Glossaires des glossaires

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La Guardia, Fiorello Enrico (1882-1947). Maire républicain de New York de 1934 à 1945, Fiorello La Guardia est un fervent partisan de Roosevelt. En 1941, il est nommé par ce dernier directeur du Bureau de la défense civile. Fils d’une juive italienne de Trieste, il annonce, dès 1934, qu’« une partie du programme de Hitler, c’est l’anéantissement complet des juifs d’Allemagne ». En mars 1946, il se trouve placé à la tête de l’UNRRA, fondée en novembre 1943. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lamour, Philippe (1903-1992). Né à Landrecies, en France, Philippe Lamour est membre du Faisceau de Georges Valois jusqu’en 1928. Il tente ensuite de fonder un parti fasciste révolutionnaire, puis adhère au parti autonomiste breton. En 1931, il fonde la revue Plans . Il participe à la traduction de Mein Kampf , afin d’informer les Français de la menace que constitue le nazisme. Candidat malheureux de la coalition du Front populaire lors des législatives de 1936, il dénonce l’attitude du régime de Vichy puis se désintéresse de la politique et devient agriculteur. Après la Libération, il est secrétaire général de la Confédération générale de l’agriculture de 1947 à 1954. Plus tard, il jouera un rôle déterminant dans la mise en œuvre du plan d’aménagement du territoire (1962) et dans la création de la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) en 1963. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Landauer, Gustav (1870-1919). Né à Karlsruhe, Gustav Landauer suit des études interrompues de littérature et de philosophie et entre en contact avec les « jeunes » du SPD, qui sont en opposition avec la ligne de leur parti. En 1893, il est le rédacteur de Der Sozialist , l’organe des « jeunes », qui devient celui de la tendance anarchiste dans ce groupe. Arrêté la même année pour ses activités politiques, il fait deux, puis neuf mois de prison. Il y approfondit ses idées politiques, considérant désormais que le changement social ne se fera que par la prise de conscience par les opprimés de la « servitude volontaire » qui les attache aux appareils de domination, qu’il ne se concrétisera ensuite que par la formation de coopératives de production et de consommation. Influencé par le pacifisme de Tolstoï, il fonde en 1908 le Sozialisticher Bund, qui va s’opposer à la guerre. Après la défaite de spartakistes, il s’engage, avec Erich Mühsam, dans le mouvement en faveur des conseils ouvriers. Il est commissaire du peuple à la Culture et à l’Éducation dans la première République des conseils de Bavière (7-13 avril 1919). Arrêté après la chute de la seconde République des conseils, il est exécuté le 2 mai à la prison de Munich-Stadelheim. En français : La Révolution ( 1974 , 2006 ) [Source : Le Chemin vers le bas  ; Peuple trahi  ; Retour du front ]
Landsberg, Otto (1869-1957). Élu dans le comité de direction du SPD * en 1918, Otto Landsberg est, avec Ebert * et Scheidemann * , le troisième majoritaire * du Conseil des commissaires du peuple * . En 1919, il est élu à l’assemblée constituante puis devient ministre de la Justice du Reich et membre de la délégation de négociation du traité de Versailles. Il démissionne de son ministère pour protester contre les conditions de paix et s’abstient lors du vote. Dès la prise de pouvoir par les nazis, il s’exile en Tchécoslovaquie puis, par la Belgique, aux Pays-Bas, où il restera après 1945. [ Source : Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Langen, Albert (1869-1909). Né à Anvers dans une famille de gros commerçants, Albert Langen, dont la mère était d’origine française, s’insère rapidement dans le milieu littéraire parisien après une formation commerciale à Hambourg et Cologne. Il fonde, en 1893, les éditions d’art Albert Langen (Paris et Cologne). En 1895, la maison s’installe à Munich et fait connaître les grands noms de la nouvelle littérature européenne : Björnson, Hamsun, Strindberg, D’Annunzio, etc. De 1896 à 1906, il publie Simplicissimus , auquel furent intentés de nombreux procès. Menacé d’emprisonnement pour « crime de lèse-majesté », il doit s’exiler à Paris où il fonde, en 1907, la revue März , qui s’est attachée à renforcer l’amitié franco-allemande. Revenu à Munich, il y décède en avril 1909. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lania, Leo (alias Lazar Herman, 1896-1961). Écrivain, journaliste, auteur dramatique et metteur en scène autrichien. Né à Kharkov, fils de médecin, Leo Lania grandit à Vienne où il suit des études de commerce. En 1915, il collabore au quotidien social-démocrate Wiener Arbeiter-Zeitung . Revenu radicalisé de la guerre, il adhère, en janvier 1919, au KPÖ et collabore à la Rote Fahne . Quittant le parti en 1921, il gagne Berlin où il devient le correspondant du Chicago Daily News (1923) et collaborateur à la Weltbühne . En 1924, il est emprisonné pour « haute trahison » après avoir dénoncé divers trafics d’armes dans son livre, Gewehre auf Reisen . En 1933, il s’enfuit à Paris où il collabore aux journaux antifascistes de l’exil allemand, puis il émigre aux États-Unis en 1939. C’est là qu’il fait publier sa célèbre autobiographie We Are Brothers. The biography of a generation (1942). De retour en Allemagne après 1945, il poursuit son activité littéraire jusqu’à sa mort. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lasker-Schüler, Else (1869-1945). Benjamine du banquier privé Aron Schüler, Else Lasker-Schüler est née à Elberfeld (Rhénanie). Mariée en 1894 au médecin Berthold Lasker, elle a d’abord développé ses talents artistiques par la peinture, le dessin et la photographie avant de publier ses premiers poèmes (1899). Séparée de son premier mari en 1903, elle se remarie avec le musicien et écrivain expressionniste Herwarth Walden (1878-1941), collaborateur de la revue Der Sturm et initiateur du théâtre expérimental. Else Lasker-Schüler crée alors son œuvre la plus connue, le drame Die Wupper (1909), qui sera joué à Berlin dix ans plus tard. À cette époque, elle est l’amie et l’égérie de tous les artistes qui comptent : les peintres Franz Marc, George Grosz, Oskar Kokoschka, le poète Georg Trakl, Max Brod l’ami de Kafka, et le jeune Gottfried Benn avec lequel elle se lie d’un d’amour platonique. Ses œuvres en dix volumes, auxquelles s’ajoutent des ouvrages de bibliophilie, tel Theben , illustré de dessins de l’auteur, paraissent en 1919-1920. Cette auteure juive de premier plan doit fuir l’Allemagne en avril 1933 pour s’installer en Suisse où elle se lie à Thomas, Klaus et Erika Mann. En 1934, elle se rend à Jérusalem et y rencontre le philosophe Gershom Scholem. Installée définitivement en Palestine à partir de 1939, elle publie son dernier recueil de poésie, Mein blaues Klavier , avant de mourir brutalement. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Ledebour, Georg (1850-1947). Correspondant à l’étranger des Berliner Blätter (Papiers berlinois) de 1876 à 1882, rédacteur au journal libéral de gauche Demokratische Blätter à partir de 1886 puis au Vorwärts * de 1892 à 1899, Georg Ledebour est élu député au Reichstag en 1900. Opposé au vote des crédits de guerre en 1914, il n’en condamne pas moins Liebknecht d’avoir voté contre par haine de la Russie tsariste. Opposant à la guerre au sein du SPD * , cofondateur de l’USPD * en 1917, il en devient membre du comité de direction. À la tête du comité révolutionnaire au côté de Liebknecht * et Scholze, il appelle au soulèvement spartakiste en janvier 1919. Arrêté pour haute trahison, il sera libéré en juin. Député au Reichstag (1920-1924), chef de l’USPD, il refuse, après l’unification avec le SPD en 1922, de rejoindre le « traître de la révolution ». Il fonde son propre parti en 1924, l’Union socialiste (Sozialistischer Bund), qui s’intégrera en 1931 au parti socialiste ouvrier (SAP), une scission de gauche du SPD. Après la prise de pouvoir de Hitler, il émigre en Suisse et continue, malgré la maladie, à dénoncer le régime nazi. Il se prononce en avril 1946 pour la fusion, en Allemagne orientale, du SPD avec le KPD, qui donne naissance à l’Union socialiste d’Allemagne (SED). Il meurt à Berne. [ Source : Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Leipart, Theodor (1867-1947). Ce tourneur, né à Neubrandenburg, prend rapidement des fonctions importantes au sein de l’appareil syndical social-démocrate. Permanent syndical à partir de 1890, Theodor Leipart s’occupe du syndicat des ouvriers du bois à Stuttgart, dont il est le président jusqu’en 1919. Ministre wurtembergeois du travail en 1919-1920, il prend la tête de l’ADGB en 1922 et exerce une influence considérable dans le sens d’un cours « paisible » du mouvement syndical, tant allemand qu’international. En 1933, il montre le plus pur « pragmatisme » à l’égard de Hitler. Après la dissolution des « syndicats libres », au lendemain de la cérémonie d’allégeance syndicale du 1er mai, il est arrêté puis libéré quelque temps plus tard. Après 1945, il accepte la fusion à l’Est du SPD et du KPD, et devient membre du SED. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lenya, Lotte (1898-1981). Née Karoline Wilhelmine Blamauer dans une famille catholique viennoise, Lotte Lenya – après une adolescence tumultueuse (épisodes de prostitution) – se voit confier des petits rôles dans des opérettes suite à ses études de danse classique à Zurich. En 1921, elle part pour Berlin où elle devient la protégée du dramaturge Georg Kaiser. Elle rencontre alors le compositeur Kurt Weill, qui l’épouse en 1926, et joue en juillet 1927, au festival de Baden-Baden, une pièce créée par Brecht et son mari, qui s’intitule Mahagonny-Songspiel , une satire du mouvement nazi naissant. Celle-ci préfigure le très célèbre Opéra de quat’sous (1928), où elle tiendra le rôle de Jenny. En 1930, elle obtint aussi un immense succès dans l’opéra mythique de Brecht et Weill : Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny , satire du capitalisme pourrissant. En 1931, elle accompagnera Piscator à Moscou et Odessa pour commencer le tournage d’un film d’après le roman d’Anna Seghers La Révolte des pêcheurs de Santa-Barbara . Lenya et Weill divorcent en 1933 mais fuient ensemble l’Allemagne, et donnent des représentations à Paris, où l’adaptation du spectacle de Weill et Brecht Les Sept Péchés capitaux fait de Lotte Lenya une véritable star. Elle gagne New York où elle se remarie en 1937 avec Kurt Weill. Après la mort de son époux en 1950, elle se consacre à la reconnaissance de son œuvre, tout en poursuivant sa carrière d’actrice : elle jouera notamment le rôle, très remarqué, d’une espionne soviétique dans un James Bond, Bons baisers de Russie (1963). Au théâtre, à New York, elle obtint encore en 1966 un grand rôle dans la célèbre revue musicale Cabaret. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lequis, Arnold (1861-1949). Officier allemand, il est chargé, avec des troupes de la division des tireurs de la cavalerie de la garde, de boucler le quartier du gouvernement. Son entrée à Berlin, en décembre, est saluée par Ebert *  : « Aucun ennemi ne vous a vaincus ! » Lors des combats de Noël, il donne l’ordre de tirer sur les matelots se trouvant devant la kommandantur. Il prête serment à la République et devient momentanément gouverneur militaire de Berlin, jusqu’à son remplacement par le baron von Lüttwitz. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Leviné, Eugen (1883-1919). Fils d’un commerçant juif, né à Saint-Pétersbourg. Après la mort de son père, sa famille s’installe en Allemagne où il mène des études qui le conduiront au doctorat de philosophie (1909). Entre-temps, il participe à la révolution russe de 1905 comme socialiste révolutionnaire. Arrêté et sévèrement traité par la police tsariste, il rentre en Allemagne après sa libération pour y achever ses études et adhère au SPD. Mobilisé de 1914 à 1916, il épouse en mai 1915 Rosa Broido (elle porte, à partir de 1922, le nom de Rosa Meyer-Leviné après son mariage avec le dirigeant du KPD Ernst Meyer). Membre du Spartakusbund, il sera délégué au Congrès des conseils ouvriers de Berlin. Il est l’un des fondateurs du KPD, qui l’envoie en mars 1919 à Munich, où débute la révolution des conseils. A la tête de la seconde République des conseils, il est condamné à mort et fusillé le 5 juin, après un simulacre de procès, au cours duquel il déclara : « Nous autres communistes, sommes tous des morts en sursis. » Il s’effondra devant le peloton d’exécution en criant : « Vive la révolution mondiale ! » [Source : Le Chemin vers le bas ]
Levi, Paul (1883-1930). Né à Hechingen (Bade-Württemberg), quatrième enfant d’un industriel juif, Paul Levi étudie le droit à Berlin puis à Grenoble, avant de s’installer comme avocat à Francfort en 1908. Membre du SPD dès 1906, il assure la défense de Rosa Luxemburg devant le tribunal de Francfort le 20 février 1914. Réformé en 1916, il se fixe en Suisse où il fréquente la gauche zimmerwaldienne. Après l’arrestation de Leo Jogiches, il prend la direction du groupe Spartakus, puis devient, malgré lui, le principal dirigeant du KPD après l’assassinat de Jogiches en prison. En désaccord avec la politique du Komintern, en particulier lors de l’Action de mars (1921), Paul Lévi, qui prône une conception occidentale du communisme, démissionne de la présidence du parti et fonde un groupe d’opposition, la Kommunistische Arbeitsgemeinschaft (KAG). Il réintègre l’USPD en 1922, puis le SPD. En 1923, il reprend son métier d’avocat et anime une opposition de gauche au sein du SPD, laquelle se prononce pour l’unité d’action avec le KPD. Dans un accès de fièvre, il se suicidera en 1930. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lichtenstein, Alfred (1889-1914). Né à Berlin, mort en France le 25 septembre 1914, lors des combats de la Somme. Pendant ses études de droit (il obtient son doctorat en 1913), Alfred Lichstenstein publie ses premiers poèmes dans les revues Der Sturm et Die Aktion . En 1913, il se révèle par la publication du recueil de poèmes au titre prémonitoire : Die Dämmerung ( Le Crépuscule ). Dans sa prose, influencée par Alfred Jarry, il manifeste un goût certain de la parodie joyeuse. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Liebknecht, Karl (1871-1919). Fils de Wilhelm Liebknecht (un des fondateurs de la social-démocratie allemande), il étudie le droit et l’économie nationale à Leipzig et Berlin (1890-1893), passe son doctorat (1897) et ouvre avec son frère Theodor un cabinet d’avocats à Berlin. En 1900, son entrée au SPD * marque le début de sa carrière politique. Il est président de la Jeunesse internationale socialiste (1907-1910) puis député au Reichstag à partir de 1912. Son combat contre le militarisme commence avec la parution de son livre Militarisme et antimilitarisme dans le cas du mouvement international de la jeunesse (1907), pour lequel il est condamné à deux ans de prison. Le 2 décembre 1914, n’hésitant pas à assumer sa position antimilitariste radicale, il est le premier député à refuser de voter pour de nouveaux crédits de guerre – après s’être plié au choix de la majorité lors du premier vote au mois d’août. Début 1915, au sein du SPD, se forme autour de lui et de Rosa Luxemburg * une opposition radicale à la guerre : ils fondent cette même année le Gruppe Internationale, qui prendra un an plus tard le nom de Spartakus. En janvier 1916, Liebknecht est exclu du SPD pour sa critique de la majorité du parti. Il édite avec Rosa Luxemburg le journal Spartakusbriefe ( Lettres de Spartakus ). Le 1er mai 1916, il organise sur la Potsdamer Platz à Berlin une manifestation pour la paix, à la suite de laquelle il est arrêté et condamné à plusieurs années de prison. Gracié en octobre 1918, il prendra avec Rosa Luxemburg la tête de la Ligue spartakiste * et de l’édition de la Rote Fahne . Le 9 novembre 1918, du balcon du château de Charlottenburg à Berlin, il proclame la « Libre République socialiste », une république des conseils formée sur le modèle soviétique. Pendant la révolution de novembre et le soulèvement spartakiste, il se refuse de collaborer avec le SPD et prône un communisme révolutionnaire et antinationaliste. Le 1er janvier 1919, à la suite du vote des conseils du Reich en faveur de l’assemblée constituante, Liebknecht et les autres spartakistes fondent le parti communiste allemand (KPD). Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1919, il est enlevé avec Rosa Luxemburg par des soldats de la cavalerie de la garde puis brutalisé et assassiné dans le Tiergarten. Ses textes les plus importants sont D’où viendra la paix ? (1912) et L’ennemi principal est dans notre pays (1915) ; Lettres du front et de la geôle 1916-1918 (1924) ; Militarisme, guerre, révolution (1970). [Source : Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Ligue des soldats rouges ( Roter Soldatenbund ) . Créée le 15 novembre 1918 par le comité central de la Ligue spartakiste * , dirigée par Karl Grabusch, Karl Schulz, Christel Wurm et Albert Schreiner (1892- 1979), avec Willi Budich (1890-1938) à la tête des soldats, la ligue est organisée en districts et groupes de quartiers. Son but est de « diriger le mouvement de soldats dans une voie résolument prolétarienne et révolutionnaire, et de mettre en place une armée rouge pour soutenir la révolution prolétaire ». Le 6 décembre, elle manifeste en formation armée pour réclamer sa reconnaissance par les conseils de soldats de Berlin ; seize membres seront abattus par les fusiliers d’Otto Wels, commandant de la ville. Soutien de la division de la marine populaire * lors des combats de Noël, elle participe ensuite au soulèvement spartakiste en janvier 1919 – à Berlin, Kiel, Stuttgart et Brême. Officiellement dissoute par le comité central spartakiste en mai (ou juin) 1919, elle reparaît à Kiel, Brême et Hambourg sous le nom de Ligue révolutionnaire des matelots, à laquelle se joignent d’anciens membres de la division de la marine populaire et de la garde des soldats républicains ; s’il est difficile d’évaluer l’importance de son activité par la suite, on estime le nombre de ses membres à 19 000 soldats. [ Source : Peuple trahi ]
Ligue spartakiste (Spartakusbund). Groupe politique fractionnel au sein du SPD * , créé par Rosa Luxemburg * et Karl Liebknecht * à la suite du vote des députés du SPD, le 4 août 1914, en faveur des crédits de guerre. Initialement Gruppe Internationale, il prend le nom de Spartakusgruppe en 1916 et édite son propre journal, les Spartakusbriefe ( Lettres de Spartacus ). En 1917, pourtant défavorable à la scission du parti, il quitte le SPD pour l’USPD. Le 11 novembre 1918, le groupe prend, sur l’initiative de Liebknecht * , le nom de Spartakusbund et devient, bien que toujours minoritaire, une organisation indépendante influente dans tout le Reich. Majoritairement composée de socialistes à orientation marxiste, il s’appuie sur les théories de Marx et Engels. Le groupe est antimilitariste, anticapitaliste, s’oppose à la politique de Burgfrieden (Union sacrée) du SPD et s’engage en faveur de la solidarité internationale du mouvement des travailleurs en période de guerre. Son journal officiel, la Rote Fahne , paraît pour la première fois le 10 novembre 1918. Pendant la révolution de novembre, la tentative de constitution d’une république des conseils échoue lorsque le congrès des conseils du Reich vote, le 14 décembre 1918, en faveur d’une assemblée constituante. Incapable de gagner de l’influence sur les conseils, Spartakus devient, le 1er janvier 1919, le parti communiste allemand (KPD). [Source : Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]  ;
Loerke, Oskar (1884-1941). Né près de Schwetz (Swiecie, voïvodie de Cujavie-Poméranie), Oskar Loerke est un grand poète lyrique expressionniste et un partisan enthousiaste des œuvres de Max Herrmann-Neisse et Walter Rheiner. Il reçoit en 1913 le prix Kleist. Lecteur chez Fischer-Verlag où il fait la connaissance de Thomas Mann, il est nommé en 1926 membre de l’Académie prussienne des arts, dont il deviendra deux ans plus tard le secrétaire. De 1929 à 1932, il apporte une importante contribution à la revue littéraire Die Kolonne . Entre 1931 et 1937, il est lecteur pour la maison d’édition Rabenpresse de Berlin mais, à partir de 1933, le régime national-socialiste interdit ses écrits et il est exclu de fait de l’Académie. Malgré son opposition aux idées du régime nazi, il reste en Allemagne, ce qui fera de lui un représentant de « l’émigration interne ». Il meurt à Berlin en 1941. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lublinski, Samuel (1868-1910). Écrivain, auteur dramatique, historien de la littérature et philosophe religieux. Ce fils d’un commerçant de céréales et de morilles s’est formé, en autodidacte, au contact de bouquinistes à Vérone et à Venise. Revenu en Allemagne, en 1892, il ouvre une librairie à Heidelberg ; en 1895, à Berlin, il débute une carrière de journaliste en abordant tous les thèmes, de la politique à la littérature. S’orientant vers le sionisme en 1897, il va s’en éloigner par la suite. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Luccheni, Luigi (1873-1910). Il assassine l’impératrice Élisabeth d’Autriche (dite Sissi) le 10 septembre 1898 à Genève. À son procès, le 12 novembre 1898, il se proclame anarchiste, affirmant avoir voulu frapper, à travers l’impératrice, « les persécuteurs des ouvriers ». Il est condamné à la réclusion à perpétuité et victime de brimades en prison ; on le retrouvera pendu dans sa cellule. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Lüttwitz, baron Walther von (1859-1942). Général d’état-major pendant la Première Guerre mondiale, nommé commandant en chef des Marches (Berlin-Brandebourg), le 28 décembre 1918, par le Conseil des commissaires du peuple * , il a l’ordre de réprimer les soulèvements révolutionnaires dans Berlin à l’aide des corps francs ; c’est lui qui sera à la tête des troupes qui matent le soulèvement spartakiste de janvier 1919 participent à l’assassinat de Karl Liebknecht * et de Rosa Luxemburg * . En mai de la même année, toutes les troupes du Reich sont sous ses ordres. Après l’application du traité de Versailles, il s’oppose à la réduction du nombre des troupes allemandes et à la dissolution des corps francs. Noske * lui demandant de dissoudre aussi la division de marine Ehrhardt * , il participe au putsch de Kapp – dont le but est d’arrêter le gouvernement du Reich pour le remplacer par une dictature militaire. Après l’échec du putsch, Lüttwitz parvient à s’enfuir en Hongrie. En 1925, une amnistie permet son retour en Allemagne, où il restera jusqu’à sa mort en 1942. [ Source : Retour du front ]
Luxemburg, Rosa (1871-1919). Née à Zamo (Pologne russe), Rosa Luxemburg est active dans des groupes politiques illégaux dès sa scolarité. Elle fait des études d’histoire et de sciences politiques à Zurich et soutient son doctorat sur « Le développement industriel de la Pologne » en 1897. Avec Leo Jogiches, qu’elle a rencontré à Zurich, elle est à la tête du parti ouvrier social-démocrate de Pologne. En 1898, elle s’installe à Berlin, où elle obtient la nationalité allemande après un mariage blanc avec Gustav Lübeck. Elle adhère au SPD * et prend position par de nombreux articles contre le militarisme et l’impérialisme. Députée au Reichstag, elle fait, de janvier 1904 à novembre 1918, plusieurs séjours en forteresse (à Wronke, en Posnanie, et à Breslau), notamment pour « insulte à Sa Majesté », « incitation à la haine de classe », « appel au refus de servir l’armée », « haute trahison ». Libérée, elle rentre à Berlin et participe, avec Liebknecht * , à la fondation de la Ligue spartakiste * et à la rédaction de la Rote Fahne . Résolument pacifiste, elle soutient le mouvement révolutionnaire, défend un socialisme radical et une république des conseils. Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1919, à l’issue du soulèvement spartakiste, elle est enlevée, avec Liebknecht, par des soldats de la cavalerie de la garde, puis brutalisée et assassinée. En français, notamment : Lettres de la prison (1933), Lettres à Karl et Luise Kautsky (1970) ; correspondance : Vive la lutte (1975) et J’étais, je suis, je serai ! (1976) ; La Révolution russe et Grève de masse, parti et syndicats , in Œuvres I & II  (1969) ; L’Accumulation du capital (2008). [Source : Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Réalisation : William Dodé