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Paulsen, Harald ( 1895 - 1954 ) Né à Elmshorn (Holstein), acteur puis metteur en scène. Il est embauché par le Deutsches Theater de Berlin, dirigé par Max Reinhardt. Sur les scènes berlinoises, il chante, danse et joue des rôles comiques, tout en exerçant ses talents dans de nombreux films. En 1938 , il prend la direction d’un théâtre de Berlin. Après la guerre, il monte sur les planches des théâtres de Hambourg ; il meurt à Altona. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Peirotes, Jacques (1869-1935) Ouvrier du livre puis journaliste, rédacteur du journal alsacien du Freie Presse (Presse Libre)  : président du parti social-démocrate d’Alsace (1906-1918) et député au Landtag (parlement régional) d’Alsace-Lorraine à partir de 1911 puis de Colmar au Reichstag à partir de 1912. Prenant la place du maire de Strasbourg, Rudolf Schwander * , le 10 novembre 1918, il œuvre, contre les conseils d’ouvriers et de soldats, à neutraliser l’instauration d’une république des conseils, demandant notamment aux troupes françaises de hâter leur arrivée. Élu maire de Strasbourg en 1919, réélu en 1925, il sera battu en 1929 par une coalition de communistes et d’autonomistes alsaciens. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Pfemfert, Franz (1879-1954) Né à Lötzen (Prusse orientale), Franz Pfemfert passe son enfance à Berlin où il fait des études au lycée jusqu’à la mort de son père en 1892. Il travaille ensuite dans un cirque, puis comme garçon de courses, avant de rentrer en apprentissage chez un typographe. À partir de 1902, il côtoie les milieux anarchistes et collabore à la revue libertaire Kampf . Après avoir participé à l’hebdomadaire libéral de gauche Der Demokrat , il publie, en février 1911, le premier numéro de sa revue, Die Aktion , qui a pour sous-titre « Zeitschrift für freiheitliche Politik und Literatur » (Revue pour une littérature et une politique libertaires). Il en assumera la direction jusqu’à ce qu’elle disparaisse, en 1931. Lié au mouvement expressionniste, Die Aktion , qui accumule interdictions et amendes, appelle les artistes et les écrivains à s’engager politiquement et dénonce le chauvinisme comme le militarisme. Après 1914, Pfemfert mène des actions clandestines contre la guerre et fonde, avec des collaborateurs de sa revue, l’Antinationale Sozialistische Partei, minuscule « parti », qui fusionnera avec le Spartakusbund en 1918. Pfemfert accueille avec enthousiasme la révolution russe, puis la révolution allemande. Partisan des conseils ouvriers et défenseur des thèses antiparlementaires et antisyndicalistes du Linksradikalismus, il participe au congrès de fondation du KPD en décembre 1918 puis, après la scission, à celui du KAPD en avril 1920. Il en est exclu en 1921, refusant toute éventuelle adhésion du KAPD au Komintern. Proche des idées d’Otto Rühle, qui s’est montré hostile aux formes « parti » et « syndicat », ainsi qu’à la bureaucratisation du communisme, il va radicaliser sa critique du bolchevisme, tout en se rapprochant, à partir de 1927, de Trotski, dont sa femme (Alexandra Ramm) a traduit les ouvrages en allemand. Après 1933, Pfemfert s’exile en Tchécoslovaquie, puis en France (1936), où il sera interné en 1939. En 1941, il réussit à trouver refuge au Mexique avec sa femme. Très isolé politiquement, il y exercera le métier de photographe et y mourra dans le dénuement le plus total. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Pieck, Friedrich Wilhelm Reinhold (1876-1960) Militant communiste allemand, Wilhelm Pieck est né à Guben-sur-la-Neisse (Basse-Lusace, Brandenburg), il apprend le métier de menuisier, puis devient permanent du SPD à Brême (1894-1910). Il sera notablement influencé par Rosa Luxemburg et Franz Mehring dans les cours qu’il suivit à l’école centrale du parti de Berlin (1907-1908). Hostile à l'Union sacrée, il prend contact avec les groupes d’opposition dès août 1914. Il est mobilisé en 1915, menacé d’être traduit devant un tribunal militaire en 1917 avant de passer dans la clandestinité. En février 1918, il est envoyé par le Spartakusbund aux Pays-Bas pour publier l’hebdomadaire Der Kampf Revenu à Berlin en octobre, il participe à la préparation du soulèvement du 9 novembre 1918 puis est élu le 11 à la direction du Spartakusbund. Le 31 décembre 1918, il participe à la fondation du parti communiste allemand (KPD). Le 15 janvier 1919, pendant la Semaine sanglante, il est arrêté en même temps que Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et échappe de justesse à une exécution. Responsable de l’organisation à la direction du KPD, il est, dès 1921, membre de l’exécutif du Komintern. Il sera ensuite président du Secours rouge d’Allemagne à partir de 1925 et, en raison de son rôle dans l’appareil international, fera partie du présidium de l’exécutif du Komintern (1931). Membre du bureau politique en 1929, il assure l’intérim d'Ernst Thälmann à la direction du KPD après l’arrestation de ce dernier, le 3 mars 1933. Député au Landtag de Prusse (1921-1928, 1932), élu au Reichstag (1928), il doit s'exiler à Paris, où il constitue la direction du KPD à l’étranger avec Franz Dahlem et Wilhelm Florin – et se prononce pour une politique de front populaire. Pieck est ensuite élu à la présidence du parti en 1935. À Moscou, il est signataire des thèses de l’Internationale communiste justifiant le pacte germano-soviétique et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. En 1943, Staline le portera à la tête du « comité national de la Nouvelle Allemagne ». Rentré sur le territoire allemand le premier juillet 1945, il devient président en avril 1946 (avec Otto Grotewohl) de l’Union socialiste allemande (SED), le parti communiste d’Allemagne de l’Est. En octobre 1949, il est élu président de la République démocratique allemande, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, à Berlin-Est, en sachant cultiver une certaine popularité . [ Source : Le Chemin vers le bas   Karl et Rosa ]
Piper, Reinhard (1879-1953) Historien d’art et éditeur, né à Penzlin (Mecklenburg) et fils de bourgmestre. Après une formation de libraire à Berlin et Dresde, Reinhard Piper ouvrit en 1904 à Munich sa propre maison d’édition (Verlag R. Piper & Co). Il y publia les œuvres complètes de Dostoïevski ainsi que de nombreux ouvrages d’art. Marié au peintre Gertrud Engling en 1910, il eut des liens étroits avec le peintre Max Beckmann, ainsi qu’avec les artistes du groupe Der Blaue Reiter, tels Franz Marc et Wassily Kandinsky, dont il publia l’almanach. Il fut aussi une personnalité du cabaret littéraire munichois Die Elf Scharfrichter (Les Onze Bourreaux). Dans les années 1920, ce dilettante de génie donna de célèbres reproductions de peintures, les fameuses « Piper-Drucke ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Plans Revue fondée par Philippe Lamour en 1931, elle reflète l’esprit non conformiste et moderniste des années 1930, comme L’Ordre nouveau de Robert Aron et Arnaud Dandieu. Dirigée par Jeanne Walter, la revue donne des articles d’Hubert Lagardelle et de Francis Delaisi, tandis que Le Corbusier y écrit sur l’architecture, Arthur Honegger sur la musique, Fernand Léger et Raoul Dufy sur la peinture, René Clair, André Cayatte et Claude Autant-Lara sur le cinéma. Son titre révèle non seulement l’influence du système économique soviétique mais aussi de la mystique de l’époque sur la planification, censée résoudre tous les problèmes de sociétés sclérosées. Plans a entretenu une collaboration étroite avec Der Gegner . [Source : Le Chemin vers le bas ]
Plättner, Karl (Braun ou Schuster, 1893 - 1945 ) Né dans le village d’Opperode (Saxe-Anhalt), dans une famille ouvrière et conservatrice, Karl Plättner exerce la profession de mouleur dans des fonderies. Adhérent du SPD dès 1911 , il est très actif dans l’organisation de la jeunesse ouvrière de Hambourg. Hostile à la guerre, il est néanmoins envoyé sur le front au début de l’année 1915 , avant d’être déclaré invalide quelques mois plus tard. De retour à Hambourg, il contribue à la sortie de l’organe de la jeunesse radicale Proletarier-Jugend . Condamné à dix-huit mois de prison pour activités illégales en 1917 , il sera libéré pendant les journées révolutionnaires de novembre  1918 . À Dresde, il adhère aux Internationale Kommunisten Deutschlands (IKD) et participe au conseil des ouvriers et soldats de la ville. Membre du KPD lors de sa fondation, il milite à l’aile gauche de cette organisation, se rend en janvier  1919 à Brême et assume la présidence du district nord-ouest du parti pendant la République des conseils. Après son écrasement, Plättner participe aux combats de mars à Berlin, vivant constamment dans l’illégalité. En avril  1920 , il est l’un des fondateurs du KAPD et le responsable de son organisation paramilitaire, qui effectue des « expropriations » pour se financer. Il théorisera cette pratique par la publication de brochures incendiaires exaltant le rôle des « chefs de bande prolétariens » dans la guerre contre le Capital. En mars  1921 , il est l’un des organisateurs de l’Action de mars et le maître d’œuvre de plusieurs actions d’éclat. Condamné en 1922 à dix ans de forteresse, il sera finalement amnistié en 1928 . Il adhère un temps au Lenin-Bund, un groupe dissident anti - stalinien, puis réintègre un temps le KPD. Il s’attire les foudres des staliniens par la publication d’un livre qui fit scandale, Eros im Zuchthaus. Eine Beleuchtung der Geschlechtsnot der Gefangenen ( Éros en forteresse. Un éclairage sur la misère sexuelle des prisonniers , 1929 ). Il y aborde des thèmes, alors tabous, comme l’onanisme et l’homosexualité en milieu carcéral. Entre  1933 et  1937 , malgré une activité en apparence apolitique (il ouvre un petit commerce de bois), il est arrêté puis relâché. En septembre  1939 , il est interné à Buchenwald puis, à partir de  1944 , à Majdanek, Auschwitz, Mauthausen et Ebernsee, en Autriche. Il sortira des camps très affaibli le 6  mai 1945 , et s’éteindra le 4  juin suivant à l’hôpital militaire de Freising (Haute-Bavière). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Ponto, Erich ( 1884 - 1957 ) Célèbre acteur, né à Lübeck, qui a interprété en 1928 le rôle du mendiant Peachum dans L’Opéra de quat’sous de Brecht. Après 1933 , demeuré en Allemagne, il a joué d’innombrables films, dont certains de pure propagande. En 1949 , il refait son apparition au côté d’Orson Welles dans Le Troisième Homme . [Source : Le Chemin vers le bas ]
Przybyszewski, Felix Stanislaw ( 1868 - 1927 ) Né en Pologne, alors prussienne, à Lojewo (voïvodie de Cujavie-Poméranie), il étudie l’architecture puis la médecine à Berlin. En contact avec le mouvement ouvrier, il est arrêté, puis relégué. En 1892 , il publie son étude Die Psychologie des Individuums (La Psychologie de l’individu). Il co-fonde en 1895 la revue Pan , publie dans la Fackel de Karl Kraus et, un an plus tard, publie sa célèbre trilogie romanesque Homo sapiens . À Berlin, il fréquente August Strindberg et Charles Munch. Après 1900 , il 1917 et 1918 , l’organe de l’expressionnisme polonais, Zdrój (La Source). En 1919 , il se met au service du gouvernement polonais et occupera, par la suite, un poste de fonctionnaire à Danzig. Il est mort à Jaronty (Cujavie-Poméranie). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé