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Mutinerie, comment le monde bascule : points de vue

Pour la parution de l’édition française du nouveau livre de Peter Mertens, sociologue et secrétaire général du PTB (Parti du travail de Belgique), lire les points de vue sur Mutinerie de David Adler (coordinateur de Progressive International), Grace Blakeley (journaliste britannique), Jeremy Corbyn (activiste et député travailliste), Sevim Dağdelen (députée au Bundestag), Anuna De Wever (activiste écologiste), Vijay Prashad, (directeur de Tricontinental), François Ruffin (journaliste et député français), Luc Triangle (secrétaire général de la Confédération syndicale internationale), Daniel Zamora (sociologue).

Pour David Adler, économiste, coordinateur de Progressive International

Mutinerie est un manuel pour notre mouvement international. Des millions de personnes qui tentent de donner un sens au monde d’aujourd’hui se sentent rapidement prises au piège, comme dans un labyrinthe de miroirs. Notre attention est constamment détournée des crises du capitalisme qui déterminent nos vies. Nous sommes trompés par de fausses solutions et des boucs émissaires qui cachent les vrais coupables.
Peter Mertens nous ramène à l’essentiel : l’alimentation et les salaires, la guerre et la paix. Son livre nous aide à comprendre pourquoi tant de gens vivent mal, pourquoi si peu de gens ont accès à une vie digne, et ce qu’on peut faire pour y remédier.
Combinant une analyse panoramique et une orientation politique claire, Mutinerie offre une perspective pour gagner un monde qui réponde aux besoins, aux aspirations et aux rêves de la classe travailleuse du Nord et du Sud.

Pour Grace Blakeley, économiste et journaliste britannique (Londres)

Mutinerie est un vibrant appel à l’action qui s’adresse à toutes celles et ceux qui luttent contre les injustices profondes engendrées par le capitalisme. Peter Mertens expose de manière convaincante les contradictions du système politique et économique existant. Il montre comment les travailleurs peuvent œuvrer ensemble à la construction d’un monde meilleur.
Mutinerie redonne son sens véritable à la solidarité : que les travailleurs du monde entier luttent contre le même système d’oppression et d’exploitation qu’ils ne pourront vaincre qu’en unissant leurs forces.

Pour Jeremy Corbyn, activiste et député travailliste à la Chambre des communes (Londres)

Mutinerie aborde les problèmes d’aujourd’hui à travers le prisme de l’histoire, celle des gens ordinaires et des structures de pouvoir. Il aborde ces problèmes depuis le point de vue de Kath, une infirmière qui s’engage pour la première fois dans une action sociale pour défendre son emploi et son salaire. Puis sous l’angle d’une communauté qui tente d’améliorer sa situation économique, ses écoles, ses hôpitaux – ces choses dont nous avons tous besoin.
Analysant les grands mouvements mondiaux, l’évolution des pays émergents et les tensions des grands blocs de pouvoir, ce livre relie les problèmes du Nord et ceux du Sud pour en rapprocher les habitants. Beaucoup de gens sont en colère au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Ils n’ont plus accès à un niveau de vie digne. Et ils ont du mal à en saisir les causes. Les habitants du Sud global ont tout autant de mal à comprendre pourquoi ils sont si peu payés pour le café, le blé et le maïs qu’ils cultivent. Pourtant, quelqu’un, quelque part entre eux et les consommateurs, gagne énormément d’argent.
Mutinerie
pointe les superprofits de multinationales lointaines, anonymes, établies dans des paradis fiscaux, qui constituent le véritable problème de ce monde. Ce livre donne un sens à ce qui se passe. Mais il n’est pas juste une analyse intellectuelle de la marche du monde, il traite de la vraie vie. Car Peter offre la chose la plus importante de toutes, qui se résume en deux mots : espoir et inspiration. Voilà comment nous nous donnons les moyens d’aller de l’avant.

Pour Sevim Dağdelen, députée de gauche au Bundestag (Berlin)

Mutinerie est une course folle, parsemée d’anecdotes, à travers la politique mondiale. Mais c’est aussi une analyse approfondie du capitalisme des marchés financiers et de la politique impérialiste d’aujourd’hui.
Peter Mertens réussit à montrer de manière compréhensible et convaincante comment l’opulence et la pauvreté, la domination et l’exploitation sont liées inextricablement l’une à l’autre, à grande et à petite échelle. Son livre est un éloquent plaidoyer pour une mutinerie commune des peuples du Nord et du Sud, pour une Europe souveraine, ainsi que pour un dialogue et une coopération plus poussés, en lieu et place de la confrontation qui marque la politique internationale.

Pour Anuna De Wever, activiste à la tête du mouvement climatique étudiant en Belgique

J'ai rarement lu un plaidoyer aussi radical contre la guerre, pour la décolonisation et la solidarité internationale au niveau politique en Flandre. C'est précisément là que résident mes espoirs pour la gauche.

Pour Vijay Prashad, directeur de Tricontinental (Santiago du Chili)

Mutinerie plonge au cœur du problème : les grands monopoles tirent des surplus de profits de la richesse produite par la société, tandis que les milliards de personnes qui travaillent pour créer cette richesse sont de plus en plus traités eux-mêmes comme des surplus. Peter documente les profits gigantesques des méga-entreprises, notamment dans les secteurs alimentaire et énergétique. Mais il note également et soigneusement les histoires concrètes du quotidien de ceux et celles qui se trouvent sur le pont inférieur du navire. Ce faisant, il se place dans la vaste tradition intellectuelle marxiste, qui consiste à prêter l’oreille aux histoires et aux désirs des personnes qui luttent pour joindre les deux bouts. Il recueille et documente les idées et les émotions puis les replace dans un cadre plus large. Comprendre la situation et la conjoncture dans lesquelles nous vivons est nécessaire si on veut pouvoir agir politiquement et socialement dans ce monde.
Mutinerie est ancré dans cette solide tradition sociale. Peter construit la théorie à partir des faits, en recherchant les expériences des mouvements sociaux et des luttes, des paysans indiens aux infirmières britanniques. Alors que la plupart des responsables politiques européens se taisent sur les obscénités de l’impérialisme, Peter adopte une perspective globale rafraîchissante qui relie les besoins des travailleurs du Nord aux aspirations du Sud.
Mutinerie permet de comprendre la complexité du moment et donne de l’espoir à tous ceux et celles qui veulent construire un monde tel qu’il devrait être, où plus personne ne serait traité comme un surplus, et où la nature serait enfin respectée.

Pour François Ruffin, journaliste, essayiste et député français de la Somme

Depuis la Belgique, c’est à un tour du monde de la classe travailleuse que nous invite Peter Mertens. Quand ça coince ici, il est parfois bon de regarder ailleurs. Pour vaincre la fatalité du « C’est comme ça ». Non, ça n’est pas partout comme ça. Non, ça n’est pas toujours comme ça. Et demain sera autrement !

Pour Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale

Mutinerie devrait être lu par les travailleurs du Nord et du Sud : des ouvriers de l’automobile américains aux infirmières britanniques, en passant par les métallurgistes sud-africains. Il nous ouvre les horizons et capture les graines du changement social qui germent à travers la planète. C’est là que réside l’espoir : si nous nous organisons, du niveau local au niveau international, et si nous parvenons à relier les mouvements sociaux du Nord et du Sud, nous pouvons gagner.

Pour Daniel Zamora, sociologue à l’Université libre de Bruxelles

Avec le style tranchant et accessible qu’on lui connaît, Peter Mertens offre avec Mutinerie une analyse incisive de notre présent. De l’explosion des prix de l’énergie à la stagnation des salaires en passant par la guerre, c’est l’image d’un modèle à bout de souffle qui s’esquisse dans ce livre. Mais loin d’un ouvrage pessimiste, il met au centre les mobilisations qui, du Nord au Sud, réveillent un spectre trop longtemps ignoré : celui de la lutte des classes.