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Le Mythe moderne du progrès
Parution : 21/02/2017
ISBN : 9782748903089
Format papier : 128 pages (11,5 x 17 cm)
9.50 € + port : 0.95 €

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Le mythe moderne du progrès décortiqué et démonté à partir des critiques de Karl Kraus, Robert Musil, George Orwell, Ludwig Wittgenstein et Georg Henrik von Wright

« Si le progrès ne réside plus guère que dans les moyens, qui ont tendance à augmenter sans cesse, il n’est pas surprenant qu’on le rencontre à chaque pas, avec le sentiment de rencontrer en réalité à chaque fois autre chose que lui. L’impression qui résulte de ce qui se passe est que le progrès est partout, et que pourtant sa physionomie ne peut plus être reconnue nulle part. »

Dans Le Mythe du progrès, von Wright remet en question certaines de nos croyances contemporaines les plus fondamentales, en particulier la croyance au progrès, et rappelle, d’une part, que l’espèce humaine est soumise à la même loi de précarité et de caducité que les autres espèces et, d’autre part, que rien ne garantit que la forme industrielle de production soit biologiquement adaptée à l’être humain. Ces deux idées pourraient donner l’impression de relever du simple bon sens ; elles n’ont rien de particulièrement choquant ou subversif. Mais elles n’en ont pas moins suscité des réactions négatives surprenantes de la part de tous ceux, scientifiques, économistes, politiciens, intellectuels, qui partagent une conviction commune, que l’on peut appeler « la croyance dans la croissance économique illimitée ».
   Ce qui confirme l’idée de Kraus que, même si on ne sait pas ce qu’est le progrès, tout le monde est plus que jamais tenu de croire qu’une chose au moins est sûre : nous progressons, nous pouvons le faire de façon illimitée, et l’obligation de continuer à le faire est une sorte d’impératif catégorique pour les sociétés contemporaines.
   Quand il s’interroge sur le type de lecteurs qui seraient, au contraire, susceptibles d’apprécier les idées qu’il a développées, von Wright suggère prudemment deux groupes, qu’il appelle celui des « conservateurs de la valeur » et celui des « intellectuels de gauche » – dont il constate, d’une façon que je ne contredirai pas, qu’il semble pour tout dire déjà moribond. La question qui se pose est de savoir qui sont aujourd’hui les intellectuels de gauche. Doit-on encore appeler ainsi des gens qui, s’ils sont plus sensibles que d’autres aux coûts sociaux et humains du progrès, et en particulier aux inégalités qu’il engendre, n’en continuent pas moins le plus souvent à croire à la possibilité et à la nécessité du progrès par la croissance économique illimitée, se contentant pour l’essentiel d’exiger que les fruits de la croissance soient répartis un peu plus équitablement ?

Jacques Bouveresse

Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse a publié de nombreux ouvrages de philosophie du langage et de la connaissance mais aussi sur des écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus. Il est aussi l’un des principaux commentateurs français de Ludwig Wittgenstein.

Pour visiter la page consacrée à Jacques Bouveresse sur le site du Collège de France

Les livres de Jacques Bouveresse chez Agone

Dossier de presse
Théo Bélaud
Actu-Philosophia , mercredi 20 septembre 2017
Michel Lapierre
Le Devoir , 27 mai 2017
Robert Maggiori
Libération , 4-5 mars 2017
Jacques Bouveresse : Le mythe moderne du progrès
Cette conférence connaît ici une première édition livresque et autonome [1], après avoir été publiée sous forme d’article dans Opuscules. Ce texte, légèrement remanié ici, était déjà alors une extension d’une intervention de Jacques Bouveresse en 2001. Il s’inscrit dans un réseau d’écrits et de conférences de l’auteur courant au moins sur les 25 dernières années, dans la mesure où le thème choisi se situe à la croisée de ses publications sur Kraus et d’une bonne partie de celles sur Wittgenstein. Il prolonge notamment une communication de 1990 d’un très grand intérêt, qui avait été publiée dans le collectif Wittgenstein et la critique du monde moderne [2], et dont on retrouve une courte partie consacrée aux rapports de la famille Wittgenstein à la Vienne économique et médiatique. C’est semble-t-il dans ce texte que Bouveresse présentait pour la première fois peut-être une vue synoptique de la proximité d’appréciation (c’est-à-dire largement de dégoût) des deux Viennois de l’ethos occidental, c’est-à-dire de la civilisation « euro-américaine » (Remarques mêlées) technico-scientiste, affairée à son auto-complication. Si l’horizon critique est ici élargi à Orwell et Von Wright (le Mythe du progrès de ce dernier étant la référence vertébrale de l’exposé [3]), il importe d’insister sur le caractère fondateur de la double référence à Kraus et Wittgenstein, qui ancre dans la critique de la première modernité industrielle celle que l’on pourrait un peu vite résumer à celle de la postmodernité. Disons-le d’emblée, le familier des écrits de Bouveresse sur ce sujet comme sur d’autres ne trouvera pas de matériau nouveau à penser ici, sauf peut-être dans les dernières pages de l’exposé. L’intérêt de ce texte n’est pas davantage de proposer plus que ce que son long sous-titre indique (Le mythe moderne du progrès décortiqué et démonté par le philosophie Jacques Bouveresse à partir des critiques de Karl Kraus, Robert Musil, George Orwell, Ludwig Wittgenstein et Georg Henrik von Wright). Il n’est, de fait, guère question d’autres auteurs que ceux-là, ce qui aurait été de toute façon une gageure dans un tel format. Le terrain est connu et balisé (sauf, s’agissant de Bouveresse, pour Orwell semble-t-il). On pourrait par principe faire le reproche à l’auteur de ne pas s’aventurer dans le domaine extra-philosophique (qui ne l’est souvent qu’en apparence) des historiens, sociologues et juristes critiques du progrès en tant qu’idéologie politique, croyance civilisationnelle (sinon religion) ou institution artificielle de la raison, par exemple. Mais c’est que cette conférence est moins un exposé universitaire sur un sujet ou une notion que le témoignage d’un parcours de fréquentations philosophiques et littéraires. C’est sa liberté de construction qui lui donne sa vivacité, et sa combinaison personnelle de lectures qui garantit sa personnalité.

Lire la suite : http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article764
Théo Bélaud
Actu-Philosophia , mercredi 20 septembre 2017
Le mythe moderne du progrès de Jacques Bouveresse
Cet essai assez court, format de la collection oblige, est issu d’une conférence de Jacques Bouveresse donnée en 2001 à l’Institut finlandais de Paris ayant pour thème Georg Henrik von Wright, un philosophe pratiquement ignoré en France, pourtant auteur d’un ouvrage intitulé Le Mythe du progrès disponible à L’Arche depuis 2000. Autant dire qu’une nouvelle fois les éditions Agone font œuvre utile et même : de salubrité publique en publiant ce texte qui examine la question du progrès telle qu’elle est traitée, tout d’abord, par Karl Kraus.
Pour Jacques Bouveresse, excellent exégète de cet implacable contempteur de la parole de la Putain journalistique qu’est le Grogneur autrichien, «le but réel du progrès, s’il y en a un, est enfin devenu clair : tout se passe comme s’il n’était en fait rien d’autre que la continuation du progrès lui-même» (p. 13). Il est d’ailleurs étonnant, souligne Bouveresse, que nos contemporains, qui sans cesse nous répètent qu’ils sont devenus parfaitement sceptiques à «l’égard des grands récits de la modernité, à commencer par celui du progrès» (p. 28), ne cessent pourtant jamais de croire en la perpétuelle avancée de ce dernier. Le progrès progresse en somme, il n’est plus grand-chose qu’une force livrée à elle-même et qui ne peut plus être arrêté ni même ralentie, et c’est bien cela qui est goûté par l’homme moderne, incapable de tenir en place, lui-même animé d’un mouvement sans but, comme Max Picard l’a si bien montré : «le mot «progrès» n’a probablement jamais été autant utilisé et galvaudé (notamment dans le discours des hommes politiques, des technocrates, des économistes, des chefs d’entreprise et des financiers), l’obligation de servir le progrès aussi impérieuse et la prétention de le faire effectivement aussi affirmée» (p. 29). Il n’y a donc, contrairement à ce qu’affirme von Wright dans son essai, pas l’ombre d’un «rationalisme démythifié», à savoir «le rationalisme qui aurait réussi à se libérer de la croyance au mythe du progrès» (p. 35), tout en ne cédant pas à ce qu’il appelle «l’autorité de la Parole sur la vie de la connaissance, et de la religion sur la vie de l’action» (Bouveresse cite von Wright), proposition que commente ainsi Jacques Bouveresse : «il n’est malheureusement pas certain qu’on ait réussi jusqu’à présent à trouver un mode de démythification qui soit réellement libérateur et suffisamment distinct du rétablissement, sous une forme ou sous une autre, d’une autorité ancienne, en l’occurrence celle que la Parole avait exercée pendant longtemps sur la connaissance et sur l’action» (p. 36), d’où il appert que Jacques Bouveresse, bien qu’il le critique, n’en croit pas moins au mythe du progrès, puisqu’il ne saurait accepter (ni même concevoir ?) que sa très partielle éclipse puisse s’accompagner d’un retour de la Parole. Il concède d’ailleurs qu’il pense exactement la même chose que Zeev Sternhell qui affirme que «le monde tel qu’il est n’est pas le seul possible», et qu’il ne croit "nullement que l’idée de progrès soit morte ou nocive» (cité par l’auteur p. 95).
Je me range donc plutôt derrière Karl Kraus, qualifié de «conservateur de la valeur» (cf. p. 39) par Jacques Bouveresse, plutôt que derrière ce dernier, même s’il répète, au travers de son essai stimulant que, comme Kraus, «même si on ne sait pas ce qu’est le progrès, tout le monde est plus que jamais tenu de croire qu’une chose au moins est sûre, à savoir que nous progressons, que nous pouvons le faire de manière illimitée, et que l’obligation de continuer à le faire est une sorte d’impératif catégorique pour les sociétés contemporaines» (p. 38).
35874227222_15b7a09565_o.jpgPourtant, Jacques Bouveresse, sur les brisées du fascinant Wittgenstein, semble penser que le progrès ne peut être, dans le meilleur des cas, que ralenti, mais que cette action non seulement est loin d’être suffisante, mais nous condamne probablement à un échec et, partant, à un asservissement catastrophique : «Wittgenstein semble avoir eu plutôt tendance à penser sur le mode révolutionnaire de la table rase suivie d’un recommencement radical que sur le mode mélioriste et réformiste qui est celui des représentants de l’idée du progrès continu et illimité» (p. 45). Plus loin, Jacques Bouveresse revient sur cette idée en affirmant que «Wittgenstein semble faire partie de ceux qui pensent, avec raison selon moi, que le problème de ce que ’on appelle les dégâts du progrès ne sera pas résolu par des corrections mineures introduites au coup par coup mais seulement par un changement d’attitude radical, qui est malheureusement peut-être devenu depuis un certain temps déjà impossible et qui consisterait à s’imposer une fois pour toutes une forme de sagesse et de mesure suffisamment rigoureuse, résolue et efficace dans la gestion des ressources naturelles et dans nos rapports avec la nature en général» (p. 69).
De Wittgenstein, Jacques Bouveresse nous dit qu’il semble, «peut-être en partie sous l’influence de Spengler, plus intéressé par des humanités particulières et par leurs formes de vies concrètes (2) que par l’idée de l’humanité en général et du progrès supposé de celle-ci. Et enfin il est opposé à l’idée, que Karl Kraus qualifie de paranoïaque, d’une prise de possession et d’assujettissement complets de la nature dans toutes ses parties et tous ses aspects, qui constitue, aux yeux de beaucoup de nos contemporains, le programme que l’être humain doit s’efforcer de réaliser par tous les moyens et qui s’identifie dans leur esprit au progrès lui-même» (p. 68). Il est dommage et frustrant que Bouveresse n’ait pas davantage évoqué les remarques mêlées du grand philosophe, comme celle-ci : «Il est tout à fait remarquable que nous soyons enclins à penser que la civilisation […] éloigne l’homme de son origine, de ce qui est élevé, infini, etc. Il semble alors que notre environnement civilisé, y compris les arbres et les plantes, soit enveloppé dans une cellophane bon marché et coupé de tout ce qui est grand, coupé pour ainsi dire de Dieu» (3), ou cette autre, qui montre bien la méfiance qu’éprouve Wittgenstein pour la modernité : «Ce dont il s’agit en réalité, c’est de parler, peut-être inconsciemment, la langue ancienne, mais de la parler de telle manière qu’elle appartienne au nouveau monde, sans pour autant appartenir nécessairement au goût de celui-ci» (p. 128).
Ce petit livre bien fait sur ce que von Wright et tant d’autres ont considéré comme une époque malade (cf. p. 94) se termine sur une leçon en demi-teinte, Jacques Bouveresse critiquant notre époque postmoderne comme étant «foncièrement optimiste» (p. 100). Il définit même le postmodernisme «comme étant la conception selon laquelle on sait moins que jamais où l’on va et on ne doit surtout pas chercher à le savoir, mais on sait en tout cas qu’il est important d’y aller le plus vite possible», «ce qui ressemble trait pour trait ou, en tout cas,beaucoup trop à ce qu’a fini justement par devenir l’impératif de la modernité lui-même» (pp. 100-1).

Notes
(1) Jacques Bouveresse, Le mythe du progrès (éditions Agone, coll. Cent mille signes, n°11, Marseille, 2016). Sans autre indication, les pages entre parenthèses renvoient à cette édition.
(2) Curieux, j’aurais plutôt songé à Herder.
(3) Wittgenstein, Remarques mêlées (présentation par Jean-Pierre Cometti, Flammarion, coll. GF, 2002), p. 114, l’auteur souligne. Je cite cette autre remarque, qui montre toute la complexité de ce philosophe, apparemment beaucoup moins hostile que Bouveresse lui-même à cette Parole dont nous devrions nous émanciper : «Quel sentiment aurions-nous si nous n’avions pas entendu parler du Christ ? Aurions-nous un sentiment d’obscurité et d’abandon ?» (p. 67).
Juan Asensio
Stalker , 09/08/2017
Jacques Bouveresse à la défense du progrès
C’est grâce aux journaux que Karl Kraus (1874-1936) a enfin découvert le progrès, pomme de discorde de grands penseurs. Le satiriste autrichien l’a décelé dans la bourgeoise qui, pour assister à bas prix à une symphonie, va, habillée en pauvresse, à un concert pour les ouvriers. Inspiré par cela, le philosophe Jacques Bouveresse montre que le mythe du progrès est ce qui s’oppose le plus au vrai progrès, toujours indispensable à la survie de l’humanité.


Dans son essai Le mythe moderne du progrès, sur un titre semblable de son confrère finlandais Georg Henrik von Wright (1916-2003) dont il commente la pensée à la lumière de Kraus, Bouveresse, professeur au Collège de France, né en 1940 dans le Doubs, rejette l’optimisme béat qui fait oublier l’existence des maux non guérissables. Il estime que von Wright « a compris mieux que d’autres que le progrès peut avoir besoin d’être défendu aussi et peut-être même en priorité contre certains de ses amis actuels ».


Il faut surtout le défendre contre les doutes exprimés à son sujet par un philosophe aussi immense que Ludwig Wittgenstein (1889-1951) et des écrivains aussi pénétrants que Robert Musil (1880-1942) et George Orwell (1903-1950). C’est à cette tâche difficile que Bouveresse s’attelle avec tact. Il signale que, lorsque von Wright, à la veille du deuxième conflit mondial, demanda à Wittgenstein si l’Europe avait besoin d’une autre grande guerre, celui-ci répondit : « Pas une mais deux ou trois. »


Surprend encore plus le propos que le philosophe britannique d’origine autrichienne tiendra, une fois la guerre commencée : « Bien sûr, ce sera terrible si les nazis l’emportent, mais terriblement glauque si ce sont les Alliés. » Bouveresse relie cet indifférentisme à la pensée de Musil qui, né en Autriche comme Wittgenstein, discerne dans l’Occident de l’époque « un surprenant mélange de sensibilité aux détails et d’insouciance devant l’ensemble ».

L’écrivain autrichien précise : « L’impression que donne notre époque est tout bonnement qu’un géant qui mange et boit énormément et fait une quantité prodigieuse de choses ne veut rien savoir de cela, et se déclare en état de faiblesse et de dégoût de tout, comme une jeune fille fatiguée par sa propre anémie. » Son confrère britannique Orwell voit plus, semble-t-il, le mythe du progrès que le vrai progrès comme « un degré de profondeur sous-humain effrayant dans la mollesse et l’absence d’énergie ».

Malgré sa conscience aiguë de la déformation fréquente de l’idée de progrès, Bouveresse persiste à penser que le vrai progrès est nécessaire dans un monde plus que jamais menacé par un désastre écologique et un accroissement des inégalités. La lucidité donne à sa conviction un poids unique. Disséquée, la vieille idée de progrès retrouve vie et jeunesse.
Michel Lapierre
Le Devoir , 27 mai 2017
Jacques Bouveresse, Le mythe moderne du progrès
Tout est dit sur l’élégante couverture du livre : «Le mythe moderne du progrès décortiqué et démonté par le philosophe Jacques Bouveresse à partir des critiques de Karl Kraus, Robert Musil, George Orwell, Ludwig Wittgenstein et Georg Henrik von Wright.» Dans ce court texte d’une conférence, ceux qui connaissent l’œuvre du professeur du Collège de France retrouveront son ironie et sa logique argumentative : Bouveresse ausculte le corps malade du progrès, en veillant à ne pas rétablir «sous une forme ou sous une autre, une autorité ancienne», de celles, calamiteuses, dont «les affirmations n’ont pas besoin de preuves ni les commandements de justifications». Le progrès que vise le philosophe n’est pas la simple «progression» conjoncturelle, ni l’avancée, sociale, économique, «dépendant de la bonne volonté des hommes», mais un progrès qui serait «quelque chose de naturel», d’éternel, d’illimité, et que le Finlandais Georg Henrik von Wright, successeur de Wittgenstein à Cambridge, nomme justement «mythe». Mais cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à la «multitude de progrès possibles, nécessaires et urgents» car, dit Bouveresse, ce serait renoncer aussi à «l’idée que le monde dans lequel nous vivons n’est pas le seul possible».
Robert Maggiori
Libération , 4-5 mars 2017
Rencontre avec Jacques Bouveresse : "Le Mythe moderne du progrès"
Le mercredi 22 mars 2017    Metz (57)
à la Librairie Autour du monde
Mercredi 22 mars
à 18h30
44 Rue de la Chèvre
57000 Metz
Réalisation : William Dodé