Dans la collection « Mémoires sociales »

 
couverture
Xavier Montanyà
Les Derniers Exilés de Pinochet
Des luttes clandestines à la transition démocratique

Parution : 17/03/2009

ISBN : 9782748900958

Format papier
224 pages (12 x 21 cm) 18.00 €
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Titre original : La gran evasió : l’heroica fugida dels últims exiliats (Ara LLibres, 2006)
Traduit du catalan par Lluna Llecha Llop
avec 8 pages de photos

Le 29 janvier 1990, alors que le général Pinochet s’apprête à céder la place à un président démocratiquement élu, une spectaculaire évasion a lieu dans une prison de Santiago. Les prisonniers politiques du Front patriotique Manuel Rodríguez (FPMR) viennent brutalement rappeler que, derrière les apparences de la « transition démocratique », les comptes de la dictature sont loin d’être réglés.
Xavier Montanyà retrace l’épopée de ces militants dont l’action de lutte armée – notamment l’attentat qui faillit abattre Pinochet en 1986 – joue un rôle décisif pour ébranler le régime sanglant des militaires. Ce n’est qu’à leur suite que viendront les tractations politiciennes, sous l’arbitrage plus ou moins discret des États-Unis.
Ayant refusé de s’en remettre à la clémence hypothétique d’une démocratie où l’ancien dictateur allait rester le chef des armées, les évadés d’hier, dont certains sont encore poursuivis par la justice, restent aujourd’hui les derniers exilés de Pinochet.

Ouvrage traduit avec le concours du Centre national du livre

Xavier Montanyà, journaliste catalan est l’auteur de nombreux documentaires. Il est aussi Membre du Conseil consultatif du supplément culturel Cultura/s, du journal La Vanguardia et participe au journal électronique Vilaweb et à la revue d’histoire Sapiens.

Dossier de presse
À une roquette près… JBB Article 11, automne 2011
Compte-rendu Michel Recloux Aide-mémoire n°58, automne 2011
Chili, l'exil au bout du tunnel Christophe Goby Fourmes de discours, 22/02/10
Les plaies encore ouvertes du Chili - Procès d'une dictature Nira reyes Morales Le Monde diplomatique, décembre 2009
Le long exil des Chiliens anti-Pinochet Paco Le Mague, 21/07/2009
El exilio político de la democracia chilena (interview avec Francisco Peña) Rocio Gajardo Rebelion, 10/07/2009
Compte-rendu Marine (AL Montpellier) Alternative Libertaire n°184, mai 2009
Compte-rendu Christophe Patillon Alternantes FM, 09/04/2009
Les fugitifs Anne Proenza Libération, 08/02/2005
À une roquette près…

Ce sont deux anciens activistes du Front patriotique Manuel Rodriguez. Communistes chiliens qui ont pris les armes contre la dictature de Pinochet, ils ont multiplié les audacieux coups de main avant de connaître la torture et la prison. Et ont fui la taule au cours de ce qui restera comme l’une des plus belles évasions collectives de l’histoire. Rencontre avec Jorge et Francisco.

Lire la suite sur Article 11

JBB
Article 11, automne 2011
Compte-rendu
C’est l’histoire de la transition démocratique au Chili et du sort réservé à ceux qui l’ont permise, les armes à la main. C’est l’histoire des militants du Front Patriotique Manuel Rodriguez qui organisèrent l’attentat, malheureusement raté, contre Augusto Pinochet en 1986. Il furent incarcérés puis s’évadèrent en 1990, quelques mois avant l’arrivée au pouvoir du président Aylwin, élu démocratiquement. Et nous nous posons la même question que Danielle Mitterand : « Comment est-il possible, monsieur le Président, que des hommes qui ont risqué leur vie et perdu leur liberté pour que vous soyez là où vous êtes, soient encore entre les mains de leurs geôliers ? »
Michel Recloux
Aide-mémoire n°58, automne 2011
Chili, l'exil au bout du tunnel

Le livre de Xavier Montanyà, Les derniers exilés de Pinochet, édité chez Agone, revient sur le spectaculaire attentat contre Augusto Pinochet en 1986. Le 7 septembre de cette année, un commando du Front Patriotique Manuel Rodriguez (FPMR), bombarde d’un feu nourri le cortège du dictateur chilien qui revient de sa résidence « El Melocoton ». Le livre retrace aussi l’incroyable évasion des membres de cette organisation, par un tunnel creusé durant un et demi à la barbe des geôliers de la Carcel Public de Santiago. Entre ces deux événements au caractère exceptionnel, Montanyà, journaliste free lance, raconte le Chili de ces années-là. Rencontre avec l’auteur, l’éditeur à Agone Raphaël Monnard et Carolina, Chilienne, de la génération 80.

Pourquoi t’es-tu intéressé aux actions du FPMR ?

X.M: Au départ, ce devait être un documentaire. J’ai beaucoup travaillé la question de la mémoire, le pacte du silence qui est intervenu entre les franquistes et les autres en Espagne. Même aujourd’hui les recherches sur cette période sont difficiles. Nous n’avons accès à aucune archive. Il y a censure ou prohibition sur l’histoire, en particulier des hommes qui ont lutté contre le régime franquiste. Auparavant, j’ai réalisé un documentaire sur le Winnipeg1, ce bateau de France navigation et armé par le Parti communiste. J’ai rencontré alors une femme de ce bateau, accueilli par Neruda et cette femme est la mère de Rafael Pascual, qui est dans le livre. C’est un militant communiste et instructeur en guérilla urbaine, formé à Cuba. Il a été arrêté en 1986, dans le cadre d’un trafic illicite d’armes pour la guérilla.

Quel est ton propos ?

X.M: Ce qui me semble important c’est la dénonciation de la « Transition » démocratique. Entre l’Espagne et le Chili, il y a des similitudes, bien qu’au Chili, ils soient allés plus vite. Mais Pinochet est resté sénateur. D’autres rapprochements sont possibles entre les régimes : J’avais réalisé un documentaire sur deux anarchistes garrottés alors qu’ils étaient innocents : Granados et Delgado, un crime légal, ou je montre leur innocence mais surtout le complot orchestré autour d’eux. Pinochet, après son attentat, a aussi construit une nouvelle histoire de cet attentat, qui a manqué vraiment de peu de chance pour réussir.

Actuellement tu es à Marseille pour la sortie du livre ?

X.M: Pas seulement. Je travaille sur les services de contre-espionnage de Franco à Marseille. Ce livre sur les exilés du Chili est sorti d’abord en Catalan puis en Français maintenant. Jean-Marc Rouillan s’est occupé des recherches iconographiques et évidemment sa réincarcération a posé des problèmes.

R.M: J’ajoute que Jean-Marc a joué un rôle important en révisant cette traduction : Le travail annexe, les notes de bas de page, la révision de la traduction. Il avait la main sur les fichiers, ce qui nous a posé de sérieux problèmes lors de sa réincarcération. Il avait de véritables compétences pour ce livre.

X.M: Jean-Marc a respecté le texte, parce qu’il comprenait la transition, il avait souffert de cela aussi. Je déplore la manipulation médiato-politique qui l’a remis en prison.

Que sont devenus les évadés du FPMR ?

R.M: Juan Carlos Cancino, qui faisait partie de la seconde vague, touche une pension accordée par la commission Valech2 , comme victime de guerre, mais s’il pose le pied à Santiago, il peut être remis en prison. Pour preuve de la solidarité de ces militants, l’un d’entre eux en circulant dans le tunnel sans avoir de certitude sur une possible sortie, est revenu chercher ses camarades pour les informer du bon tuyau.

X.M: Ils sont des milliers à ne pouvoir vivre sans droits au Chili.

Carolina: Pour vivre socialement là-bas, il faut un numéro d’immatriculation donné à la naissance.

Et depuis l’arrivée de Michelle Bachelet, la nouvelle présidente socialiste dont le père avait été torturé sous la dictature, il y a du neuf ?

X.M: Ce qu’on appelle la « transition démocratique », est un pacte contre ceux qui ont lutté contre le régime dictatorial. Les mécanismes de l’histoire se ressemblent dans des situations différentes. En Espagne, je connais des passeurs qui ont fait fuir des gens de France à l’Espagne durant la seconde guerre mondiale et qui ont été arrêtés et ont fini dans des camps français.

Tu racontes cette grande évasion comme un roman policier, il y a un rythme haletant aussi quand tu racontes l’attentat.

X.M: Il faut une énergie extraordinaire pour creuser un tunnel durant un an et demi. Pensez que les prisonniers de la cellule d’en face n’ont jamais rien su de ce projet. Ces hommes avaient suivi un entraînement à Cuba comme Rafael Pascual, au Salvador ou au Nicaragua. Ce sont des jeunes de 25 ans en moyenne, la génération 80 en somme. Ils appartiennent à des familles très impliquées, ce sont souvent des fils d’exilés espagnols.

En ce qui concerne l’attentat, le porteur de la roquette qui devait pulvériser Pinochet aurait pu changer la donne. Augusto Pinochet était avec son petit-fils3 dans la voiture qui a zigzagué en arrière pour se dégager du traquenard. L’attentat raté a accéléré la venue du référendum, même si la répression a continué. L’explication technique c’est que le tireur posté dans le fossé était trop près de la voiture.

Vois-tu un rapport entre l’histoire du Movimiento Iberique de Liberacion auquel appartenait Jean-Marc Rouillan et le FPMR ?

Le premier mouvement se situe dans une stratégie d’attaque alors que le FPMR c’était de l’autodéfense. Ce qui est important c’est la dénonciation de la transition démocratique.

1 Winnipeg, Palabras de un exilio.

2 215 dollars, inférieur au salaire moyen.

3 Rodrigo Garcia Pinochet est candidat aux élections législatives, qui auront lieu le 13 décembre.

Christophe Goby
Fourmes de discours, 22/02/10
Les plaies encore ouvertes du Chili - Procès d'une dictature
EN VERTU d’un mandat international lancé par le juge espagnol Baltasar Garzón, le général Augusto Pinochet est arrêté à Londres le 16 octobre 1998. Il doit répondre des crimes commis pendant les années de la dictature (1973-1989). Evénement impensable pour celui qui croyait avoir organisé son impunité dans les moindres détails et qui, quelques mois auparavant, était encore le chef d’état-major de l’armée chilienne. Evénement également impensable pour les victimes de la répression orchestrée par ce général parvenu au pouvoir grâce au coup d’État qui renversa le président Salvador Allende, le 11 septembre 1973. Evénement à l’origine de trois livres de Jac Forton, Xavier Montanyà et Martha Helena Montoya Vélez.

Auteur de plusieurs ouvrages sur la dictature chilienne, Forton retrace le processus qui aurait pu conduire le général Pinochet et quatorze autres militaires chiliens à rendre des comptes devant la justice française pour la disparition, durant la dictature, de quatre militants de gauche de cette nationalité (1). Ouverte dés les jours suivant l’arrestation de Pinochet à Londres, l’instruction ne sera close qu’en 2007 par une ordonnance de renvoi devant la cour d’assises. Décédé quelques semaines auparavant, le dictateur ne sera donc jugé ni en France ni au Chili. Mais ses complices encore vivants pourraient l’être à Paris. Le procès devait se tenir en mai 2008. II a été reporté sine die. Les lenteurs de la justice française et les méandres des procédures internationales ont, pour l’heure, eu raison de l’ouvre de justice réclamée par les familles des victimes.

Pour certains, la violence de la dictature ne pouvait être combattue que par la lutte armée. En 1986, le Front Patriotique Manuel Rodriguez, bras armé du Parti communiste chilien, décida d’éliminer le général Pinochet. Le journaliste catalan Xavier Montanyà retrace le parcours de certains des auteurs de cette tentative d’attentat de laquelle Pinochet réchappa miraculeusement (2). Arrêtés, torturés et condamnés à mort, détenus dans une prison de haute sécurité, ils sont parvenus à s’évader en janvier 1990, quelques jours avant que le général ne transmette le pouvoir à M. Patricio Aylwin, le nouveau président démocratiquement élu. Mais le Chili de la « transition démocratique » a refusé de les amnistier. La plupart d’entre eux ont dû quitter le pays - certains sont encore sous le coup de poursuites judiciaires.

Montoya Vélez, elle, était une jeune étudiante colombienne lorsqu’elle est arrivée au Chili pour vivre l’utopie de la révolution pacifique d’Allende. À peine arrivée, elle est happée par le golpe (3). Arrêtée en septembre 1973, elle est détenue pendant un mois au Stade national de Santiago, transformé en centre de torture. Libérée grâce à la ténacité de l’ambassadeur de Colombie, elle rentre brisée dans son pays. Sommée par sa mère de faire silence sur ces semaines de cauchemar, il lui faudra près de vingt ans pour « faire sortir ces blessures cachées sous des déguisements divers (4) ». Son récit, construit sous forme de chroniques courtes et puissantes, conduit le lecteur dans ce « labyrinthe de la douleur » où les femmes étaient entassées, humiliées, violentées par des tortionnaires, obligées à assister à la destruction de leurs maris et compagnons. Un récit de l’enfer, sans amertume et plein d’humanité.

Nira REYES MORALES.


(1) Jac Forton, Pinochet. Le procès de la dictature en France, Toute Latitude, Paris, 2009, 189 pages, 17,80 euros.

(2) Xavier Montanyà, Les Derniers Exilés de Pinochet. Des luttes clandestines à la transition démocratique, Agone, Marseille, 2009, 220 pages, 18 euros.

(3) Coup d’État.

(4) Martha Helena Montoya Vélez, Rompre le silence. Je t’accuse Pinochet, Elytis, Bordeaux, 2009, 208 pages, 19 euros.
Nira reyes Morales
Le Monde diplomatique, décembre 2009
Le long exil des Chiliens anti-Pinochet

En publiant l’enquête du journaliste catalan Xavier Montanyà, Les Derniers exilés de Pinochet, les éditions Agone éclairent les zones d’ombre qui hantent toujours le Chili depuis la transition démocratique.

Le récit proposé par Xavier Montanyà commence le dimanche 7 septembre 1986. Ce jour-là, le général Augusto Pinochet passe le week-end en famille dans sa propriété forteresse, El Melocoton. Nous sommes à trente kilomètres au sud-est de Santiago, au lieu-dit El Cajon del Maipo. Toute la région est surveillée par les agents du dictateur, notamment la route G-25 qui relie la résidence à la capitale.

Quelques kilomètres plus loin, dans le village de La Obra, l’arme à l’épaule, des jeunes gens écoutent l’hymne du Front patriotique Manuel Rodríguez (FPMR) ainsi que les derniers mots du président Salvador Allende enregistrés sur une cassette. Ils viennent d’apprendre l’objectif de leur mission. Sous le nom de code Siglo XX, ils doivent tendre une embuscade au dictateur pour le tuer.

Le « Frente », organisation polico-militaire, a été créé en 1983 par des jeunes communistes instruits par des guérilleros chiliens formés en URSS ou à Cuba et aguerris au Salvador ou au Nicaragua. Pour leur action, ils disposent d’environ trente-huit M-16 et SIG, de onze lance-grenades LAW (Light Antitank Weapon), de munitions, de grenades et d’explosifs. Soit une petite partie de l’arsenal qui a pu échapper aux perquisitions policières. Répartis en quatre groupes dans de puissants quatre-quatre neufs, les vingt-cinq combattants sont prêts pour l’attaque du cortège officiel qui comprend huit voitures et deux motos.

Vingt-sept hommes armés et entraînés protégeaient Pinochet qui circulait dans une Mercedes blindée aux vitres fumées. « Un tank déguisé en voiture », dira le commandant Ernesto, le chef du commando, après avoir vu le dictateur échapper miraculeusement à l’attentat. Après huit minutes de feu très intense, les militants du FPMR se replièrent à la manière de la CNI, la police politique, armes à la portière, sirènes et gyrophares allumés pour tromper les barrages de gendarmerie… Bilan : un blessé léger côté FPMR, cinq morts, douze blessés et des carcasses de voitures calcinées côté dictature.

La vengeance de l’État rappela l’après 11 septembre 1973. État de siège, arrestations par centaines, tortures, exécutions sommaires. La mort de Pinochet aurait pu radicalement changer le cours de l’histoire chilienne. L’attentat a donné un bon coup de pied dans la fourmilière. La popularité du FPMR, bras armé du Parti communiste chilien mais ouvert à tous ceux qui souhaitaient abattre la dictature (par exemple les prêtres se réclamant de la Théologie de la Libération), était forte dans les poblaciones. Les distributions de vivres et de fuel domestique, la guérilla urbaine, les plasticages de bâtiments américains, les enlèvements, les attaques d’armureries nourrissaient l’esprit de résistance. Par peur d’une insurrection communiste qui plomberait leurs intérêts économiques, les États-Unis, impliqués jusqu’à la moelle dans le coup d’Etat de 1973 et dans le « maintien de l’ordre », commencèrent à demander un peu de modération à leurs copains fascistes chiliens.

Dans les prisons, les détenus politiques n’avaient guère d’illusions sur une transition démocratique qui avançait à pas d’escargot en continuant à faire des courbettes à la justice militaire. Alors que Pinochet (qui restait commandant en chef des armées) s’apprêtait à laisser la place à Patricio Aylwin, premier président démocratiquement élu depuis 1973, une autre action éclatante du FPMR vint donner une claque à la dictature tout en envoyant un avertissement aux démocrates.

Le 20 janvier 1990, quarante-neuf prisonniers politiques s’évadèrent sans violence de la Carcel Publica de Santiago, prison de « haute sécurité ». Comment ? Pendant dix-huit mois, une vingtaine de militants du FPMR creusèrent sans relâche un tunnel de près de cent mètres de long sous la prison. À l’aide de fourchettes et de boîtes de conserve, ils grattèrent l’équivalent de dix camions de terre et de sable. Dans le plus grand des secrets, ils ont accompli un exploit digne de La Grande évasion, film qui a d’ailleurs fourni quelques astuces aux évadés chiliens.

Après avoir rampé pendant quinze minutes sous terre dans un fin boyau, certains militants eurent le sentiment d’une seconde naissance. Hélas, leur nouvelle vie gardait les scories de la première. Condamnés à la clandestinité ou à l’exil, les évadés furent sans surprise les « oubliés » de la transition démocratique. La plupart sont toujours coincés en France, au Mexique… Cruel revirement de l’Histoire, certains, issus de familles républicaines espagnoles réfugiées au Chili sous Franco, se sont repliés en Espagne. L’arrivée d’un gouvernement démocratique n’a pas effacé l’ardoise sanglante de la dictature. Bien que civils, victimes de tortures abominables, combattants anti-fascistes loyaux, ils restent poursuivis par des jugements militaires iniques.

Augusto Pinochet est mort le 10 décembre 2006, journée internationale des Droits de l’Homme. L’ordure avait 91 ans. Arrêté à Londres en 1998 puis relâché pour « démence sénile », le dictateur a échappé aux procès qui auraient dû sanctionner ses crimes, notamment ceux de l’opération Caravane de la Mort, de l’opération Colombo ou de l’opération Condor. Le régime de Pinochet est responsable de trois mille morts et disparus. Pinochet était poursuivi dans cinq affaires de droits de l’homme au Chili. Parmi elles, celle de la Villa Grimaldi où plus de quatre mille personnes ont été torturées entre 1973 et 1978. Deux cents sont toujours portées disparues. Au moins trente-cinq mille personnes sont passées sous les griffes sadiques des bourreaux du fossoyeur de la Unitad Popular. Dans une dizaine d’autres pays, des plaintes étaient également déposées contre le général ami de la CIA.

Grand criminel, Pinochet était aussi un vulgaire voyou. Comme Al Capone, c’est sur le terrain fiscal qu’il aurait pu chuter en premier. Dans un monde qui marche sur la tête, les crimes d’argent sont plus graves que les crimes contre l’Humanité... Le gangster aux lunettes noires était notamment accusé d’avoir détourné vingt-huit millions de dollars. Pour avoir osé s’attaquer à une telle pourriture, près de deux cents hommes du FPMR, du MIR et du PCCh, coupables de « crimes de sang » selon des tribunaux militaires, sont condamnés injustement à l’exil.

La société chilienne a vite oublié la dette qu’elle a envers celles et ceux qui ont risqué leur vie pour la démocratie. Le livre de Xavier Montanyà leur rend un vibrant hommage tout en apportant des éclairages vivants sur les actions clandestines et sur les remous politiques au Chili. Après avoir interviewé plusieurs exilés de la démocratie chilienne, l’auteur restitue avec précision les grands moments du FPMR que sont l’attentat contre Pinochet et l’évasion de la Carcel Publica de Santiago. Ken Loach puiserait là un scénario à la hauteur de ses meilleurs films politiques.

Xavier Montanyà, Les Derniers Exilés de Pinochet – Des luttes clandestines à la transition démocratique (Chili 1984–1991), éditions Agone, 226 pages dont huit avec photos. 18€. Traduite du catalan par Lluna Llecha Llop, cette édition a été établie par Jean-Marc Rouillan.

Paco
Le Mague, 21/07/2009
El exilio político de la democracia chilena (interview avec Francisco Peña)

Entrevista con Francisco Peña Riveros, ex preso político del FPMR

En la mitificada democracia chilena, fruto de una eterna transición pactada, la persistencia del exilio político es una realidad.

Hace algunos meses el intento de ingreso a Chile del ex preso político del MAPU-Lautaro y actual condenado a pena de extrañamiento, Jorge Escobar Díaz, volvió a develar la situación de un centenar de chilenos que aun, luego de 20 años de transición, se enfrentan al exilio político. Resulta paradójico que una coalición política que ya lleva dos decenios en el gobierno y que se vanagloria de la gran solidez de la democracia chilena niegue la existencia de esta realidad, que más que por su amplitud, resulta de un enorme significado debido a su persistencia en el tiempo, ya que se arrastra desde los negros años de la dictadura de Pinochet.

La aparición en Francia del libro del periodista catalán Xavier Montanyà Les derniers exilés de Pinochet1 (Los últimos exiliados de Pinochet) y la creación del Comité Chile Vuelvo, organización creada recientemente para terminar con el exilio y el extrañamiento político, han vuelto ha instalar en el tapete la necesidad de una solución política global para la enorme deuda que constituye el exilio político de la transición pactada, ya que si bien estos hombres y mujeres fueron presos políticos de la dictadura, es la democracia chilena la que los exilió o la que no ha dado solución a su situación jurídico-legal.

Nos entrevistamos en Paris con Francisco Peña Riveros, ex preso político del FPMR, fugado de la Cárcel Pública en enero 1990, quien nos habló del exilio persistente.

En breves palabras, ¿nos puedes recordar quién eres y cuál es la situación de los exiliados de la transición chilena?

Soy Francisco Peña vivo en Francia desde 1991. Estuve 6 años en prisión y soy parte de los presos políticos que nos fugamos de la cárcel pública en enero de 1990. Después de la fuga permanecí un año clandestino en Chile y salí en enero de 1991. Desde esa fecha estoy en Francia, reconstruyendo una vida, desarrollado mi trabajo y con mi familia.

Yo hago parte de las personas que no creyeron en el cambio de gobierno, del cambio democrático entre comillas y por esa razón decidimos fugarnos de la cárcel. El trabajo en la cárcel que permitió que recobrásemos nuestra libertad duró prácticamente un año y durante este tiempo, siempre nos interrogamos y analizamos si era o no correcta la evasión, pensando que se avecinaba un cambio de gobierno. Nuestra conclusión fue que el gobierno que venía, la Concertación, no nos iba a permitir la libertad, que íbamos a continuar en la prisión y que lógicamente nuestro derecho era continuar la lucha en la que nos habíamos comprometido, por lo cual la cárcel se convierte en una nueva trinchera. Es por esto que decidimos lograr la libertad por nuestros propios medios.

Nuestro análisis, se confirmó con la llegada del nuevo gobierno supuestamente democrático, puesto que los compañeros que quedaron en la prisión fueron enviados al exilio y las condenas que tenían se les intercambio por los mismos años pero en exilio. Es decir se les aplicó un decreto que existía durante la dictadura, intercambio de pena de cárcel por extrañamiento.

Es por esto que pienso que la decisión que tomamos fue correcta, dado que los cambios que produjo el primer gobierno de Patricio Aylwin y la Concertación no fueron de la profundidad que se merecía y que el momento político meritaba.

¿Cuál es la situación actual de los exiliados de la transición?

Actualmente hay tres categorías de exiliados, de personas que no pueden volver a Chile.

En primer lugar el grupo de personas que se fugaron de la cárcel y que estamos impedidos de regresar, ya que si volvemos, volvemos a la prisión. Los procesos no se han resuelto, no ha habido ninguna ley y ninguna voluntad política de resolver nuestra situación. Las situaciones que se han logrado resolver han sido de manera individual, particular, donde cada uno ha tenido que ver las posibilidades de ir resolviendo jurídicamente su caso.

Un segundo caso, es la gente que sale exiliada intercambiando la pena de prisión y que no pueden regresar en la medida en que no cumplan la pena a la que estaban condenados. Hay casos en que algunos compañeros están condenados a 80 o 40 años y que estuvieron en la cárcel más de 10 años y que si vuelven corren el riesgo de caer en la cárcel a terminar la condena. Existen situaciones en que se ha quebrado esta condena, por razones humanitarias, de compañeros que han viajado a Chile debido a la muerte o enfermedad de sus padres y han sido detenidos y expulsados. Por lo cual podría decirse que estamos frente a la continuación de la prisión en el exilio.

Un tercer caso, es el de los que nunca han estado presos, pero que son buscados por que aparecen en algunos procesos y que hasta el día de hoy si regresan aparecen vinculados a procesos que aún están abiertos y que en caso de regresar arriesgan la prisión.

Según tu análisis, ¿a qué se debe esta falta de voluntad política de los sucesivos gobiernos de la Concertación para solucionar definitiva y globalmente el problema del exilio político?

Pienso que hay múltiples causas. El no querer llevar, por ejemplo para la gente que nos fugamos de la cárcel, a un hecho público una forma de lucha y de combate, una disposición de continuar la lucha a pesar de haber estado en prisión. Esto como un ejemplo para la sociedad, para mostrar que los que estábamos en la cárcel nos forjamos la libertad con nuestras propias manos. La cárcel nos es el término de la lucha, ésta no acaba con el combatiente. La cárcel es una trinchera de lucha mas, ahí nos dimos tarea y una de estas tareas era la libertad por nuestras propias manos.

Otra razón, es que la resolución de los temas de derechos humanos es la revisión global de los tribunales de justicia y los métodos que utilizan estos para el juzgamiento. Nosotros nos vimos juzgados por las fiscalías militares, sin ser militares, incluso fuimos juzgados y condenados dos veces por el mismo delito, pasando por tribunales militares y civiles. Entonces la cantidad de vicios que cada proceso conlleva es algo que debería llevar necesariamente a revisar y reordenar las estructuras jurídicas. Otra seria una razón netamente política, al infligir un castigo ejemplar a las personas que no respetaron las leyes, la jurisprudencia a través de la fuga. En seguida, esta falta de voluntad por parte del gobierno es debido a que esto sienta un precedente como una forma de castigo para los que significan un peligro para el gobierno, como es el caso hoy en día del pueblo mapuche, ya que se aplican las mismas leyes que aplicó la dictadura, ya sea la ley de control de armas y la ley antiterrorista.

A mi parecer la persistencia del exilio político es una de las tantas deudas de la democracia chilena. Para ti, ¿cuáles son las deudas que la transición pactada aún tiene con la sociedad en su conjunto?

Evidentemente que hay una deuda hacia todos los combatientes contra la dictadura y por la libertad y la democracia. En primer lugar es una deuda con todos aquellos y aquellas que murieron en esta lucha y que entregaron su vida en esta batalla por la justicia, la libertad y la democracia. Segundo una deuda hacia aquellos que perdieron su libertad, ya que al mismo tiempo los que perdimos la libertad fuimos también torturados, sufrimos la cárcel, debido a un compromiso y una lucha. En el momento de regreso a la democracia debió haber sido lo primero, abrir las cárceles y liberar a los presos políticos y en seguida reestablecer los derechos civiles y políticos de todos nosotros. Hoy en día los que estuvimos en la cárcel tenemos nuestros derechos civiles conculcados, por lo cual no tenemos derecho a elegir o ser elegidos, entre otras cosas.

Y esa deuda también se traspasa a lo que es la situación política en Chile, como la permanencia de la Constitución de 1980, a la cual se le han hecho sucesivos retoques, pero la cual guarda su esencia. Con esto lo que se logró fue avalar un sistema espurio y que, con esta firma a la Constitución lo que se hizo fue legitimarlo. Por lo tanto es una deuda con todo el país, por que se legitima una Constitución de facto. Pienso que cada gobierno le ha sacado provecho, ya que les acomoda en todos los planos, como el sindical, el estudiantil. La aplicación de estas leyes impide que exista un cambio importante, frena el movimiento social y por lo tanto impide que se produzca un ascenso en las luchas por la exigencia de los derechos individuales y colectivos.

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L’exil politique de la démocratie chilienne
Interview avec Francisco Peña Riveros, ex-prisonnier politique du FPMR

Dans la mythique démocratie chilienne, fruit d’un éternel pacte de transition, la persistance de l’exil politique est une réalité.

Il y a quelques mois la tentative de retour au Chili de Jorge Escobar Díaz, ex-prisonnier politique MAPU-Lautaro toujours condamné à l’exil, a de nouveau mis en évidence la situation d’une centaine de chiliens qui, vingt ans après la transition, restent tous confrontés à l’exil politique. Il demeure paradoxal qu’une coalition politique, au gouvernement depuis deux décennies et qui se vante de la grande solidité de la démocratie chilienne, nie l’existence de cette réalité, qui plus que par son amplitude, garde une signification énorme par sa persistance dans le temps et son origine dans les années noires de la dictature de Pinochet.

La publication en France du livre du journaliste catalan Xavier Montanyà Les Derniers exilés de Pinochet et la création du Comité Chili Vuelvo, organisation crée récemment pour en finir avec l’exil politique, ont permis de remettre sur le tapis la nécessité d’une solution politique globale à l’énorme dette que constitue l’exil politique de la transition pactée, car si ces hommes et ces femmes furent des prisonniers politiques de la dictature, c’est bien la démocratie chilienne qui les a exilés et n’a proposé aucune issue à leurs situations juridico-légales.

Nous avons rencontré à Paris Francisco Peña Riveros, ex-prisonnier politique du FPMR, évadé de la prison publique de Santiago en janvier 1990. Il nous parle de son expérience de l’exil.

En quelques mots, peux-tu nous rappeler qui tu es et quelle est la situation des exilés de la transition chilienne ?

Je m’appelle Francisco Peña, je vis en France depuis 1991. J’ai été emprisonné 6 années et je fais partie des prisonniers politiques qui se sont enfuis de la prison publique en janvier 1990. Après l’évasion je suis resté clandestin un an avant de quitter le Chili en janvier 1991. Depuis cette date je suis en France, reconstruisant ma vie, avec un travail et avec ma famille.

Je fais partie des personnes qui n’ont pas cru au changement de gouvernement, au changement “démocratique”, et pour cette raison nous avons décidé de nous évader de la prison. Le travail à l’intérieur qui nous a permis de reprendre notre liberté a duré pratiquement un an. Pendant ce temps nous nous interrogions et analysions si l’évasion était la bonne option ou non, car nous croyions qu’un changement de gouvernement allait avoir lieu. Notre conclusion fut que le gouvernement qui venait, la Concertation, n’allait pas nous permettre de retrouver notre liberté, que nous allions croupir en prison et qu’en conséquence notre droit était donc de continuer la lutte dans laquelle nous nous étions engagés, lutte dans laquelle la prison se convertissait en une nouvelle tranchée.
C’est pour cela que nous avons décidé de reprendre notre liberté par nos propres moyens.

Notre analyse s’est confirmée lors de l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement supposé démocratique : les camarades restés en prison furent expulsés du Chili, leurs peines étant échangées contre autant d’années d’exil.
Je pense donc que la décision que nous avons prise fut la bonne, car les changements qu’a produit le premier gouvernement de Patricio Aylwin et la Concertation n’ont pas été de la profondeur méritée et à la hauteur du moment politique.

Quelle est la situation actuelle des exilés de la transition ?

Il y a actuellement trois catégories d’exilés qui ne peuvent retourner au Chili.
En premier lieu, le groupe de personnes qui s’est enfui de la prison. Il nous est impossible de revenir, car si nous revenons, nous retournerons en prison. Les procès ne sont pas finis, il n’y a eu aucune loi et aucune volonté politique de résoudre notre situation. Les cas qui ont réussi à se résoudre l’ont été de manière individuelle, particulière. Chacun a dû étudier les possibilités de résoudre juridiquement son cas.
En second lieu, il y a les gens qui ont échangé leur peine de prison contre une peine d’exil, et qui ne peuvent rentrer que dans la mesure où leur peine est purgée. Il y a des cas où des camarades sont condamnés à 80 ou 40 ans et qui ont fait plus de 10 ans en prison, ils courent le risque, s’ils rentrent, de retourner en prison. Il y a des camarades dont la peine a été annulée, pour des raisons humanitaires, d’autres qui sont rentrés au Chili en raison de la mort ou de la maladie de leurs parents et qui ont étés détenus et expulsés. C’est pour cela que l’on pourrait dire que nous sommes face à la continuation de la prison dans l’exil.
Enfin demeurent ceux qui n’ont jamais étés prisonniers mais qui sont recherchés parce qu’ils apparaissent dans des procès et qui, s’ils reviennent, peuvent aussi être liés a des procès à venir. Ils risquent eux aussi la prison.

Selon toi, à quoi est dû ce manque de volonté politique des gouvernements successifs de la Concertation pour résoudre définitivement et globalement le problème des exilés politiques ?

Je pense qu’il y a de multiples causes.
Le fait de ne pas vouloir porter sur la scène publique, par exemple dans le cas de ceux qui se sont enfuis de prison, une forme de lutte et de combat, une disposition à continuer la lutte malgré le fait d’avoir été en prison. Ce serait un mauvais exemple pour la société de montrer que ceux qui étaient emprisonnés ont forgé leur liberté avec leurs propres mains. La prison est une tranchée de lutte supplémentaire, nous nous y sommes donné des objectifs, et un de ceux là était la liberté par nos propres mains.
L’une des raisons est que la résolution des thèmes des droits de l’homme impliquerait la révision globale des tribunaux de justice et des méthodes qu’ils utilisent pour les jugements. Nous avons été jugés par les militaires, sans être nous même militaires, nous avons même étés jugés et condamnés deux fois pour le même délit, devant des tribunaux militaires et civils. La quantité de vices que contient chaque procès est quelque chose qui devrait amener nécessairement à réviser et réordonner les structures juridiques.
Une autre raison serait clairement politique : infliger une punition exemplaire à ceux qui n’ont pas respecté les lois avec l’évasion. Enfin, ce manque de volonté du gouvernement est aussi une volonté de crée un précèdent, une forme de punition exemplaire pour ceux qui représentent un danger pour le gouvernement, comme c’est le cas aujourd’hui avec le peuple Mapuche, peuple contre qui sont appliquées les mêmes lois qu’appliquait la dictature, que ce soit la loi de contrôle des armes ou la loi antiterroriste.

Il me semble que la persistance de l’exil politique est une des nombreuses dettes de la démocratie chilienne. Pour toi quelles sont les dettes que le pacte de transition a encore avec la société dans son ensemble ?

Il y a évidemment une dette envers tous les combattants contre la dictature et pour la liberté et la démocratie.
En premier lieu, c’est une dette envers ceux et celles qui sont morts dans cette lutte, dans cette bataille pour la justice, la paix et la démocratie.
Ensuite, envers ceux qui ont perdu leur liberté, étant entendu qu’en même temps que nous perdions notre liberté nous avons aussi été torturés, nous avons enduré la prison, en raison d’un engagement et d’une lutte. Au moment du retour à la démocratie, il aurait fallu tout d’abord ouvrir les prisons et libérer les prisonniers politiques et ensuite rétablir les droits civils et politiques de chacun de nous. Aujourd’hui, nous qui étions en prison, voyons toujours nos droits civils violés. Nous n’avons ni le droit de voter ni celui d’être élu, entre autres choses.

Cette dette se retrouve aussi dans la situation politique actuelle du Chili, notamment la permanence de la Constitution de 1980, laquelle, malgré plusieurs retouches successives, garde son essence originelle. Ceci permet d’avaliser un système bâtard, et de légitimer cette Constitution. C’est donc une dette envers tout le pays, puisqu’on légitime une Constitution de fait. Je pense que chaque gouvernement en a tiré profit, car ça les arrangeait sur tous les plans, au niveau syndical, étudiant… L’application de ces lois empêche la possibilité d’un changement important, freine le mouvement social et empêche que se produise une avancée dans les luttes pour l’exigence des droits individuels et collectifs.

(Traduction des éditeurs)

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1 Les Derniers Exilés de Pinochet. Des luttes clandestines à la transition démocratique, Editorial AGONE, 2009. Traducido del original en catalán, La gran evasió. L’heroica fugida dels últims exiliats de Pinochet (Ara Llibres, 2006).

Rocio Gajardo
Rebelion, 10/07/2009
Compte-rendu
Durant les cinq années qui se sont écoulées, entre l’écriture du texte original en catalan et la traduction d’Agone, la situation des exilés de Pinochet, désormais « exilés de la démocratie », n’a toujours pas été posée. À travers la narration de moments clefs de l’histoire du Frente Patrioticò Manuel Rodriguez (FPMR), Xavier Montanyà, journaliste, ne cherche pas à retracer toute l’histoire de la dictature de Pinochet, mais plutôt la vie qui a été menée par certains militants luttant contre la dictature, et leur rôle décisif dans l’ébranlement du régime Pinochet. Il cherche à mettre en lumière les mécanismes qui ont mené à l’oubli de certains Chiliens, et qui ont permis à certains tortionnaires, tel Pinochet lui-même, d’étouffer les crimes qu’ils ont commis, en particulier contre les opposants politiques. C’est ainsi qu’est mis en avant le « rôle d’un égoïsme pragmatique accablant » des États-Unis, dans la transition démocratique qui ne pouvait se produire sans zone d’ombre, ainsi que celui de certains organismes tels que la Centre national de renseignement (CNI) ou la Direction nationale du renseignement (Dina), qui avaient pour but essentiel de traquer, enfermer et assassiner les opposants à la dictature. Le FPMR, qui est au cœur de cet ouvrage, ne se considérait pas comme un parti politique ayant vocation à initier un nouveau projet de société, mais plutôt comme le bras armé du peuple chilien écrasé sous la force militaire et la répression orchestrées par le dictateur et l’armée. La plupart de ses militants sont issus du Parti communiste chilien, et avaient vécu l’espoir insufflé par l’arrivée au pouvoir d’Allende ; beaucoup étaient fils et filles d’exilés espagnols ayant fuit Franco. Le FPMR est l’organisation qui a subit avec le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) la plus grande part de la répression sanglante du régime. Bien qu’il ait affirmé en janvier 1990 qu’il ne mènerait pas d’action armée contre la démocratie qui se mettait en place, et qu’il bénéficiait d’un large soutien de la population, la justice et les discours officiels ont continué à accabler les attentistes et les prisonniers politiques. Écrit à partir de témoignages des derniers exilés, pour la plupart membres importants du FPMR, l’ouvrage nous raconte avec un réalisme impressionnant le déroulement des évènements clés de la lutte armée, ainsi que le traitement et les tortures qu’ont subi les prisonniers politiques. Les recherches minutieuses effectuées par le journaliste, tentent de rétablir le déroulement exact des faits, ainsi que les responsabilités de chacun des hommes et partis ayant participé à la dictature ou à la transition démocratique. Il n’est pas difficile de comprendre comment se sont déroulés chacun des événements, même sans une grande connaissance de l’histoire du Chili à cette époque, les notes et les annexes rendent cet ouvrage accessible à tous.
Marine (AL Montpellier)
Alternative Libertaire n°184, mai 2009
Compte-rendu
Permettez que je vous présente maintenant l’un des nouveautés des éditions Agone. Il s’agit du livre d’un journaliste catalan, Xavier Montanyà, intitulé « Les derniers exilés de Pinochet : des luttes clandestines à la transition démocratique ».

Au cœur de ce livre, se trouve la rocambolesque évasion en 1990 d’une quarantaine de prisonniers politiques de la prison centrale de Santiago du Chili via un tunnel de près de 100 mètres de long. On imagine sans peine ce que cette opération, appelée Exito, a dû coûter en sueur, en peur, en courage et en énergie. Une évasion qui n’est pas sans rappeler celle, spectaculaire et tragique, des prisonniers politiques basques de la prison de Ségovie en 1976.

En 1986, la dictature chilienne vacille. Elle est sous le coup de l’attentat perpétré par le Front patriotique Manuel-Rodriguez, structure politico-militaire communiste, sur la personne même d’Augusto Pinochet. Une répression féroce s’abat sur les militants révolutionnaires, avec son cortège de tortures et de liquidations physiques. Mais la découverte d’un arsenal militaire important, capable d’armer une guérilla conséquente, finit de convaincre les Etats-Unis qu’il y a urgence de neutraliser tout parti politique pouvant « prendre le pouvoir et mener à bien une politique d’initiative sociale plus égalitaire et équitable » que celle promue par les néo-libéraux, politique très bien présentée dans un livre récent du sociologue Rodrigo Contreras Osorio, /La dictature de Pinochet en perspective – Sociologie d’une révolution capitaliste et néo-conservatrice/ (L’Harmattan, 2007).

Dans ce Chili de la fin des années 1980, l’heure est donc aux tractations politiques et à la gestion de l’inévitable « transition démocratique ». Le démocrate-chrétien Patricio Aylwin, qui a soutenu le coup d’Etat de 1973 au nom de la restauration de l’ordre public, est élu lors du plébiscite de décembre 1989 grâce au soutien de la social-démocratie chilienne. Il est partisan d’un /modus vivendi/ avec les militaires et veut garantir à Pinochet et aux forces armées qu’ils ne seront pas poursuivis pour les crimes commis durant la dictature ; parallèlement il rejette toute idée d’amnistie pour les prisonniers politiques accusés de crimes de sang. C’est donc dans ce contexte particulier que les prisonniers du FPMR parviennent à s’enfuir de leur prison de haute-sécurité. Patricio Aylwin ne leur pardonnera pas de ne pas avoir attendu sagement que le nouvel ordre politique ne statue sur leur sort. Et aujourd’hui encore, entre cent et deux cents militants révolutionnaires chiliens vivent toujours en exil, contraints et forcés, puisque la justice démocratique n’a pas encore annulé les procédures engagées contre eux sous la dictature…
Christophe Patillon
Alternantes FM, 09/04/2009
Les fugitifs

Prisonniers politiques de la dictature Pinochet, ils se sont enfuis de la prison de Santiago en 1990 en creusant un tunnel. La plupart des 49 évadés sont encore clandestins au Chili ou exilés. Récit de leur incroyable épopée.

Il est 22h30 ce 29 janvier 1990 lorsque retentit le signal tant attendu. «Salmon !» Le mot de code annonçant que la voie est libre parcourt les 60 mètres de tunnel où sont couchés, l’un derrière l’autre, vingt-quatre hommes âgés d’une vingtaine d’années. Un à un, ils s’extirpent du trou, se débarrassent de leurs habits souillés et commencent à courir, par petits groupes et à petites foulées. Au coin de la rue, un bus, un colectivo comme il y en a tant dans la capitale chilienne, les attend. Ils montent, regardent s’éloigner l’ombre de la sinistre prison publique de Santiago où la dictature a, en 1987, regroupé les prisonniers politiques.
Enfin libres ! Les dix-huit mois passés à creuser un tunnel à l’insu des gardiens sont enfin récompensés. Ils apprendront le lendemain que vingt-cinq autres prisonniers les ont suivis. En tout, cette nuit-là, 49 détenus politiques se sont échappés de la prison. Sans tirer un coup de feu. Quinze ans après, la majorité des acteurs de cette spectaculaire évasion n’en a pas terminé avec la justice chilienne qui les considère encore comme des fugitifs. Certains vivent clandestinement au Chili. D’autres connaissent un exil sans fin dans les pays qui les ont accueillis à l’époque comme réfugiés politiques.

Quinze ans d’exil

En France, ils sont encore une dizaine. Et à l’heure où les Chiliens commencent enfin à régler leurs comptes avec la dictature, ils rêvent de pouvoir rentrer chez eux. «La dictature a duré dix-sept ans. Pour l’avoir combattue, j’ai été torturé, j’ai passé six ans en prison, je me suis évadé et je vis depuis quinze ans en exil, sans pouvoir retourner dans mon pays car j’y risque encore la prison. On a beau refaire les comptes dans tous les sens, cela ne peut-être ni juste ni légitime», s’exclame Francisco Peña, 44 ans, réfugié politique ici depuis 1990. Mêmes comptes pour German Alfaro, 44 ans, torturé, quatre ans de prison, quinze ans d’exil, et pour Lautaro Cruz, 49 ans, torturé, trois ans de prison, quinze ans d’exil. Tous trois ont monté une petite entreprise en bâtiment et travaillent sur des chantiers en région parisienne. Toujours ensemble. Chacun est le parrain des enfants des deux autres, certains nés au Chili, d’autres au cours de l’exil. La communauté chilienne parisienne tient lieu de famille. La vraie famille, elle, est restée là-bas. Quinze ans sans les voir, sans pouvoir assister ni aux mariages des uns, ni aux enterrements des parents. De silence, aussi.
Les langues se délient depuis la publication à Santiago, en novembre, du rapport de la commission Valech. Le gouvernement chilien a ainsi reconnu pour la première fois qu’au moins 35 000 personnes avaient été torturées sous la dictature de Pinochet. En vertu de la loi de réparation promulguée cet hiver, les victimes de la dictature recevront désormais 112 000 pesos (120 euros) par mois. C’est le cas de Francisco, de German et de Lautaro. Mais leur situation révèle les ambiguïtés du processus démocratique chilien : l’Etat les reconnaît comme victimes, mais s’ils retournent dans leur pays, ils peuvent être arrêtés et jugés. Très récemment, tous trois ont décidé de prendre un avocat au Chili pour tenter de régulariser leur situation. Ils savent que la procédure sera longue, mais le moment est venu de raconter cette ahurissante épopée qu’ils ont longtemps gardée pour eux.

Le plus spectaculaire attentat contre Pinochet

La plupart des 49 fugitifs appartenaient au Front patriotique Manuel-Rodriguez (FPMR), une organisation créée en janvier 1983, dissidente du Parti communiste et prônant, à un des moments les plus forts de la répression, la lutte armée. Le FPMR s’est fait remarquer à cette époque par des actions spectaculaires (occupations de médias, enlèvements) qui culminèrent, le 7 septembre 1986, par un incroyable attentat, baptisé «Operación Siglo XX», contre Pinochet qui ne devait échouer que de justesse. Les représailles déclenchées par le pouvoir avaient été sanglantes : l’état de siège avait été décrété et la plupart des militants du FPMR arrêtés ou tués.
Regroupés en 1987 dans la prison de Santiago, transformée pour l’occasion en «prison de haute sécurité», les militants du FPMR songent à s’évader du bunker. Seule solution: un tunnel qui devra passer sous la prison, profiter plus loin de la cavité existant entre le tunnel du métro construit par les Français et la chaussée, pour enfin terminer de l’autre côté de la rue, au pied de la station Mapocho, derrière un mur abrité du regard des gardes, mais situé à un pâté de maisons d’un des sièges de la CNI (Central Nacional de Inteligencia, la police politique).
Dans la galerie 7/8 de la prison, ils sont d’abord quatre ­ dont German Alfaro ­ à échafauder les plans. Premier casse-tête : que faire de la terre et des gravats ? Les prisonniers se rendent compte qu’ils peuvent exploiter les combles entre le toit de zinc de la prison et le plafond des cellules: en étalant la terre, tous les gravats devraient tenir, mais il faudra travailler à plat ventre sous des tuiles de zinc qui, en été, dégagent une chaleur de plus de 50 °C… Pour camoufler l’ouverture, ils fabriquent une sorte de bloc de plâtre, avec de la chaux… et des oeufs, récupérés en cantinant. Dès lors, le creusement du tunnel peut commencer. Dans la cellule du rez-de-chaussée, l’entrée du tunnel est camouflée. Dans la cellule du premier étage, on évacue les gravats. Entre les deux, il y a encore un mini-tunnel par lequel on passe la terre préalablement entassée dans des jambes de pantalon transformées en sac. «Qu’est-ce qu’on a piqué comme blue-jeans», se souviennent-ils en riant aujourd’hui.

Exclus de l’amnistie

La victoire du non au référendum d’octobre 19881 déclenche de vastes discussions. Personne n’y croyait et voilà que les Chiliens ont décidé de ne pas reconduire Pinochet à la tête de l’Etat. Des élections sont prévues un an après. Est-ce vraiment la fin de la dictature et l’avènement de la démocratie ? «Nous continuions à travailler dans le tunnel tout en observant le changement», se souvient Francisco. Les partis politiques qui forment alors la «Concertation» décident que les prisonniers politiques arrêtés en vertu de la loi antiterroriste seront exclus de toute amnistie. La plupart des prisonniers du FPMR sont dans ce cas. Dans la galerie 7/8 de la prison de Santiago, décision est donc prise de continuer à creuser. Cela n’avance pas vite. D’autres prisonniers sont mis dans le secret. Certains n’y croient même pas. Même la direction du FPMR, contactée à l’extérieur, n’y prête guère attention, jusqu’au jour où un détenu remis en liberté leur apporte une poignée de terre en guise de preuve…
A la fourchette, à la cuillère, avec ce qui leur tombe sous la main, ils sont bientôt dix-neuf à travailler jour et nuit, selon une discipline toute militaire. 420 bouteilles en plastique sont récupérées pour le tuyau d’aération. Le tunnel est consolidé, électrifié. Il fait 60 cm de diamètre, mais comprend quelques ouvertures plus larges, éclairées, où l’on peut se retourner. Les futurs évadés vivent au rythme des 3×8. Les grandes peurs ne manquent pas : mini tremblement de terre, effondrement du tunnel, fouilles un peu corsées… Sous les combles, l’été, les hommes se déshydratent. Dans le tunnel, l’air est rare. Un jour, les détenus tombent sur des ossements, un charnier et… des pelles !
Le 14 décembre 1989, le démocrate chrétien Patricio Alwyn est élu président de la République. Il doit prendre ses fonctions en mars, mais annonce déjà que les prisonniers politiques accusés de «crimes de sang» ne seront pas amnistiés. Et puis, surtout, Augusto Pinochet reste commandant en chef des armées…
Ce samedi 27 janvier 1990 est jour de visites. Il est convenu d’injecter de la peinture verte à l’extrémité du tunnel. Un contact extérieur pourra ainsi vérifier sa position. Il manque encore quelques mètres. Le grand jour est donc reporté au lundi. A 21 heures, un premier groupe, avec German Alfaro et Francisco Peña, prend place dans le tunnel. A 22h30, vingt-quatre personnes sont à plat ventre dans le tunnel. Pas un de plus, question de sécurité. Les longues observations des camarades à l’extérieur ont montré que des groupes d’officiers de la CNI ont l’habitude de faire un jogging certains soirs. Les détenus en fuite vont donc les imiter pour ne pas attirer l’attention des gardes postés sur le mirador. C’est comme ça qu’ils se font la belle.

«Je retourne chercher les autres»

Pendant ce temps, dans la prison, la rumeur de la disparition des 24 court les galeries. «Nous qui avions toujours pensé qu’il était impossible de faire un tunnel, nous nous sommes mis à chercher le trou», raconte aujourd’hui dans son appartement de la banlieue parisienne Juan Carlos Cancino, 45 ans, autre militant du FPMR arrêté en septembre 1987. Il sera du second groupe d’hommes qui profitent de l’aubaine, comme Lautaro Cruz et Jorge Angulo. Ce dernier, 45 ans, plombier et réfugié en France depuis treize ans, est le premier à y aller voir : «Il est 23h40, je m’enfonce dans le tunnel, il n’y a pas de lumière, je ne sais pas s’il y a des pièges, ni où il mène, j’arrive au bout, je suis obligé de sortir pour faire demi-tour, je pourrais m’en aller seul mais je retourne chercher les autres…» Comme d’autres, il est accusé d’avoir participé à l’attentat contre Pinochet du 7 septembre 1986. Dans la galerie, chacun se prépare. Les détenus aux peines les plus lourdes partent en premier, sans avoir préparé leur fuite, sans savoir où aller. Certains ne connaissent même pas Santiago ! Quand l’alerte est donnée, vers 3 heures du matin, 49 détenus ont réussi à se faire la belle. Six seront repris.
Après un an de cavale et de clandestinité, Raúl Blanchet, aujourd’hui journaliste à Santiago, a réussi à faire classer son cas par la justice : «Je suis sorti de la clandestinité mais j’ai perdu à perpétuité mes droits civils : je ne peux pas voter, je ne peux pas travailler dans la fonction publique. La plupart d’entre nous n’ont que le droit de survivre.»
«Il n’a jamais été possible de trouver une solution légale collective, souligne l’avocat Alberto Espinosa, contacté à Santiago. Il faut gérer chaque cas de manière individuelle. Pour la justice, les mandats d’arrêt sont valides. Le comble, c’est que la justice militaire est encore en vigueur et peut se permettre de juger des civils!» Les accusations portées à leur encontre sont graves : association illicite, enlèvement, meurtres de carabiniers. Toutes les déclarations qu’ils ont faites à l’époque de leur arrestation avaient été recueillies sous la torture. Elles les suivent encore aujourd’hui. «On parle beaucoup des droits de l’homme, mais nous, c’est un peu comme si nous ne pouvions pas exister», conclut Juan Cancino.

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1 Avec 54,71 % des suffrages.

Anne Proenza
Libération, 08/02/2005
Le dimanche 24 mai 2009    Montpellier (34)
Résistance et lutte armée en régime dictatorial : de l'Espagne à l'Amérique du sud

dans le cadre de la Comédie du livre

15h30. Auditorium du musée Fabre – Esplanade

Autour des livres de :
Jann-Marc Rouillan, De mémoire (2)
Xavier Montanyà, Les Derniers Exilés de Pinochet
Miguel Benasayag et Angélique del Rey, L’Eloge du conflit

Avec :

Jean-Jacques Gandini (médiateur), Thierry Discepolo (édition Agone), Jacques Garcin (ancien militant des “Groupes Autonomes Libertaires”), Miguel Benasayag (écrivain, philosophe, psychanalyste) et Angélique del Rey (philosophe).

Le samedi 11 avril 2009    Marseille 01 (13)
Les Derniers Exilés de Pinochet

Rencontre avec Xavier Montanyà autour de Les derniers exilés de Pinochet.
Organisée avec le soutien de l’institut Ramon Llull (Barcelone)

18h. Médiathèque Mille babords, 61 rue Consolat

Informations : 04 91 50 76 04
www.millebabords.org

Le vendredi 10 avril 2009    Aix en provence (13)
Les Derniers Exilés de Pinochet

Rencontre avec Xavier Montanyà autour du livre Les derniers exilés de Pinochet,
avec la participation de Jac Forton (auteur de L’affaire Pinochet)

Organisée avec le soutien du département des Études latinoamericaines et du Comite Chili-Amérique Latine et de l’institut Ramon Llull (Barcelone)

18h30. Faculté de lettres amphi I, 29 avenue Robert Schuman

www.comitechiliamlatine.free.fr

Le jeudi 9 avril 2009    Grenoble (38)
Les Derniers Exilés de Pinochet

Rencontre avec Xavier Montanyà autour de Les derniers exilés de Pinochet.
organisée avec le soutien de l’institut Ramon Llull (Barcelone)

20h. Librairie Antigone, 22 rue des violettes
Tram C, arrêts “Vallier-Catane” ou “Dr Calmette”

Informations : 04 76 99 93 23
antigone@ouvaton.org
www.bibliothequeantigone.org

Le mercredi 8 avril 2009    Ivry sur Seine (94)
Les Derniers Exilés de Pinochet

Rencontre autour du livre Les derniers exilés de Pinochet
organisée avec le soutien de l’institut Ramon Llull (Barcelone)

En présence de l’auteur Xavier Montanyà et d’ex-militants du FPMR, acteurs de l’évasion

Suivi d’un petit concert de Nancy Torrealba, auteur-compositeur chilienne

20h. Théâtre Aleph, 30 rue Christophe Colomb
(Métro 7 arrêt Curie ou RER C Ivry – train Mona ou Romi)

Informations : 01 46 70 56 85
www.theatrealeph.com

Le dimanche 15 mars 2009    Pessac (33)
Autour de « Les Derniers Exilés de Pinochet »

Dans le cadre des des Rencontres du Cinéma Latino-Américain,
Rencontre organisée avec France-Chili-Aquitaine, France-Amérique-Latine et la librairie La Machine à Lire

En présence de Raphaël Monnard (Editions Agone), Juan Carlos Cancino et Jorge Angulo (ex-militants du FPMR et acteurs de l’évasion), et Ivan Quezada (France-Chili-Aquitaine)

15h. Cinéma Jean Eustache (salle Jacques Ellul), 1 rue des Poilus

Informations : 05 56 85 27 35
franceameriquelatine@free.fr
www.fal33.org

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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net
Graphisme : T–D