Glossaires des glossaires

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Kaiser, Georg (1878-1945). Né à Magdeburg et mort à Ascona, Georg Kaiser fut le dramaturge expressionniste le plus joué de la République de Weimar : il composa plus de soixante pièces dramatiques ; son drame, Les Bourgeois de Calais , le rendit célèbre, dès 1913. En contact étroit avec Bertolt Brecht, Lotte Lenya et Kurt Weill, il rédige pour ce dernier, en 1926, un livret d’opéra ( Der Protagonist ), joué sur toutes les grandes scènes de New York à Londres en passant par Rome. En 1938, il s’exile en Suisse où il meurt, alors qu’il était en train de planifier, à la demande de Brecht, son retour en Allemagne. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kanehl, Oskar (1888-1929). Né à Berlin, fils d’instituteur, Oskar Kanehl étudie les lettres et la philosophie. Il édite en 1913 à Greifswald (Poméranie occidentale) la revue politico-littéraire Wieker Bote , qui est interdite lorsque la guerre éclate. Il publie des poèmes antimilitaristes dans Die Aktion . Envoyé sur le front, il diffuse des tracts contre la guerre. En 1918-1919, il est membre du KPD et s’engage bientôt dans le mouvement « unioniste » (AAU et AAU-E), communiste des conseils, tout en poursuivant sa collaboration à Die Aktion . Jusqu’à son suicide, il est régisseur et dramaturge sur les « scènes rouges » de Berlin. Il est l’un des premiers représentants du « lyrisme prolétarien ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kantorowicz, Alfred (1899-1979). Né à Berlin, fils de commerçant, Alfred Kantorowicz mène des études qui le conduisent au doctorat en droit et s’engage comme volontaire en 1917. Journaliste et correspondant de presse, Alfred Kantorowicz se fait un nom comme critique théâtral. Ami d’Ernst Bloch et Bertolt Brecht, il adhère au KPD en 1931. En mars 1933, il prend le chemin de l’exil et s’installe à Paris où il devient le secrétaire général de l’Association pour la défense des écrivains allemands, dont le premier congrès tenu à Paris en 1935 obtient l’appui d’André Gide, André Malraux, Éluard, Aragon, Barbusse, etc. Il a travaillé au Livre brun sur l’incendie du Reichstag et la terreur hitlérienne , édité par Willi Münzenberg pour le compte du Komintern. De décembre 1936 à avril 1938, il est officier des Brigades internationales en Espagne, puis il est interné en France (septembre 1939), s’enfuit et gagne Marseille où il s’embarque pour les États-Unis en 1941. Il retourne en Allemagne en 1946 et édite à Berlin, pour le compte des Alliés, la revue Ost und West . Membre du SED à partir de 1947, il devient professeur de littérature à l’université Humboldt de Berlin. Refusant de signer en décembre 1956 une résolution contre l’insurrection ouvrière hongroise, il s’enfuit à Berlin-Ouest et s’installe à Munich puis à Hambourg, où il mourra. On lui doit de très nombreuses œuvres. [Source : Le Chemin vers le bas ]
KAPD ( Kommunistische Arbeiterpartei Deutschlands ) Ce parti, dont l’organe était la Kommunistische Arbeiter Zeitung (KAZ), est issu d’une scission du KPD. Fondé le 4 avril 1920, il rassemble à ses débuts environ 40 000 militants, qui refusent toute participation aux élections et l’adhésion aux syndicats. Opposé au « parlementarisme révolutionnaire », au syndicalisme réformiste et à la politique panrusse des bolcheviks, le KAPD décide, en août 1921, de rompre avec la IIIe Internationale après son troisième congrès, où il ne peut faire entendre sa voix. Au même moment, certains militants, qui souhaitent créer une organisation « unifiée », à la fois politique et syndicale, quittent le parti pour fonder l’AAU-E (Allgemeine Arbeiter Union-Einheitsorganisation). En 1922, une nouvelle scission a lieu entre la « tendance d’Essen » et la « tendance de Berlin ». Le KAPD ne s’en relèvera pas. En 1933, une partie de ce qui reste du KAPD et du mouvement des Unions finit par rejoindre la Kommunistische Arbeiter-Union Deutschlands (KAUD). Des groupes de résistance antinazis, comme les Rote Kämpfer (Combattants rouges) et la Kommunistische Räte-Union, vont également se créer dans la tradition du KAPD. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kapp, Wolfgang (1858-1922). Né à New York, Wolfgang Kapp, fils d’un révolutionnaire de 1848 émigré aux États-Unis, rentre en Allemagne en 1870 et devient fonctionnaire. Politicien d’extrême droite ultranationaliste, il fonde en 1917 le Deutsche Vaterlandspartei. Le 13 mars 1920, il tente un coup d’État à Berlin contre la République de Weimar avec le général Walther Lüttwitz et l’appui des corps francs du capitaine Hermann Ehrhardt. Cette tentative de putsch est mise en échec par une grève générale, qui débouche sur une insurrection armée des ouvriers de la Ruhr. Il s’enfuit en Suisse puis, en 1922, se rend aux autorités allemandes et meurt en détention provisoire. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kater, Fritz (1881-1945). Né à Barleben, près de Magdeburg, issu d’une famille modeste, ce maçon forme en 1887, dans sa ville natale, une association professionnelle des ouvriers du bâtiment. Fritz Kater milite au SPD, est emprisonné sous les lois antisocialistes et se rapproche des Jungen, l’extrême gauche anarchisante du parti social-démocrate. À Berlin, il croise Gustav Kessler (1832-1904), à qui il succède à la tête de la Freie Vereinigung deutscher Gewerkschaften (FVDG) en 1903. En 1912, il devint le rédacteur en chef de son organe, Der Pionier , lequel fut interdit en août 1914. Kater, qui s’oppose à la guerre, réorganise la FVDG, qui va prendre le nom de FAUD en décembre 1919. Président de cette centrale anarcho-syndicaliste jusqu’en 1930, il s’oppose à l’adhésion à l’ISR (Profintern) et participe aux congrès syndicalistes-révolutionnaires de Berlin (juin et décembre 1922) qui aboutissent à la fondation d’une seconde AIT. Après 1933, il tente de rassembler les restes clandestins de la FAUD. Il meurt à Berlin peu après l’armistice, lors d’une opération de déminage. De 1897 à 1921, Fritz Kater a été l’une des plumes les plus limpides et prolifiques du mouvement anarcho-syndicaliste allemand. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Katzenellenbogen, Ludwig (1877-1943). Brasseur d’origine juive, directeur général du groupe de brasseries Schultheiss-Patzenhofer et grand mécène du théâtre berlinois. Immensément riche, il dépensa une fortune pour financer le théâtre de Piscator. Il épousa Tilla Durieux en 1930. Arrêté par la Gestapo lors de l’occupation de la Yougoslavie (1941), il mourut au camp d’Oranienburg. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Katz, Rudolf (1895-1961). Né à Falkenburg (Poméranie), aujourd’hui Zlocieniec (Pologne), Rudolf Katz est membre du SPD sous la République de Weimar et, après 1945, député et ministre SPD. De 1924 à 1933, il occupe des fonctions de notaire et d’avocat. En 1933, il quitte l’Allemagne pour la Chine où il est délégué de la SDN à Nankin et conseiller du gouvernement de Tchang Kaï-Chek. Deux ans plus tard, Rudolf Katz travaille en tant que scientifique à la Columbia University de New York et comme rédacteur à la Neue Volkszeitung , un journal de socialistes allemands en exil. Il est en outre secrétaire du German Labor Delegation in USA, près de l’AFL, directeur de la Rand School of Social Science de New York et de la revue The New Leader . En 1946, il rentre en Allemagne pour occuper les fonctions de ministre de la Justice du Land de Schleswig-Holstein et devient, en 1951, le vice-président du tribunal constitutionnel fédéral. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kautsky, Karl (1854-1938). Théoricien du marxisme dans la IIe Internationale. Originaire de Prague, Karl Kautsky s’installe en Allemagne en 1890 après avoir séjourné à Vienne, Zurich, Londres et côtoyé Karl Marx et Friedrich Engels. Ami d’Eduard Bernstein * , il s’intéresse beaucoup au marxisme et écrit en 1891 la première partie du programme d’Erfurt du SPD * , dans lequel il pose des réflexions théoriques à stricte orientation marxiste et vise une société socialiste. En 1903, il s’oppose à Bernstein lors du « débat sur le révisionnisme » [voir SPD * ] puis réserve ses critiques à la « gauche radicale » représentée par Rosa Luxemburg. En 1914, n’approuvant pas le vote des crédits de guerre, il s’éloigne des sociaux-impérialistes – sans rejoindre pour autant le petit noyau d’extrême gauche qui devait créer la Ligue Spartakus. Critique de la révolution d’Octobre en Russie, il passe en 1917 du SPD à l’USPD * . Secrétaire d’État aux Affaires étrangères dans le Conseil des commissaires du peuple * de novembre 1918 à février 1919, il retourne au SPD en 1922. Son œuvre majeure, Die materialistische Geschichtsauffassung (La Conception matérialiste de l’histoire), paraît en 1934. Il quitte l’Autriche lors de l’Anschluß pour finir ses jours aux Pays-Bas. En français : Le Marxisme et son critique Bernstein (1900) ; Le Programme socialiste (1910) ; La Révolution sociale (1912) ; L’Internationale et la Russie des Soviets (1925) ; Le Chemin du pouvoir (1969) ; La Dictature du prolétariat (1972). [ Source : Karl et Rosa ]
Kerensky, Alexandre Fedorovitch (1881-1970). Avocat, membre du parti socialiste révolutionnaire russe, il devient en 1912 chef de son groupe parlementaire à la Douma. Lors de la révolution de février 1917, il est membre du comité exécutif provisoire. Il devient ensuite ministre de la Justice dans le premier gouvernement provisoire, puis ministre-président d’un gouvernement social-libéral. Le 9 septembre 1917, il réprime la tentative de putsch du général Kornilov et se met à la tête du haut commandement des armées. Le 14 septembre, il proclame la République de Russie. Lorsque les bolcheviks occupent le palais d’Hiver le 25 octobre Selon le calendrier julien, alors en vigueur en Russie, mais le 7 novembre selon le calendrier grégorien – qui sera adopté en février 1918. 1917 et arrêtent les membres du cabinet, Kerensky parvient à s’enfuir. Installé à Paris jusqu’en 1940, où il écrit plusieurs livres sur la période révolutionnaire, il gagne ensuite les États-Unis et meurt à New York. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Kerr, Alfred (1867-1948). Né à Breslau (aujourd’hui Wroclaw, en Pologne), Alfred Kerr, de son vrai nom Kempner, étudie la philosophie, l’histoire et la philologie allemandes. Sa thèse de doctorat, soutenue à Halle en 1894, portait sur le poète Clemens Brentano. Critique littéraire, il a écrit pour de nombreuses revues, tant à Breslau qu’à Berlin : de 1892 à 1900, il est critique de théâtre pour le quotidien berlinois Die Vossische Zeitung puis, jusqu’en 1919, pour Der Tag . De 1910 à 1915, il publiera aussi la revue Pan . De 1919 à 1933, en parallèle à son activité d’écrivain, il collabore au Berliner Tageblatt et à la Frankfurter Zeitung , deux des quotidiens les plus importants de la République de Weimar. Pendant la Première Guerre, sous le pseudonyme de Gottlieb, il écrira des poèmes patriotiques et bellicistes. Les attaques de Karl Kraus, qui polémiquera avec lui sa vie durant, mais aussi sa fréquentation de Brecht et de Johannes Becher lui inspireront plus tard des sentiments plus pacifistes. Dès l’arrivée de Hitler au pouvoir, ses livres sont brûlés et Kerr va émigrer à Prague, Vienne, Lugano, Zurich, Paris, puis Londres, où il co-fonde la Ligue de la libre culture allemande (1938). Citoyen britannique à partir de 1947, il est envoyé à Hambourg par la British Control Commission faire un rapport sur le théâtre dans la zone d’occupation anglaise. Reconnu et ovationné au théâtre Thalia, il y subit une attaque cardiaque et, diminué, choisit d’abréger ses jours. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kisch, Egon Erwin (1885-1948). Fils d’un drapier juif, né et mort à Prague, Egon Kisch a suivi une formation de journaliste. Parallèlement à son activité au quotidien de langue allemande Bohemia , où il se spécialise dans les affaires criminelles, il se lie au milieu théâtral de Berlin à partir 1913. La même année, il révèle une affaire d’espionnage, qui inspirera plus tard le film d’István Szabó, Colonel Redl (1985). Blessé pendant la guerre, il est rattaché au groupe de presse de l’armée à Vienne où il participe à la formation clandestine du conseil d’ouvriers et de soldats ainsi qu’à la Fédération des socialistes révolutionnaires. Il est premier commandant de la Garde rouge de Vienne, mais se retirera de ses fonctions en 1919. À Berlin, il travaille, à partir de 1921, comme écrivain indépendant pour divers journaux socialistes et communistes, et voyage également beaucoup à travers le monde. Le gouvernement tchèque le fera libérer du camp de concentration où il est interné en 1933. En 1937-1938, il s’engage en Espagne dans les Brigades internationales, se réfugie en France, puis s’exile au Mexique où il va travailler pour la revue stalinienne Freies Deutschland . Il retournera à Prague en 1946. Aujourd’hui, il demeure encore en Allemagne l’archétype du « grand reporter ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kléber, Jean-Baptiste (1753-1800). Officier d’origine strasbourgeoise, Jean-Baptiste Kléber se met à la disposition du gouvernement révolutionnaire en 1792 et se bat avec succès contre les ennemis de la République. Érigé par l’État français et la ville en 1840, un monument à son honneur se trouve toujours sur la place de Strasbourg qui porte son nom. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Kneipp, Sebastian (1821-1897). Connu pour son ouvrage vantant les vertus de la « cure d’eau » ( Meine Wasserkur , 1886), ce prêtre catholique bavarois est considéré comme l’un des pionniers de la naturopathie, qu’il mit en pratique tant pour lui-même que pour ses « patients », sans jamais exercer la médecine. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Knickerbocker, Hubert Renfro (1898-1949). Ce célèbre journaliste américain, qui se trouvait en 1923 à Munich, où il voulait entreprendre des études de psychiatrie, fut le témoin direct de la tentative de putsch de Hitler. En 1931, il reçoit le prix Pulitzer pour son analyse du premier plan quinquennal soviétique. Correspondant de presse, il poursuit ses activités en Allemagne jusqu’en février 1933, date à laquelle il est expulsé du pays. Hubert Knickerbocker a couvert tous les grands conflits de son époque : guerre d’Éthiopie, guerre d’Espagne, conflit sino-japonais, annexion de la Tchécoslovaquie, Seconde Guerre mondiale (bataille de France en 1940, front du Pacifique après 1941, débarquement américain en Afrique du Nord en 1942, etc.). Il disparaît, avec une équipe de journalistes, dans le crash d’un avion près de Bombay. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Knüfken, Hermann (1893-1976). Marin au port de Cuxhaven, Hermann Knüfken est incorporé dans la marine impériale en 1914 ; il en désertera en 1917 et ira trouver refuge au Danemark. Bénéficiant d’une amnistie, il retourne en Allemagne où il est arrêté mais presque aussitôt libéré à la faveur des événements de novembre 1918. Il est membre de la Volksmarinedivision, bras armé de la révolution à Berlin ; il adhère au KPD puis au KAPD et à l’Union (AAU) des marins de Cuxhaven. C’est lui qui organise, en novembre 1920, le détournement du Senator Schröder, qui mène Jan Appel et Franz Jung jusqu’à Mourmansk. Surnommé le « camarade pirate » par Lénine, il sera arrêté à son retour, condamné à cinq années de prison, puis relâché en 1923. Réintégrant le KPD, dont il est l’un des courriers pour le compte du Komintern, il s’installe à Leningrad, où il dirige le Club international des marins. Il sera arrêté par la Guépéou en 1929 puis fera un bref séjour en Allemagne avant d’émigrer aux Pays-Bas après 1933. Il va y jouer un rôle très important au sein de l’Internationale Transportföderation (ITF), véritable pôle de résistance international au nazisme dirigé par le socialiste hollandais Edo Fimmen. Il travaille ensuite pour les services secrets britanniques et français (1936), après avoir rompu avec le KPD, et crée des réseaux dans les ports allemands. En octobre 1939, il se rend en Suède avec de faux papiers : il y sera interné jusqu’en 1943. Après cette date, il s’installe successivement à Londres, puis à Hambourg (1946), toujours au service du gouvernement britannique, pour lequel il s’occupe de l’administration du port de Londres. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kobus, Kathi (1854-1929). Née et morte à Munich, Kathi Kobus était plus qu’une serveuse pittoresque de cabaret, c’était une véritable muse. Au Neue Dichtelei, puis au Simplicissimus, ouvert en 1903 dans la petite Türkenstrasse, c’est elle qui prenait soin des étudiants pauvres et des jeunes artistes fréquentant le cabaret ou montant sur scène. Erich Mühsam fut embauché par elle comme « auteur maison ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Komintern , voir Internationale (III e )
Korfanty, Wojcjeh (1873-1939). Fils de mineur, député silésien du parti national-démocrate polonais au Reichstag de 1903 à 1912 ; puis en 1918, après une interruption de sa carrière due à un scandale financier. Partisan de l’Anschluss des territoires allemands silésiens à la nouvelle Pologne, il met sur pied en 1919-1920 des corps francs polonais qui s’affrontent aux corps francs allemands et organise plusieurs insurrections pour protester contre le rattachement par plébiscite de certaines régions à l’Allemagne. Il sera par la suite député chrétien-démocrate et s’opposera à Józef Pilsudski, qui le fera emprisonner. Il est mort à Varsovie, peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, après un exil en Tchécoslovaquie et en France. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Korolenko, Vladimir Galaktionovitch (1853-1921). Écrivain russe d’origine ukrainienne. Opposant au tsarisme, sympathisant du mouvement révolutionnaire russe, Vladimir Korolenko sera déporté en Sibérie. Il est l’auteur de nouvelles et d’articles où il dénonce les injustices sociales, l’arbitraire de l’appareil judiciaire russe, l’autocratie et l’antisémitisme tsariste. Ses histoires ont pour thème la vie paysanne et reflètent son constant intérêt pour la condition des opprimés, les « muets » – sujet d’un roman éponyme. [ Source : Karl et Rosa ]
KPD ( Kommunistische Partei Deutschlands ) Parti fondé en décembre 1918 autour du Spartakusbund, avec Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Après la répression des révoltes de 1919 et l’assassinat de nombreux militants et dirigeants du parti, le KPD est pris en main par les bolcheviks, ce qui va entraîner plusieurs séries d’exclusions : celle du KAPD en 1920, les exclus critiquant l’autoritarisme de Lénine, le parlementarisme et le syndicalisme ; celle de Paul Levi en 1921 ; celle du Kommunistische Partei-Opposition (KPD-O) en 1928-1929, les exclus refusant le soutien à l’URSS et, de façon plus générale, le stalinisme. Le KPD devient donc un parti sous domination soviétique, défendant une ligne politique tout à fait contraire de celle inspirée par Rosa Luxemburg. Interdit en 1933, il maintient difficilement une activité clandestine de résistance intérieure, tandis que certains dirigeants organisent un KPD en exil, à Paris en particulier. Les autres militants ayant trouvé refuge à Moscou seront, pour la plupart, victimes des sanglantes purges staliniennes. Suite à la division de l’Allemagne après la guerre, le KPD se trouve lui-même scindé de fait : en RDA, il fusionne avec le SPD pour former le SED, parti unique de type stalinien, tandis qu’en RFA le KPD, interdit en août 1956, renaît sous le nom de DKP en septembre 1968. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kräpelin, Emil (1856-1926). Psychiatre allemand, pionnier dans la classification des psychoses et la « psychiatrie transculturelle » (il mena une enquête comparative à Java). Auteur d’un célèbre Traité de psychiatrie (1883), il est mort à Munich, où il exerçait depuis 1903. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Krzyzanowski, Otfried Friedrich (1886-1918). Une des figures emblématiques de la bohème littéraire viennoise. Pauvre et résolument hostile au travail salarié, Otfried Krzyzanowski fréquente le Café Central où il croise Franz Blei et Franz Werfel. Ses premiers poèmes de tonalité expressionniste paraissent en 1912. Il mourra de faim à Vienne le 30 novembre 1918. Son recueil de poésies, Unser tägliches Gift (Notre poison quotidien, 1919), est paru à titre posthume, chez Kurt Wolff. Otfried Krzyzanowski a inspiré la nouvelle de Kafka intitulée «  L’artiste de la faim  » (1924). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kutscher, Artur (1878-1960). Né à Stuttgart, mort à Munich, Artur Kutscher est un historien de la littérature allemande et un chercheur en « sciences du théâtre ». Il influença notablement Bertolt Brecht, qui suivit ses cours à Munich. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Kuttner, Erich (1887-1942). Né à Berlin et fils d’un commerçant juif, Erich Kuttner suit des études de droit à Berlin puis à Munich. En 1910, il adhère au SPD et devient journaliste pour le compte du parti. En 1915, il est engagé volontaire et gravement blessé. Rédacteur au quotidien socialiste Vorwärts , il fonde, en 1916, une Association nationale des anciens combattants et mutilés de guerre (Reichsbund der Kriegsteilnehmer und Kriegsbeschädigten). Aux côtés d’Ebert et de Noske, il organise le régiment social-démocrate Reichstag qui écrase l’insurrection spartakiste en janvier 1919. Il est député SPD au Landtag de Prusse de 1921 à 1933. En 1933, il émigre aux Pays-Bas où il entreprend un travail limité de résistance avec le KPD, adhère au groupe socialiste Revolutionäre Sozialisten Deutschlands (RSD), puis tente de créer un organisme de front populaire contre Hitler. En 1936, il se rend en Espagne et s’engage dans le camp républicain : il sera blessé sur le front de Brunete, près de Madrid, en juillet 1937. De retour aux Pays-Bas, il écrit un livre d’histoire sociale sur la révolte des gueux dans les Pays-Bas espagnols en 1566. En mai 1940, avec l’occupation allemande, il plonge dans la clandestinité. Arrêté en avril 1942 par la Gestapo, il est conduit au camp de Mauthausen où il est immédiatement assassiné. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé