couverture
Agone 38 et 39
« Villes et résistances sociales »

Parution : 23/05/2008

ISBN : 9782748900712

Format papier
320 pages (15 x 21 cm) 30.00 €
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Coordination Benoît Eugène
avec 1 DVD : Art Security Service, Bernard Mulliez (1h29) et Les Indésirables, Patrick Taliercio (1h13)

« Lorsque l’Europe sera posée comme entité politico-économique, elle pourra alors décider de gestes forts. On démolira alors (sans regret) nos bâtiments actuels devenus, entre-temps, probablement totalement obsolètes. Une telle évolution sera sans doute radicale mais elle répondra d’un autre besoin de développement.
Les pelleteuses d’aujourd’hui et de demain auront remplacé les incendies, les tremblements de terre ou les guerres de jadis. »

Michel Jaspers, architecte urbaniste

> Pour en savoir plus
1. Sur les partenariats privé-public en général, le site www.scfp.ca
2. Le projet du CHUQ en PPP dénoncé par des chercheurs (17/06/2008)
3. Extraits du film de Patrick Talierco Les Indésirables :
La Rue de la République : histoire d’un pari social et immobilier jamais abouti, toujours recommencé
Abus et dérive de la rénovation urbaine à Marseille

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English notice

including 1 DVD: Art Security Service, by Bernard Mulliez (1h29) and Les Indésirables, by Patrick Taliercio (1h13)

Gentrification has turned into a global project of social cleaning. In Brussels, Bangalore, Ougadougou, Marseilles, Beijing the local elites are legitimating a war against the poors in the name of progress, economic development and global economy. Real estate may then take over (and destroy) the cities hiding behind the ideological mist of sustainable development, citizenship and even art.



SOMMAIRE

Éditorial : « La parabole de Gino », Benoît Eugène

« Naissance du promoteur », Louis Chevalier
C’est généralement en fin de réunion, et comme si l’heure de la récréation avait déjà sonné, que tel ou tel s’enhardit à proposer un étonnant projet. En s’excusant, en bredouillant, en parlant dans sa barbe, en faisant celui qui ne sait où se mettre. Je vois encore un architecte, si l’on peut employer ce mot divin pour qui n’évoquait pas Eupalinos, avancer une chose innommable, un peu comme un gros bébé malpropre qui ne sait comment dire à son papa, à sa maman, à l’assistance, qu’il a fait un gros besoin dans sa culotte.

« Le paysage contemporain de la ville de Marseille. Aux origines de l’avant-dernière destruction (1960–2005) », Alèssi Dell’Umbria
Les spécialistes n’ont cessé de se répandre sur le « malaise des banlieues », mais certaines évidences ont continué de leur échapper : à commencer par le fait que l’urbanisme rendait impossible l’appropriation de l’espace par ses habitants. À Marseille, l’achèvement des grands programmes de construction HLM coïncida avec la crise industrialo-portuaire et la montée consécutive du chômage au sein de la population ouvrière, en particulier des jeunes. Ceux-ci eurent tout le temps de réaliser l’extrême hostilité du nouvel environnement.

« La volonté de non-savoir », Jean-Pierre Garnier
Dans le milieu de la recherche urbaine comme ailleurs, les vastes systèmes d’interprétation échafaudés dans l’intention de « comprendre le monde pour le transformer » ont cédé la place à des « paradigmes locaux » où le descriptif succédait au prescriptif. En fait, sous couvert de « démarche plus compréhensive qu’explicative », l’esprit critique sera peu à peu évincé au profit d’une apologie plus ou moins subtile de l’ordre des choses.

« Comment la gentrification est devenue, de phénomène marginal, un projet politique global », Mathieu Van Criekingen
À la faveur du tournant néolibéral des années 1980, la gentrification s’est hissée au rang de projet politique et de vision normative du futur de la ville que gouvernements urbains et « partenaires » privés s’activent à mettre en œuvre. Pas plus les agglomérations de vieille industrie lourde telles Manchester, Bilbao ou Liverpool que des villes régionales telles Lyon, Malmö, Ljubljana ou Leipzig n’échappent aujourd’hui au phénomène.

Un « déguerpissement » exemplaire à Ouaga (Burkina Faso), Patrick Taliercio
En Afrique, les délogements forcés sont quotidiens. On parle de « déguerpissements »
Les gouvernements africains n’ont pas totalement inventé cet usage du bulldozer, lancé à l’assaut des maisons en banco sans aucun préavis. Les premiers à procéder de la sorte sur le continent furent sans doute les coloniaux français du Sénégal en 1914.

Revitaliser la ville indienne. Milieux d’affaires, société civile & politiques anti-pauvres, Solomon Benjamin
Un « modéré » considérerait aujourd’hui que les ONG ont simplement été cooptées par le système, mais une perspective plus radicale autorise à penser que les ONG d’élite constituent aujourd’hui l’un des acteurs principaux du contrôle des groupes les plus pauvres. Et il faut bien reconnaître que, sur les causes les plus structurantes de la pauvreté, l’influence des ONG est devenue quasi nulle

Les jeux Olympiques, médaille d’or des expulsions, Center on Housing Rights & Evictions
Depuis maintenant des décennies, les grandes manifestations internationales ont des impacts communs. Des milliers de personnes sont déplacées et victimes d’expulsions pour la seule nécessité de libérer les sites d’événements internationaux petits ou grands. Les expulsions indirectes sont aussi monnaie courante, dues à l’augmentation des prix et à la diminution des stocks de logements sociaux ou bon marché.

Les mirages du partenariat public-privé. Le cas des municipalités au Québec, Pierre J. Hamel
Contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire, les partenariats public-privé (PPP) ne sont pas une panacée, un médicament miracle qui permettrait de solutionner tous les problèmes, partout et toujours. Plus particulièrement dans le cas des municipalités, les PPP n’offrent pas de solution magique au réel problème de financement de leurs infrastructures.

L’international sera le genre humain. Une expérience de planification néolibérale au quartier Midi (Bruxelles), Benoît Eugène
La création d’agences publiques de développement échappant au contrôle démocratique et ouvertes aux « partenaires privés » permet de « dépolitiser » les questions d’aménagement urbain en éloignant le plus possible les prises de décision du niveau local et en les soustrayant au regard des citoyens. En échappant bien souvent à tout contrôle, elle permet d’allier les charmes de la spéculation à ceux de l’autoritarisme de la planification publique.

« Ce ne sont que les émanations toxiques de la cerfelle d’un prof ! », Borislav Pekic
Sodome et Gomorrhe ? Oui, évidemment. Comment notre ville ne serait-elle pas Sodome et Gomorrhe quand elle est livrée à des spéculateurs qui cherchent à tirer parti de tout, même des projets visant au bien de la nation ?

Art Security Service, un film de Bernard Mulliez
Au printemps 2005, le promoteur immobilier Robelco frappe les trois coups médiatiques d’un projet de « revitalisation » des galeries Ravenstein à Bruxelles en y accueillant des galeries d’art. Véritable épure des méthodes de gentrification, le film retourne également les armes de l’art contemporain contre son instrumentalisation pour délégitimer les classes populaires.

Les Indésirables, un film de Patrick Taliercio
À Marseille, la rue de la République est un projet immobilier remontant au xixe siècle. Conçus pour une clientèle bourgeoise, les appartements n’ont jamais su attirer la clientèle visée. C’est à cette « anomalie urbaine » qu’entendent remédier les promoteurs de la société Marseille-République, soutenus par les pouvoirs publics et sous l’égide du fonds d’investissement américain Lone Star.



HISTOIRE RADICALE

« Souvenirs », Pierre Monatte – Précédé de Pierre Monatte & le congrès d’Amiens, par Miguel Chueca

« Le Centre américain de secours après le départ de Varian Fry », Daniel Bénédite



LA LEÇON DES CHOSES

« Le besoin de croyance et le besoin de vérité », Jacques Bouveresse
« Le rêve de Bismarck » (novembre 1870), Jean Baudry alias Arthur Rimbaud, précédé de Un inédit d’Arthur Rimbaud en jeune patriote ?, présentation et découverte par Patrick Taliercio

Dossier de presse
SUR LES ONDES
Thierry Pouch L'Homme et la Société , n°170-171, mars 2009
Souvenirs sur Amiens Pelloutier.net, 12/12/2008
Anne Latendresse À Babord !, décembre 2008
L’écologiste, été 2008
Noël Godin Le journal du mardi n°347, août 2008
Mais où s’en va donc la recherche urbaine ? Marc Dumont Revue EspacesTemps.net, 27/05/2008
SUR LES ONDES

Radio Grenouille et Tasbaco video – dans le cadre du festival de théâtre forain Les Tréteaux du Panier, plateau télé participatif « Le Panier, circuit fermé ? Quelles vocations et quels usages des places publiques ? Lieux de passage ou lieux de vie ? », avec Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone) et Alessi Dell’Umbria (auteur), à écouter et à regarder (12 juin 2008)

Radio Grenouille« La culture au service de la gentrification », entretien avec Benoit Eugène, rédacteur en chef de la revue Agone et Bernard Mulliez, réalisateur du film Art security service, à écouter ici (juin 2008)

Ce volumineux numéro de la revue Agone est consacré aux « Villes et résistances sociales ». Numéro épais et riche, au sein duquel il nous a fallu sélectionner les articles afin de ne pas alourdir cette Revue des revues. Le sujet s’imposait pour au moins deux raisons. La première a trait au fait que désormais, plus d’un habitant sur deux dans le monde habite dans une ville, l’urbanisation étant régulièrement du même coup inscrite dans les programmes de recherches en démographie et en géographie, car elle soulève nombre de problématiques liées notamment au logement, à l’organisation et à l’usage de l’espace urbain, au travail, à l’approvisionnement alimentaire des villes, ou aux rapports/conflits entre les classes sociales qui y vivent. La seconde raison est indissociable des bouleversements que les villes ont connus depuis le tournant néolibéral des années quatre-vingts opéré par les économies industrialisées, bien souvent au détriment des classes sociales les plus défavorisées.
C’est sous cet angle qu’est traitée l’évolution des politiques urbaines dans le monde, le numéro de la revue Agone ayant manifestement pris soin de publier des articles dont les auteurs ont eu le souci de ne pas dissocier cette évolution des conditions politiques, économiques et sociales de la transformation des villes, comme le font habituellement une sociologie par trop inféodée aux pouvoirs établis. En ce sens, l’éditorial signé de Benoît Eugène a raison de souligner en quoi ces transformations urbaines n’ont été en réalité que des « nettoyages sociaux des villes ». L’article d’Alèssi Dell’Umbria, consacré à la ville de Marseille, inaugure de la meilleure façon cette analyse de la destruction des espaces urbains.
Ce que propose l’auteur est une périodisation des changements que la ville de Marseille a connus entre 1960 et 2005. Sous l’ère de Gaston Defferre, l’expansion de la ville reposa en premier lieu sur le secteur du bâtiment et des travaux publics, au détriment d’une industrie plus gourmande en capitaux et dont l’usage de la main-d’œuvre qualifiée était davantage réglementé que dans le BTP. Cela était d’autant plus logique que la bourgeoisie marseillaise avait intérêt à voir se développer un tel projet d’urbanisation, au regard des capitaux qu’elle avait placé dans le foncier. La dynamique du capitalisme local s’effectua ensuite au travers de sociétés d’économie mixte – les exemples donnés sont nombreux, certains d’entre eux permettant d’ailleurs au passage de prendre la mesure de l’instrumentalisation politique que la municipalité en fit, notamment dans le financement de la SFIO de l’époque puis le Parti Socialiste – lesquelles offrirent un sorte de partenariat avec la bourgeoisie marseillaise. L’auteur en déduit que le defferrisme marqua durant deux décennies l’affirmation du pouvoir de la « petite et moyenne bourgeoisie » sur la ville de Marseille, pouvoir ayant ouvert la voie aux activités tertiaires contre l’industrie. Le bilan dressé au milieu des années soixante-dix fut désastreux dans la mesure où le secteur tertiaire ne fut pas aussi attractif que la municipalité, mais aussi des organismes comme la Chambre de Commerce l’avaient escompté. Et Dell’Umbria d’en déduire que la population marseillaise opéra un recul quantitatif contraire à toutes les espérances. S’en suivit un éclatement de la ville, avec la formation de villes périphériques, dont Vitrolles et Fos sur mer constituent de tristes exemples, notamment par les inégalités économiques et sociales qu’une telle politique engendra. C’est ainsi qu’il faut comprendre, comme nous y invite l’auteur, le clivage entre les quartiers Nord et les quartiers Sud de Marseille, avec en particulier la liquidation des populations ouvrières, qui « migrèrent » du Sud vers les HLM du Nord, dont la construction était d’ailleurs planifiée dès 1959 dans le cadre du Plan d’Urbanisme Directeur (PUD) (« Rétrospectivement, le Plan de 1959 apparaît comme l’axe central d’une stratégie visant à combattre l’hégémonie ouvrière dans Marseille après sa vitalité des années 1944-1947 », page 42).
La lecture de cet article passionnant permet d’une part de prendre toute la mesure des combats que la gauche locale (et gouvernementale) est capable de mener contre la classe ouvrière, et d’autre part de nuancer la portée de l’expression si répandue en économie « Trente glorieuses », car c’est durant cette période que les plans visant à détruire la classe ouvrière furent élaborés et appliqués.
De la transformation des quartiers populaires, il en est abondamment question dans l’article de Mathieu Van Criekingen qui traite de la « gentrification ». Après avoir mis en perspective historique cette dynamique d’appropriation urbaine des quartiers populaires, au tournant des années soixante, l’auteur montre que cette évolution, de marginale, s’est peu à peu transformée en projet politique plus global. Il convient d’insister sur les termes. Appropriation et non réappropriation (ou « renaissance », « renouveau », « revitalisation »), le préfixe « re- » signifiant pour l’auteur retour à une normalité elle-même illustrative d’un gommage de la dimension de classe de ce changement. C’est à partir des années quatre-vingts que le processus de « gentrification » s’enclenche, d’abord dans le monde anglo-saxon, puis en Europe continentale. Encore une fois, c’est le tournant néolibéral qui constitue l’arrière-plan de cette politique de transformation urbaine, au détriment des classes populaires. Cette transformation est alors impulsée par des groupes sociaux qui sont les bénéficiaires de la reprise en mains du capitalisme après l’épisode des compromis sociaux associé au keynésianisme triomphant des années d’après-guerre (cadres des firmes multinationales, consultants, financiers, publicitaires…), groupes sociaux qui s’emparent des quartiers des centres des grandes villes.
Le choix d’une telle localisation est déterminé par la localisation des lieux de travail, mais également par des facteurs plus socio-démographiques comme les « formes de vie non familiales » par exemple. Cette dynamique urbaine n’aurait de surcroît pu être réalisé sans l’apport, décisif, de la spéculation immobilière, avec le concours non moins décisif de l’État, lequel, par sa politique fiscale notamment, a souvent allégé l’impôt sur les sociétés se livrant à des opérations immobilières spéculatives. En découle selon l’auteur deux conséquences : la première, évidente, fut l’éviction des classes populaires des quartiers des centres-villes, éviction qui ruinèrent du même coup les bonnes intentions des politiques de redynamiser la mixité sociale dans les quartiers ; la seconde a trait à la montée de la concurrence que se livrent depuis les villes en proie à la « gentrification », dans la perspective d’attirer les classes sociales favorisées par trente de néolibéralisme. Cette seconde conséquence est intéressante à relever, car elle entre en résonnance avec les politiques d’attractivité des firmes multinationales, dimension nouvelles des politiques économiques menées par les États industrialisés. Et Mathieu Van Criekingen de rappeler, à juste titre, que les politiques publiques, loin d’être neutre, ou, plus exactement, à portée universelle, sont en réalité étroitement imbriquées aux stratégies immobilières privées. Cette imbrication, contrairement au cas marseillais évoqué plus haut, qui déboucha sur la formation de banlieues périphériques, touche désormais les centres-villes.
L’imbrication public-privé sur laquelle se termine l’article de Mathieu Van Criekingen, est également au centre de l’article de Solomon Benjamin, consacré à l’Inde et plus spécifiquement à la ville de Bangalore. L’entrée de l’Inde dans une phase de libéralisation de son économie à partir du début de la décennie quatre-vingt-dix a incité les États et le gouvernement fédéral à développer des projets urbanistiques dont la visée était de « positionner les villes dans le circuit de la finance mondiale » (page 110), la ville étant, selon la Banque Mondiale, l’un des facteurs d’élévation de la productivité d’un pays. De profonds bouleversements en découlaient, à commencer par la remise en cause des politiques publiques tournées vers l’aménagement des bidonvilles indiens. Ces politiques devaient désormais faciliter l’acquisition des terrains par les entreprises immobilières, assorties parfois de la connivence (ou par le biais de leur « intégration à la bureaucratie d’État) des Organisations Non Gouvernementales. D’une logique d’assistance aux pauvres en Inde, ces ONG sont passées à une logique de contrôle de ces mêmes pauvres.
L’expulsion des populations peut être planifiée sur une échelle plus large, notamment lors des périodes de jeux Olympiques. L’organisation de tels jeux, dont on connaît les enjeux politiques et économiques poussant les villes à entrer dans une concurrence effrénée pour les obtenir, ont souvent débouché sur des déplacements de populations, parmi les plus démunis (travailleurs immigrés, Roms comme à Athènes). L’article signé collectivement par le Centre on Housing Rights and Evictions, revient sur les conséquences urbaines et donc sociales de l’organisation des jeux de Pékin en 2008. Mais il est précisé d’emblée que toutes les villes ont adopté le même schéma de redécoupage des quartiers, de suppression de logements, d’expulsion des habitants (Sidney, Atlanta, Athènes, Barcelone…, les nombreux encadrés jalonnant l’article apparaissent de ce point de vue particulièrement éclairants quant à la gestion de l’urbanisme dans les villes olympiques, et des finances locales), sous le joug de la localisation des infrastructures sportives. Ces localisations est-il dit, sont très fréquemment sélectionnées aux abords des « quartiers délabrées » ou « négligés » (page 131), provoquant par la suite, une fois les jeux terminés, une augmentation sensible du prix des loyers, interdisant du coup le retour des populations déplacées. Selon l’organisation signataire de l’article, la mondialisation, les jeux Olympiques en étant un des aspects les plus médiatiques, s’accompagne d’une violation des droits humains, le droit au logement en premier lieu. Nous sommes loin, fort loin, de l’esprit des jeux antiques.
De Québec à Ouaga, de Bangalore à Marseille en passant par Pékin ou par Bruxelles (on lira sur ce cas le bel article que Benoît Eugène a consacré au quartier du Midi de Bruxelles, et aux répercussions urbaines engendrées par la mise en service d’un terminal TGV en gare de Bruxelles en 1989), la mondialisation, les politiques néolibérales qui l’ont imposée, ont eu pour conséquence une restructuration urbaine de ces villes, occasionnant des déplacements massifs de populations.
Ces bouleversements du paysage urbain dans les grandes métropoles n’ont été l’objet que de peu, voire d’aucune critique émanant des sciences sociales, et de la recherche urbaine en particulier. L’article de Jean-Pierre Garnier – « La volonté de non savoir » – revient sur tous les renoncements qui caractérisent une pensée soi-disant critique, mais qui n’est en réalité qu’une adhésion à l’ordre urbain établi. Contrairement aux textes qui le précèdent ou qui lui succèdent, celui de Garnier insiste sur le fait que la coupure ne se situe pas au tournant de la décennie quatre-vingts, mais dès la fin des années soixante, puisque l’État, et le ministère de l’Équipement notamment, se sont appuyés sur les recherches établies par une jeune génération de chercheurs, la plupart d’entre eux engagés dans une mouvance marxiste, pour saisir les ressorts de la politique urbaine. S’engagea alors une « longue marche de la petite bourgeoisie intellectuelle vers les institutions » (page 54), la reconnaissance du chercheur en sciences humaines ou sociales passant par la case étatique prenant la forme, jusqu’à aujourd’hui, d’une adhésion à peine voilée à l’ordre établi. En a découlé une reconversion des thèmes de recherche, et du langage utilisé dans ces recherches. Point d’exploitation, de capitalisme, de domination dans les analyses des « penseurs sans pensées » comme l’aurait dit Pierre Bourdieu, mais bien une novlangue spécifique d’une « démocratie apaisée », comme « minorités », « ethnicités », « communautés », « multiculturalisme »… Il conviendrait alors, comme nous y invite Jean-Pierre Garnier, de connecter la « logique interne de l’évolution du savoir », aux conditions sociales externes de formation de ce savoir. Un numéro à lire.
Thierry Pouch
L'Homme et la Société , n°170-171, mars 2009
Souvenirs sur Amiens

Il nous plait de signaler, à la fin d’un gros et passionnant numéro double d’Agone consacré à l’urbanisme moderne [1] et ses évolutions (peut-être pourrait on parler d’involution ?), la réédition des souvenirs de Pierre Monatte sur le congrès d’Amiens de la CGT (1906). Miguel Chueca, qui édite et présente ce texte, poursuit ainsi le travail commencé avec l’édition de l’analyse de Pouget sur le même congrès [2].

Disons le d’emblée, Monatte possédait une plume bien plus agréable que celle du Père peinard devenu syndicaliste, ce qui n’en rend que plus intéressante la lecture de ces « souvenirs ». Car il s’agit bien des souvenirs de Monatte sur Amiens, rédigés quelques 50 années plus tard, sur la demande de Jean Maitron, pour la revue L’Actualité de l’histoire (devenue plus tard l’actuel Mouvement social). C’était pour Monatte le premier congrès confédéral auquel il assistait. La relation qu’il en fait est instructive car l’auteur, comme à son habitude, émaille toujours une relation de faits avec des interprétations merveilleusement concises. Je retiendrai particulièrement celle concernant les origines de la Charte d’Amiens, motion votée dans un congrès qui représente — dixit Monatte — « le couronnement de la lutte contre le millerandisme ». C’est un des aspects de la Charte que le biographe de Griffuelhes Bruce Vandervort, suivant ici Monatte, considère comme essentiel et sous-estimé par les historiens [3]. Monatte en profite également pour exposer sa conception du syndicalisme révolutionnaire, et relativiser — sans le sous-estimer — l’apport anarchiste en présentant la naissance de ce mouvement par l’existence d’une « génération spontanée » (alliance de militants venus de tous les horizons révolutionnaires), qui redécouvre « instinctivement » les principes de la Première Internationale [4].

Ces aspects seraient sans doute difficile à comprendre au non-initié sans la présentation soignée de M. Chueca. Retraçant l’itinéraire militant du Monatte d’avant 1914, il éclaire les enjeux des débats qui se jouent dans ces années charnières du syndicalisme, qui pour être passionnants n’en demeurent pas moins complexes.

[1] J’ai particulièrement apprécié l’extrait d’un livre de Louis Chevalier paru en 1977. L’auteur de Classes laborieuses et classes dangereuses (Plon, 1958) y dresse un portrait au vitriol du « promoteur » tout a fait saisissant.

[2] E. Pouget, 1906. Le congrès syndicaliste d’Amiens, présentation et notes de M. Chueca, Paris, Ed. CNT-RP, 2006, 143 p. Voir la recension sur Pelloutier.net.

[3] B. Vandervort, Victor Griffuelhes and French Syndicalism, 1895–1922, Baton Rouge, Louisiana State university press, 1996, pp. 124–125.

[4] Monatte n’en démord pas sur ce point, puisque Jean Maitron se senti obligé, dans le corps même de son Histoire du mouvement anarchiste en France (p. 291, note 82 de l’édition Maspero de 1975) de faire état au lecteur de l’opinion du vétéran syndicaliste, tout en réaffirmant l’importance des militants et des idées libertaires sur le mouvement syndical des années 1900.

Site Pelloutier.net

Pelloutier.net, 12/12/2008
NÉE À MARSEILLE EN 1990, la revue Agone, qui circule relativement peu au Québec, mériterait d’être davantage connue de celles et ceux qui sont intéressées par l’histoire, la politique et la sociologie dans une perspective critique.

Le numéro «Villes et résistances sociales » propose une lecture radicale des enjeux sociaux liés à la restructuration des villes. Qu’il soit appelé « gentrification », comme le fait Mathieu Van Criekingen dans ce numéro, à propos de la transformation de Bruxelles ou encore « processus de néolibéralisation » comme nous serions davantage portés à le faire, le processus à l’oeuvre dans les grandes villes procède d’une même logique, celle de la production de l’espace, pour reprendre les termes d’Henri Lefebvre, en fonction de la logique et des besoins du capitalisme. Les opérations dites de revitalisation urbaine ou de développement urbain, visant notamment à séduire les grands investisseurs, rappellent à plusieurs égards les opérations de rénovation urbaine des années 1960. Tout comme ces dernières, elles misent sur l’attraction des grands équipements et des grands projets, de même que sur la construction de logements privés pour réactiver le développement de la ville. Ces opérations de lifting de la ville procèdent d’un « nettoyage social » (pour reprendre les termes de l’éditorial) :l’éloignement planifié des groupes sociaux les plus démunis du centre.

Ces processus de déstructuration-restructuration de l’espace urbain contribuent à la fragmentation sociospatiale des villes et viennent ainsi affaiblir, voire rendre impossible, le « vivre ensemble » ou la mixité sociale. Toutefois, comme les articles de ce numéro de la revue Agone le démontrent, ces opérations ne constituent pas une répétition de l’histoire. En effet, on note désormais l’action d’autres types d’acteurs, dont les artistes, les organismes communautaires, ainsi que les « spécialistes » de la ville de tout acabit incluant les chercheurs, les professeurs, les urbanistes, etc.

À ce propos, soulignons l’article de Jean-Pierre Gamier, « La volonté de non-savoir », un regard critique posé sur le rôle de ces spécialistes de la ville. Garnier dénonce avec force et véhémence l’abandon de tout esprit critique de la part des chercheurs et autres spécialistes de la ville qui ont mis au rancart l’analyse sociale pour adopter le jargon du participationniste citoyen qui, selon lui, camoufle une logique « étatisante ». Il critique à juste titre les spécialistes de la ville ayant abandonné la critique sociale radicale et, avec elle, toute aspiration à développer un cadre d’analyse macro apte à saisir les tendances lourdes pour s’attarder à décrire les phénomènes d’ordre micro, le plus souvent associés à la dimension culturelle et identitaire. Son propos, aussi nécessaire soit-il, aurait gagné à être étayé davantage, notamment en ce qui a trait au nouveau jargon associé à la participation citoyenne. Soulignons enfin l’article de notre collègue et ami Pierre J. Hamel, de l’INRS-Urbanisation, Culture et Société, qui rappelle que tous les chercheurs n’ont pas jeté le bébé avec l’eau du bain. Le travail de ce collègue montréalais sur les mirages du partenariat public-privé à partir des municipalités du Québec permet de saisir l’une des voies, sinon la voie privilégiée par les élites économiques et politiques, pour mieux privatiser la ville. Dans cet article, il montre en quoi les PPP constituent une voix privilégiée pour ouvrir et faciliter la privatisation des services dans des domaines jusque-là réservés aux municipalités.

Ce numéro est fort passionnant pour les passionnées de la ville, mais aussi pour toutes celles et ceux qui veulent saisir des enjeux majeurs de ce nouveau siècle.
Anne Latendresse
À Babord !, décembre 2008
Connaissez-vous le projet Gran Saga à Saragosse ? C’est un projet démesuré d’un Las Vegas européen, avec 32 casinos-hôtels et deux parcs à thème… La revue Agone fait le point sur les grands travaux urbains, leurs motivations et leurs conséquences sur la population locale, avec plusieurs études de cas. Ces grands travaux urbains servent aujourd’hui le plus souvent à adapter le tissu urbain à la mise en concurrence des grandes villes, qui prétendent toutes au statut de métropole régionale, nationale, européenne ou internationale ! Centres de congrès, technopoles, campus universitaires, complexes d’affaires, salles de concerts, gares internationales se multiplient et se ressemblent. « Il ne s’agit plus de [ … ] développer une base productive locale [ … ] mais de positionner le territoire urbain en regard d’investissements immobiliers adossés à des capitaux financiers globalisés et des flux transnationaux de consommateurs — touristes, congressistes, visiteurs d’un jour » (p. 87). La restructuration des villes s’accompagne souvent de l’expulsion des habitants pauvres au profit de grands projets, plusieurs articles de cette livraison en témoignent : on trouvera un article sur l’effet TGV sur le quartier de la gare à Bruxelles, le million d’habitants de Pékin évacué pour les Jeux olympiques, la « gentrification » ou l’embourgeoisement des quartiers populaires de la City de Londres.
L’écologiste, été 2008
"Villes et résistances sociales”, n°38/39 de la revue Agone orchestré par le trépidant Benoit Eugène, un kaléidoscope de textes forts sur la politique urbanistique des autorités et des promoteurs violentant la population, sur la volonté de non-savoir affichée dans le milieu de la recherche (bravo Jean-Pierre garnier pour cette étude percutante!), sur la “gentrification”, “vision normative du futur”, sur les ONG d’élite destinées à contrôler policièrement les groupes les plus pauvres, sur les mirages du partenariat privé-public, sur la revitalisation des passages Ravenstein de bruxelles à coups de galeries d’art crâneuses. S’accouple très bien avec la brochure et le DVD “Dans 10 jours ou dans 10 ans” de Gwenaël Breës (PTTL, 70 rue Emile Féron, 1060 Bruxelles) qui répertorient savoureusement les aberrations kafkaïennes de la pseudo régénération par les pouvoirs publics belges du quartier Midi de la capitale.
Noël Godin
Le journal du mardi n°347, août 2008
Mais où s’en va donc la recherche urbaine ?

Un redoutable numéro de la revue Agone vient de paraître, consacré à la question de la résistance sociale dans le cadre de processus institutionnels avancés de transformation spatiale des espaces urbains. Parmi les nombreuses contributions, on soulignera particulièrement celle de Jean-Pierre Garnier qui permet de recibler à un moment particulièrement opportun le débat concernant l’avenir de la recherche, de ses seuls aspects budgétaires et organisationnels, vers celui de la teneur de ses productions. Et l’hypothèse est rude : le registre normatif-prescriptif de recherches intégrées, donc, dans une perspective visant à transformer la société et son organisation, se serait effacé pour laisser place désormais à une pratique constative-descriptive en voie de généralisation, voyant dès lors dominer le registre de l’étude sur celui de la perspective critique, c’est-à-dire au moins un minimum distanciée. Et l’on voit défiler mentalement toutes les « commandes publiques » de plus en plus locales et localisées, ponctuelles et sans réelles autres formes de continuité que celle de réponses à des enjeux situés et contingents de légitimités publiques, entre autres, auxquels, on le constate parfois au moins en Europe, se soumettent de manière croissante des équipes de recherche, auxquels elles consacrent une large part de leurs activités (temps, investissements et ressources). Une pratique qui ne serait pas neutre dans ses effets, contribuant donc pour une large part à conforter, asseoir sans les déranger les logiques « de l’ordre des choses ». On pourra y voir certainement quelques liens avec un autre argumentaire avancé dans le cadre d’une parution récente, d’un ouvrage, celle-ci (Anatomie des projets urbains, dont on retrouvera d’ici peu une lecture critique sur EspacesTemps.net), porté par des chercheurs lyonnais, perplexes quant à l’attitude de chercheurs face à des dispositifs participatifs traversés par une tension qui serait propre à une « démocratie amusante » (ou « société de la convivialité »), animateur de discussions plus que porteurs de distanciation et, là encore, de posture critiques. Vieux débat, sans aucun doute, mais donc on saura d’autant plus gré à ce numéro (ainsi qu’aux deux films qui l’accompagnent) de le relancer, d’en appeler à en penser l’actualité. Et d’appeler à retrouver des sciences sociales du dérangement ?

> www.espacestemps.net

Marc Dumont
Revue EspacesTemps.net, 27/05/2008
Le vendredi 10 décembre 2010    Brest (29)
Rencontre avec Jean-Pierre Garnier et projection Les Indésirables

Projection du film Les indésirables de Patrick Taliercio suivie d’un débat avec Jean-Pierre Garnier,
auteur de Une violence éminemment contemporaine
À l’initiative et en présence de Daniel Roignant, bouquiniste.

20h30. Cinéma les Studios
136, rue Jean Jaurès
entrée 2 euros

Le samedi 25 avril 2009    Pau (64)
Débat avec Benoît Eugène

Intervention de Benoît Eugène, rédacteur en chef de la revue Agone)
sur le thème « Perspectives interdites : l’Art à l’âge du néolibéralisme bling-bling »
dans le cadre du Colloque interprofessionnel et pluridisciplinaire autour de la « reconversion »

9h00. Auditorium Albert Torfs
(ex-chapelle des Réparatrices), rue des Réparatrices

http://rhetart.wordpress.com/

Le vendredi 24 avril 2009    Pau (64)
Projection-débat Villes et résistances sociales

Projection du film de Bernard Mulliez “Art Security Service” (revue Agone 38/39)
dans le cadre du Colloque interprofessionnel et pluridisciplinaire autour de la « reconversion »

16h30. Auditorium Albert Torfs
(ex-chapelle des Réparatrices), rue des Réparatrices

http://rhetart.wordpress.com/

Le mardi 31 mars 2009    Ivry-sur-Seine (94)
Débat-projection Villes et résistances sociales

organisée en partenariat avec la Médiathèque et la librairie Envie de lire à Ivry-sur-Seine

Projection du film « Les Indésirables de la République » de Patrick Taliercio, en présence du réalisateur.
> voir des extraits

suivie d’un débat avec Benoit Eugène autour de la Revue Agone n°38–39 – Villes et résistances sociales, Jean-Baptiste Eyraud (porte-parole du DAL) et Thierry Bailly (porte-parole de l’APEIS)

19h. Auditorium Antonin Artaud, 155 Avenue Danielle Casanova (métro Mairie d’Ivry)

Informations : 01 46 70 35 03
Entrée gratuite sur réservation au 01 56 20 25 30

Le jeudi 26 mars 2009    Marseille 9 (13)
Débat-projection Villes et résistances sociales

Projection du film « Art Security Service » de Bernard Mulliez en présence du réalisateur.

Suivie d’une rencontre sur « Art, Espace social et Politique » avec les artistes Bernard Mulliez et Bendy Glu.

17h. Ecole des Beaux Arts de Marseille, 184 avenue de Luminy

Le mardi 24 mars 2009    Marseille 6 (13)
La réhabilitation du quartier de la gare à Bruxelles

Projection-débat avec Bernard Mulliez et Benoît Eugène

21h. Equitable café, 27 rue de la Loubière
Informations : 04 91 48 06 62
http://equitablecafe.org

Le mercredi 17 décembre 2008    Paris 11 (75)
Villes et résistances sociales

organisée en partenariat avec la librairie Quilombo

Projection-débat du film Art Security Service
En présence de Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone), Bernard Mulliez (auteur du film), J.-P. Garnier (chercheur au CNRS)

19h30. CICP, 21ter rue Voltaire

Le dimanche 7 décembre 2008    Marseille 7 (13)
Projection "Les Indésirables de la république"

Dans le cadre de la Carte blanche donnée à Soleda (Collectif d’éditeurs indépendants et solidaires),
projection du film de Patrick Taliercio Les Indésirables de la République (cf. Agone 38/39 – Villes et résistances sociales)

15h. Point de bascule, 109 rue de Breteuil
pointdebascule@free.fr

Le mercredi 3 décembre 2008    Nîmes (30)
Villes et résistances sociales

Jean-Pierre Garnier (chercheur CNRS, sociologue et urbaniste) présente les revues
Agone 38/39-Villes et résistances sociales
et Espaces et sociétés-Repenser l’espace et le politique

17h. Bibliothèque universitaire – site Vauban, rue du Dr Georges Salan (salle vidéo)

Informations : 04 66 36 45 40

Le lundi 6 octobre 2008    Rennes (35)
Débat-projection Villes et résistances sociales

La discussion sera accompagnée de la projection du film « Art security service »

Débat avec Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone), Bernard Mulliez (réalisateur).

20h30. Librairie La Cour des miracles, 8 rue de Penhoet
Informations : 02 99 79 55 87
contact@courdesmiracles.org
www.courdesmiracles.org/

Le vendredi 3 octobre 2008    Brest (29)
Débat projection Villes et résistances sociales

proposé par l’association « les éditions du Gnon » et Daniel Roignant, bouquiniste et libraire.

La projection du film de Bernard Mulliez « Art security service » (1h30), sera suivie d’un débat avec le réalisateur et Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone), et précédée de « St Martin vivra », un reportage de Canal Ti Zef.

20h30. Mac Orlan, 65 rue de la Porte (quartier Recouvrance).

Entrée : prix libre
Information : 02 98 44 41 01
danielroignant2@wanadoo.fr

Du vendredi 1 au lundi 4 août 2008    Saint Jean du Gard (30)
Rencontres Nationales de l'habitat choisi

Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone présente les livres des éditions Agone

Plus d’infos et programme des rencontres :
http://habitatchoisi.unblog.fr/le-programme/

Le mercredi 25 juin 2008    Paris 6 (75 )
Villes et résistances sociales

Présentation-débat sur le thème de la « reconquête » de certains espaces urbains par les aménageurs, les spéculateurs et les promoteurs, aux dépens de leur appropriation par les habitants.
La discussion sera accompagnée de la projection du film « Art security service »

Débat animé par Alain Musset (directeur d’études à l’EHESS) avec Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone), Bernard Mulliez, réalisateur et Jean-Pierre Garnier, sociologue (CNRS).

14h-16h. Amphithéâtre de l’EHESS, 105 Bd Raspail
(Métro Saint-Placide, Notre Dame des Champs ou Rennes)

Le mardi 24 juin 2008    Bordeaux (33)
Débat-projection Villes et résistances sociales

en collaboration avec la librairie du Muguet
Projection du documentaire de Bernard Mulliez “Art security service” (1h30)
suivie d’un débat avec le réalisateur et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

[horaire à préciser]. Cinéma Utopia, 5 Place Camille Jullian
Entrée 3,50 euros
Information : 05 56 81 01 91
librairiedumuguet@no-log.org
www.cinemas-utopia.org/bordeaux

Le lundi 23 juin 2008    Tournefeuille (31)
Villes et résistances sociales

Projection du documentaire de Bernard Mulliez “Art security service” (1h30)
suivie d’un débat avec le réalisateur et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

20h30. Utopia Tournefeuille
www.cinemas-utopia.org/toulouse
Information : 05 34 51 48 38
tarif 3,5 euros – Prévente des places dès le 14 juin

Le samedi 21 juin 2008    Sarrant (32)
Débat-projection Villes et résistances sociales

Projection du documentaire de Bernard Mulliez “Art security service” (1h30)
suivie d’un débat avec le réalisateur et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

20h. Librairie-tartinerie Des livres et vous, place de l’Église
Information : 06 81 22 16 76
www.lires.org

Le jeudi 19 juin 2008    Marseille 1<sup>er</sup> (13)
Débat Villes et résistances sociales

Débat avec Alèssi Dell’Umbria (auteur) et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

19h. Librairie L’Odeur du temps, 35 rue Pavillon
Information : 04 91 54 81 56
lib.temps@free.fr

Le mardi 10 juin 2008    Marseille 2 (13)
Tableau télé participatif

dans le cadre du festival de théâtre forain Les Tréteaux du Panier, plateau télé participatif « Le Panier, circuit fermé ? Quelles vocations et quels usages des places publiques ? Lieux de passage ou lieux de vie ? »
avec Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone) et Alessi Dell’Umbria (auteur) autour du numéro de revue 38/39 – Villes et résistances sociales

Organisé par Tabasco Vidéo & Radio Grenouille.

19h. Posada des 13 paniers (Esplanade du J4)

Le vendredi 6 juin 2008    Marseille 1<sup>er</sup> (13)
Débat-projection Villes et résistances sociales

Projection du documentaire de Bernard Mulliez « Art security service » (1h30)
suivie d’un débat avec le réalisateur et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

20h. Théâtre des Argonautes, 33 bd Longchamp
Information 04 91 50 32 08 theatrelesargonautes@free.fr
réservation conseillée (tarifs 5 et 3 euros)

Le dimanche 1 juin 2008    Bruxelles (Belgique)
Rencontre-débat avec Benoît Eugène

dans le cadre du salon du livre indépendant Joli mai

Culture et Propagande. L’art au service de la gentrification et de la dépolitisation
(autour des n° 37 “La Joie de servir” et 38–39 “Villes et Résistances urbaines” de la Revue Agone) avec Benoît Eugène (rédacteur en chef)

16h. Les Halles de Schaerbeek, Rue Royale Ste Marie 22b
Informations : (32) ( 0) 2 218 21 07

Le samedi 31 mai 2008    Bruxelles (Belgique)
Débat-projection Villes et résistances sociales

Projection du film « Art security service » de Bernard Mulliez dans le cadre du Salon du livre Indépendant Joli mai
suivie d’und ébat avec le réalisateur et benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

16h30. Petite Halle, Les Halles de Schaerbeek
Rue Royale Ste Marie 22b
Informations : (32) ( 0) 2 218 21 07

Le samedi 24 mai 2008    Bruxelles (Belgique)
Débat-projection Villes et résistances sociales

En partenariat avec Radio Panik (105.4)

Projection du film « Les Indésirables » de Patrick Taliercio suivi d’un débat
en présence du réalisateur et de Benoît Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

18h. Trattoria Da Gino, Rue Jennart 8
1080 Molenbeek-Saint-Jean (Métro Ribaucourt)
Informations : (32) (0) 2 203 29 09
benelux@agone.org

Le jeudi 22 mai 2008    Bruxelles (Belgique)
Rencontre-Débat « Main basse sur le quartier du midi ? »

Cinéma d’ATTAC : Main basse sur le quartier du midi ?

20h30. Cinéma Arenberg, 26 Galerie de la Reine
Prix d’entrée 6,6 € y compris pour le débat (pour les Article 27 : 1,25 €)
Informations : bxl_1@attac.be
http://bxl.attac.be

avec Thomas DAWANCE (chercheur en sociologie urbaine), Benoît EUGÈNE (Rédacteur en chef de la revue Agone) et Mathieu SONCK (Secrétaire général d’Inter-Environnement Bruxelles)

suivi de la projection du film « Dans 10 jours ou dans 10 ans » de Gwenaël BREËS

Un documentaire révolté sur les dessous d’une saga révoltante : comment le Quartier du Midi a été sciemment mis à sac pour en chasser les habitants de condition modeste, faire place nette aux promoteurs privés, à l’immobilier « hors de prix » et à une nouvelle catastrophe urbanistique… film.quartier-midi.be

Le mardi 20 mai 2008    Paris 20 (75)
Débat Villes et résistances sociales

avec Jean-Pierre Garnier (sociologue), Bernard Mulliez (documentariste) et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)

19h30. Librairie Le Genre urbain, 30 rue de Belleville
Informations : 01 44 62 27 49
librairie@legenreurbain.fr
www.legenreurbain.com

Le lundi 19 mai 2008    Paris 6 (75)
Débat-projection Villes et résistances sociales

Projection du documentaire de Bernard Mulliez “Art security service” (1h30)
suivie d’un débat avec Jean-Pierre Garnier (sociologue), Bernard Mulliez et Benoit Eugène (rédacteur en chef de la revue Agone)
Soirée organisée avec les Amis du Monde Diplomatique d’Ulm

20h00. ENS Ecole normale supérieure, 45 rue d’Ulm 75005 (salle Jules Ferry)
Informations : 01 49 54 25 25
burlaud@clipper.ens.fr

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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net
Graphisme : T–D