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Ware, Harold (1890-1935) Fils de la célèbre dirigeante socialiste puis communiste Ella Reeve, le militant communiste américain Harold Ware réside au début des années 1920 en URSS, où il tente de créer une ferme collective modèle en utilisant du matériel agricole américain dans l’Oural, avant de fréquenter une école du Komintern à Moscou. Revenu aux États-Unis au début des années 1930, il organise le principal réseau communiste clandestin de l’entre-deux-guerres à Washington, connu sous le nom de Ware Group. Il meurt en 1935 dans un accident de la route. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Weber, Alfred (1868-1958) Le plus jeune des frères du sociologue Max Weber est professeur de sciences sociales à l’université de Prague, puis de Heidelberg. Parmi ses élèves, on compte Franz Kafka et Erich Fromm. En novembre 1918, il est l’un des fondateurs du Deutsche Demokratische Partei (DDP), parti libéral de gauche, hostile au pouvoir des conseils et dissous en juin 1933. Il est nommé président de la République fédérale en 1954 en raison de son opposition au nazisme. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Weigel, Helene (1900-1971) De son vrai nom Weigl, qu’elle conserva jusqu’en 1919, Helene Weigel est l’une des plus grandes actrices et directrices de théâtre de son époque. Née à Vienne dans une famille juive, elle a très tôt connu le feu sacré des planches. En 1919, un directeur de théâtre viennois déclare qu’elle est « l’un des plus grands génies dramatiques de tous les temps ». À Francfort, où elle est engagée la même année, elle tient le rôle de Marie dans le Woyzeck de Büchner. Dix ans plus tard, elle devient l’épouse de Bertolt Brecht, qu’elle a accompagné dans toutes ses grandes représentations. En 1933, elle fuit le régime nazi avec son mari pour se réfugier aux États-Unis, où elle va s’installer en 1941, après des séjours en Suisse, au Danemark, en Suède et en Finlande. Brecht travaille alors à Hollywood. Pendant cette période d’exil, elle n’aura l’occasion d’exercer son talent qu’en 1937, où elle incarne Theresa Carrar, dans Les Fusils de la mère Carrar que Brecht monte à Paris. Au moment de la guerre froide, après la comparution de son époux devant la Commission des activités anti-américaines, Helene Weigel et Bertolt Brecht quittent les États-Unis pour la Suisse (1948), où elle incarnera Antigone dans une mise en scène de la pièce de Sophocle jouée à Chur. Elle se produit ensuite en RDA, où le couple crée, en 1949, le Berliner Ensemble, dont Helene Weigel va assurer la direction artistique après la mort de Brecht en 1956. Malgré des difficultés avec le régime, elle réussit à maintenir la réputation internationale du Berliner Ensemble. Elle se produira une dernière fois sur scène au théâtre des Amandiers à Nanterre, en avril 1971. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Weisenborn, Günther (1902-1969) Né à Velbert (Rhénanie du Nord), Günther Weisenborn a fait des études de médecine et de littérature à Cologne et à Bonn. Critique théâtral, dramaturge, romancier, scénariste, il travaille en 1930 à la mise en scène, avec Bertolt Brecht, de la célèbre pièce La Mère , inspirée du roman de Gorki. Membre du réseau de résistance au nazisme l’Orchestre rouge, Weisenborn est enfermé en 1942. Libéré par les troupes soviétiques trois ans plus tard, il co-fonde, à Berlin-Ouest, le Hebbel Theater. Sa pièce Die Illegalen (1946) sera l’une des plus jouées de l’après-guerre. Éditeur de la revue Ulenspiegel entre 1945 et 1947, il est aussi le concepteur de la « dramaturgie sans lieu ». [Source : Le Chemin vers le bas ]
Wels, Otto (1873-1939) Membre du comité de direction du SPD * à partir de 1913, il adopte les positions de la majorité du parti durant la guerre. En novembre 1918, il est membre du conseil d’ouvriers et de soldats de Berlin, où il s’oppose aux spartakistes. Chargé du commandement militaire de la place de Berlin, il est fait prisonnier par la Division de la marine populaire, menacé d’être fusillé et sauvé in extremis par les troupes du général Lequis agissant sur ordre d’Ebert. Député de 1919 à 1933, il est, face aux menaces de l’extrême droite, à l’initiative du Reichsbanner (Bannière d’Empire) et préside l’Eiserne Front (Front de fer), formations de combat des sociaux-démocrates destinées à s’opposer aux Casques d’acier et aux SA. Réfugié à Prague puis à Paris, membre de la SOPADE (direction du SPD en exil), il y est hostile à son orientation à gauche. [ Source : Retour du front  ; Karl et Rosa ]
Wickel, Helmut (1903-1970) Rédacteur de presse pour le SPD, Helmut Wickel est interné dès 1933. Ayant réussi à s’enfuir à Prague en 1934, il s’occupe alors des revues du SOPADE, consacrées à la situation des ouvriers en Allemagne nazie. Il émigre en 1938 en France puis, en 1941, aux États-Unis. De retour en Allemagne après la guerre, il devient à partir de 1954 rédacteur en chef des organes de presse syndicaux Gewerkschaftliche Umschau et Gewerkschaftspost . Plus tard, il sera à la tête de la puissante fédération IG Chemie. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Witkowski, Georg (1863-1939) Né à Berlin, il est le frère de Maximilian Harden. Docteur ès lettres et enseignant, il s’est consacré à la littérature et au théâtre allemands des xvii e , xviii e et xix e  siècle, et en particulier à Goethe. En 1933, il s’enfuit aux Pays-Bas, où il est mourra. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Wolff, Kurt (1887-1963) Fils d’un professeur d’université qui enseignait l’histoire musicale à l’université de Bonn. Après des études littéraires, il prend la tête de la maison d’édition Ernst Rowohlt, installée à Leipzig et spécialisée dans la bibliophilie. Il la transforme en 1912 en Kurt-Wolff-Verlag, une entreprise qui a publié l’essentiel de la littérature expressionniste (Hasenclever, Werfel, Benn, Becher, Max Brod, Trakl, etc.) ainsi que l’œuvre de Franz Kafka, que l’éditeur connaissait personnellement. Pour Karl Kraus, Kurt Wolff a fondé en 1916 le Verlag der Schriften von Karl Kraus, qui a édité tous les écrits de l’irascible Autrichien jusqu’en 1921. Au moment du déclin de l’expressionnisme, il se tourne vers l’édition d’art et des classiques de la littérature internationale (Maupassant, Zola, Romain Rolland, Tagore). Il fonde à Florence, en 1924, les célèbres collections d’art de la Pantheon Case Editrice, avec ses monographies en trois langues. Son entreprise sera ruinée au lendemain de la crise économique et l’éditeur se verra dans l’obligation de quitter l’Allemagne immédiatement après l’incendie du Reichstag. Il émigrera en Italie puis en France, avant de s’installer aux États-Unis où il créé la Pantheon Books Inc. (1942), qui connaît un rapide succès. Mort accidentellement lors d’un séjour en Allemagne, Kurt Wolff demeure l’un des plus importants éditeurs du xx siècle, par sa largeur de vues cosmopolite et son instinct de découvreur des plus grands talents émergeant de nouveaux courants littéraires. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Wolf, Friedrich (1888-1953) Écrivain, médecin et homme politique, Friedrich Wolf est le fils d’un marchand de confession juive. Il a étudié la médecine, la philosophie et l’histoire de l’art. Avant d’obtenir son doctorat en médecine en 1913, il est médecin de bord. En novembre 1918, il participe au conseil d’ouvriers et de soldats de Saxe. Il a fait son entrée littéraire en 1919 avec ses drames de style expressionniste, mais évolue rapidement vers une littérature de type prolétarien : en 1931, il publie Die Matrosen von Cattaro , un drame révolutionnaire sur l’insurrection des marins austro-hongrois dans les bouches de Kotor en 1918. Membre du KPD à partir de 1928, puis du Bund Proletarischer Kultur, il fonde à Stuttgart, en 1932, le groupe d’agit-prop communiste Spieltrupp Südwest et travaille pour l’Union théâtrale ouvrière. Friedrich Wolf émigre en 1933 à Moscou via la Suisse et se joint aux Brigades internationales en tant que médecin. C’est ainsi qu’il sera interné en 1940-1941 au camp du Vernet (Ariège), dont il sort en obtenant la nationalité soviétique. En 1943, il co-fonde le comité Neues Deutschland à Moscou. De retour en Allemagne en mai 1945, il devient ambassadeur de RDA en Pologne (1949-1951). Friedrich Wolf a été l’un des dramaturges les plus joués avec Brecht sous la République de Weimar. On lui doit notamment Doktor Mamlocks Ausweg (La Voie de sortie du docteur Mamlock), une pièce sur la persécution des juifs, jouée à Paris en 1933. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Wolff, Theodor (1868-1943) Journaliste, essayiste, romancier et dramaturge, né et mort à Berlin. Ce cousin du magnat de la presse berlinoise Rudolf Mosse, propriétaire du Berliner Tageblatt , co-fonde en 1889 la Freie Bühne , une association pour un « théâtre libre », qui se proposait de mettre en scène les auteurs « étrangers », comme Ibsen et Tolstoï, considérés par les autorités prussiennes comme « subversifs ». Il couvre à Paris pour le journal de son cousin l’affaire Dreyfus, en dénonçant l’antisémitisme ambiant. En 1906, il prend la direction du Berliner Tageblatt , fonction qu’il occupera jusqu’en 1933. Donnant une vision libérale de gauche, le journal fut un moment interdit pendant la guerre. En 1918, Theodor Wolff est, avec Alfred Weber, l’un des cofondateurs du DDP (parti démocratique allemand), dont il se retire en 1926. Dans les années 1920, à la suite de l’assassinat de Rathenau, il vit dans la hantise d’attentats de l’extrême droite, qui menace de détruire le «  Judenblatt  [J ournal des J uifs ]   ». Après 1933, il doit s’exiler en France et s’installe à Nice en 1934. Les autorités fascistes italiennes le livrent à la Gestapo en 1943. Il meurt à Berlin des suites des mauvais traitements subis au camp de Sachsenhausen. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Wolzogen, baron Ernst Ludwig von (1855-1934) Auteur du livret d’opéra Feuersnot ( Les Feux de la Saint-Jean ) de Richard Strauss et fondateur (1901) du légendaire cabaret Überbrettl de Berlin, auquel a collaboré un temps Arnold Schönberg. [Source : Le Chemin vers le bas ]
Réalisation : William Dodé