Au jour le jour

Tempêtes de mars. La Commune de Paris, jalon dans l’histoire du mouvement révolutionnaire,

Paru le 18 mars 1912 dans Die Gleichheit [L’Égalité], journal animé par Clara Zetkin, ce texte de Rosa Luxemburg fait en référence aux 18 mars 1848 en Allemagne et 1871 en France. Inédit en français, ce texte doit être vu comme une réinscription dans l’histoire du mouvement révolutionnaire, et en particulier la Commune de Paris, qui en est l’un des principaux jalons. En tant que un moment d’apprentissage, les commémorations font partie de la lutte.

Si jamais, dans le chaos de la politique quotidienne, les prolétaires en viennent à perdre la mesure de ce qui est important ou secondaire, si jamais ils devaient se sentir épuisés sur la route poussiéreuse et monotone de la vie et durant un instant désespérer de leur force, il existe un moyen sûr de dépasser ce sentiment : jeter un regard sur le trajet déjà parcouru sur le chemin de leur histoire, sur lequel s’élèvent, telles de hautes bornes de pierre, les plus importants moments d’affrontements révolutionnaires du prolétariat.

La classe ouvrière a toutes les raisons d’accorder, encore et toujours, l’attention la plus sérieuse aux dates commémoratives de son histoire. Ne constituent-elles pas pour nous le grand livre, qui nous donne des indications pour continuer à avancer, qui nous permet d’apprendre à éviter les anciennes erreurs et à détruire les nouvelles illusions.

Car seule l’autocritique constante, la réflexion sur soi permet aux masses prolétaires de faire triompher leur grand combat de classe et leurs grands desseins. Comme l’a écrit Marx en 1852, « Les révolutions bourgeoises, comme celles du XVIIIe siècle, vont plus rapidement de succès en succès, leurs effets dramatiques se dépassent, les hommes et les choses semblent briller de mille feux, l’enthousiasme extatique est l’état d’esprit au quotidien ; mais elles sont de courte durée, elles atteignent rapidement leur point culminant, et un long malaise s’empare de la société avant qu’elle apprenne à s’approprier de façon lucide les résultats de sa période orageuse. Les révolutions prolétariennes, par contre, comme celles du XIXe siècle, se critiquent elles-mêmes constamment, interrompent à chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble déjà accompli pour le recommencer à nouveau, raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n’abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et de se dresser à nouveau plus formidable encore en face d’elles, reculent constamment à nouveau devant l’immensité infinie de leurs propres buts, jusqu’à ce que soit créée enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière, et que les circonstances elles-mêmes s’écrient : Hic Rhodus, hic salta ! C’est ici qu’est la rose, c’est ici qu’il faut danser ! [1] »

Le 18 mars éveille le souvenir de deux événements historiques qui, pour la classe ouvrière internationale, éclairent le chemin de ce dernier demi-siècle tels deux torches enflammées : la révolution de 1848 et la Commune de Paris de 1871. La révolution allemande, qui a livré avec le 18 mars sa bataille victorieuse dans les rues de Berlin, constitue une grande et unique leçon sur la faillite du libéralisme bourgeois. La classe ouvrière avait vaincu sur les barricades avec un courage héroïque la vieille monarchie féodale, elle avait ouvert la voie pour une évolution démocratique et progressiste de l’Allemagne, pour l’unité allemande, pour la République allemande, pour le suffrage universel et égalitaire en Prusse.

Qu’est-il advenu de tout cela dans la réalité ? Rien ! Les baïonnettes de Wrangel, le retour du régime des junkers vaincu, la contre-révolution et le silence de plomb des cimetières des années 1850 en Allemagne, puis dans les années 1870, la caricature d’unité allemande sous la forme du glorieux nouvel empire allemand affublé de la caricature de représentation populaire que constitue l’actuel Reichstag – cadeau reçu des mains ensanglantées de Bismarck, né sous la malédiction du militarisme moderne –, voilà les résultats de la misérable trahison de la bourgeoisie libérale, qui dès le lendemain de la victoire des travailleurs berlinois avait commencé derrière leur dos à flirter avec la réaction.

Autrefois déjà, les pères des actuels « progressistes » et « nationaux-libéraux » avaient préféré le joug honteux du régime des junkers sur leur propre nuque au spectacle de la fougue révolutionnaire intransigeante des masses prolétariennes ; à l’époque déjà, ils avaient trouvé leur vocation historique : laisser les prolétaires retirer les marrons du feu de la réaction et dans le même temps vendre ces bons Samaritains à cette même réaction contre un salaire de Judas.

Et pourtant, à cette époque, les bourgeois libéraux allemands étaient les maîtres de la situation, appelés à diriger les masses populaires, car ce géant, le prolétariat, n’était encore qu’un enfant, inconscient de sa force et de ses fins, et il y avait encore à la tête du libéralisme des hommes qui malgré toute leur lâcheté et leur état pitoyable, bien qu’eux-mêmes des ombres, ressemblaient encore à des géants, comparés à la gente d’aujourd’hui.

Et de ces avortons, petits-enfants dont les grand-pères avaient déjà trahi, de ces déserteurs du combat, qui tout au long de l’histoire ultérieure sont descendus marche après marche dans la honte et l’ignominie et qui sont corrompus jusqu’à la moelle, d’eux justement, le prolétariat allemand devrait attendre aujourd’hui une fraternité d’armes dans son combat contre la réaction ? Ceci, alors qu’aujourd’hui le pouvoir et la conscience de classe révolutionnaire des travailleurs remplissent de frayeur le monde bourgeois, alors que le libéralisme est tombé du sommet de son rôle historique de dirigeant dans la vallée de larmes d’une existence étroite, broyé entre les deux grandes roues de l’histoire moderne : le travail et le capital ?

Avant que le libéralisme allemand ne puisse ressusciter d’entre les morts pour remplir le monde du fracas des armes de ses exploits, ceux qui sont morts en mars dans le quartier du Friedrichshain à Berlin sortiraient de leur tombe pour nous lancer au visage la pire des sentences : vous n’avez rien appris et rien oublié !

Le mois de mars a donné aux prolétaires en lutte une autre leçon importante. Le 18 mars 1871, le prolétariat parisien prit le pouvoir dans la capitale française, abandonnée par la bourgeoisie, menacée par les Prussiens et érigea la glorieuse Commune. L’action pacifique et salutaire des travailleurs à la tête de l’État, précipitée par ses classes dirigeantes dans le tourbillon du chaos d’une guerre criminelle et des défaites dévastatrices ne dura que deux mois. La bourgeoisie française qui, dans sa lâcheté, s’était enfuie devant l’ennemi étranger, se reprit en mai déjà pour mener avec celui-ci un combat à la vie à la mort contre « l’ennemi intérieur », contre le prolétariat parisien. Lors de « la semaine sanglante » de mai, la Commune prolétaire périt dans un terrible massacre, sous des ruines fumantes, des montagnes de cadavres, sous les gémissements de vivants enterrés avec les morts, sous les orgies de la bourgeoisie ivre de vengeance.

Une pelouse dégarnie au pied du mur extérieur du cimetière parisien du Père Lachaise, où partout règne le marbre, voilà tout ce qui semblait rester de la Commune les premières années. Mais de cette tranquille pelouse, surgirent bientôt pour les prolétaires des deux mondes la grande tradition sacrée et le double enseignement payé par le prix du sang de dizaines de milliers d’entre eux : il n’y a pas de place pour le pouvoir politique du prolétariat dans les conditions de l’ordre social bourgeois : mais il n’y a pas non plus de possibilité d’abolir ces conditions tant qu’elles n’auront pas atteint leur maturité.

Ce n’est pas en rêvassant à une position politiquement déterminante au sein de l’État actuel, obtenue grâce à un brusque retournement de situation, que la classe ouvrière peut défendre sa cause, mais seulement par une opposition révolutionnaire constante à cet État. Et si la Commune de Paris, par l’empreinte flamboyante de sa brève existence et de sa chute héroïque est restée à jamais un exemple de ce que les masses populaires révolutionnaires ne doivent pas reculer devant la prise du pouvoir même si l’heure de l’histoire n’a pas sonné pour assurer à ce pouvoir durée et victoire, elle est aussi un éminent témoignage de l’hostilité mortelle et irréductible existant entre la société bourgeoise et le prolétariat, qui ne peut remplir sa mission historique qu’en gardant toujours à l’esprit le profond antagonisme qui l’oppose à l’ensemble de la bourgeoisie et en combattant de manière décidée contre celle-ci toute entière.

Depuis lors, le développement du capitalisme a conquis le monde au pas de charge. Sur la tombe de la Commune, la IIIe République s’est définitivement établie en France en tant que domination sans limites de la classe bourgeoise, qui avec la politique coloniale, le militarisme et l’alliance avec le tsarisme russe a enterré les anciennes illusions sur le caractère socialiste de la seule forme républicaine de gouvernement.

C’est à partir de 1871 seulement que le grand capitalisme a fait son entrée en Allemagne pendant la période des fondateurs et des imposteurs. C’est depuis lors seulement que la Russie, qui à cette époque s’était à peine débarrassée du servage, a chaussé ses bottes de sept lieues pour hâter son développement économique jusqu’à l’éclatement de la grande révolution. Depuis lors seulement que les États-Unis, jusqu’alors agricoles, sont devenus un pays industriel de premier rang. Depuis lors seulement que l’Angleterre a perdu son hégémonie industrielle sur le marché mondial. Depuis lors seulement que la politique mondiale et coloniale a apporté l’exploitation et l’oppression mais aussi la rébellion aux quatre coins du monde, et a provoqué l’éveil révolutionnaire de l’Orient.

Depuis lors, dans tous les États modernes, la classe ouvrière, a appris à utiliser l’arme du parlementarisme pour le combat quotidien, pour sa propre formation, éducation et pour se rassembler. Le Manifeste communiste, qui pendant la révolution de mars venait juste de voir le jour, et pendant la Commune de Paris n’était un guide que pour une poignée de combattants prolétaires, même en Allemagne, est devenu depuis la bannière de millions et de millions de prolétaires dans tous les pays.

Et aujourd’hui, en mars, les forces élémentaires de la lutte des classes entrent de nouveau en scène dans toute son ampleur. Les éclairs et les roulements de tonnerre de l’histoire mondiale ne se manifestent plus seulement par les barricades comme en 1848 et aussi en 1871. C’est une grève des mineurs d’Allemagne et d’Angleterre qui tient aujourd’hui le monde en haleine. Un simple combat syndical, mais l’un de ceux qui par leur gigantesque étendue ainsi que par leur importance fondamentale pour l’ensemble de la vie économique, transforment déjà des questions « de gros sous » en catastrophe politique et sociale pour l’État. Ici, parmi les millions d’esclaves des mines que la soif de profit capitaliste a condamnés à la vie souterraine et aux tourments de l’Enfer de Dante, ici bouillonnent sans entrave les forces volcaniques de la lutte des classes dans leur puissance originelle. À chaque fois que les esclaves des mines étendent leurs membres, le sol même de l’État capitaliste tremble.

Et aujourd’hui, ils sont des millions dans les deux États capitalistes les plus développés, à être remontés en même temps à la surface pour prendre leur revanche sur le règne du capital. Ce sont les mêmes prolétaires anglais qui, dans les années 1870, au plus fort de la domination industrielle mondiale de l’Angleterre, voyaient encore le ciel rempli d’étoiles et espéraient parvenir à une entente amicale et pacifique avec la bourgeoisie qui les exploitait. Ce sont les mêmes mineurs allemands de la Ruhr qui, en 1889, délégués auprès de l’empereur allemand, imploraient encore l’aide bienveillante de l’État, leur père. Aujourd’hui, les Anglais comme les Allemands n’espèrent pas, ne supplient pas, non, ils se présentent comme des combattants obstinés et inflexibles, qui ne comptent que sur eux-mêmes, sur la solidarité et le pouvoir du prolétariat.

Et la première impression donnée par leur lutte leur donne raison. Les bataillons ouvriers avaient à peine commencé à se mettre en mouvement que les regards du monde bourgeois se figèrent, regardant leur lutte comme l’événement le plus important de l’histoire contemporaine. Devant les bras croisés des millions de mineurs, se tut en Angleterre le bavardage quotidien des futilités politiques et cessèrent en Allemagne les chamailleries parlementaires sur la question capitale pour le monde de savoir qui doit s’installer dans le fauteuil présidentiel rembourré du Reichstag.

La grève réussira-t-elle cette fois-ci ? Vaine question ! La lutte elle-même est une victoire pour la cause ouvrière car elle révèle au grand jour la conscience de classe, la solidarité et le pouvoir des travailleurs, elle rappelle de la nécessité de la lutte et promet la victoire finale à venir de l’ensemble du prolétariat international.

Rosa Luxemburg

Commentaires de la traductrice :

Ce texte de Rosa Luxemburg répond à une demande de sa camarade et amie Clara Zetkin, à qui elle écrivait : « Je suis pleine de bonne volonté pour écrire ton éditorial. Et le thème “mars” me plait beaucoup, mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je peux écrire. Que Dieu me vienne en aide et éclaire mon esprit. [2] »

Un peu d’humour ne nuit pas ! Et c’est là tout l’intérêt et le plaisir qu’on peut prendre à lire en parallèle la correspondance et les textes de Rosa Luxemburg. Le 11 mars, elle écrit à Kostia Zetkin : « Je ne sais pas si tu seras satisfait de mon article. Je ne suis pas opérationnelle ces jours-ci. Je ne peux travailler à chaque moment et avec joie qu’à mon ouvrage économique. ». En l’occurrence, L’Accumulation du Capital (1913).

Son article a-t-il été critiqué ? En tous les cas, Rosa Luxemburg affirme, le 13 mars : « Je savais que mon article ne valait pas grand-chose. Mais j’ai eu tant de mal à écrire cette fois. Je ne sais pas ce que j’ai, mais je ne suis pas en mesure d’écrire des articles. Seul mon travail économique me vient sans difficulté quand je trouve le temps d’y travailler. »

Un siècle plus tard, on ne peut suivre cette dévaluation : « Tempêtes de mars » est un article majeur, comprenant des éléments d’analyse essentiels et formulé avec le plus de force. Tout particulièrement à propos de la Commune, (date pivot entre révolutions bourgeoises et révolution prolétarienne), qui ancre son affirmation définitive : le combat du prolétariat est celui contre la bourgeoisie toute entière.

Jusqu’à la date charnière de 1871, la révolution a été faite pour la bourgeoisie. Même si, dans un premier temps, la petite-bourgeoisie semble défendre les mêmes intérêts que le prolétariat : « Lors des différentes tempêtes révolutionnaires en France, en 1848 en Allemagne, en 1871 lors de la Commune de Paris, la petite-bourgeoisie et le prolétariat combattirent toujours d’abord ensemble. Et la réaction a repris le pouvoir seulement lorsque la petite bourgeoisie se rangea à ses côtés. Dans tous les combats de classe, le bon ou mauvais vouloir de la petite-bourgeoisie est toujours déterminant. [3] »

En 1905, Rosa Luxemburg pense que la révolution en Russie va marquer la fin de ces révolutions bourgeoises et le début de la révolution prolétaire. : « Certes, les révolutions modernes en France, en Allemagne, dans les pays de l’ouest de l’Europe ont été aussi l’œuvre des travailleurs. C’est leur sang qui a coulé dans les rues de Paris, de Berlin et de Vienne, ce sont leurs fils qui sont tombés sur les barricades, ce sont ses victimes qui ont arraché la victoire de la société moderne sur le féodalisme moyenâgeux. Mais les masses laborieuses n’ont été ici que les auxiliaires et l’instrument de la révolution bourgeoise. C’est la bourgeoisie qui a déterminé à chaque fois l’esprit, l’orientation et la conduite de la révolution et ses intérêts de classe ont été aussi historiquement la force motrice des soulèvements révolutionnaires. [4]»

Rosa Luxemburg aborde à plusieurs reprises le problème de la maturité des conditions économiques et politiques nécessaires à la révolution. Pour elle, la Commune « n’a pas obtenu le pouvoir au terme d’une lutte consciente, mais le pouvoir lui est échu comme un bien dont personne ne veut plus [5] ». Si ces conditions sont indispensables au succès de la révolution et si leur absence explique l’échec programmé de la Commune, Rosa Luxemburg insiste cependant sur le fait qu’il ne faut pas renoncer à la lutte même si l’époque n’est pas encore venue d’une prise du pouvoir politique. Le sens de la lutte est la lutte elle-même.

Dans « Martinique », où Rosa Luxemburg accuse la IIIe République de n’avoir pas seulement trahi la Commune mais de l’avoir assassinée, elle intègre le développement vers l’impérialisme dont elle est témoin en ce début de siècle : « Depuis lors, le développement du capitalisme a conquis le monde au pas de charge. Sur la tombe de la Commune, la troisième République s’est définitivement établie en France en tant que domination sans limites de la classe bourgeoise, qui, avec la politique coloniale, le militarisme et l’alliance avec le tsarisme russe a enterré les anciennes illusions sur le caractère socialiste de la seule forme républicaine de gouvernement. [6] »

Il faut noter que Rosa Luxemburg, alors en conflit avec le courant réformiste majoritaire qui refuse de la suivre dans son combat frontal contre le pouvoir impérial, ne dénonce pas la République en tant que telle. Ce qu’elle combat, c’est la république bourgeoise et sa confiscation de la révolution. Ce qu’elle combat, c’est cette « République sans Républicains » qui utilise le mot magique de république pour « pacifier le peuple » et s’assurer ainsi définitivement son pouvoir : « Le climat politique de cette France bourgeoise, de la France de Thiers et de Favre, a été décrit de façon classique par Jules Guesde dans son remarquable pamphlet de 1872, dans lequel il dénonce le crime de Versailles et qualifie la France de “République sans Républicains”. La France bourgeoise de 1871 était une République sans Républicains, tout comme celles de 1792 et 1848. Et si néanmoins cette même bourgeoisie réactionnaire et monarchiste a fondé la Troisième république et cette fois pour toujours, la raison essentielle en était d’une part la peur qu’elle avait du prolétariat, la conviction donc, après un siècle de révolution, que le prolétariat momentanément vaincu ne pouvait être pacifié que par une constitution républicaine, et d’autre part la certitude que le prolétariat vaincu cette fois ne pourrait alors reprendre la barre de la République pour apporter le désordre dans cette société bourgeoise avec ses fantasmes “sociaux” et ses volontés de subversion. Le journal Rappel a dévoilé clairement ce secret de la IIIe République dans son du 4 avril 1874. On peut y lire : “ Les travailleurs supportent leur misère dans le calme parce que le gouvernement se nomme républicain.” Ce mot exerce une influence magique sur l’esprit des travailleurs, cette supercherie les maintient dans l’espoir. [7] »

Traduction et commentaires Dominique Villaeys-Poirré (relecture Alice Vincent), dans le cadre de son travail pour le site Comprendre-avec-rosa-luxemburg et d’un livre à paraître sur « Rosa Luxemburg et la Commune ».

Sur « Rosa Luxemburg et la Commune », écouter et regarder Sabrina Lorre.

Les cinq premiers volumes des œuvres de Rosa Luxemburg sont parus chez Agone et Smolny (2009-2019).

Notes
  • 1.

    Extrait de Karl Marx, Le 18 brumaire de L. Bonaparte, Marxiste.org.

  • 2.

    Les citations de la correspondance sont issues du tome 4 des Gesammelte Briefe (Dietz Verlag) ; l’édition de la correspondance de Rosa Luxemburg est en préparation aux éditions Agone & Smolny (2022).

  • 3.

    Rosa Luxemburg, discours de mars 1907, à Hambourg, tenu après l’échec aux élections où les exactions coloniales et le colonialisme ont marqué le scrutin ; la petite-bourgeoisie ayant, selon Rosa Luxemburg, donné la victoire aux conservateurs.

  • 4.

    Rosa Luxemburg, « La Révolution en Russie », paru le 16 février 1905 dans le n° 39 de la Sächsische Arbeiter-Zeitung (Dresden).

  • 5.

    Rosa Luxemburg, « Réforme sociale ou Révolution ? » (1899), Le But final. Écrits politique, Spartacus, 2016.

  • 6.

    Rosa Luxemburg, « Martinique », Leipziger Volkszeitung, le 15 mai 1902, n° 109. Écrit après l’irruption du Mont Pelé, cet article est notamment fameux pour la citation : « Aucun volcan n’avait éclaté, aucun jet de lave n’avait été versé. Vos canons, République, ont tiré sur la foule compacte, poussant des cris de douleur – plus de 20 000 cadavres ont recouvert les trottoirs de Paris. »

  • 7.

    Rosa Luxemburg, « Les enseignements des trois Doumas » (1908).