Glossaires des glossaires

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Sassonov, Sergueï Dimitrievitch (1860-1927) Ministre russe des Affaires étrangères (1910-1916), il joue un rôle important, bien que controversé, dans les tentatives d’organiser un front commun entre les partis politiques pour lutter contre le gouvernement bolchevique et pour coordonner les opérations militaires avec les forces étrangères d’intervention. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Scheerbart, Paul (alias Bruno Küfer, 1863-1915) Né à Danzig, l’écrivain indépendant Paul Scheerbart s’établit à Berlin en 1887 et y fonde le Verlag-deutscher-Phantasten. Il publie dans les revues d’avant-garde Der Sturm , Die Freie Bühne et Die Jugend , et compte Erich Mühsam parmi ses amis « chimériques ». Doté d’un talent certain pour les récits du genre fantastique, il a laissé de nombreux romans et nouvelles, dont Der Kaiser von Utopia (1904), qui illustre bien son esprit radical. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Scheidemann, Philipp Heinrich (1865-1939). Aux côtés d’Ebert* dans le comité de direction du SPD * (1911-1918), secrétaire d’État dans le cabinet de Max von Baden * (octobre 1918), il proclame la République allemande (sans l’accord d’Ebert), le 9 novembre, pour contrer Liebknecht * , qui, le même jour, proclamait la République socialiste allemande. Élu au Conseil des commissaires du peuple le 10 novembre, il y joue un rôle important : il incarne, pour ses opposants de la gauche radicale, la volonté de compromis et la trahison de l’idéal socialiste. Premier chancelier de la République de Weimar, il démissionne de son poste, le 20 juin 1919, pour s’opposer au traité de Versailles. Maire de sa ville natale, Kassel (1920-1925), il siège au Reichstag jusqu’en mars 1933 puis quitte l’Allemagne pour Copenhague. Döblin a parfois eu recours à ses Mémoires d’un social-démocrate en écrivant Novembre 1918 . [Source : Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Scherl, August (1849-1921) Éditeur et imprimeur, né à Düsseldorf et mort à Berlin. Grand patron de presse, August Scherl est le principal concurrent de Leopold Ullstein et Rudolf Mosse. Il fonde en 1888 la société en commandite du Berliner Lokal-Anzeiger et sera le premier en Allemagne à utiliser linotypes et rotatives rapides. Les productions de son groupe de presse, qui procède à de nombreuses fusions-rachats, sont destinées au « grand public populaire » : l’illustré Der Tag , la presse sportive avec Sport im Bild mais aussi la finance, avec Hamburger Börsenhalle . À partir de 1916 le groupe, dont Scherl se retire, passe sous le contrôle du magnat d’extrême droite Alfred Hugenberg, qui finança plus tard les ligues d’extrême droite et Hitler. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Scheüch, Heinrich (1864-1946) Général prussien, chef d’état-major du ministère de la Guerre au quartier général à partir de 1914, chef des Affaires de la guerre à partir de 1917, il devient, le 9 octobre 1918, ministre d’État et de la Guerre de la Prusse, toujours sous Max von Baden * , et sera remplacé le 3 janvier 1919 par Walther Reinhardt. [Source : Bourgeois et Soldats   ; Karl et Rosa ]
Schiemann, Eduard (1885-?) D’origine balte, il fait partie de la bohème littéraire qui fréquente la communauté libertaire d’Ascona avant 1914. Membre du KPD dans les années 1920, Eduard Schiemann est également traducteur du russe vers l’allemand. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Schlaf, Johannes (1862-1941) Né et mort à Querfurt (Saxe), cet écrivain indépendant a vécu à Berlin, puis à Weimar. Il est l’auteur, sous le pseudonyme de Bjarne P. Holmsen, de récits et de drames naturalistes tels Papa Hamlet , 1889 et Die Familie Selicke , 1890. Après une grave crise existentielle, il se lance dans une production de récits impressionnistes puis mystiques ( Das absolute Individuum und die Vollendung der Religion , 1910). Un temps proche du nazisme, il s’est retiré en 1937 dans sa ville natale où il a rédigé son autobiographie, parue peu avant sa mort. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Schleicher, Kurt von (1882-1934) Membre de l’état-major allemand à partir de 1913, employé dans la section des chemins de fer sous la direction du colonel Wilhelm Groener * , il est à l’initiative du pacte Ebert-Groener (10 novembre 1918), base d’une action de répression commune contre la tentative de révolution des groupes d’extrême gauche. Membre du ministère de la Défense du Reich à partir de 1926, il devient en 1929 représentant politique du ministère mais se brouille avec Groener, alors ministre de l’Intérieur, lorsqu’il interdit les SA. Ministre de la Défense dans le cabinet Papen en juin 1929, il sera ensuite nommé chancelier du Reich par Hindenburg le 3 décembre 1932. Après que Papen, sur ordre de Hindenburg, négocie la nomination d’Adolf Hitler au titre de chancelier, Schleicher déclare le 22 janvier la démission de son gouvernement et conseille en personne à Hindenburg de nommer Hitler chancelier du Reich. Le 30 juin 1934, Schleicher et sa femme sont assassinés par un groupe de SS. [ Source : Peuple trahi  ; Retour du front ]
Schmoller, Gustav von (1836-1917) Célèbre universitaire, recteur de l’université de Berlin depuis 1897, il fut un pionnier des questions théoriques et méthodologiques en histoire économique, sociale et administrative. Le Schmollers Jahrbuch , comme les travaux bibliographiques et scientifiques publiés sous sa direction aux Acta Borussica, demeurent des ouvrages de références pour les d’étudiants. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Scholze, Paul (1886-1938) Ouvrier métallurgiste et membre de la gauche de l’USPD * , il fait partie des Délégués révolutionnaires * des conseils d’entreprise de la métallurgie pendant la révolution de novembre. En tant que membre du comité révolutionnaire de janvier 1919, il est co-signataire, avec Ledebour * et Liebknecht * , de l’appel au renversement du gouvernement Ebert * . Il devient ensuite fonctionnaire du parti communiste allemand (KPD) puis part en exil à Paris en 1933. Après s’être installé en Union soviétique en 1937, il est déporté puis assassiné, en 1938, lors des vagues de répression staliniennes.
Schrimpf, Georg Gerhard (1889-1938) Né à Munich, Georg Schrimpf est un peintre et dessinateur célèbre, qui appartient à l’école de la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité). Malgré son talent précoce, ses parents l’obligent à suivre une formation d’apprenti confiseur. Cet autodidacte, qui fut un temps très lié à Franz Jung, a fini par s’imposer en peinture. En 1937, il est contraint de démissionner de son poste de professeur d’arts plastiques à Berlin. Et ses œuvres, considérées comme des productions d’« art dégénéré », seront retirées des musées. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Schulze-Boysen, Harro (1909-1942) Né dans la ville portuaire de Kiel (Schleswig-Holstein) et petit-neveu de l’amiral von Tirpiz, Harro Schulze-Boysen est membre du Jungdeutscher Orden de la République de Weimar dès 1928. Après des études de droit, il soutient la Volksnationale Reichsvereinigung, un groupe d’intellectuels nationalistes, grâce auquel il découvre, en 1930, la revue française Plans . En 1932, il devient co-éditeur et rédacteur de la revue philosoviétique Der Gegner . Après l’arrivée au pouvoir des nazis, sa revue est interdite et il est aussitôt arrêté et torturé. Remis en liberté, il tisse un réseau d’opposition, composé d’éléments de coloration politique diverse. Dès 1936, cet officier au ministère de l’Aviation du Reich transmet – sous le nom de code de Choro – des informations militaires à l’Union soviétique. En 1940-1941, ce groupe de résistance, appelé par la Gestapo « l’Orchestre rouge », prend contact par radio avec des agents soviétiques pour les informer des projets d’invasion allemands. L’année suivante, la Gestapo déchiffre les émissions radio. Les membres du réseau (dont sa femme, Libertas) sont alors condamnés pour espionnage et exécutés à la prison de Berlin-Plötzensee. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Schwab, Alexander (alias Franz Sachs, Albert Sigrist, 1887-1943) Originaire de Stuttgart et fils d’un maître de chapelle, Alexander Schwab suit des études de philosophie, philologie, économie et sociologie qui le mènent au doctorat. À Fribourg, il est actif au sein du mouvement républicain Freie Studentenschaft, puis devient le chef de file de la Freideutsche Jugend. Volontaire en 1914, il est réformé pour maladie pulmonaire et s’insurge rapidement contre la guerre. Inscrit en 1917 à l’USPD, il intègre, l’année suivante, un groupe des spartakistes dans lequel il croise Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. D’abord membre du KPD, il rallie en 1920 le KAPD, qu’il représentera au IIIe congrès du Komintern (1921). Il quitte son parti au printemps 1922, après la scission menée par Karl Schröder, et devient journaliste pour la revue du Deutscher Werkbund, Die Form , où s’expriment alors les artistes et les architectes d’avant-garde, en particulier ceux du Bauhaus. En 1929, il est le rédacteur en chef des publications du Reichsanstalt für Arbeitslosenvermittlung und Arbeitslosenversicherung, institution qui publie des revues ou des feuilles à destination des chômeurs. Il se révèle être également un brillant essayiste dans le domaine de l’architecture ( Buch vom Bauen , 1930, publié sous le pseudonyme de Sigrist). Apparemment en retrait de la politique, il prend part à la formation des Rote Kämpfer, qui se constituent dans la clandestinité dès 1931. En 1933, Alexander Schwab est licencié et incarcéré pendant six mois. Après sa libération, il réorganise le groupe des Rote Kämpfer avec Franz Jung. En novembre 1936, il sera arrêté par la Gestapo, qui le considère – au même titre que Karl Schröder, dont Jung délibérément ne mentionne pas le rôle important – comme le principal responsable du mouvement et le condamne à huit ans de détention pour « haute trahison ». Il sera détenu à Brandenburg, à Sonnenburg, puis au Lager de Börgermoor. Il mourra d’une pneumonie le 12 novembre 1943 à la forteresse de Zwickau. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Schwander, Rudolf (1868-1950) Démocrate libéral, maire de Strasbourg depuis 1906, membre du Landtag (parlement régional) depuis 1911, sous-secrétaire d’État au ministère de l’Économie du Reich en 1917, il est nommé gouverneur allemand de l’Alsace-Lorraine en octobre 1918 et tente vainement, avec le secrétaire d’État Charles Hauss (1871-1925), de former un gouvernement parlementaire d’Alsace-Lorraine à partir du Landtag. Destitué le 10 novembre 1918 par Jacques Peirotes * de la tête de la mairie de Strasbourg, il deviendra président de la province allemande de Hesse-Nassau (1919-1930) – refusant tous les postes de ministre qui lui sont proposés pendant la République de Weimar et jusqu’après 1945. [Source : Bourgeois et Soldats ]
Secours ouvrier international L’Internationale Arbeiterhilfe (IAH) est une organisation de solidarité de la classe ouvrière avec les travailleurs de la Russie soviétique, liée au Komintern. Elle a été crée en septembre 1921 par Willy Münzenberg, lors d’une conférence mondiale des comités d’aide aux peuples affamés de la Russie soviétique, pour coordonner la solidarité à l’échelle internationale. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Serner, Walter (Walter Seligmann dit, 1889-1942) Né à Karlsbad (Karlovy Vary), en Bohême, ce fils d’un patron de presse juif étudie à Vienne et à Greifswald, avant d’être reçu docteur en droit. À partir de 1908, il écrit pour le journal de son père la Karlsbader Zeitung et se convertit au catholicisme. Deux ans avant la déclaration de guerre, il contribue à Die Aktion puis s’exile à Zurich pendant le conflit. Après avoir fondé sa propre revue, Sirius (1915-1916), il se lie aux dadaïstes et participe à l’écriture des manifestes dada. En 1920, il prend part au festival dada de Paris. On ne trouve plus de traces de lui en Allemagne à partir de 1928. On sait néanmoins qu’il s’est marié en 1938 à Prague, où il a enseigné les langues. En 1942, il sera déporté par les nazis au camp de Theresienstadt et assassiné la même année dans un autre camp, probablement près de Minsk. Parallèlement à ses essais, il a écrit des nouvelles policières, des nouvelles érotiques ainsi qu’un roman, Die Tigerin (1925), dont Karin Howard s’est inspiré dans un film produit en 1992. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Simplicissimus Hebdomadaire satirique, progressiste et anticlérical fondé en 1896 à Munich par Albert Langen et Thomas Theodor Heine. Pendant la Première Guerre mondiale, le Simplicissimus perd de sa virulence critique et soutient la propagande de guerre. Aux débuts de la République de Weimar, il s’oppose aux partis politiques extrémistes comme le parti national-socialiste, néanmoins certains caricaturistes deviennent rapidement pro-nazis. En 1933, Thomas Theodor Heine, le véritable créateur de la revue, démissionne avant de s’exiler à Oslo (1937), tandis qu’Erich Schilling soutient activement le régime, au point de se suicider lors de l’effondrement du Reich. Simplicissimus cesse de paraître septembre 1944. Entre 1946 et 1950, la revue satirique Der Simpl (Munich) prend sa suite, mais cette fois sur un axe antifasciste, antimilitariste et antinationaliste. Otto Dix va collaborer au premier numéro. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Sinzheimer, Hugo (1875-1945) Né à Worms, ce fils d’un patron du textile a étudié le droit et l’économie à Munich, Berlin et Fribourg. Avocat et notaire à Francfort dès 1903, il s’est spécialisé dans la défense des droits syndicaux. Membre du SPD en 1914, il devient chef de la police de Francfort (1919-1920) et co-fonde l’Académie du travail, où il va enseigner jusqu’à l’arrivée au pouvoir des nazis. En tant que député SPD, il a participé à la commission des lois sur le travail ; il est notamment l’un des initiateurs de la loi sur les conseils d’entreprise (Betriebsräte). Arrêté en 1933, il a néanmoins pu gagner les Pays-Bas où il a enseigné le droit du travail à Amsterdam puis la sociologie du droit à Leiden. Il a ensuite trouvé refuge chez des amis néerlandais où il a survécu pendant toute la guerre. Il est considéré comme l’un des « pères du droit du travail » allemand. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Socialiste majoritaire Voir SPD.
Solf, Wilhelm Heinrich (1862-1936) Après de brillantes études en indologie, sanskrit et philosophie, il devient administrateur dans les colonies allemandes (1900-1910). Gouverneur des Samoa occidentales, il est nommé secrétaire d’État à l’Administration coloniale du Reich en décembre 1911 puis, sous Max von Baden * , secrétaire d’État aux Affaires étrangères – jusqu’à sa démission en décembre 1918. Très tôt favorable à un accord de paix en échange d’une compensation en colonies, prônant une démocratie parlementaire et adversaire de tout mouvement révolutionnaire, il représentait un libéralisme conservateur. Proche du Fortschrittliche Volkspartei (parti populaire progressiste), il rejoint ensuite le Deutsche Demokratische Partei (parti démocratique allemand) puis prend un poste d’ambassadeur à Tokyo (1920-1928). Sa femme, Hanna (1887-1954), animera après 1936 un cercle clandestin de résistance au nazisme, le Solf-Kreis ; elle sera emprisonnée, après dénonciation, de 1943 à 1945. [Source : Bourgeois et Soldats   ; Peuple trahi  ; Retour du front ]
Sontheimer, Josef (1867-1919) Ce chef anarchiste, dirigeant des forces armées révolutionnaires munichoises avec le jeune marin communiste Rudolf Eglhofer (1897-1919), déjoua une tentative de putsch contre-révolutionnaire, qui mena à l’instauration de la seconde République des conseils. Il fut fusillé sans jugement par la contre-révolution, tout comme Egelhofer. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Spartakus ( ou Spartakusbund) La ligue Spartakus a été créée par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Ce courant marxiste et révolutionnaire s’est opposé à la guerre de 1914, a soutenu la révolution russe, mais a manifesté son attachement à la démocratie ouvrière contrairement aux bolcheviks. Du vivant de Rosa Luxemburg, le courant « luxembourgiste » constitue l’aile gauche du SPD allemand. À partir de la Première Guerre mondiale, on parle de spartakisme, d’après le nom de la fraction de l’Unabhängige Sozialdemokratische Partei Deutschlands (USPD) où militent Rosa Luxemburg, Leo Jogiches, Karl Liebknecht, Franz Mehring, Clara Zetkin, etc., suite à leur exclusion du SPD. Ces derniers participent à la révolution allemande de 1918 et à la fondation du KPD, en décembre de la même année. En janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont exécutés sur ordre des dirigeants allemands sociaux-démocrates ; en mars c’est au tour de Leo Jogiches d’être assassiné, tandis que Franz Mehring meurt quelques mois plus tard. [Source : Le Chemin vers le bas  ; Bourgeois et Soldats  ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
SPD Le Sozialdemokratische Partei Deutschlands est l’un des plus vieux partis d’Allemagne. Ce dernier va participer à toutes les élections du Parlement allemand et sera le principal parti de la II e Internationale. Fondé en 1875, sous le nom de Sozialistische Arbeiterpartei (SAP), il est le produit de la fusion de deux groupes plus anciens, l’Allgemeiner Deutscher Arbeiterverein (ADAV) et le Sozialdemokratische Arbeiterpartei (SDAP). De 1878 à 1890, le gouvernement de Bismarck instaure les Sozialistengesetze (lois antisocialistes) : le SAP est interdit, les sociaux-démocrates persécutés, ce qui contribue à une radicalisation du parti, qui prend le nom de SPD l’année suivante. Lors de la Première Guerre mondiale, le groupe SPD du Reichstag vote en faveur de la guerre, ce que certains considèrent comme une trahison des principes de base du parti. Cette contestation aboutit à des exclusions massives (dont celle de Rosa Luxemburg) et à la fondation de mouvements dissidents : l’USPD et le Spartakusbund (ancêtre du KPD). Au début de la révolution allemande, le SPD et l’USPD s’unissent pour placer le dirigeant SPD Friedrich Ebert au poste de président. Le SPD devient ainsi l’un des partis fondateurs de la République de Weimar en 1919. Après l’échec du parti et de ses partenaires aux élections de 1920, le SPD ne participe plus que rarement au gouvernement. La montée du KPD commence à limiter son influence – d’autant plus fortement que l’aile gauche du SPD, exclue en 1931, fonde le SAPD (parti socialiste-ouvrier d’Allemagne). Sous le Troisième Reich, le parti s’exile. Il sera refondé après la guerre dans les zones d’occupation. Dans la future RDA, il va fusionner avec le KPD pour former le Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (SED). [Source : Le Chemin vers le bas   ; Bourgeois et Soldats   ; Peuple trahi  ; Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Steckel, Leonhard (1901-1971) Acteur et metteur en scène autrichien d’audience internationale. Fils d’un administrateur des chemins de fer d’origine juive, il fit ses études à Berlin. Entre 1920 et 1933, il joue sur toutes les scènes de la capitale allemande. Max Reinhardt et Erwin Piscator apprécièrent particulièrement son talent, qui s’exerçait aussi bien au cinéma. En 1927, il épouse la danseuse et écrivaine Jo Mihaly, avec qui il doit fuir l’Allemagne en 1933, avant d’obtenir un engagement au Schauspielhaus de Zurich. Il meurt tragiquement dans une catastrophe ferroviaire en Suisse, au moment où Brecht l’appelait à participer à une tournée internationale à l’occasion de la sortie de sa pièce Maître Puntila et son valet Matti . Il a tenu pas moins de 280 rôles et dirigé 247 fois la mise en scène de pièces du répertoire international. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Stehr, Hermann (1864-1940) Né dans un village pauvre près de Glatz (Basse-Silésie), il est instituteur avant de devenir écrivain. Sous l’influence du naturalisme et du mystique silésien du Moyen Âge Jakob Böhme, il exprime la misère sociale de ses compatriotes dans Der Schindelmacher ( Le Faiseur de bardeaux , 1899). Il se tourne ensuite vers une conception religieuse de l’existence, avec de forts accents barrésiens, « sol, sang et terroir », comme dans son œuvre la plus connue, Der Heiligenhof ( La Cour des saints , 1918). Considéré par les nazis comme un précurseur de la littérature völkisch, il s’est néanmoins tenu à distance du régime, refusant d’écrire la moindre ligne de louange à Hitler. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Sternheim, Carl (1878-1942) Fils d’un banquier juif et d’une mère protestante, né à Leipzig, Carl Sternheim fut un écrivain prolifique : romancier, nouvelliste, dramaturge et essayiste, il sut exprimer les vérités et les mensonges de l’individualisme radical antibourgeois. Après des études de droit, de philosophie – et d’histoire de l’art auprès de Heinrich Wölfflin –, il s’installe à Munich en 1907 avec sa seconde épouse, l’écrivaine Theo Bauer. Leur demeure, Bellemaison, fut un haut lieu de l’avant-garde littéraire munichoise : Frank Wedekind, Max Reinhardt, Heinrich Mann et Annette Kolb la fréquentèrent. Carl Sternheim a également réuni une prestigieuse collection de peinture, qui comptait des Van Gogh, des Gauguin, des Renoir, des Matisse et des Picasso. Bien qu’il ne se reconnaisse pas dans l’expressionnisme, il participe aux projets littéraires de Franz Blei, Gottfried Benn et Franz Pfemfert. Dégoûté par l’esprit wilhelminien, il finit par s’installer en Belgique en 1912, puis aux Pays-Bas et en Suisse. Écrivain très prolifique dans les années 1920, il est lui aussi mis à l’index par les nazis. Installé à Bruxelles avec sa dernière compagne, il y meurt brutalement, dans un grand isolement. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Stifter, Adalbert (1805-1868) Écrivain, peintre et pédagogue autrichien. Tenu en très grande estime par Nietzsche pour sa prose, il est parfois considéré comme le représentant majeur du style biedermeier, forme d’expression sentimentale et petite-bourgeoise du post-romantisme. La nouvelle « La futaie », évoquée par Franz Jung, a été publiée dans le recueil qui a pour titre Les Grands Bois et autres récits (Gallimard, 1979). Son œuvre la plus connue demeure son roman Der Nachsommer (L’Arrière-Saison), publié en 1857. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Sturm (Der) (1910-1932) Fondée à Berlin par Herwarth Walden, cette revue est l’une des tribunes les plus importantes de l’expressionnisme allemand. Outre des poèmes, elle publie dessins et eaux-fortes des artistes les plus fameux, comme Franz Marc, Wassily Kandinsky, Oskar Kokoschka, August Macke, etc. Avant la Première Guerre mondiale, elle fut un lieu privilégié d’échanges culturels entre l’expressionnisme français et l’expressionnisme allemand. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Sverdlov, Jacob Mikhaïlovitch (1885-1919) Dirigeant du parti bolchevik, rédacteur de la Pravda ( Vérité ) comme Lénine, dont il est proche, il œuvre pour la révolution socialiste. Secrétaire du comité central exécutif à partir de 1917 puis, après la prise de pouvoir des bolcheviks en octobre, membre du Conseil exécutif central panrusse, il en devient ensuite le président, ce qui fait de lui le premier président de la fédération russe, le Conseil exécutif central étant un gouvernement provisoire en l’attente de l’assemblée constituante. Il dirige le congrès de fondation du parti communiste russe jusqu’en mars 1918, et, en avril, la commission chargée de la rédaction de la future constitution soviétique. Puis il meurt du typhus. [ Source : Karl et Rosa ]
Sylvia (Meissner, Anna von) Originaire de Hongrie, Anna Radnóti était institutrice. Sylvia est le surnom qu’elle portait dans la boîte de nuit où elle travaillait à Budapest. C’est là qu’elle rencontre Franz Jung en 1945. Restés en contact jusqu’en 1948, il se croiseront à nouveau en Italie, au tout début des années 1960. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé