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Radek, Karl ( Karl Bernhardovitch Sobelsohn, dit 1885 - 1939 ) Militant révolutionnaire, il dira de lui qu’il était « plus lié à la classe ouvrière allemande qu’à la classe ouvrière russe ». Né à Lemberg (Galicie), ville alors sous domination autrichienne (aujourd’hui Lviv en Ukraine), il fait des études en Pologne puis en Autriche et en Suisse. Rédacteur dans plusieurs journaux sociaux-démocrates à partir de 1904 , il rencontre Leo Jogiches puis joue un rôle important lors de la révolution de 1905 . Il part pour l’Allemagne en 1907 , où il adhère au SPD * – dont il sera évincé en 1912 pour propagande radicale. Il avait rencontré Lénine en 1910 au congrès de l’Internationale à Copenhague, puis à nouveau lors de son exil en Suisse en 1914  ; il le suivra en Russie. Internationaliste, il participe aux conférences de Zimmerwald, Kienthal et Stockholm. Après la révolution de février  1917 , il rejoint une antenne du parti bolchevique à Stockholm puis prend part, en tant que membre de la délégation bolchevique, aux négociations de paix de Brest-Litovsk. Revenu clandestinement en Allemagne fin 1918 , il participe à la fondation du parti communiste allemand ( KPD ) avec Rosa Luxemburg * et Karl Liebknecht * mais s’oppose à ce dernier lors du soulèvement de janvier  1919 . Arrêté en février, il retourne à Moscou en janvier  1920 et devient membre du comité exécutif du Komintern. De retour clandestinement à Berlin en octobre, il participe à la direction du KPD et à sa fusion avec l’USPD * . En 1922 , il est l’architecte clandestin de la conclusion du traité de Rapallo par lequel l’Allemagne et l’URSS renoncent aux réparations de guerre, rétablissent des relations diplomatiques et commerciales et mettent en place une collaboration militaire qui durera jusqu’en 1933 . Proche de Trotski, il rejoint l’opposition unifiée en 1926 . Exclu du parti communiste russe en 1927 , lors du XV e congrès, il est déporté à Tobolsk puis à Tomsk. En 1929 , il accepte de se soumettre à la politique de Staline et fait son retour dans le parti. En février  1937 , lors du deuxième procès de Moscou, il est condamné à dix ans de prison et envoyé dans un pénitencier de l’Oural. Il meurt en mai  1939 , battu à mort par ses compagnons de cellule, de jeunes délinquants. [ Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Rado, Alexander (alias Dora, 1899 - 1981 ) Né à Budapest, dans une famille d’origine juive, Alexander Rado, membre du parti communiste hongrois dès décembre  1918 , est cartographe à l’état-major de l’armée rouge hongroise. Après la défaite de la République des conseils, il s’installe à Vienne, complète sa formation de cartographe et met sur pied l’agence soviétique Rosta à Vienne ( 1920 ). Installé en Allemagne pour achever ses études de cartographie, il participe comme chef militaire à l’insurrection des communistes allemands d’octobre  1923 . Il séjourne ensuite plusieurs années à Moscou et enseignera l’économie et la géographie à Berlin avant 1933 . Il a acquis très rapidement une solide réputation pour ses cartes et publications sur l’Union soviétique. Maître espion en Europe occidentale, pour le compte de l’URSS avant la guerre, il sera aussi le chef de l’espionnage soviétique en Suisse pendant la guerre (en tant que relais de l’Orchestre rouge). Reconnu coupable quand son réseau a été démantelé en 1943 - 1944 sur ordre des services allemands, il réussit à fuir la Suisse en septembre  1944 et sera livré par la Grande-Bretagne à l’Union soviétique en août  1945 . Après un séjour en prison puis au goulag, il rentre en Hongrie en novembre  1954 et redevient, après sa réhabilitation en 1956 , un cartographe réputé. Il a notamment publié les bulletins d’information Cartactual et Cartinform et a été président de la Commission de cartographie appliquée de l’Association internationale de cartographie. Il a été aussi l’initiateur de l’Atlas national de Hongrie ( 1967 ) et d’un atlas régional d’aménagement du territoire en six tomes ( 1974 ). [Source : Le Chemin vers le bas ]
Ramm, Alexandra ( 1883 - 1963 ) Née à Starodub en Russie dans une famille juive orthodoxe, Alexandra Ramm suit des études de philologie à Berlin, où elle prend contact avec le groupe anarchiste Neue Gemeinschaft. En 1903 , elle y rencontre Franz Pfemfert, qu’elle épousera neuf ans plus tard. Elle travaille alors comme critique et traductrice politique et littéraire d’ouvrages russes pour Die Aktion . À la fin de la Première Guerre mondiale, elle soutient le Spartakusbund. Devenue en 1929 l’agent littéraire de Trotski en Allemagne, elle traduit une partie de ses écrits pour le Fischer-Verlag. Après la prise de pouvoir des nazis, Alexandra Ramm et Franz Pfemfert s’enfuient en Tchécoslovaquie, puis en France ( 1936 ), où ils retrouvent Franz Jung, Carl Einstein, et font la connaissance du fils de Trotski, Léon Sedov. Ils sont arrêtés en septembre 1939 et Alexandra Ramm internée au camp de Gurs, dont elle s’évade avant de retrouver son époux et gagner Lisbonne, New York puis le Mexique ( 1941 ), où ils s’établissent jusqu’à la mort de Franz Pfemfert. En 1955 , elle rentre en Europe et s’installe à Berlin-Ouest. Elle y retrouve Karl Otten, ancien collaborateur de Die Aktion , avec qui elle publie en 1957 l’anthologie expressionniste Ahnung und Aufbruch (Prémonition et départ). À partir de 1961 , elle soutiendra Paul Raabe dans son projet de réédition de l’intégralité des livraisons de l’ Aktion , une entreprise achevée en 1983 . [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rasch, Fritz ( 1887 -?) Né à Berlin, apprenti tailleur, puis métallo. Il adhère au SPD avant 1914 . Pendant la guerre, à Hambourg, il se lie avec les radicaux de gauche (Linksradikale) à Brême. Installé à Berlin en 1916 , il s’engage ensuite au sein du Spartakusbund. En novembre  1918 , il est membre du Conseil exécutif des conseils d’ouvriers et de soldats de Berlin, et prend part à la fondation du KPD un mois plus tard. En avril  1920 , il est l’un des co-fondateurs du KAPD, qui le porte à son organe central. En mars  1921 , avec Franz Jung, il est chargé de coordonner les grèves insurrectionnelles d’Allemagne centrale, en concertation avec le VKPD. Délégué de son parti au III e congrès du Komintern en juillet-août 1921 , il est expulsé du KAPD un an plus tard. Après 1923 , installé à Hambourg, il semble s’être retiré de la politique. Il sera, néanmoins, arrêté et passé à tabac par les SA en mars  1933 . Son sort est par la suite inconnu. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rat der Volksbeauftragten Voir Conseil des commissaires du peuple
Rauscher, Ulrich (1884-1930) Publiciste social-démocrate, il publie en janvier 1914, dans Die Schaubühne , un poème antimilitariste où il s’en prend aux « traîneurs de sabre » et autres « castrats du Reich allemand ». À partir de novembre 1918, sous les gouvernements sociaux-démocrates de Scheidemann-Noske, Gustav Bauer puis Hermann Müller, il se trouve à la tête [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rebholz, Johann (?-?) Secrétaire du syndicat des ouvriers-brasseurs strasbourgeois, ce sous-officier d’origine allemande prend la tête du conseil des soldats au début de la révolution strasbourgeoise. Il est élu le 10 novembre 1918 président du comité exécutif du conseil des ouvriers et des soldats de la ville, il préside les réunions dans la salle d’assises du palais de justice et signe les déclarations du conseil jusqu’à l’arrivée des troupes françaises le 22 novembre 1918. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Revolution Bimensuel expressionniste et libertaire ; revue « primo-dadaïste », éditée par Franz Jung, Hans Leybold et Hugo Ball à Munich en 1913. Erich Mühsam, Max Brod et Robert Musil y contribuèrent notamment. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Revolutionäre Obleute Voir Délégués révolutionnaires
RFB (Roter Frontkämpferbund) La Ligue des combattants du Front rouge est l’organisation paramilitaire du KPD. Créée en juillet 1924 pour affronter militairement dans la rue les SA et les groupes d’extrême droite, elle compte jusqu’à plus de 100 000 membres. Son premier président est Ernst Thälmann et son cri de ralliement « Rote Front ! » (Front rouge), qui est aussi le nom de son organe de presse. La Ligue sera dissoute sur ordre du gouvernement social-démocrate de Prusse, en mai 1929. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Ricklin, Eugène ( 1862-1935 ) Médecin, député au Reichstag de la circonscription Altkirch-Thann ( 1903 - 1918 ), député du parti autonomiste et catholique (depuis 1911 ) et président de la deuxième chambre du Landtag (parlement régional) pour la circonscription Altkirch-Dannemarie. Pacifiste en 1913 - 1914 , il rencontre Jaurès aux conférences de la paix de l’Union interparlementaire de Berne et de Bâle. C’est sous sa présidence que, le 9  novembre 1918 , l’Alsace se déclare république indépendante – abolie par l’arrivée des troupes françaises le 22  novembre 1918 . Expulsé du pays par les autorités françaises en 1919 , mal reçu lors de son retour en 1920 , il devient le symbole de l’autonomie alsacienne à partir de 1925 . Emprisonné par Poincaré en 1928 , il gagne une grande popularité et se fait élire à la chambre des députés comme représentant d’Altkirch. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Rinner, Erich (1902-1982) Ce fonctionnaire du SPD occupera très jeune les fonctions de secrétaire de la fraction social-démocrate au Reichstag (de 1923 à 1928, puis de 1930 à 1933). En exil à Prague, en 1933, partisan d’un « cours à gauche », il est intégré dans la direction du parti en exil. Replié en France en 1938, puis aux États-Unis en 1940, Erich Rinner est l’un des principaux éditeurs et collaborateurs des célèbres Deutschland-Berichte, évoqués longuement par Franz Jung. Après 1945, il sera expert économique au sein d’une grande banque privée new-yorkaise. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rocker, Rudolf (1873-1958) Né à Mayence, dans une famille petite-bourgeoise, Rudolf Rocker suit une formation de relieur et adhère, en 1890, à l’association des ouvriers de sa corporation. Il se placera d’abord du côté des Jeunes du SPD, avant de rallier l’anarchisme, et se voit dans l’obligation de s’exiler en France puis en Angleterre à cause de ses activités politiques. Bien que non juif, il devient l’un des principaux animateurs du mouvement ouvrier juif de Londres. Il y est interné comme « étranger dangereux » de décembre 1914 à mars 1918. Revenu en Allemagne en novembre 1918, il se consacre – avec Fritz Kater – à la construction de la FAUD et de la seconde AIT. Il quitte le territoire allemand en 1933 pour se réfugier aux États-Unis où il finira ses jours. C’est là qu’il rédige son grand livre, Nationalism and Culture (1937). Donnant la priorité à la défense de la démocratie sur la révolution, il est favorable à l’entrée en guerre de son pays d’accueil, suscitant la critique de certains anarchistes. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Roda Roda, Alexander (1872-1945) Né à Drnowitz (en Moravie), Sandór Friedrich Rosenfeld prend le nom d’Alexander Roda Roda pour ses premiers travaux de journaliste, qui paraissent en 1900 dans le Simplicissimus . Dès 1903, il entreprend des voyages dans les Balkans, en Italie puis en Espagne. Il obtient en 1904 un poste militaire à Berlin où il reste pendant deux ans avant de partir pour Munich. C’est à partir de 1908, après s’être vu retirer son grade, qu’il transforme son uniforme et se produit dans des cabarets, créant un personnage qui inspire, en 1909, Carl Rössler, avec qui il monte la « comédie militaire » Der Feldherrnhügel . Dès 1914, il est engagé comme reporter de guerre pour la Neue Freie Presse , et travaille pour le journal germanophone Pester Lloyd , qui paraît en Hongrie. Il commence sa carrière d’écrivain dans les années 1920, entrant en contact avec les auteurs, acteurs et cabaretiers européens. En 1932, il fait partie du Gruppe demokratischer Intellektueller de Carl von Ossietzky. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, il s’installe à Graz en Autriche, puis sur le territoire suisse en 1938, peu avant l’Anschluss. Il est contraint d’émigrer aux États-Unis après s’être vu interdire par les autorités suisses, en 1940, de continuer son activité journalistique. Il meurt à New York en 1945. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rote Fahne (Die) ( Le Drapeau rouge ) Journal fondé le 9 novembre 1918 par Karl Liebknecht * et Rosa Luxemburg * comme organe du Spartakusgruppe *  : édité dans les locaux du Berliner Lokalanzeiger ( Journal local berlinois ) à partir du 9 novembre 1918, expulsé le 11 novembre, la rédaction en est reprise par Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, August Thalheimer, Paul Levi, Paul Lange, Fritz Rück, et la fabrication confiée à un imprimeur extérieur. Le même jour, des antennes sont créées à Dresde, Leipzig et Kiel. Le 14 novembre, le journal publie le programme de la Ligue spartakiste * puis devient, à partir du 1 er  janvier 1919, le journal du parti communiste allemand (KPD), et ce jusqu’à l’automne 1939. Interdite le 28 février 1933 par les nazis, la Rote Fahne continue à paraître illégalement jusqu’en 1935 en Allemagne, puis à Prague, et, de 1936 à 1939, à Bruxelles. Les numéros souvent tapés à la machine et les rédacteurs poursuivis par le régime nazi, déportés et assassinés, la qualité du journal se détériore alors considérablement et son tirage est en forte baisse. Disparu en 1940, le titre fut disputé après 1968 par des groupuscules « marxistes-léninistes ». [ Source : Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Rote Kämpfer Selon Gérard Sandoz ( Ces Allemands qui ont défié Hitler 1933-1945 [1980], Pygmalion, 1995), « les militants de cette organisation partageaient les conceptions “conseillistes” des théoriciens néerlandais Herman Gorter et Anton Pannekoek. […] En Allemagne, plusieurs centaines de militants de ce groupe s’étaient ralliés à la social-démocratie après avoir été exclus du parti communiste. Au sein du SPD, ces hommes qui n’avaient nullement renoncé à leurs conceptions révolutionnaires préconisaient l’abandon des “méthodes réformistes”. Sans succès. Lorsque Hitler prend le pouvoir, les “Combattants rouges” n’éprouvent aucun doute quant à la “défaite terrible” que vient de subir le mouvement ouvrier. Ils savent […] que la “lutte sera longue” et “demandera énormément de sacrifices”. Cela ne les empêche pas de se plonger immédiatement dans la lutte clandestine. Dès 1934, quelques-uns d’entre eux, émigrés à Paris et à Amsterdam, organisent le transport dans le Reich de journaux où sont relevés “les crimes innombrables des nazis”. Ces journaux demandent aux ouvriers de “saboter la production” en leur rappelant que “le régime prépare activement une guerre impérialiste qui entraînera le monde dans un cataclysme inouï” ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rowohlt, Ernst (1887-1960) Né à Brême et mort à Hambourg, Ernst Rowohlt fonde en 1908, à Leipzig, la maison Rowohlt-Verlag. Soutenu financièrement par Kurt Wolff, il publie, avant 1914, tout ce qui compte dans le mouvement d’avant-garde littéraire allemand : Paul Scheerbart, Hugo Ball, Georg Heym, Carl Hauptmann, Max Brod, Franz Kafka, Arnold Zweig, etc. Dans l’entre-deux-guerres, il devient, entre autres, l’éditeur de Robert Musil et de Kurt Tucholsky. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Rubiner, Ludwig (1881-1920) Poète, dramaturge, critique littéraire et essayiste né à Berlin dans une famille juive originaire de Galicie, Ludwig Rubiner suit des cours de médecine, de musique, d’histoire de l’art, de philosophie et de littérature. Pendant ses études, il entre en contact avec l’avant-garde expressionniste, et notamment Erich Mühsam, René Schickelé, Ferdinand Hardekopf, Wilhelm Herzog et Herwarth Walden, grâce à qui il débute une carrière littéraire en publiant ses premiers poèmes dans la revue anarchiste Der Kampf . De 1906 à 1911, il est critique littéraire et publie des poèmes dans plusieurs revues, dont Die Gegenwart , Die Schaubühne et Der Demokrat . Il sera aussi traducteur littéraire du français et du russe (Verlaine, Tolstoï, Gogol). En tant que collaborateur de l’ Aktion entre 1911 et 1918, il va séjourner à Paris où il croise notamment Chagall en 1912. Cette même année, il décide de cesser ses activités de critique artistique pour se consacrer à la critique sociale. C’est ainsi qu’il publie, à Paris, son manifeste politique et littéraire, Der Dichter greift in die Politik (Le poète intervient dans la politique), qui paraît dans Die Aktion . En 1914, il rentre à Berlin où il travaille pour Die Weissen Blätter . Lorsque la guerre éclate, il s’exile à Zurich où il fonde la revue Zeit-Echo en 1917. Après la guerre, il retourne à Berlin pour travailler en tant que lecteur dans la maison d’édition de Gustav Kiepenheuer. Au printemps 1919, il fonde avec Franz Jung, Arthur Holitscher et Rudolf Leonhard le Bund Proletarischer Kultur, un groupe indépendant du parti communiste, qui est dissout un an plus tard pour des raisons de divergences politiques internes. Il meurt à Berlin en février 1920. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé