Glossaires des glossaires

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Mackeben, Theo (1897-1953). Après des études de piano et de composition musicale, Theo Mackeben débute, à Berlin, une carrière de musicien et de compositeur pour la radio, le théâtre et le cinéma (on lui doit plus de 50 musiques de films). Il dirige la première de L’Opéra de quat’sous et travaillera, en particulier, à la célèbre opérette de Karl Millöcker Die Dubarry (1931). Il fut aussi l’auteur de plusieurs opérettes et d’un opéra, Ruben (1942). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Maercker, Georg Ludwig Rudolf (1865-1924). Officier allemand. Après une longue carrière d’officier de la « coloniale » (1890-1903), d’abord en Afrique orientale allemande (Tanzanie), Georg Maercker prend part aux guerres coloniales (1903-1908) puis mène une véritable guerre d’extermination contre les populations indigènes (1908-1910) – il est notamment co-responsable de la répression brutale du soulèvement des Héréros et des Namas dans la colonie du Sud-Ouest africain (actuelle Namibie). De retour en Allemagne après la Première Guerre mondiale, il crée le Corps des chasseurs volontaires * . Soupçonné en 1920 d’être mêlé au putsch de Kapp-Lüttwitz, il est finalement exclu de l’armée puis fonde, en 1922, l’Union allemande des guerriers coloniaux. [Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Majoritaires Voir SPD.
Makhno, Nestor (1889-1934). Ouvrier agricole, anarchiste, dirigeant du mouvement insurrectionnel paysan en Ukraine (1917-1921). Né dans une famille de paysans pauvres, Nestor Makhno participe à la révolution de 1905, est arrêté en septembre 1907 et emprisonné durant dix-huit mois. Arrêté en mars 1910 pour le meurtre d’un commissaire de police, il échappe à une condamnation à mort en raison de son jeune âge mais est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Libéré au moment de la révolution de février, il revient en Ukraine, où il est bientôt élu président du soviet de sa ville natale. Il combat avec succès d’abord les Allemands puis les armées blanches de Dénikine, amenant les bolcheviks à s’allier avec lui. Son mouvement connaît une période faste, en automne 1919, avant d’être écrasé par les armées de Trotski. En août 1921 il se retire en Roumanie, où Tchitchérine tente de le faire extrader et juger pour activité terroriste contre l’Ukraine. Il se rend ensuite en Pologne, puis à Dantzig, où il sera détenu. Grâce à un petit groupe d’anarchistes locaux, il s’évade pour rejoindre Paris en avril 1925, où il fonde, avec Piotr Archinoff, la revue Dielo Trouda ( La Cause du travail ). Il y reprend ses activités mais sous un angle théorique ( Plateforme organisationnelle des communistes libertaires ). Ouvrier aux usines Renault, il meurt de tuberculose à Paris le 25 juillet 1934, laissant inachevée sa Révolution russe en Ukraine . [ Source : Karl et Rosa ]
Malik-Verlag Après l’interdiction de la Neue Jugend de Wieland Herzfelde en 1917, son frère, John Heartfield, fonde le Malik-Verlag. En 1919, cette maison d’édition publie les revues Der Gegner , Die Pleite et Jedermann sein eigener Fussball , qui est immédiatement interdite. Une branche dada est créée en 1920 et, dans les années qui suivent, la maison publie, entre autres, Franz Jung. L’un des principaux objectifs du Malik-Verlag est de proposer des livres de bonne qualité à petit prix. Dans les années 1920, le Malik-Verlag sera proche du KPD, sans lui être toutefois inféodé. Au moment de l’émergence du national-socialisme, Wieland Herzfelde devance la Gestapo et s’enfuit à Prague, d’où il dirige un temps la maison d’édition. Après la disparition du Malik-Verlag sous le régime nazi, celui-ci est transféré à Londres à une fausse adresse et sous le label de Malik-Verlag/Publishing Company. Quand John Heartfield s’enfuira lui-même à Londres, il en reprendra la direction, avant de gagner New York, d’où il assurera son fonctionnement sous la couverture d’une boutique de timbres et de livres. En 1944, Wieland Herzfelde va fonder l’Aurora-Verlag sous les auspices d’Ernst Bloch, Bertolt Brecht, Ferdinand Bruckner, Alfred Döblin, Lion Feuchtwanger, Oskar Maria Graf, Heinrich Mann, Berthold Viertel, Ernst Waldinger et F.C. Weiskopf. Cette nouvelle entreprise marque la fin de l’existence du Malik-Verlag. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Moeller, Werner (1880-1919). Ancien rédacteur du Vorwärts * puis pacifiste et spartakiste, il avait publié en 1913 un recueil de poèmes : Chant de tempête, poèmes prolétariens . [ Source : Karl et Rosa ]
Mombert, Alfred (1872-1942). Docteur en droit, Alfred Mombert abandonne sa charge d’avocat pour se consacrer à la littérature, et plus particulièrement à la poésie – sa trilogie, Aeon , qui parut entre 1907 et 1911, fut très appréciée de Martin Buber et Hans Carossa en raison de son lyrisme mystique. Membre de l’Académie prussienne des arts, il en est exclu en 1933 par les nazis, à cause de ses origines juives. Il fait partie de ces 6 500 juifs badois qui furent brutalement arrêtés et expédiés dans le camp de concentration français de Gurs en octobre 1940. L’année suivante, grâce à la caution versée par un industriel suisse, il est libéré dans un état critique et transporté en Suisse où il s’éteint. Alfred Mombert est considéré comme un représentant de la tendance « cosmique » de l’expressionnisme. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Mühsam, Erich (1878-1934). Fils d’un pharmacien juif orthodoxe, Erich Mühsam est renvoyé du lycée de Lübeck à dix-sept ans. Installé à Berlin, il fréquente la bohème artistique et croise Gustav Landauer dans un groupe d’écrivains anarchistes en 1901. Trois ans plus tard, il entreprend un voyage qui le mène successivement à Munich, Zurich, Berne, Ascona (Monte Verità), Vienne et Paris. Il s’établit à Munich à l’automne 1908 et milite dans le groupe de Landauer, le Sozialisticher Bund, en butte aux calomnies des sociaux-démocrates et des libéraux. De 1911 à 1914, il rédige quasiment seul la revue Kain, Zeitschrift für die Menschlichkeit . Opposé à la guerre, il s’engage dans le processus révolutionnaire qui aboutit, le 7 avril 1919, à la proclamation de la République des conseils de Bavière. Arrêté le 13 avril, après la victoire de la réaction, il est condamné à quinze ans de prison. Il sera amnistié en décembre 1924. De 1926 à 1931, il publie la revue Fanal , organe de l’Anarchistische Vereinigung, et collabore également au journal de la FAUD, Der Freie Arbeiter . Virulent opposant au nazisme, il est arrêté le 28 février 1933, envoyé au camp de concentration d’Oranienburg et assassiné par les SS au mois de juillet de l’année suivante. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Müller, Richard (1880-1943) Opposant à la politique de guerre du SPD * , il est co-fondateur des Délégués révolutionnaires, qui entament en 1916, pour protester contre l’arrestation de Liebknecht * , une grève générale – considérée comme la première grève politique de masse en Allemagne. Lors de la grande grève de janvier 1918, il entre dans le comité directeur du comité d’action aux côtés d’Ebert * , Scheidemann * , Haase * , Ledebour, etc. Lors de la constitution du gouvernement provisoire, les 9‑10 novembre 1918, il est élu président du conseil d’ouvriers et de soldats de Berlin et président du Conseil exécutif. Il se prononce pour les pleins pouvoirs aux conseils d’ouvriers et de soldats et contre l’assemblée constituante. Défavorable à l’entrée des Délégués révolutionnaires dans le KPD, il dirige ensuite la grève de mars 1919 à Berlin. À la gauche de l’USPD, il rejoint finalement le KPD en 1921. En 1924, il se retire de la politique et se consacre à l’écriture d’essais, où il livre son point de vue sur la révolution de novembre, théorise l’idée d’une république des conseils, etc. Après 1926, il semble s’être détaché complètement de la politique ; il meurt dans l’oubli le plus complet à Berlin en 1943. [Source : Bourgeois et Soldats ; Peuple trahi  ; Karl et Rosa ]
Münzenberg, Willi (1889-1940) Né à Erfurt, Willi Münzenberg collabore activement au mensuel des jeunesses socialistes Die Freie Jugend en 1912. Il prépare puis assiste à la conférence de Kienthal (24-30 avril 1916) et fait partie de la gauche zimmerwaldienne. Il sera plusieurs fois emprisonné par le gouvernement suisse, qui finalement l’expulsera en novembre 1918. À Berlin, il adhère au Spartakusbund, puis au KPD. En octobre 1919, il est le président de l’Internationale de la jeunesse communiste. Lénine lui confie le secrétariat du Secours ouvrier international lors de la famine de 1921 en URSS, puis le Komintern le charge d’organiser à Berlin un immense konzern regroupant journaux, maisons d’édition et sociétés de production cinématographique – ce qui lui a donné une influence considérable dans les milieux de la culture, lui valant aussi le surnom de « milliardaire rouge ». Exilé en France après 1933, il déploie une grande énergie à l’organisation de la propagande en faveur de l’URSS et dans le combat contre le nazisme. Il s’éloignera néanmoins de la ligne de soviétique à partir de 1936 et sera exclu du KPD, en mars 1938, pour avoir protesté contre l’assassinat par Staline de nombreux communistes allemands réfugiés en URSS. Il participe à différentes initiatives antifascistes, notamment au côté de groupes de la gauche socialiste. Avec Arthur Koestler, il fonde la revue d’opposition Die Zukunft (1938-1940), qui a une grande influence chez les exilés allemands. Il attend toutefois la signature du Pacte germano-soviétique pour critiquer ouvertement l’URSS. Il est interné par le gouvernement français en mai 1940 près de Lyon, réussit à s’échapper, mais on retrouvera son corps pendu en octobre, dans un bois, près de Saint-Marcellin, sans que l’on sache s’il s’agit d’un suicide ou d’un assassinat déguisé de la Gestapo ou de la Guépéou. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé