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Face au mépris des classes
Chroniques des violences légales et moins légales mettant à mal l’espoir des habitants et la vie des enfants de la cité de la Castellane, dans les quartiers nord de Marseille.
Avant-propos de Marie Hermann
Parution : 14/11/2016
ISBN : 9782748902792
Format papier : 156 pages (12 x 17 cm)
9.50 € + port : 0.95 €

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« Il est tout de même fantastique que ceux qui ont été élus pour garantir des droits aux citoyens s’offusquent de leurs propres échecs et les attribuent à quelques criminels. Il ne faut tout de même pas oublier que la zone de “non-droit” sortie à toutes les sauces, c’est avant tout celle où vivent des personnes qui n’ont pas les mêmes droits qu’ailleurs.
Dans ces belles déclarations, le droit à la sécurité est toujours l’arbre qui cache la forêt. Mais les autres droits ? Le droit aux soins ? À l’éducation dans des locaux de qualité, avec du personnel en nombre suffisant ? À des transports publics efficaces pour aller travailler partout où il y a (encore) du travail ? Le droit de savoir si ses enfants sont exposés ou non à l’amiante dans leur école ? Qui est responsable de la non-application de ces droits ? Seulement la poignée de délinquants qui agite les nuits de la Castellane !?
C’est un fait, un réseau puissant et mortifère règne sur cette cité. Mais qui peut croire que les politiques de la ville et de l’État sont à la hauteur de la situation ? Qui est garant de l’ordre – et de quel ordre ? Qui est responsable de la main-mise de la mafia sur ces jeunes ? Il faut repenser l’espace public dans l’intérêt des habitants et non des promoteurs immobiliers qui lorgnent sur ce flanc de colline à la vue imprenable sur toute la baie phocéenne. »

Le 10 février 2015, en pleine visite ministérielle à Marseille, une fusillade éclate à la cité de la Castellane, emblème médiatique des « zones de non-droit ». Les forces de police évacuent une école maternelle et confinent élèves et professeurs pendant plusieurs heures. Le lendemain, les enseignants font valoir leur droit de retrait puis, excédés, se constituent en collectif avec les parents d’élèves pour exiger des réponses des pouvoirs publics. Comment en est-on arrivé là ? Qui est vraiment responsable de la dégradation de la vie dans ce quartier ? Quel rôle ont joué municipalité, État et Éducation nationale face à la montée d’un réseau mafieux ? Comment parler d’une même voix, s’organiser, pour faire cesser ce mépris des classes de la Castellane ? Pendant plus d’un an, un militant syndical partage, avec parents et enseignants, la vie, les grandes difficultés et les petites victoires d’un collectif hétéroclite qui s’est fait porte-parole d’enfants sacrifiés par la République.

Pascal Pons

Pascal Pons est professeur des écoles dans le 15e arrondissement de Marseille, militant syndical à la CGT Educ’action et membre d’un réseau d’éducation populaire et nouvelle. Face au mépris des classes est son premier livre.

Les livres de Pascal Pons chez Agone

Dossier de presse
Franck Antoine
Luttes et ratures, le blog "lecture" de Questions de classe, lundi 7 août 2017
Margaux Wartelle
Radio grenouille, 15 février 2017
Graziella Gabrielli
Psychanalyse en Méditerranée-Alpes-Provence, 3 mai 2017
Catherine Walgenwitz
La Marseillaise, 23 novembre 2016
MARYVONNE COLOMBANI
Zibeline, janvier 2017
Face au mépris des classes, Pascal Pons
Pascal Pons est enseignant dans une école de Marseille et syndicaliste. Il nous décrit, à travers les aventures quotidiennes des écoles des quartiers populaires de la cité phocéenne, le mépris des décideurs pour les pauvres. Il évoque la vie dans les quartiers et nous raconte l’expérience d’une lutte collective qu’il a tenté de mener contre ce mépris avec des collègues, des parents d’élèves et toutes celles et ceux qui s’intéressent à la question éducative et sociale. Il nous fait part des échecs mais aussi des réussites sans langue de bois et sans cacher les difficultés à créer du collectif malgré la défiance anti-syndicale et les manœuvres politiciennes.(FA)

Pascal Pons, Face au mépris des classes, éditions Agone (Cent mille signes), 2016, 139 p., 9,50 €.
Franck Antoine
Luttes et ratures, le blog "lecture" de Questions de classe, lundi 7 août 2017
Pascal Pons – Face au mépris des classes
Pascal Pons est enseignant dans une école élémentaire, dans les quartiers Nord de Marseille. Il y est par choix. Pascal Pons est également syndicaliste à la CGT éducation.

Après une fusillade en février 2015, évènement traumatique pour les habitants, les élèves et le personnel enseignant des écoles de la Castellane, il décide, avec d’autres, de créer le Collectif des écoles de la Castellane. Un groupe d’enseignants et de parents d’élèves qui se donne pour objectif de se faire entendre et de faire bouger les lignes.
Car l’état des écoles dans les quartiers de Marseille est déplorable, « la honte de la République » comme le dénoncera en Une le journal Libération.

Nous avons rencontré Pascal Pons pour parler de cette aventure, de ses difficultés mais aussi de l’engagement, de la gestion politique des écoles et du mépris de classe – et des classes- auquel les élèves font face.

Pour écouter Pascal Pons : http://www.radiogrenouille.com/actualites-2/sujets/pascal-pons-face-au-mepris-des-classes/
Margaux Wartelle
Radio grenouille, 15 février 2017
Pascal Pons : "À nous d'agir"
Syndicaliste et professeur des écoles, auteur de "Face au mépris des classes", Pascal Pons répond à Graziella Gabrielli avant le 2e Forum anti-haine organisé à Marseille par l’ECF et le Forum des psys

Graziella Gabrielli : Quelles seraient les conséquences de l’accession de Marine Le Pen au pouvoir, selon votre point de vue de syndicaliste et professeur des écoles ?

Pascal Pons : Jean Zay doit se retourner dans sa tombe depuis que le FN a eu le culot de le citer : « L’école doit être une asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas. » En réalité, le programme du FN pour l’école prône l’exact inverse. Celle-ci deviendrait justement ce que ce parti prétend combattre : un lieu de propagande idéologique. Voici la recette de sa mystification :

– Surfer sur de prétendus constats anxiogènes : autorité du maître remise en question, langue arabe qui prendrait du temps sur les « enseignements fondamentaux », égalité des chances perdue, non neutralité des enseignants – ces affreux gauchistes…

– Ériger ses recettes fascisantes en solutions « neutres » et salvatrices : méritocratie bourgeoise, recentrage sur la culture nationaliste, sélection sociale par le jeu des « bourses au mérite » dans les universités, promotion de l’autoritarisme…

– Ne pas révéler le projet global sous-jacent : une école réservée aux seuls enfants français, précarisée par la réforme du statut des écoles primaires et de leurs fonctionnaires… le tout avec des méthodes pédagogiques rétrogrades appartenant à un âge d’or fantasmé.

Mon engagement contre le FN va au-delà de la critique sur son affligeant programme éducatif. Son hostilité aux syndicats de la classe ouvrière, ses pires ennemis, fera notamment de nous, militants du quotidien, des cibles privilégiés de leur future milice d’État. Ils savent que nous sommes le premier rempart face à eux, car les plus organisés.

Cet engagement n’en est pas moins lucide. La lutte contre les idées de l’extrême droite ne saurait se résumer à un rendez-vous quinquennal dans un isoloir. Ce sont les racines que nous devons attaquer. Celles qui arrachent des pans entiers du peuple à l’idéal républicain de 1792 ou du Conseil National de la Résistance : domination outrancière de la finance, reculs sociaux généralisés, inégalités obscènes, mise en concurrence des peuples, mépris pour les décisions des citoyens par les technocrates…

Prenons acte que la diabolisation et les leçons d’histoire plus ou moins pertinentes ne fonctionnent plus. Et encore moins depuis que des apprentis sorciers ont fait sienne leurs idées nauséabondes en proposant la déchéance de nationalité. Encore moins depuis l’état d’urgence à perpétuité. Encore moins depuis que les donneurs de leçon se pavanent dans le luxe ou la corruption. Pour abattre l’extrême droite et ses idées, il serait temps de comprendre que la culpabilisation morale ne convainc plus personne, sinon les convaincus.

Il faut s’en réjouir : poussés dans nos derniers retranchements nous allons enfin pouvoir revenir aux fondements des idéaux égalitaires et fraternels de notre République. Il le faudra en tous les cas. Car si le vieux monde se meurt assurément, le nouveau ne naîtra qu’à la condition que nous changions radicalement notre manière d’envisager notre avenir en commun. A nous d’agir. Et pas que dimanche prochain.
Graziella Gabrielli
Psychanalyse en Méditerranée-Alpes-Provence, 3 mai 2017
Marseille : Pascal Pons face au mépris des classes
Pascal Pons, professeur des écoles, a dédié son livre à tous ceux qui luttent. Photo C.W. L’utilisation de l’article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise
L’enseignant des quartiers Nord et militant de la CGT éduc’action a écrit un livre sur l’école, les quartiers Nord et l’engagement. L’ouvrage en forme de chroniques est un appel à la résistance.

Au lendemain de la fusillade de la Castellane dans les quartiers Nord de Marseille, Pascal Pons, jeune enseignant de 33 ans, co-secrétaire académique de la CGT éduc’action, n’a qu’une idée en tête, remettre les événements hallucinants de ce jour-là à leur juste place mais aussi analyser une expérience de résistance citoyenne.

Après ce fait divers, les écoles décident de se former en collectif. Cette union entre parents et professeurs va jouer un rôle essentiel dans la médiatisation de la situation des écoles marseillaises. Pascal Pons écrit un article destiné à un réseau de militants, repris sur un blog hébergé par Médiapart. L’article attire l’attention des éditions Agone qui lui demandent d’aller plus loin avec la rédaction d’un livre dans la série « Cent mille signes ».

« Ils étaient intéressés par le côté syndicalisme de terrain et l’aspect social autour du quartier de la Castellane. » Son regard sur l’éducation prioritaire et sur la question du lien entre collectif et syndicalisme apporte un éclairage nouveau. L’ouvrage aux 131 pages raconte l’histoire d’un engagement.

Issu d’un milieu traditionnel de droite -dont il pense que ce n’est pas parce que l’on est dans une bulle que l’on ne peut pas en sortir- c’est au prix d’une remise en question permanente qu’il apprend le militantisme rationnel, celui où l’on défend la fraternité. « Si on ne fait pas l’effort de confronter les idées on n’arrivera pas à organiser le terrain que l’extrême droite a gagné », pense l’enseignant. Une obsession avec l’idée que le vote FN n’est pas irréversible.
Provoquer une étincelle

« Dire aux gens qui je suis et par quels yeux je vois le monde. Je ne suis pas né dans un appareil, prêt à suivre des dogmes, toujours d’accord avec une ligne. J’ai fait un chemin pour arriver jusque-là. Je me suis rendu compte par la pratique qu’il fallait militer dans une structure pour être plus efficace. »

Face au mépris des classes observe le rejet de toute forme institutionnelle d’organisation collective et la sacralisation des mouvements spontanés. Les deux sont en réalité complémentaires. « Le syndicat, permet d’éviter que des fous prennent le pouvoir. De part leur spontanéité, les collectifs ne peuvent exister que sur le court terme. La rencontre des deux peut créer l’étincelle et renverser cette domination de classe. »

Le syndicaliste-enseignant fait partie de cette nouvelle génération engagée dans une réflexion sur la façon de militer aujourd’hui, l’état de l’école et la situation des quartiers populaires. Si les trois sont liés, l’auteur montre comment les violences légales et moins légales mettent à mal les espoirs des habitants et la vie des enfants de la cité de la Castellane. « Face aux violences, il est un laxisme qui doit cesser », écrit Pascal Pons, dont le livre cherche à dénoncer l’injustice et la violence de classe.

Le texte se veut une contribution. « C’est ma pierre à l’édifice », explique-t-il, pour que d’autres militants qui vivent des situations semblables puissent construire ces complémentarités dans leur lutte de tous les jours. Il s’agit de redonner l’espoir. « La mobilisation ne doit jamais s’arrêter. On a tout à gagner », affirme Pascal Pons. Des batailles pour les écoles ont été gagnées. « Nous sommes en train de semer des choses que tôt ou tard, nous finirons bien par récolter », confie l’enseignant.
Catherine Walgenwitz
La Marseillaise, 23 novembre 2016
Faire face
Non, la parole n’est pas l’apanage de quelques-uns, investis du rôle de porte-parole par leurs fonctions ou par les vecteurs utilisés, relais de groupes aux intentions plus ou moins claires… Résistances, il y a, saines, vivifiantes, intelligentes, se refusant aux sectarismes de tout poil et aux aprioris bien-pensants (là encore peut-on s’interroger sur la signification du bien penser, et des critères qui le déterminent), ainsi à Aubagne, dans la lignée de l’émission de Daniel Mermet, Là-bas si j’y suis, s’est ouvert grâce à Jean-Pierre Brundu, depuis 2003 le Repaire d’Aubagne, qui invite dans l’atmosphère conviviale du restaurant Le Borsalino auteurs, penseurs, philosophes, qui viennent présenter leurs ouvrages, discutent avec le public, analysent les mécanismes du monde avec pertinence et savent accorder au monde un regard autre. Il est question de société, de loi du travail, de solidarité, de loi, de justice, d’équité, de moyens de lutte, d’expression…

Ainsi, le 19 janvier, Pascal Pons présentait son livre Face au mépris des classes, publié aux éditions Agone dans la collection cent mille signes. Le point de départ, la fusillade du 9 février 2015 qui éclata dans la Cité de la Castellane, son traitement dans les médias, au niveau politique (locale et nationale) et au niveau des enseignants. Création d’un collectif, méfiance vis-à-vis des syndicats (personnels échaudés depuis ce qui est considéré comme la trahison de 2003 lors des grands mouvements contre la loi sur les retraites). La démarche de Pascal Pons est remarquable à la fois par sa sincérité, son honnêteté intellectuelle (d’où le passage dans lequel il évoque sa formation et son milieu social), la clarté de ses analyses. Il présente les problèmes d’une hiérarchie qui paralyse souvent, interprète parfois avec un aveuglement effarant les positions du corps enseignant, niant toute réalité, mettant en doute les qualités des professeurs plutôt que celles d’un système, multipliant les abus de pouvoir, ne parlant plus d’éducation, mais de management, sans compter l’état des locaux des écoles marseillaises, de sites encore construits sur le modèle Pailleron… Pascal Pons revient aussi sur le fonctionnement des syndicats (souvent présentés dans les médias de manière caricaturale) « outils de lutte », seuls capables d’être des forces pérennes. Il ne faut surtout pas oublier : « il a toujours été évident que l’objet de la lutte est plus important que l’outil que je représente. Les travailleurs ne sont pas l’outil d’un syndicat, c’est le syndicat qui doit se mettre à leur service ». L’auteur s’interroge enfin sur l’avenir du mouvement social : « quelle forme prendront les luttes collectives de demain ? (…) Une révolution citoyenne peut-elle réussir sans structuration ? Comment lier la volonté de dynamiques « spontanées » comme Nuit debout à l’expérience des luttes syndicales qui résistent sur un temps long ? » Un bel appel à l’union des mouvements collectifs à s’unir dans cette guerre sociale contre le mépris des classes.

Le cinéma aussi est à l’honneur, avec des films comme celui de Yannis Youlountas, Ne vivons plus comme des esclaves, La Semence dans tous ses États, de Christophe Guyon ou Comme des lions, réalisé par Françoise Davisse… L’esprit d’ouverture et de réflexion se prolonge lors d’universités populaires, gratuites, non diplômantes et ouvertes à tous, au Lycée Joliot Curie (Aubagne). Actuellement se déroule un cycle à propos des usages publics de l’histoire avec Stéphane Rio, après celui consacré au Capital du XXIème siècle de Piketty. Naissent aussi des apéros littéraires qui peuvent quitter Aubagne pour d’autres adresses, ainsi le 27 janvier, une rencontre-débat-signature avec Jean Contrucci pour La ville des tempêtes (cf article Zibeline 104) se tiendra au Théâtre Toursky (familier aussi des Universités populaires).
Rendez-vous pris !
MARYVONNE COLOMBANI
Zibeline, janvier 2017
Rencontre avec Pascal Pons autour de "Face au mépris des classes"
Le samedi 22 avril 2017    Marseille (13)
Rencontre avec Pascal Pons autour de "Face au mépris des classes"
Le vendredi 17 février 2017    Marseille (13)
Rencontre avec Pascal Pons autour de "Face au mépris des classes"
Le jeudi 19 janvier 2017    Aubagne (13)
Rencontre avec Pascal Pons autour de "Face au mépris des classes"
Le samedi 10 décembre 2016    Marseille (13)
Rencontre avec Pascal Pons autour de "Face au mépris des classes"
Le jeudi 8 décembre 2016    Marseille (13)
Réalisation : William Dodé