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Misère de l’espace moderne
La production de Le Corbusier et ses conséquences
Parution : 21/01/2017
ISBN : 9782748903041
Format papier : 168 pages (12 x 21 cm)
14.00 € + port : 1.40 €

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Il est enfin admis ouvertement que Le Corbusier était un fasciste bon teint. On tolère ses mensonges et sa mégalomanie. On sourit en le voyant mépriser ses (riches) clients. Un observateur impartial découvrira vite qu’il n’a rien inventé, gommant les auteurs dont il s’est attribué les idées. La seule réelle compétence de Le Corbusier fut la promotion de son image publique au détriment de la qualité de son œuvre construite – catastrophique. Mais de tout cela on ne tire aucune conséquence, la plupart des critiques refusant de voir le monde cauchemardesque qu’il voulait édifier. Ce qui n’aurait aucune importance si Le Corbusier n’était devenu le modèle pour les architectes de l’après-guerre qui ont couvert la France de barres et tours en béton. Et si, aujourd’hui, ses théories ne faisaient les affaires des bureaucrates de Chine et de Russie.

Deux types de villes semblent aujourd’hui se distinguer. La plupart des cités comme Amsterdam, Prague ou Paris sont désormais partiellement préservées et destinées à une population privilégiée, tirant une partie de leurs ressources du tourisme international ; la tendance est à la réduction de la surface des chaussées, à la création de rues piétonnes dédiées au commerce de deuxième nécessité et à la “protection” des quartiers anciens. En contrepartie leurs périphéries sont devenues des non-villes. Ailleurs, en Amérique du Nord ou du Sud et singulièrement en Asie, la priorité est donnée à la voiture, l’habitat vertical proliférant de vingt étages est l’unité minimale de base, tandis qu’on se ravitaille dans des centres commerciaux gigantesques situés en périphérie urbaine. Les bidonvilles, bien loin d’être éradiqués, s’accroissent.
   La responsabilité des professionnels de l’aménagement, évidente, n’est pas récente. Les architectes n’ont jamais ressenti la nécessité d’encadrer l’exercice de leur profession par des principes éthiques. Pour promouvoir leur ego, les architectes organisent entre eux des concours de beauté, se remettent réciproquement des prix et des médailles d’or, révélant ainsi leur absence de sens moral.

Fondé sur l’analyse de la production (bâtie ou théorique) de Le Corbusier, ce livre montre l’imposture du créateur, le caractère totalitaire de ses projets et la misère spatiale qu’il a engendrée, de son vivant jusqu’à aujourd’hui.

Olivier Barancy

Architecte, Olivier Barancy a notamment traduit et édité William Morris, L’Âge de l’ersatz (L’Encyclopédie des nuisances, 1996).

Les livres de Olivier Barancy sur le site

Dossier de presse
Olivier BARANCY
Le Monde Diplomatique , janvier 2017
Quand Le Corbusier redessinait Paris : Un fantasme de rationalisation totale
http://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/journal#!/p_14

Un fantasme de rationalisation totale
Quand Le Corbusier redessinait Paris

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2016, l’œuvre architecturale de Le Corbusier est célébrée comme une contribution exceptionnelle au mouvement moderne. Mégalomane, fasciné par l’ordre, l’architecte suisse était aussi, selon un ouvrage à paraître, un urbaniste doctrinaire qui rêvait de réduire la taille des appartements et de raser le centre des villes. Paris échappa au projet qu’il avait conçu à son intention.
Le plan Voisin est présenté au pavillon de l’Esprit nouveau, au sein de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925 à Paris. Il occupe, sous forme de « diorama », un pan de mur de soixante mètres carrés. Il est financé par Gabriel Voisin, le constructeur d’avions et d’automobiles de luxe qui, après les refus polis de Citroën et Peugeot, voit d’un œil intéressé ce projet de ville traversée d’autoroutes. C’est une adaptation pour Paris du projet de ville de trois millions d’habitants élaboré trois ans auparavant, et lui aussi affiché en grand sur quatre-vingts mètres carrés. L’auteur s’en explique : « Le plan Voisin de Paris comprend la création de deux éléments neufs essentiels : une cité d’affaires et une cité de résidence. La cité d’affaires fait une emprise de 240 hectares sur une zone particulièrement vétuste et malsaine de Paris — de la place de la République à la rue du Louvre, de la gare de l’Est à la rue de Rivoli. La cité de résidence s’étend de la rue des Pyramides au rond-point des Champs-Élysées et de la gare Saint-Lazare à la rue de Rivoli, entraînant la démolition de quartiers en grande partie saturés et couverts d’habitations bourgeoises abritant aujourd’hui des bureaux. »
Au centre, Le Corbusier implante une place monumentale : initialement une gare, surmontée d’un aéroport, car « le représentant de l’aviation française » a déclaré que « les avions atterriront verticalement sans aucun danger ». L’axe principal du projet va d’est en ouest : « C’est une artère principale de grande circulation, large de cent vingt mètres, munie d’un autodrome, surélevé pour circulation à sens unique, sans recoupement. » Contre toute attente, « la densité trop forte des anciens quartiers sacrifiés par le plan Voisin n’est pas diminuée. Elle est quadruplée » : 3 500 habitants à l’hectare. « Les quartiers du “Marais”, des “Archives”, du “Temple”, etc. seraient détruits. Mais les églises anciennes sont sauvegardées », (...)


Olivier Barancy
Architecte. Ce texte est extrait de Misère de l’espace moderne. La production de Le Corbusier et ses conséquences, à paraître le 16 janvier aux éditions Agone, coll. « Contre-feux », Marseille.
Olivier BARANCY
Le Monde Diplomatique , janvier 2017
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Réalisation : William Dodé