre, via Moscou, vers les États-Unis. En 1939, il est conseiller du gouvernement mexicain pour l’accueil des immigrants européens antifascistes. Peu avant sa mort à Cuernavaca, il s’est consacré à la rédaction d’une histoire des paysans mexicains depuis la période aztèque. Elle sera publiée de façon posthume sous le titre de Tierra y Libertad . [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gouraud, Henri (1867-1946). Général de l’armée française, Henri Gouraud passe plus de quinze ans en Afrique. Blessé aux Dardanelles pendant la Première Guerre mondiale, il reprend du service en France. À la tête de la 4e armée en Champagne, il entrera à Strasbourg, le 22 novembre 1918, pour y mettre fin à la révolution des conseils. [Source : Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi ]
Grabisch, Joseph (1888- ?). Ami silésien de Franz Jung, Joseph Grabisch édite et introduit en 1910, puis en 1921, chez divers éditeurs, les œuvres du mystique silésien Jakob Böhme. Il sera connu par la suite pour ses traductions de Gilbert Keith Chesterton. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gräser, Gustav Arthur (alias Gusto, 1879-1958). Frère du précédent, né à Brasov, poète, prophète naturiste et tolstoïen, objecteur de conscience, Gustav Gräser incarna à lui seul l’esprit de la communauté d’Ascona. Des poètes, comme Hermann Hesse et Gerhart Hauptmann, élevèrent son personnage au rang d’un mythe. Il mourut à Freimann, près de Munich, non sans avoir mené, après la guerre, de vigoureuses campagnes pacifistes. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gräser, Karl (1875-1915). Né à Brasov (anciennement Cronstadt), en Transylvanie, cet ancien officier de l’armée austro-hongroise est l’un des fondateurs, en 1899, de la colonie végétarienne, naturiste, occultiste, pacifiste et anarchiste de Monte Verità, établie près d’Ascona (Suisse). S’y côtoyèrent théosophes, psychanalystes, révolutionnaires et anarchistes, ainsi que des artistes comme Hermann Hesse. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Groener, Wilhelm (1867-1939). Après le renvoi de Ludendorff en 1918, Wilhelm Groener devient, sous la direction de Hindenburg, le nouveau chef d’état-major du haut commandement des armées. Il se prononce pour l’abdication de l’empereur et organise le retour des troupes vaincues. En novembre 1918, il soutient la politique du SPD * en concluant le pacte Ebert-Groener afin de garder le contrôle sur les armées partiellement mutinées et d’empêcher la progression de la révolution. Il quitte l’armée en 1919, est nommé ministre de la Défense du Reich en 1928 et ministre de l’Intérieur en 1931. Conséquence de son décret d’interdiction des SA en 1932, il est poussé à quitter ses fonctions et se retire de la vie politique. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Gross, Otto (1877-1920). Né à Gniebing (Styrie), fils du célèbre criminologue et juge d’instruction autrichien Hanns Gross (1847-1915), Otto Gross suit des études de psychiatrie et de médecine puis devient médecin dans différentes cliniques allemandes et sur des navires, s’adonnant par ailleurs très vite à la cocaïne puis à l’héroïne. À partir de 1904, il devint un adepte de la psychanalyse freudienne. Il s’installe en 1905 dans la communauté libertaire d’Ascona où il revendique l’amour libre. C’est en 1906, à Munich, alors qu’il est l’assistant du psychiatre Emil Kräpelin, qu’il se lie à Franz Jung, Karl Otten, Erich Müshsam. Il participe au premier congrès psychanalytique de Salzburg (avril 1907) et s’inscrit en faux contre la conception freudienne de la « neutralité » du champ psychanalytique (« Nous sommes des médecins, et médecins nous devons rester »). Installé à Zurich pour se désintoxiquer, Gross a affaire au psychanalyste Carl Jung, qui décèle en lui une « démence précoce ». Rejoignant le groupe Die Aktion de Franz Pfemfert en 1913, il a aussi pour projet d’éditer, avec son ami intime Franz Jung, une revue consacrée aux « problèmes psychologiques de l’anarchisme » ; celle-ci ne verra pas le jour… Poursuivi par la police pour avoir donné du poison à son amante et patiente Sophie Benz, il est arrêté à Berlin, chez Franz Jung, puis interné, sur demande de son père, dans un asile de fous autrichien en novembre 1913. Une virulente campagne de presse, menée par Franz Jung, l’en fera sortir. Déclaré « guéri » et libéré de la tutelle de son père (qui meurt en 1915), Otto Gross s’engage en tant que médecin militaire pendant le conflit. Après la guerre, il contribue aux revues prédadaïstes Die Freie Strasse et Die Erde , mais, affaibli par la consommation de drogues « dures », il meurt de consomption en février 1920 à Berlin. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Gruschwitz, Max (1892-1942). Ancien chef de district du KPD à Breslau. Il est en contact avec des généraux hostiles à Hitler – et avec Otto Strasser dont il édite en Autriche le journal Die Schwarze Front (1937). Emprisonné par les nazis, il est retrouvé pendu dans sa cellule en septembre 1942. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé