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Essais II
L’époque, la mode, la morale, la satire
Parution : 15/05/2001
ISBN : 2910846466
Format papier : 256 pages (12 x 21 cm)
18.00 € + port : 1.80 €

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13.99 €

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À un moment où l’irrationalisme, le relativisme et l’historicisme radical sont devenus obligatoires pour qui veut être un philosophe de notre époque, il est réellement étonnant que le nom de Spengler n’apparaisse pour ainsi dire jamais. Il est vrai que son cas révèle de façon un peu trop voyante l’existence d’un nietzschéisme de droite (pour ne pas dire plus) : un phénomène dont les interprètes français les plus réputés n’aiment généralement pas beaucoup se souvenir. Le Nietzsche de Spengler fait partie des possibilités et des suites que l’on préfère ignorer hypocritement. De façon générale, l’intermède du IIIe Reich a rejeté dans l’oubli un certain nombre d’antécédents hautement significatifs de l’irrationalisme de la philosophie française contemporaine. On peut se demander si ce n’est pas à ce fait qu’elle doit essentiellement sa réputation d’innocence et de progressisme. Il y a des ancêtres qu’on préfère, autant que possible, ne pas connaître. Mais le mieux est encore de ne pas les avoir.

Depuis les années 1960, Jacques Bouveresse n’a cessé de confronter nos modes philosophiques successives aux idées d’auteurs « peu fréquentés » ou « mal famés » : Gottfried Benn, le poète expressionniste ; Oswald Spengler, le penseur du Déclin de l’Occident ; Karl Kraus, le satiriste ; mais aussi les philosophes de la tradition autrichienne, notamment ceux du Cercle de Vienne ; et bien sûr Robert Musil. Il n’y a pas seulement trouvé des armes dans son combat contre les fausses valeurs du monde intellectuel. Il pose en les lisant une question cruciale pour tout rationaliste : quelle part de vérité peut-on reconnaître à l’irrationalisme ou au nietzschéisme sans risquer de perdre l’essentiel ?

Jacques Bouveresse

Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse a publié de nombreux ouvrages de philosophie du langage et de la connaissance mais aussi sur des écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus. Il est aussi l’un des principaux commentateurs français de Ludwig Wittgenstein.

Pour visiter la page consacrée à Jacques Bouveresse sur le site du Collège de France

Les livres de Jacques Bouveresse chez Agone

Foreign Rights

Essays II
Epoch, Fashion, Morals and Satire

English notice

At the very moment when irrationalism, relativism and radical historicism have become obligatory for anyone wanting to be a philosopher in our times, it is truly astonishing that Spengler’s name virtually never crops up. It is true that in his case, the existence of a rather right-wing (or even further) Nietzschian trend is revealed in rather too obvious fashion, a phenomenon that even the most reputed of French interpreters of his philosophy don’t usually like to recall. Spengler’s Nietzsche is part of the possibilities and consequences it would be preferable to ignore, hypocrites that we are. Generally speaking, the interval represented by the Third Reich abandoned a certain number of highly significant antecedents of the irrationalism of contemporary French philosophy to oblivion. One might wonder, therefore, if this factor is not what underlies its reputation of innocence and Progressivism. There are some ancestors it is preferable not to know insofar as this is possible. But it is best not to have any at all.
Since the 1960s, Jacques Bouveresse has constantly been pitting our successive philosophical modes against the ideas of authors who are “scarcely known” or “disreputable”: Gottfried Benn, the Expressionist poet; Oswald Spengler, the thinker behind The Decline of the West; Karl Kraus, the satirist; as well as philosophers of the Austrian tradition, especially those of the Vienna Circle; and Robert Musil, of course. Not only has Bouveresse found weapons for his combat against the false values of intellectualism and the intelligentsia here. In his interpretation he poses a single question, a fundamental one according to all rationalists: what part of the truth can we recognise in irrationalism or Nietzscheism without risking the loss of the vital core?

Réalisation : William Dodé