Glossaires des glossaires

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Haase, Hugo (1863-1919). Avocat, président du SPD * en 1911 et de la fraction socialiste au Reichstag à partir de 1912, sa position le contraint, malgré son opposition à la guerre, à prononcer un discours voulu par la majorité du SPD qui initie la Burgfriedenpolitik (Union sacrée). Hugo Haase poursuit néanmoins son activité pacifiste mais est finalement forcé de démissionner de son poste de président puis de député. Il co-fonde en 1915 le Groupe de travail social-démocrate (SAG), qui devient en 1917 l’USPD, dont il est le premier président. À partir du 10 novembre 1918, il est membre du Conseil des commissaires du peuple, dont il partage la présidence avec Ebert * , mais qu’il quitte avec les deux autres membres de l’USPD le 29 décembre 1918. Il meurt des suites d’un attentat commis par un malade mental. [Source : Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]  ;
Haeften, Hans von (1870-1937). Officier prussien, directeur du département militaire des Affaires étrangères (juin 1916-novembre 1918), Hans von Haeften sert de médiateur entre le général Groener * (chef de l’état-major à Kassel) et le Conseil des commissaires du peuple * , le 21 novembre 1918. Il dirigera le département d’histoire de la guerre de l’état-major (1918-1931) puis les archives du Reich à Potsdam (1931-1935). Ses deux fils seront exécutés après l’attentat manqué contre Hitler en 1944. [ Source : Peuple trahi ]
Halbe, Max (1865-1944). Écrivain, dramaturge et romancier, né près de Danzig, Max Halbe est l’un des plus importants représentants du naturalisme allemand. Il acquiert sa renommée littéraire avec la création à Berlin de sa pièce naturaliste Jugend (1893). Installé à Munich, en 1895, il est le cofondateur, en 1899, de la Volksbühne de Munich et noue une amitié profonde avec le dramaturge Frank Wedekind. Entre 1933 et 1935, il publie une autobiographie soigneusement éloignée de toute expression politique. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hammerstein-Equord, baron Kurt von (1878-1943). Ce général prussien est l’époux de la fille du général Walther von Lüttwitz, le putschiste de mars 1920. Lié au général von Schleicher, il cherche, après 1933, à maintenir la Reichswehr en dehors du pouvoir nazi et prend contact avec la résistance militaire à Hitler avant 1939. Mort de maladie, il sera soupçonné en juillet 1944 d’avoir ourdi le complot contre le Führer, auquel ont participé deux de ses fils. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Harbou, Bodo von (1887-1944). Officier au département des opérations de l’état-major de l’armée impériale pendant la Première Guerre mondiale, Bodo von Harbou accède au grade de colonel. Proche collaborateur de Groener * , il prépare le retour des troupes du front pendant la révolution de novembre. Début 1944, aux côtés de Claus von Stauffenberg dans l’organisation de l’attentat contre Adolf Hitler, il est arrêté, condamné à mort, et se suicide. [ Source : Peuple trahi ]
Harden, Maximilian (1861-1927). Né à Berlin, fils d’un marchand de soie juif, converti lui-même très jeune au protestantisme, Maximilian Felix Ernst Witkowski est acteur dès l’âge de treize ans et deviendra écrivain et journaliste sous le nom de Maximilian Harden. En 1884, il écrit une série d’essais politiques dans Die Gegenwart (Le Présent) sous le pseudonyme d’Apostata. Cofondateur en 1889 de l’association théâtrale Freie Bühne, il réorganise quelques années plus tard, avec Max Reinhardt, le Deutsches Theater de Berlin. Écrivain satirique, il publie, de 1892 à 1922, l’influente revue politique Die Zukunft. Harden s’y fera d’abord le défenseur de Bismarck, dont il est un ami personnel, après l’éjection du pouvoir de ce dernier par Guillaume II. Et y brocardera le militarisme, le chauvinisme et l’art de mauvais goût de l’empereur. En 1906, il s’attaque à la politique extérieure de Guillaume II et de ses conseillers, en accusant plusieurs de ses proches d’homosexualité, ce qui lui vaudra plusieurs procès. Pendant la Première Guerre mondiale, il défend une politique impérialiste, mais « sans annexion de territoires ». Après 1919, il est violemment attaqué par les cercles nationalistes et antisémites et en 1922, peu après l’assassinat de son ami, le ministre libéral d’origine juive Walter Rathenau, il est sévèrement blessé dans un attentat. Il se retire en Suisse l’année suivante et y mourra des suites de l’attentat. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Heartfield, John (1891-1968). Né à Berlin, John Heartfied, de son vrai nom Helmut Herzfelde, prend des cours à l’École des beaux-arts de Munich en 1908, puis entre en contact avec les revues Die Aktion et Der Sturm lors de son arrivée à Berlin en 1913. Ayant échappé à la mobilisation en 1914, il met au point, avec George Grosz, une technique de collage. En juin 1920, il participe à la foire internationale dada avec Raoul Hausmann et George Grosz. Peu après, Heartfield crée ses premiers photomontages. Membre du parti communiste allemand dès 1919, il conçoit nombre d’affiches stigmatisant la montée du nazisme, mais utilise aussi sa technique du photomontage pour réaliser des couvertures de revues, des jaquettes de livres, des décors de théâtre et de cinéma. En 1930, il devient le collaborateur régulier du journal Arbeiter Illustrierte Zeitung , dont il illustre les couvertures de photomontages dont la violence fera dire à Louis Aragon qu’il « est le prototype et le modèle de l’artiste antifasciste ». En 1933, il se réfugie à Prague, puis en Angleterre de 1938 à 1949. Il rentre en RDA en 1950 et s’installe jusqu’à sa mort à Berlin-Est, où il produira des affiches et des décors pour le Berliner Ensemble et pour le Deutsches Theater. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Heine, Wolfgang (1861-1944). Avocat, chef de file réformiste et ministre de Prusse. Député au Reichstag de 1898 à 1918, Wolfgang Heine est, après la révolution de novembre, membre de l’Assemblée nationale jusqu’en juin 1919. Ministre de la Justice (décembre 1918-mars 1919) puis ministre de l’Intérieur de la Prusse jusqu’en 1920, il représente l’aile droite de son parti : toujours en faveur du maintien de l’ordre public, il ignore les plaintes des conseils régionaux qui dénoncent des comportements antidémocratiques. En raison de son attitude modérée face aux forces conservatrices, les syndicats imposent, comme condition pour la fin de leur grève générale, sa destitution ainsi que celle de Gustav Noske après le putsch de Kapp en 1920. Membre de la Cour d’État pour la protection de la République, il émigre en Suisse en 1933. [ Source : Peuple trahi  ; Karl et Rosa ]
Hennings, Emmy (1885-1948). D’abord chanteuse de cabaret à Berlin, elle va collaborer, en 1914, à la revue satirique Simplicissimus où elle croise Hugo Ball, son futur mari. Elle émigre avec lui à Zurich et contribue à la naissance du mouvement Dada au Cabaret Voltaire. Poétesse, romancière, amie de Hermann Hesse, elle incarne le type même de la femme émancipée qui va inspirer de nombreux artistes. Erich Mühsam voyait en elle un « génie érotique ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Herrmann-Neisse, Max (1886-1941). Né à Neisse, en Silésie, tout comme Franz Jung dont il fut le condisciple, Max Herrmann-Neisse étudie la littérature et l’histoire de l’art aux universités de Munich et Breslau. Il commence à publier des poèmes dès 1906. En contact avec les expressionnistes, il publie dans Pan et Die Aktion . Au cours de la Première Guerre, il écrit un roman pacifiste, Cajetan Schaltermann , qui ne sera publié qu’en 1920. Installé à Berlin depuis 1917, il collabore aux revues Die Weissen Blätter et Sirius et produit une pièce de théâtre, Der Sieger Joseph , qui est un grand succès de scène. Critique littéraire de renom, il obtient en 1927 le prix Gerhart-Hauptmann. En 1933, il émigre en Grande-Bretagne via Zurich puis Paris. Il meurt à Londres après avoir publié un recueil de poésie majeur, Um uns die Fremde (Autour de nous l’Étranger, 1936). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Herzog, Wilhelm (1884-1960). Né à Berlin, fils d’un commerçant juif, Wilhelm Herzog, après des études d’économie, d’allemand et d’histoire de l’art, apparaît sur la scène littéraire avec une remarquable biographie de Kleist (1911). Il deviendra ensuite l’éditeur des revues où s’exprime la jeune génération : Pan (1910-1911) et März (1913). Et surtout l’emblématique tribune pacifiste européenne Das Forum (1914-1915 et 1918-1929) et, après l’interdiction de cette dernière, la revue Die Republik (1918-1919). Il se lie d’amitié avec Frank Wedekind, Heinrich Mann, Romain Rolland, voyage en URSS en 1920 puis en 1924-1925, interviewe Staline… Politiquement, il a adhéré à l’USPD en 1919 puis au KPD en 1921 ; il fut exclu de ce dernier en 1928 pour une attaque de sa revue Das Forum contre le « milliardaire rouge Münzenberg ». Auteur de livres à succès, il a notamment écrit, entre 1929 et 1931, Die Affäre Dreyfus , Der Kampf einer Republik (Le Combat d’une république) et Panama. Dès 1929, il fait de longs séjours en France, puis en Suisse. En février 1933, c’est l’exil définitif ; il s’installe à Paris, où il publie sous le pseudonyme de Julien Sorel. Après de nombreuses péripéties, il se retrouve à l’île de Trinidad (Antilles britanniques), où il est interné de 1941 à 1945, avant de gagner New York. Il rentre à Munich en 1947, où il finit ses jours. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hesterberg, Trude (1892-1967). Née à Berlin, nièce d’une grande chanteuse d’opéra, l’actrice, cabarettiste et chanteuse Gertrude Johanna Dorothea Helene Hesterberg commença sa carrière cinématographique en 1912. Elle chanta dès 1915, dans différents cabarets de Berlin, des textes contestataires de Kurt Tucholsky et Erich Kästner. En 1923, elle fonda la Wilde Bühne, qui compta parmi les plus célèbres cabarets du Berlin politico-littéraire. Elle tenta en 1933-1934 d’ouvrir, toujours à Berlin, le cabaret Musenschaukel (L’Escarpolette des muses), qui fut rapidement fermé par les autorités nazies. Après la guerre, installée à Munich, elle commença une seconde carrière cinématographique. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hiller, Kurt (1885-1972). Né à Berlin, fils d’un fabriquant de cravates, Kurt Hiller suit des études de droit, de lettres et de philosophie (auprès de Georg Simmel). Représentant de l’aile activiste de l’expressionnisme, il est connu pour ses articles dans Pan et Der Sturm , et pour son travail d’édition, avec notamment la publication de l’almanach Das Ziel . En 1909, il fonde le Neuer Klub avec Jakob van Hoddis, une association d’étudiants et de jeunes artistes, terreau de l’expressionnisme. Puis en 1911, avec Ernst Blass, le cabaret littéraire Gnu. La même année, il participe à la création de la revue Die Aktion aux côtés de Franz Pfemfert. Il publie en 1912, chez Richard Weissbach, Der Kondor , la première anthologie expressionniste. Il contribue activement à la Weltbühne entre 1915 et 1918 puis, après un différent avec son rédacteur en chef Siegfried Jakobsohn, il n’y participe plus pendant six ans. En 1920, Kurt Hiller adhère à la Deutsche Friedensgesellschaft (Société allemande pour la paix), suivant l’influence de l’Union soviétique tout en restant critique par rapport au léninisme. Après la Première Guerre mondiale, il prône un « pacifisme de gauche » et fonde, en 1926, le Gruppe Revolutionärer Pazifisten avec la féministe Helene Stöcker et le pamphlétaire Kurt Tucholsky. Pacifiste, juif et homosexuel, il sera interpellé plusieurs fois quand Hitler arrive au pouvoir. Il sera ensuite arrêté en 1933, puis interné au camp de concentration d’Oranienburg l’année suivante. Libéré, il s’enfuit à Prague, puis à Londres, où il va demeurer à partir de 1938. Il rentre en RFA en 1955 et fonde, à Hambourg, le Neusozialistischer Bund (1956), qui se réclame du socialisme libertaire. Il participe également à de nombreuses revues contestataires ( Baubudenpoet, Contra, Zwischen den Kriegen et Lynx ). Avant de mourir, il rédige son autobiographie, Leben gegen die Zeit (Vie contre le temps), dont la deuxième partie, Eros , sera publié de façon posthume. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hintze, Paul von (1864-1941). Secrétaire d’État et homme de confiance de Ludendorff pendant la Première Guerre mondiale, Paul von Hintze devient en juillet 1918 secrétaire d’État aux Affaires étrangères, puis représentant des Affaires étrangères auprès du quartier général. Il poussera l’empereur à libéraliser le gouvernement et prendra part aux discussions qui aboutiront à une demande d’armistice fin septembre 1918. C’est lui que l’empereur charge, le 9 novembre 1918, de signifier au chancelier du Reich qu’il est prêt à abdiquer en tant qu’empereur mais désire rester roi de Prusse. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Hirsch, Paul (1868-1940). Écrivain et journaliste, chef du groupe SPD * à la Chambre des députés de Prusse, Paul Hirsch en est, après novembre 1918, ministre-président (jusqu’en juin 1920) et ministre de l’Intérieur (jusqu’en mars 1919). C’est lui qui destitue Emil Eichhorn * , décision à l’origine des événements qui débouchent sur le soulèvement spartakiste. Membre de l’assemblée constituante régionale (1919-1921) puis au Landtag prussien jusqu’en 1932, il est maire de Dortmund de 1925 à 1933, date à laquelle les nazis mettent un terme à sa carrière politique. [ Source : Karl et Rosa ]
Hoddis, Jakob van (alias Hans Davidsohn, 1887-1942). Fils aîné d’un médecin juif de Berlin et d’une mère silésienne, Jakob van Hoddis étudie la philologie et l’architecture. Il fait la connaissance à l’université de Kurt Hiller, qui fonde avec lui et d’autres étudiants le groupe littéraire Neuer Klub, en 1909. Deux ans après, à la mort de son père, il écrit le poème «  Weltende  » (La Fin du monde), œuvre visionnaire, considérée comme le point de départ de l’expressionnisme allemand. Ses textes seront dès lors publiés dans les revues d’avant-garde Die Aktion , Der Sturm , Revolution et Die Neue Kunst . En 1912, il se tourna vers le catholicisme et connaît une grave crise psychologique, qui conduit sa mère à le placer dans une institution psychiatrique dont il va s’évader. En 1918, il se situe encore résolument dans la mouvance de la revue Die Aktion , qui publie son seul livre jamais publié de son vivant, sous le même titre phare de Weltwende . Son état mental se dégradant jusqu’à la schizophrénie, il est placé sous la tutelle de son oncle en 1926. Sa mère et ses sœurs émigrent sans lui en Palestine en 1933 tandis qu’il se trouve relégué dans un hôpital israélite, près de Koblenz. En avril 1942, il est déporté au ghetto de Lublin et assassiné au camp d’extermination de Sobibor quelques semaines plus tard. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hoffmann, Adolf (1858-1930). Métallurgiste puis fonctionnaire du SPD * à partir de 1880. Député très populaire au Landtag de Prusse à partir de 1900, puis au Reichstag en 1904, Adolf Hoffmann est pacifiste et participe à la fondation de l’USPD * en 1917. Ministre prussien des Sciences, de l’Art et de l’Instruction publique durant la révolution de novembre à Berlin, il tente d’imposer la laïcité de l’école (cf. son texte sur « Les dix commandements et les classes dirigeantes »). Élu au Reichstag sous l’étiquette de l’USPD (1920), il rejoindra ensuite pour une courte période le comité central du KPD, puis de la Communauté des travailleurs communistes (KAG) pour finalement réintégrer le SPD à la fin de 1922. [ Source : Peuple trahi  ; Karl et Rosa ]
Holitscher, Arthur (1869-1941). Né à Budapest en Hongrie, issu d’une famille juive, Arthur Holitscher est d’abord employé de banque à Budapest, puis à Fiume et à Vienne. Influencé par ses connaissances anarchistes françaises, il s’installe à Paris en 1895 et commence à écrire. Après la publication de son premier roman Weisse Liebe (Amour blanc), édité par Albert Langen, il part pour Munich, où il devient rédacteur de la revue Simplicissimus (1896). Il travaille avec Samuel Fischer aux États-Unis en 1907, puis rentre en Allemagne. À l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933, ses livres sont brûlés. Combattant antifasciste, il s’installe à Paris puis à Genève, où il s’éteint dans la misère. C’est Robert Musil qui fit son éloge funèbre. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hölz, Max (1889-1933). Né à Moritz, près de Riesa, en Saxe, Max Hölz est originaire d’un milieu modeste d’ouvriers agricoles. Il vit une adolescence difficile comme garçon de ferme, puis domestique. En 1908, il saisit l’opportunité de se rendre à Londres et, tout en travaillant, acquiert une formation technique à Chelsea. Revenu sur le territoire allemand en 1910, il exerce une activité à la Croix-Rouge protestante. Engagé volontaire en août 1914, il fera toute la guerre et sera décoré. C’est la révolution de novembre 1918 qui le fait sortir de son apolitisme. Il s’engage avec passion dans le mouvement révolutionnaire, est élu à la tête du conseil des soldats de Falkenstein, adhère à l’USPD, fonde un comité de chômeurs, puis adhère en janvier 1919 au KPD. Véritable Robin des Bois, il rançonne les possédants et distribue l’argent aux pauvres. En mars 1920, il participe à la résistance armée au putsch de Kapp, mettant sur pied l’Armée rouge du Vogtland (Allemagne centrale). Mais après la défaite de cette dernière, il doit s’enfuir en Tchécoslovaquie. Exclu du KPD pour « indiscipline », il est accueilli au sein du KAPD fin 1920 et joue un rôle dans l’Action de mars quelques mois plus tard, à la tête de sa « Garde rouge », en Allemagne centrale. Ses expropriations vont le rendre extrêmement populaire. Arrêté à Berlin quelques semaines après l’échec du soulèvement ouvrier, il est jugé et condamné à la prison à perpétuité. Revenu au KPD en 1922, il bénéficiera d’une importante campagne en faveur de sa libération et d’un appel signé, en avril 1927, par les plus hautes sommités intellectuelles (Albert Einstein, Thomas et Heinrich Mann, Otto Dix, Bertolt Brecht, etc.). Après une tournée triomphale au moment de sa libération (1928), il devient le communiste allemand le plus populaire et il est envoyé en Union soviétique. En septembre 1933, bien qu’excellent nageur, il se noie dans des conditions suspectes aux environs de Nijni-Novgorod (rebaptisée Gorki depuis 1932), alimentant ainsi la rumeur d’un assassinat perpétré par le NKVD. Par la suite, ce dernier le mettra d’ailleurs dans le lot des communistes allemands exilés à Moscou qui auraient préparé, bien avant 1935-1936, un « complot contre-révolutionnaire, terroriste et trotskiste » contre Staline. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Hülsenbeck, Carl Wilhelm Richard (1892-1974). Né à Frankenau (Hesse), fils de pharmacien, Richard Huelsenbeck – il publiera sous ce nom et cette graphie – suit des cours d’histoire de l’art et de littérature à Munich, en 1911-1912, où il fait la connaissance de Hugo Ball au café Stéphanie. Après des études de philosophie à Paris, à la Sorbonne, il commence ses études de médecine à Berlin en 1914. Il publie dans Die Aktion , organise en mai 1915, avec Ball, une soirée expressionniste, prédadaïste, où il récite ses Poèmes nègres. Réformé, il rejoint, en février 1916, Hugo Ball à Zurich, qui vient de fonder le Cabaret Voltaire : c’est le début du mouvement Dada, qui allie la provocation et l’expérimentation poétiques. Il rentre à Berlin en janvier 1917, publie dans la Freie Strasse et, l’année suivante, fonde avec Raoul Hausmann, dans la maison de Franz Jung, le Dada Club (1918-1920). En 1919-1920, il collabore à l’organe de presse du groupe berlinois Der Dada et constitue, avec Raoul Hausmann et le musicien Efim Golyscheff (1897-1970), un « comité central dadaïste » dont le programme est un « communisme » tempéré par l’humour dada : « introduction progressive du chômage par la mécanisation de toutes les activés » ; « utilisation des églises pour le spectacle de poèmes bruitistes, simultanés et dadaïstes », etc. C’est encore en 1920 qu’il se fait l’éditeur du Dada-Almanach , l’une des plus importantes publications dadaïstes. Dès 1921, menant une double activité de médecin et de correspondant de presse, il interrompt toute activité dadaïste. Il ne cesse pourtant pas d’écrire : nouvelles, pièces de théâtre – et récits de voyage en tant que médecin à bord de navires. En 1933, frappé d’interdit d’écriture par le régime nazi, il réussit à quitter l’Allemagne en 1936 et s’établit à New York où il ouvre un cabinet de psychiatre sous le nom de Charles Richard Hulbeck. Il créera, avec des amis, l’Ontoanalytic Association et sera honoré du prix Ludwig Binswanger en 1969 pour sa contribution à la psychanalyse existentialiste. Dans les années 1950, lors du regain d’intérêt pour le dadaïsme, il publie un manifeste, Dada Manifest 1949 (1951), qui sera explicitement condamné par Tzara. Comme dans son autobiographie, parue en 1957, il revendique son rôle de créateur du dadaïsme en Allemagne et nie la mort historique de Dada. Il se retire dans le Tessin en 1970 et commence à peindre. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé