Dans la collection « Mémoires sociales »

 
couverture
Jann-Marc Rouillan
Lettre à Jules
suivi de Les voyages extraordinaires des enfants de l’Extérieur & Chroniques carcérales

Parution : 17/02/2004

ISBN : 2748900197

Format papier
112 pages (12 x 21 cm) 12.00 €
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Quand les Chroniques tendent le miroir de l’enfermement aux Français libres, Les Voyages des enfants de l’Extérieur reviennent sur des vies de lutte contre le fascisme espagnol ; et la lettre au Jules de la bande à Bonnot se déroule comme un retour sur l’ordre social dominant et ses ennemis.

Né en 1952 à Auch, Jean-Marc Rouillan a été incarcéré de 1987 à 2011 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Il est vit aujourd’hui en liberté conditionnelle et travaille entre le sud de la France et le Venezuela. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages, il a notamment publié chez Agone La Part des loups (2005), Chroniques carcérales (2008), De Mémoire I, II, III (2007, 2009, 2011). Dernier livre paru, la réédition de son premier, Je hais les matins (2015).

« Depuis le temps que je dois t’écrire ! Les jours passent, les années de même… L’existence rebelle est aventureuse mais tout autant dilettante, tu sais ce que c’est… Pourtant, tôt ou tard, le vœu d’un gamin qui n’a pas encore tracé son cap finit par regagner le rivage. Et maintenant que je suis un prisonnier à vie, pour passer mon temps – puisque la raison d’être des punis est d’égrener le triste rosaire des réclusionnaires – je noircis des pages que l’on dit littéraires. Et figure-toi qu’un camarade m’a passé commande d’un texte sur un vieux de la vieille comme toi. L’occasion fit le larron et j’ai pris mon crayon.
Dans les salons protestataires, où l’on s’affuble de trop large, étiquettes qui traînent jusqu’à terre comme de vieux oripeaux, presque des serpillières à force de balayer le caniveau, on a toujours préféré les révolutionnaires des temps jadis. Ou alors ceux d’autres continents, loin au-delà des mers dans des sierras tropicales sud-américaines. Les tartuffes se déguisent pour ne pas avoir à épauler ceux d’ici, pour ne rien risquer jamais et esquiver les questions sur leur propre renoncement, leur perfide trahison qui se distille pareille au quotidien poison. »
Dossier de presse
Le dernier desperado libertaire H. F. Courant alternatif, 07-09/2004
Offensive n°3, été 2004
Dedans dehors <em>(OIP, section française)</em>, 05-06/2004
Paco Le Libertaire, 04/2004
L’oubli des enfermés Catherine Vieu-Charier L’Humanité, 24/02/2004
Le dernier desperado libertaire
« Dans les salons protestataires, […] on a toujours préféré les révolutionnaires des temps jadis, ou alors ceux d’autres continents. Loin au-delà des mers dans des sierras tropicales sud-américaines. » Jann-Marc Rouillan, membre d’Action directe, incarcéré depuis 17 ans n’est sans doute pas assez mort, exotique ou photogénique pour figurer dans ce panthéon. Mais de par ses écrits, cela ne saurait tarder ; dans la patrie de l’écrivain culte sa rédemption littéraire se confirme. « Je trempe ma plume comme on charge son revolver. » À son habitude, il la trempe dans son sang pour adresser à Jules, le mythique Bonnot du siècle passé, une lettre et des chroniques carcérales. Sept chapitres envoyés par ceux qui sont dedans à ceux qui sont dehors. Réminiscence de sa jeunesse militante, quand il allait et venait du pays de l’Extérieur, la France, au pays de l’Intérieur, l’Espagne. Né orphelin d’une révolution vaincue, l’auteur n’a jamais su se résigner : « Impossible de comprendre le quotidien sans le refuser, impossible de le connaître jusqu’au bout sans lutter pour le transformer. » La lutte sera armée car, « sans acte, le mot n’est rien ». La dictature franquiste, l’armée et le patronat français y laisseront quelques pions, vite remplacés. Notre terroriste – il paraît que tout résistant à l’oppression en est un – ne goûte que brièvement à la vie légale, quelques mois entre deux amnisties « pour visiter le pays des gens qui n’ont qu’une seule carte d’identité ».
Ce livre mêle violences et humiliations du quotidien carcéral aux souvenirs des équipées à risques contre les sbires de Franco. Y revivent les fantômes des aînés et compagnons abattus, « ceux qui ont tiré le numéro “pas de procès” » : Caraquemada, Sabaté, Facerias. Les suppliciés dans les règles, tels Granado et Delgado ou Puig Antich, l’ami garrotté à 24 ans le 7 janvier 1973. Peu nombreux sont les rescapés ou les assagis devenus respectueux de l’ordre. Un ramollissement qui ne menace guère le héros du livre. Si hors les murs la société de consommation a passé les citoyens à la machine à essorer les tripes, le condamné à perpétuité pourrissant dans les « éliminatoriums de la République » voit sa rage retrempée chaque jour. La servitude, l’exploitation ou la mort – « un surveillant peut tuer quelqu’un d’une balle dans le dos sans que jamais un juge ose lever le petit doigt » – ne lui permettent pas de s’assoupir, oscillant entre la lucidité quant à l’autre forme de non-vie qui l’attend après, sa colère contre ceux qui consolident avec leurs bras ce que leur cerveau veut détruire ; les tartuffes qui « se déguisent pour ne pas avoir à épauler ceux d’ici, pour ne rien risquer jamais et esquiver les questions sur leur propre renoncement et ses illusions de poète ». « Avant la fin de l’année, une étincelle mettra le feu à la plaine de mes espérances et les milliers d’esclaves de cette société cannibale se révolteront. » L’illégaliste Rouillan s’avère surtout coupable de s’être trompé de lieu et de temps. Quel changement possible dans un système qui a pour garde prétorienne les classes moyennes et où un habitant sur quatre appartient à l’Etat ?
Pendant qu’il reprenait les armes tombées des mains des combattants de 1936, sur un terreau d’injustice et de misère un peu plus oriental naissait une autre révolution. Plus politique que religieuse contrairement aux balivernes propagées par les voies officielles.
Défiant un empire qui prétend imposer par le pillage et le meurtre son totalitarisme consumériste à la planète, elle tient, même si ce n’est pas la nôtre, la dernière barricade.
Les rouges et noirs repliés sur leur légende, personne n’a appris aux « gremlins », les petits délinquants des cités emprisonnés avec Rouillan, à lire Bakounine ou Malatesta. Ils ne connaissent pas Alexandre Jacob ni même la bande à Bonnot. Mais par instinct de révolte juste ils savent qu’aujourd’hui Durruti est emprisonné à Guantanamo et que Louise Michel vit avec les féministes révolutionnaires afghanes.
H. F.
Courant alternatif, 07-09/2004
Le livre commence par un hommage au révolutionnaire du début du siècle Jules Bonnot. Militant d’Action directe, incarcéré depuis 1987, Jann-Marc Rouillan décrit l’histoire révolutionnaire dans laquelle il s’inscrit. Le livre se poursuit dans le maquis espagnol. Voilà qui fera grincer des dents de ceux pour qui : « la lutte armée est d’une autre époque » et qui préfèrent comme le dit l’auteur « les révolutionnaires des temps jadis ».
Offensive n°3, été 2004
Face à ceux qui espèrent des paroles de repentir, Jann-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, préfère placer son nouvel ouvrage sous le patronage de Jules Bonnot, chef célèbre et tragique de la terrible bande, mort en 1912. Comme lui, il proclame haut et fort son appartenance indéfectible « au camp de la mutinerie ». Le livre s’achève par sept chroniques carcérales qui, d’un ton sec, projettent une lumière crue sur le fonctionnement du système pénitentiaire français. Jann-Marc Rouillan ironise sur la création d’un secrétariat d’État « aux Choses prisonnières » (Pierre Bédier, secrétaire d’État aux Programmes immobiliers de la justice dans le second gouvernement Raffarin), avant de dénoncer les « éliminatoriums de la République » que deviennent les prisons lorsque la justice s’obstine à ne pas laisser en sortir des malades en fin de vie. Une petite annonce, tristement parodique, dit les contraintes qui rendent illusoire l’espoir de trouver un emploi à l’extérieur. Mieux que de plus longs discours, elle montre comment une condition carcérale suspendue à de multiples décisions administratives, qui peuvent bloquer toute chance de sortie et conduire au découragement. L’auteur exprime enfin sa peur de voir les jeunes de banlieue, incarcérés par suite de promotion de la tolérance zéro, évoluer vers une délinquance « bien plus dure » et devenir une « génération perdue ». Chacun jugera à sa guise le sentiment de révolte que les années de détention n’ont pas entamé. Au-delà, ces chroniques rappellent avec lucidité combien la prison abîme ceux qui y passent, nourrit la colère ou épuise la volonté de ceux qui voudraient bien « larguer les amarres », mais dont « les pieds sont coulés dans le ciment des quais ».
Dedans dehors <em>(OIP, section française)</em>, 05-06/2004
Jules, c’est celui de la célèbre « bande ». Dernier domicile connu : garage automobile, rue Jules-Vallès 94600 Choisy-le-Roi. La police a en effet dynamité Bonnot dans une planque située entre les rues Vallès, Bakounine et Louise-Michel… C’était en 1912. Autant dire que Jann-Marc Rouillan a peu de chance de voir son courrier aboutir. Et pourtant. Malgré le temps passé entre des époques séparées par deux guerres mondiales et pas mal de péripéties, on jurerait que les deux compères furent copains comme larrons en foire. Accompagné par quelques vers de Léo Ferré, Rouillan revient sur des souvenirs sans âge. Des souvenirs de révoltés qui transcendent les siècles. Des souvenirs de mutins qui rappellent que la guerre sociale se moque des ans et des frontières.
Jann-Marc Rouillan s’arrête sur les années espagnoles, celles du MIL, de la CNT, de la lutte antifranquiste, des attaques de banques pour financer la résistance… Comme des alchimistes, les guérilleros changeaient le pognon en blé. Les récoltes étaient plutôt bonnes. Avant de repartir à bord de leur Renault 8 bleu pétrole (adieu les De-Dion-Bouton), ils arrachaient les portraits du Généralissime pour les piétiner. Franco la muerte, basta !

Espagne toujours avec le second texte de l’ouvrage. Les voyages extraordinaires des enfants de l’Extérieur a été écrit l’été dernier pour la CNT du Gard à l’occasion de la commémoration de l’exécution de Joaquin Delgado et Francisco Granado, deux militants cénétistes garrottés le 17 août 1963 après un procès truqué (voir Le Garrot pour deux innocents, éd. CNT-RP). Outre les « Sacco et Vanzetti » espagnols, de nombreux morts hantent les pages.

Pour finir, provisoirement, Rouillan nous livre des Chroniques carcérales. Certains les auront déjà lues dans L’Envolée ou sur Internet. Avec cette partie, nous revenons sèchement à une autre brutalité. Celle des prisons françaises d’aujourd’hui, véritables « éliminatoriums ». Sans concession (sauf « aux vieux cons de l’Académie et à leurs flicaillons des corrections »), Rouillan passe en revue l’exploitation carcérale, la peine de mort lente infligée aux malades et aux détenus âgés, les réformes sécuritaires qui font la guerre aux jeunes et aux pauvres. Il y en a pour tout le monde. Politiciens, médias, matons, éducateurs…

Même si le parcours des illégalistes de toutes tendances, de Bonnot à Rouillan, a peu de résonance avec l’actualité du mouvement libertaire, soulignons que Lettre à Jules est tout simplement un superbe livre. Sans aigreur militante pesante, sans langue de bois ni slogans stéréotypés, nous ne sommes pas dans le régistre « livre de taulard ». Rouillan n’aimerait peut-être pas qu’on le traite d’écrivain. Nous savons lire le fond mais cela ne nous empêche pas d’être frappés par la forme. Dans un style puissant, Rouillan nous titille les méninges et les tripes. Des virées avec son ami Salvador Puig Antich (anarchiste espagnol garrotté en 1974) au statut de prisonnier surexploité qui coud des uniformes de maton, que de heurts et de malheurs. Malicieusement, celui qui changea plusieurs fois de noms a encore la force de nous envoyer l’air d’un « Ça ira » qui rappelle la chute d’une prison réputée imprenable…
Paco
Le Libertaire, 04/2004
L’oubli des enfermés
Jann-Marc Rouillan signe un quatrième livre. Il s’agit plus exactement d’un recueil d’essais qui ont pour fil rouge, dans des mondes et des espaces très différents, la révolte. Il faut d’abord rappeler qui est Jann-Marc Rouillan, l’originalité de son œuvre et de son contexte. L’ancien leader du groupe terroriste Action directe a été condamné à la prison à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans pour les meurtres revendiqués par le groupe du général Audran et du PDG de Renault, Georges Besse. Incarcéré depuis dix-sept ans, il a toujours refusé de faire l’analyse politique de la période d’Action directe, de revenir sur les actes et sur les conséquences de ces actes qui ont conduit deux hommes à la mort violente et son groupe à la prison.

Après Le Roman du Glück, Paul des Épinettes et Je hais les matins, il nous parle de l’enfermement, de la prison, de la révolte, mais, comme le soulignait l’écrivain Martin Winckler dans la préface de Je hais les matins, ce ne sont pas des « livres-de-prisonnier ». Il s’agit bien de littérature, et ce qui frappe chez cet écrivain « empêché », à l’instar des étudiants détenus dits « empêchés », comme les nomme la Faculté, c’est la fulgurance du style, la force des mots et la poésie de l’écriture. La brutalité du monde, Rouillan nous la révèle sans concession, et la travaille avec une volonté brûlante de révolte, mais aussi de tendresse, qui emmène parfois le lecteur dans l’émotion pure.

Lettre à Jules, le premier essai, est la missive imaginaire de l’auteur à Jules Bonnot, chef célèbre de la fameuse et terrible bande qui mêla activités politiques et attaques à main armée avant de mourir, dynamité par la police, dans une planque de Choisy-le-Roi.
C’est donc la lettre imaginaire d’un insoumis à un autre insoumis par-delà le temps et l’histoire, récit d’un compagnonnage de ceux qui appartiendraient au même camp : « Celui de la mutinerie contre la dictature des bourgeois. » Mais ce que raconte Rouillan, c’est lui-même, sa propre histoire et pourquoi, un jour, il a basculé dans le monde dangereux de ceux qui entendent dire non à tout, quel qu’en soit le prix, celui de la vie ou de la liberté.
Qui pouvait mieux que Jules, l’anarchiste braqueur, comprendre les trente-six années d’activités clandestines et de prison de l’auteur ?
Dans une langue éclatante d’images, Rouillan interpelle Bonnot en tressant leurs histoires comparées jusqu’à leurs chutes respectives, et scelle un pacte de retrouvailles après la mort, dans un bastringue du vieux Barrio Chino de Barcelone.

Le rendez-vous n’est pas anodin, et nous invite à la deuxième partie du livre, Les Voyages extraordinaires des enfants de l’Extérieur, qui se passent précisément dans la capitale catalane. Ce texte écrit pour la commémoration de l’exécution de Granado et Delgado, anarchistes espagnols garrottés sur ordre de Franco en 1963, nous ramène à ce que dit l’auteur sur la genèse de son positionnement politique : à savoir, la lutte contre le régime franquiste des années soixante-dix.
La fascination de Rouillan pour l’Espagne antifranquiste fidèle aux républicains laisse entrevoir une explication de la vie que s’est choisie l’auteur. Il fut un ami personnel de Salvador Puig Antich, dernier condamné au garrot, et l’exécution du militant, malgré une mobilisation internationale de grande ampleur et la demande de grâce du pape en personne, marqua, selon ses dires, un tournant décisif de sa vie politique.
Dans Les Voyages, Rouillan décrit de façon onirique et passionnée, un monde disparu de pierre et de poudre, empreint d’une nostalgie douloureuse. C’est l’évocation d’une sorte d’Atlantide des combats révolutionnaires où les mythes flamboyants rejoignent des réalités perdues.
La tragédie et l’impasse des choix politiques de Jann-Marc Rouillan trouvent en partie leurs origines dans cette période de l’histoire de l’Espagne.

La prison vient donc en point d’orgue de l’ouvrage et de cette vie, nous conduisant à la description de la condition actuelle de l’auteur, et à ce qui fait le caractère exceptionnel de chacun de ses livres. Rouillan est un prisonnier. Il se nomme : prisonnier à vie, perpète ; il dit aussi prisonnier politique. Et même s’il ne fait pas de « livres-de-prisonnier », sa condition de détenu est le prisme inévitable de son écriture et de sa lecture.

Ces sept chroniques entrent dans le vif de ce sujet là. Elles abordent en sept points, suivant les jours de la semaine et comme les sept jours de la création, un univers inconnu et terrifiant qui s’appelle : le pays des prisons. L’analyse de la condition carcérale que constituent ces chroniques est un plaidoyer politique d’une grande qualité contre l’enfermement et l’anéantissement. D’une écriture pointue et juste, Rouillan fait un descriptif implacable des problématiques carcérales. L’arbitraire, le néant, la maladie, le travail, l’espoir fou, les mineurs, la condition humaine sont autant de sujets déclinés, qui viennent en miroir donner matière vive aux rapports parlementaires des députés et sénateurs, et d’associations comme l’Observatoire international des prisons et l’Association française de criminologie.
La prison dite et racontée du dedans. Son analyse sèche et forte bouscule le lecteur. Rouillan fait là un travail de journaliste et de témoin d’une singulière espèce, s’attachant à décrire avec précision la détention et ses misérables conséquences. L’éloquence des chroniques carcérales plaide contre l’oubli des enfermés et plus que tout pour une dignité revendiquée qui est toujours déniée en prison.
En chaque prisonnier, il y a une femme, il y a un homme. C’est ce que décrit l’auteur qui, en nous renseignant sur les silhouettes fantomatiques des relégués, parqués au ban de notre société, les transporte, le temps d’un livre, au beau milieu de l’humanité.
Catherine Vieu-Charier
L’Humanité, 24/02/2004
Le samedi 2 juin 2007    SARRANT (32)
Rencontre avec Nicolas Grondin (éditions de l'Arganier)

autour des livres de Jann-Marc Rouillan
20h30. Librairie-Tartinerie Des livres et vous, Place de l’église
Tél : 05 62 65 09 51 / info@lires.org
www.lires.org

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