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Je regrette
Parution : 22/08/2016
ISBN : 9782748902495
Format papier : 128 pages (12 x 17 cm)
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« Je regrette d’être emprisonné pour délit d’opinion quand j’ai affirmé durant toute mon existence que seul l’acte donne leur véritable sens aux mots.
  Dans les Vers nouveaux, Rimbaud était bien plus explicite : “De rage, sanglots de tout enfer renversant… Industriels, princes, sénats, périssez ! Puissance, justice, histoire, à bas !”
  J’aurais peut-être dû versifier mon propos ?
  Un de ces jours, il me faudra tout de même calculer (en jours de prison) le poids de chacun des mots qui provoqua les foudres de la justice. »

Série d’aveux indéniables et de souvenirs carcéraux, politiques, amoureux, militants, littéraires, cinématographiques, révolutionnaires et enfantins enfin délivrée avec une bonne foi irréprochable par cet ancien membre du groupe Action directe, qui joue avec ce que ses juges attendent de lui. Écrits au printemps 2010 (sur le modèle du Je me souviens de Pérec), alors qu’il venait de passer à Marseille sa première année en semi-liberté depuis vingt ans, ce texte a été revu pour son édition.

Jann Marc Rouillan

Né en 1952 à Auch, Jean-Marc Rouillan a été incarcéré de 1987 à 2011 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Auteur de près de vingt livres, il vit aujourd’hui dans le Sud-Ouest de la France.

Bibliographie complète
   Livres : Infinitif présent [2010] Agone, 2020 ; Dix ans d’Action directe. Un témoignage, 1977–1987, Agone, 2018 ; Je regrette, Agone, 2017 ; Je hais les matins, Agone, 2015 ; Le Rat empoisonné, Al Dante, 2014 ; Le Tricard, Al Dante, 2014 ; Autopsie du dehors. Carnet d’été d’un relégué sous surveillance électronique (illustrations de Marie-Claire Cordat), Al Dante, 2012 ; De mémoire (3). La courte saison des GARI, Toulouse 1974, Agone, 2012 ; Paul des Épinettes et moi. Sur la maladie et la mort en prison, Agone 2010 ; De mémoire (2). Le deuil de l’innocence, un jour de septembre 1973 à Barcelone, Agone, 2009 ; Les Viscères polychromes de la peste brune (illustrations du peintre Dado), La Différence, 2009 ; Chroniques carcérales. 2004–2007, Agone, 2008 ; De mémoire (1). Les jours du début, un automne 1970 à Toulouse, Agone, 2007 ; Le Capital humain, L’Arganier, 2007 ; La Part des loups, Agone, 2005 ; Lettre à Jules, suivi de Voyages extraordinaires des enfants de l’Extérieur, Agone, 2004 ; Le Roman du Gluck, L’Esprit frappeur, 2003 ; Le Prolétaire précaire, (avec Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Régis Schleicher), Acratie 2000.
   Articles et entretiens : « Mes voisins sont de drôles de types », Le Monde diplomatique, juin 2011 ; « Retour à Fresnes », Contre-Attaques, n° 2, 2011 ; « De Toulouse à Marseille », Contre-Attaques, n° 2, 2011 ; « Happy birthday ! », BlogAgone, septembre 2010 ; « Notre devoir de résistance », 2010 ; « L’autre Johnny », BlogAgone, décembre 2009 ; « La nouvelle adresse », Siné Hebdo, 9 novembre 2009, n° 66, p. 9 ; « J’assume totalement mon passé mais je n’incite pas à la violence » (entretien avec Michel Henry), Libération, 2 octobre 2008; L’entretien de Gilles Rof qui a permis à la justice « anti-terroriste » de renvoyer JMarc Rouillan en prison, L’Express, 1er octobre 2008 ; « Les révolutionnaires du bar du Vallon », BlogAgone, août 2008; « Jann-Marc Rouillan raconte sa semi-liberté » (entretien avec Gilles Lucas et Nicolas Arraitz), CQFD, 15 janvier 2008 ; « Questions à Jann-Marc Rouillan, écrivain semi-libéré » (entretien avec Paco), Le Mague, 2 février 2008 ; « Après-68 à Toulouse : les années de braises de Jean-Marc Rouillan » (entretien avec Jean-Manuel Escarnot), Libération, 19 février 2008 ; « Une identité anationale », Commune n° 48, décembre 2007; « La bande à Sten », préface au livre de Sergi Rosès Cordovila, Le MIL : une histoire politique, Acratie, 2007 ; « On dit bien que la justice est aveugle » (avec Thierry Discepolo), Les mots sont importants, avril 2007 ; « Chroniques carcérales », parution mensuelle dans CQFD (2004–2007) ; « Le même chantage : repentir contre libération », BlogAgone, 2007 ; « Le premier matin sans elle », mars 2006 ; « Le pays du dedans », BlogAgone, octobre 2005 ; « Ces prisonniers qui ne cessent de payer », Le Monde diplomatique, juin 2005 ; « Écrire, c’est ne pas renoncer à nos rêves de bouleversement révolutionnaire » (entretien avec Thierry Discepolo), Le Monde libertaire, 4 mai 2005 ; « L’écriture prolétarienne. Correspondance entre Jann-Marc Rouillan et Jean Pierre Levaray », printemps 2005 (en quatre parties) ; « La lettre non postée », BlogAgone, 2003 ; « En direct de la centrale d’Arles », BlogAgone, 2003 ; « De mémoire proscrite », Commune, 2002 ; « La “torture blanche” », BlogAgone, 2001 ; « Célébration du vingtième anniversaire de l’abolition de la peine de mort », BlogAgone, 2001

Les livres de Jann Marc Rouillan chez Agone

Dossier de presse
Eric Gillot
https://blogs.mediapart.fr/eric-gillot/blog/181216/lire-rouillan, 18/12/2016
Lire Rouillan ?
Lire Rouillan ?

18 déc. 2016
Par Eric Gillot
Blog : Insurgé-e-s !


« Indéniables aveux politiques, carcéraux, littéraires, militants, cinématographiques, amoureux et révolutionnaires enfin délivrés par l’ancien membre du groupe Action directe ». Bigre, tout un programme. C’est l’exergue du dernier bouquin de Jean-Marc Rouillan, un recueil de 197petits textes, qui tous commencent par : « Je regrette » (Je regrette, éd. Agone, coll. Cent mille signes, Marseille, 2016).

N’avais jamais lu Rouillan, suis surpris, l’homme a du talent, c’est un véritable écrivain, on sent cela, l’écriture est fine, lisible, aérienne, éloignée des communiqués grandiloquents, prétentieux d’Action directe.

Commençons par le titre. Évidemment, il ne regrette rien, du moins de ce dont certains désirent ardemment qu’il éprouve du repentir, allonge-toi, Rouillan, viens au 20 heures en chemise, regard bas, corde au cou. Ce livre constitue pour lui une victoire intime, après que la justice, la justice semble avoir été aux ordres, en tout cas pas très juste, l’ait renvoyé en taule, car il aurait contrevenu aux exigences de sa libération conditionnelle, ne pas s’exprimer sur les faits pour lesquels il avait été condamné, ce qu’il aurait fait néanmoins, en soulignant que s’il crachait sur ses actes passés, bien sûr il pourrait parler. C’est une évidence. Ardisson l’inviterait, il porterait la bonne parole dans les écoles, l’état lui trouverait un petit boulot, Najat Vallaud-Belkacem lui ferait la bise, une Violette Nozière au masculin. Dans ce livre, il dit clairement ce qu’il pense. Texte 125 : « […] ils seraient trop nombreux à se réjouir si je me dissociais de notre passé. Pas seulement des ennemis de classe. Mais aussi les camarades convertis à l’opposition pénarde, justifiée au prix des fosses communes et des perpétuités. »

Alors pourquoi ce titre ? Il a dû y réfléchir longuement. Façon de se moquer du marché qu’on lui avait présenté, tu regrettes, on te libère, nous aussi on a lu les poèmes d’Aragon, on sait qu’un mensonge, c’est peu de chose… alors, ça vient ? Sans doute, oui, il doit y avoir de cela. Pourtant, non, je ne crois pas. Tout le texte de Rouillan est tapissé d’un arrière-fond mélancolique, l’homme en situation, qui a vieilli, est devenu, il le dit lui-même, de l’histoire ancienne (188). Le texte 130 est poignant : « Je regrette de ne pas pouvoir revivre chaque épisode de notre aventure, même les plus durs, les plus incompréhensibles, les plus sanglants. Les voyages ont formé notre jeunesse. On changeait de voiture comme de chemise et de maison comme de caleçon. On cheminait sur des sentiers à travers la montagne, le sac sur le dos et le fusil à la main. On traversait des forêts de sapins, à l’aube ou à la tombée de la nuit, avançant à pas de loup entre les buissons et les taillis. On circulait au volant de voitures maquillées […] ».

C’est souvent très beau. Rouillan n’abdique sur rien. Texte 138 : « Je regrette que le système militant (partisan ou syndicaliste) dit oppositionnel (y compris la frange la plus virulente) soit organiquement lié au bon fonctionnement de l’ordre autoritaire des démocraties impérialistes. Comme si aucune rupture décisive ne pouvait être pratiquée – ou ne serait-ce même que théorisée. ». Dans le texte 183, il se positionne : « […] Je revendique mon appartenance conjointe à la tendance historique appelée « communisme de gauche » […] ; à l’expérience révolutionnaire européenne de la lutte armée menée dans les années 1970 et 1980 ; et au mouvement anti-impérialiste, qui a saisi l’importance et la spécificité de la lutte dans les métropoles à l’époque du capitalisme global. »

Si j’ai moi aussi un regret, c’est qu’il me semble que Rouillan ne va pas au fond de lui-même. L’exergue parle d’aveux sur ses amours. Blabla de marketing. Il est certes question ci et là d’une fille aux yeux sombres (c’est quoi des yeux sombres ? Les yeux de geai d’une méditerranéenne ou le regard noir d’une femme déçue ? Ambiguïté, Rouillan !). Le tout dernier texte s’arrête sur ces mots : à suivre. L’auteur est ici prisonnier (forcément, Rouillan est un prisonnier presque par définition) du format de la collection, cent mille signes. Ce serait bien de s’étendre un peu, d’en révéler davantage, de nous parler avec les tripes.

https://blogs.mediapart.fr/eric-gillot/blog/181216/lire-rouillan
Eric Gillot
https://blogs.mediapart.fr/eric-gillot/blog/181216/lire-rouillan, 18/12/2016
Soirée-débat avec Jann-Marc Rouillan
Le samedi 12 novembre 2016    Bordeaux (33)
Rencontre avec Jann-Marc Rouillan
Le vendredi 4 novembre 2016    LYON (69)
Festival du livre de Mouans-Sartoux
Du vendredi 7 au dimanche 9 octobre 2016    Mouans-Sartoux (6)
Rencontre avec Jann Marc Rouillan
Le vendredi 7 octobre 2016    Marseille (13)
Rencontre avec Jann Marc Rouillan
Le dimanche 18 septembre 2016    Villefranche-sur-Saône (69)
Rencontre avec Jann Marc Rouillan
Le mercredi 14 septembre 2016    Toulouse (31)
Réalisation : William Dodé