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« Au nom de la démocratie, votez bien ! »
Retour sur le traitement médiatique des élections présidentielles de 2002 et 2017
À paraître le 08/02/2019
ISBN : 9782748903911
Format papier : 160 pages (12x19)
13.00 € + port : 1.30 €

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« Ils ont la mémoire courte, ces médias indignés qui se sont mués en grands défenseurs de la morale. Les abstentionnistes, les partisans du vote blanc ou nul, ont été conspués. Tous. Partout. Entre divagations amnésiques et hoquets moralisateurs, les médias oublient un peu vite le rôle qu’ils ont joué depuis plusieurs décennies dans la dédiabolisation du Front national. Ce sont eux qui surfent sur la vague sécuritaire, qui se demandent si “l’Islam est soluble dans la République”, qui réfutent toutes contestations du libéralisme ou de l’Union européenne. »

En 2002, une presse unanime appelait à voter Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen au nom de la défense des valeurs républicaines d’égalité et de justice. Quinze ans plus tard, lesdites valeurs avaient été tellement laminées par trois gouvernements successifs, de gauche comme de droite, que la mélodie du danger fasciste dut être rejouée pour pallier l’écœurement d’une grande partie du corps électoral.

Dans les deux cas, l’unanimisme des « nouveaux chiens de garde » s’est surtout exprimé entre les deux tours. Et puisqu’aucune évaluation sérieuse des rapports de force électoraux ne pouvait laisser penser qu’un (ou une) Le Pen sortirait vainqueur des scrutins, il a fallu frapper vite et fort pour convaincre, contre toute raison, de l’imminence d’un péril fasciste. Avec une cible toute trouvée : l’abstentionniste, voilà l’ennemi ! Accusés de soutenir les Le Pen pour ne pas avoir voulu donner leurs voix à ceux dont ils n’attendaient rien, abstentionnistes et votants « blanc » ont été mis au pilori. L’éditocratie a aussi réservé un traitement spécial aux forces politiques à la gauche du PS : en accusant l’extrême gauche de semer la division en 2002 ; en accusant la France insoumise d’être antidémocrate et démagogique – et donc finalement pas si éloignée de l’extrême droite – en 2017.

Culpabiliser suffisamment les hésitants pour les amener à glisser dans l’urne le bulletin désigné comme le seul légitime ; renvoyer dos à dos l’extrême droite et la gauche radicale : voilà la sordide réalité des grandes manœuvres médiatiques que ce livre éclaire.

Mathias Reymond

Économiste, Mathias Reymond co-anime le site de critique des médias Acrimed. Il est également co-auteur de
L’Opinion, ça se travaille… Les médias et les « guerres justes » (Agone, 2014), Les Éditocrates, ou Comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi (La Découverte, 2009) et Tous les médias sont-ils de droite ? (Syllepse, 2008).

Les livres de Mathias Reymond chez Agone

Réalisation : William Dodé