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Un pompier pyromane
L’ingérence française en Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Ouattara
Parution : 20/08/2018
ISBN : 9782748903706
Format papier : 536 pages (10,5x17cm)
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« Dans la nuit, plusieurs dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues à l’appel de Charles Blé Goudé, leader des “jeunes patriotes”, et se dirigent vers l’aéroport et la base militaire française. Les Ivoiriens se heurtent rapidement aux hélicoptères et aux chars des soldats français, qui tirent à balles réelles et à la grenade offensive, faisant une trentaine de morts. Le lendemain, l’état-major français ne reconnaît pourtant que “des tirs d’intimidation”. Le soir, le général Bentégeat admet qu’ils ont “peut-être blessé ou même tué quelques personnes”, mais ne parle que de “pillards” et se déclare “très fier de la réaction qu’a eue le détachement Licorne. Ils ont montré qu’on ne tue pas impunément les soldats français”. La suite des événements confirmera qu’on peut en revanche tuer impunément des civils ivoiriens.»

Derrière une neutralité affichée, la France n’a cessé d’intervenir dans la vie politique ivoirienne, défendant âprement ses intérêts économiques et son influence régionale. De la mort d’Houphouët-Boigny à la chute de Gbagbo, tout l’arsenal de la Françafrique s’est déployé en Côte d’Ivoire : diplomatie parallèle, réseaux officieux, affaires troubles, coups tordus et crimes de guerre.

Raphaël Granvaud

Membre de l’association Survie, Raphaël Granvaud est également l’un des rédacteurs de Billets d’Afrique, bulletin mensuel d’information alternative sur les avatars de la politique africaine de la France.

Les livres de Raphaël Granvaud chez Agone

David Mauger

Membre de l’association Survie, David Mauger est également l’un des rédacteurs de Billets d’Afrique, bulletin mensuel d’information alternative sur les avatars de la politique africaine de la France.

Les livres de David Mauger chez Agone

Dossier de presse
Christophe Koessler
Le Courrier, 14 septembre 2018
Côte d'Ivoire : « La France avait une volonté très ferme d'en finir avec le régime Gbagbo »

« Pendant les années Gbagbo, la France n’est pas intervenue en Côte d’Ivoire pour résoudre la crise, mais au contraire pour l’aggraver ». C’est en substance la thèse de Raphaël Granvaud et de David Mauger, de l’association Survie, qui publie l’ouvrage Un pompier pyromane aux éditions Agone. Une semaine avant la reprise des audiences du procès Gbagbo devant la CPI, le 1er octobre, Raphaël Granvaud répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

Pourquoi dites-vous que la France joue un rôle de « pyromane » en Côte d’Ivoire ?

Raphaël Granvaud : Selon la version officielle, la France est intervenue avec l’opération Licorne pour des buts humanitaires et de manière complètement impartiale. Or ce qu’on démontre dans le livre, c’est que la France n’était pas du tout un arbitre neutre, mais au contraire un acteur de la crise et un acteur très engagé avec une volonté très ferme d’en finir avec le régime Gbagbo et des accointances qu’on a pu documenter à partir de plusieurs indices de complicité avérée avec la rébellion.

 

Vous dénoncez en effet les multiples ingérences de la France en Côte d’Ivoire depuis l’an 2000, depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo. Mais en décembre 1999 par exemple, lors du « coup d’Etat du Père Noël », la France n’a rien fait pour sauver le régime du président Bédié...

Oui. Officiellement c’est parce qu’il y avait des divergences de vue dans l’exécutif, d’un côté la droite et Chirac à l’Elysée, de l’autre côté Matignon et le Parti socialiste avec Lionel Jospin. Mais on peut penser aussi que dans la mesure où Konan Bédié avait commencé à remettre en cause certains intérêts dans le cacao par exemple, et que se profilaient également des questions pétrolières, on peut penser que peut-être la France n’était pas très empressée non plus à aller sauver quelqu’un qui par ailleurs était très discrédité à la fois sur le plan intérieur et sur le plan international.

 

Et en octobre 2000, quand une insurrection aide Laurent Gbagbo à renverser le général Robert Gueï, c’est la France comme vous l’écrivez qui soutient la reconnaissance de Laurent Gbagbo contre plusieurs pays dont les Etats-Unis et le Nigeria, non ?

Alors, la diplomatie de Hubert Védrine aux Affaires étrangères, effectivement, va se prononcer pour la reconnaissance du régime Gbagbo, sous condition toutefois. Tandis que Jacques Chirac va mettre quand même un long moment avant de le reconnaître comme président de la Côte d’Ivoire.

 

Voulez-vous dire qu’il y a une exception Jospin ?

Une exception, je ne sais pas. En tout cas, le gouvernement Jospin ne partageait pas la hargne qu’a pu avoir le président Chirac à l’encontre du président Gbagbo, même si, par la suite, cette aversion va se propager, se répandre et être partagée par d’autres acteurs de premier plan du Parti socialiste.

 

On arrive à septembre 2002, l’insurrection nordiste. Vous semblez dire que la France est au courant de cette insurrection anti-Gbagbo, voire qu’elle l’a suscitée. Avez-vous des preuves ?

Des preuves matérielles, non. En revanche, ce qui ne nous parait absolument pas crédible, c’est l’argumentaire qui est tenu à l’époque selon lequel les services secrets auraient été sourds et aveugles avant et après le déclenchement de cette tentative de putsch. Et, dans le livre, on rapporte notamment quelques exemples simultanés dans d’autres pays à la même période et impliquant parfois même le Burkina d’où est partie la rébellion, où les services secrets étaient tout à fait informés et tout à fait au courant de certaines tentatives de coup d’État qui étaient en train de se nouer.

 

Vous expliquez l’aversion des Français à l’égard de Laurent Gbagbo à cause notamment des intérêts économiques de la France en Côte d’Ivoire. Mais pour autant, est-ce que le marché des matières premières de Côte d’Ivoire n’a pas échappé à la France dès cette époque-là ?

Pour partie effectivement, dans le cacao il y a des intérêts américains qui sont très présents depuis cette période. Cela dit, la France conserve une part prépondérante dans l’économie ivoirienne. Quelques grands groupes comme Bolloré, Bouygues et quelques autres se taillent encore des parts importantes [de marché]. Et, par ailleurs, il n’y a pas que des intérêts strictement économiques. Il y a véritablement des intérêts stratégiques à l’échelle de toute la région.

Ce que craignaient sans doute Chirac et, plus généralement, quelques autres acteurs français, c’est que, si les intérêts français venaient à être remis en cause dans ce pays, ça fasse boule de neige et ça entraîne d’autres pays à une conduite similaire. Donc on voulait se débarrasser d’un homme politique qui apparaissait comme trop indépendant à l’égard des intérêts économiques et stratégiques français, et militaires notamment.

 

« Jacques Chirac veut se débarrasser de Laurent Gbagbo pour préserver l’ordre Françafricain », écrivez-vous.

Très clairement, Gbagbo arrive au pouvoir sans l’assentiment de la France. Chirac, de toute évidence, ne l’a pas digéré. Et par la suite – il y a des anecdotes qui en témoignent, rapportées par plusieurs diplomates – Gbagbo refuse un rapport d’allégeance que d’autres dirigeants africains acceptent bien volontiers. Et ça non plus, Chirac ne l’accepte pas. L’enjeu est régional. La France ne tient pas à perdre ce pays qui occupe une position particulière dans le dispositif que l’on appelle la Françafrique.

 

En novembre 2004, l’armée de l’air ivoirienne bombarde Bouaké et tue 9 soldats français. Qu’est-ce qui vous fait penser que c’est un coup tordu, soit de la cellule africaine, soit des services secrets français ?

C’est la version défendue notamment par l’avocat français des familles des militaires décédés à Bouaké, qui, au vu de toute la somme de témoignages et de documentation qui a pu être accumulée pendant la procédure judiciaire, en arrive à la conclusion que vraisemblablement, l’aviation ivoirienne a été intoxiquée pour bombarder un endroit et qu’il n’y aurait pas dû y avoir de soldats français à cet endroit-là. Ils s’y trouvent malencontreusement, les morts n’étaient évidemment pas prévus.

Ça aurait dû servir de prétexte à un renversement de Laurent Gbagbo, ce qui explique par ailleurs pourquoi une colonne de chars s’est ensuite retrouvée devant sa résidence personnelle, opercule ouverte, du fait – nous a-t-on dit à l’époque – d’une incroyable erreur d’orientation, qui apparaît là encore assez peu crédible.

 

Et pensez-vous que la France de Jacques Chirac avait alors un homme de rechange à mettre à la place de Laurent Gbagbo ?

Certains journalistes avancent le nom de Mathias Doué, lequel a pris la fuite peu après les évènements. Personnellement, je n’ai évidemment pas d’éléments matériels supplémentaires à apporter à l’appui de cette thèse.

 

Beaucoup s’interrogent aujourd’hui pour savoir pourquoi Jacques Chirac n’a pas fait arrêter ensuite les deux mercenaires biélorusses qui pilotaient les avions qui avaient bombardé Bouaké. Qu’en pensez-vous ?

Non seulement la France n’a pas fait arrêter les mercenaires mais, à deux occasions, elle a ordonné qu’ils soient relâchés. D’abord, quand ils ont été appréhendés par les forces spéciales et ensuite quand ils ont été appréhendés par les forces de sécurité togolaises. Donc il y a eu véritablement une volonté délibérée de les faire relâcher. Ce qui d’ailleurs a poussé la juge [Sabine] Kheris, la dernière juge en charge de l’instruction, à demander la comparution de trois anciens ministres français de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères [respectivement Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier] devant la Cour de justice de la République.

 

En avril 2011, l’armée française est le fer de lance de l’opération militaire qui renverse le régime de Laurent Gbagbo. Pourquoi écrivez-vous que l’armée française a violé de façon évidente les résolutions de l’ONU ?

C’est le même mécanisme qui s’est joué en Libye. C’est-à-dire que, sous couvert de protéger les civils, on a demandé une résolution du Conseil de sécurité qui permettait d’intervenir. « Par tous les moyens », dit la résolution de manière assez floue, mais pour la protection des civils. Celle-ci ajoute  « y compris contre les armes lourdes ».

Et on a pris prétexte de cette résolution pour bombarder purement et simplement les moyens militaires de Laurent Gbagbo et permettre aux rebelles ralliés à Ouattara de gagner l’intérieur d’Abidjan, puis ensuite de même les accompagner jusqu’à la résidence de Laurent Gbagbo, où ils ont pu ensuite le capturer. Donc ce n’était évidemment pas le sens des résolutions de l’ONU.

 

A l’origine de la chute de Laurent Gbagbo, il y a la présidentielle de 2010 au terme de laquelle l’élection d’Alassane Ouattara est validée par les Nations unies. Et vous montrez très bien comment, à ce moment-là, Nicolas Sarkozy utilise d’abord la pression diplomatique contre Laurent Gbagbo avant de passer à l’offensive militaire. Est-ce que, de ce point de vue-là, la France n’a pas été très aidée par les Etats-Unis, par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et par l’Union africaine (UA) ?

Les États-Unis partageaient absolument la même ligne diplomatique. Pour ce qui concerne les acteurs africains c’est un petit peu plus compliqué, dans la mesure où il y a eu au départ des débats plus importants pour savoir quelle ligne adopter.

Certains chefs d’État étaient favorables à Laurent Gbagbo, d’autres étaient favorables à sa proposition de recompter les voix à l’issue de l’élection, et ce n’est qu’après une visite de Jacob Zuma en France, auprès de Nicolas Sarkozy, que celui-ci, on pourrait dire retourne sa veste, se rallie à la position de la diplomatie française et entraîne avec lui le panel de chefs d’Etat désignés par l’Union africaine.

 

Donc il y a sans doute un tête-à-tête Sarkozy-Zuma, le 1er mars 2011, qui est décisif dans la chute de Laurent Gbagbo, dites-vous ?

La chute de Gbagbo, je pense qu’elle aurait eu lieu de toute façon. Mais en tout cas, dans le revirement de la position diplomatique adoptée par l’UA. On ne sait pas exactement ce qui s’est joué à ce moment-là, mais il est vraisemblable qu’il y avait derrière des questions importantes d’ordre économique qui se négociaient entre les deux pays.

 

Et d’ordre commercial ?

Certainement.

 

C’est vrai qu’il y a eu ingérence internationale dans la chute de Laurent Gbagbo. Mais, comme vous le rappelez dans votre ouvrage, « cette ingérence s’est inscrite du bon côté de l’histoire », a souligné à l’époque l’éditorialiste de RFI, Jean-Baptiste Placca. Est-ce que beaucoup ne partagent pas cette opinion ?

Si. Beaucoup partagent cette opinion. Mais on n’a pas pris la peine à l’époque d’écouter ce que disaient les représentants de la société civile ivoirienne qui, elle, préconisait une issue pacifique à la crise, une issue pacifique et négociée. Alors qu’on agissait en prétendant rendre service au peuple ivoirien, on n’écoutait aucune des voix qui plaidaient en ce sens.

 

Dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire, n’est-ce pas une façon de plaider pour le régime de Laurent Gbagbo aujourd’hui ?

Non, absolument pas. A titre personnel, je n’ai aucune espèce de sympathie ni pour l’homme, ni pour son régime. Simplement, j’estime que c’est aux Ivoiriens à juger leur leader politique et que la France n’a pas à s’ingérer comme elle le fait de manière continue depuis maintenant très longtemps. Et que ce n’est pas à Nicolas Sarkozy, ni à François Hollande, ni à Emmanuel Macron à décerner des bons points aux dirigeants africains. S’ingérer au point d’aller démettre un chef d’Etat militairement, cela paraît tout à fait inacceptable.

 

Et de ce point de vue, pensez-vous qu’Emmanuel Macron poursuit la politique de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ?

A la suite de la chute de Laurent Gbagbo, la base de Port-Bouët a été rouverte, puisqu’elle avait été fermée, du moins juridiquement. Et effectivement elle est devenue un des deux points d’appui majoritaires de la France en Afrique, avec Djibouti. Et cette politique-là ne s’est pas démentie. Et on pourrait dire même que, depuis François Hollande, la présence militaire française s’est renforcée, notamment par le biais de l’opération Barkhane. Et Emmanuel Macron a poursuivi absolument cette politique.

 

Mais pour autant, on ne voit pas bien les intérêts économiques de la France en Côte d’Ivoire. Ils ne sont pas plus importants aujourd’hui qu’il y a vingt ans quand le marché des matières premières a été raflé par les grandes compagnies internationales et américaines ?

Encore aujourd’hui, même s’ils ne sont pas omniprésents et omnipotents, les intérêts français pour certaines entreprises restent des intérêts absolument essentiels. Par ailleurs, à travers la gestion de la dette ivoirienne par le biais du mécanisme qu’on appelle « C2D » [Contrat de Désendettement et de Développement], il y a possibilité de faire redistribuer aux entreprises françaises, qui vont récolter des marchés, cette dette qu’on fait semblant d’annuler.

 

Franchement, est-ce que la France envoie ses soldats en Côte d’Ivoire uniquement pour les intérêts de Bouygues ou de Bolloré ?

Non, je pense que ça n’est pas une raison suffisante, mais les enjeux sont à la fois plus généraux que simplement économiques. Il s’agit dans l’esprit de nos dirigeants d’un véritable système. Et, d’autre part, ils sont fortement imprégnés d’une sorte de théorie des dominos qui voudrait que, si un pays échappe à l’influence française, ça risque de faire tomber les autres pays alentours et que, de ce point de vue là, la Côte d’Ivoire est perçue comme un pays vraiment important dans le dispositif.

 

« Fini la politique de la canonnière », écrivez-vous. Désormais la France s’efforce de voir certaines de ses interventions légitimées par un mandat de l’ONU. C’est ce que les Américains appellent « opérer discrètement, sous couverture ». N’est-ce pas une ingérence tout de même plus subtile qu’il y a vingt ans ?

Oui et non. C’est vrai que la France essaie maintenant d’obtenir de manière systématique un mandat de l’ONU pour ses interventions militaires, mais, même avec un mandat de l’ONU, la France reste entièrement maîtresse de la gestion de ses troupes. Et on l’a parfaitement vu par exemple en novembre 2004, lorsque les militaires français tirent contre des civils ivoiriens désarmés et font plusieurs dizaines de morts, elle [la France] le fait évidemment de sa propre initiative et sans en référer, ni avant ni après, à l’ONU.

 

Et dès lors qu’une intervention militaire française est validée à la fois par la sous-région, Cédéao, et par le continent, Union africaine, n’a-t-elle pas une certaine légitimité tout de même ?

Une certaine légitimité sans doute en apparence, oui. Après cela ne rend pas, de mon point de vue, plus légitime le contenu de cette intervention dans la mesure où parallèlement se poursuit tout ce que la Françafrique a fait de pire : les coups tordus, les actes qui peuvent être caractérisés comme des crimes de guerre, ou des complicités de crimes de guerre.

Dans la mesure où on peut continuer à mener cette politique tout en étant couvert par un mandat de l’ONU, ça ne la rend pas plus légitime d’un point de vue moral. D’un point de vue juridique sans doute, mais d’un point de vue moral, certainement pas. Ni d’un point de vue moral, ni d’un point de vue politique.

Christophe Boisbouvier
RFI, 24 septembre 2018
Sur les ondes

RFI – « L’Invité Afrique », http://www.rfi.fr/emission/20180924-cote-ivoire-france-avait-une-volonte-tres-ferme-finir-le-regime-gbagbo
Une semaine avant la reprise des audiences du procès Gbagbo devant la CPI, David Mauger réagit à l’actualité (24 septembre 2018).

La «Françivoire» en questions
A plusieurs reprises, la France est intervenue militairement en Côte d’Ivoire. Un livre choc fait le portrait de cette ingérence et accuse l’armée française de crimes de guerre.

En 2004, l’armée française tirait à plusieurs reprises contre la foule à Abidjan, laissant dans son sillage une soixantaine de civils tués. Ce crime, méconnu, oublié et impuni, est retracé parmi d’autres dans un livre explosif des militants de l’association française Survie Raphaël Granvaud et David Mauger, publié fin août.

L’ouvrage, Un pompier pyromane. L’ingérence française en Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Ouat-tara, aux éditions Agone, s’intéresse plus globalement à l’impérialisme exercé par la France dans ce pays depuis son indépendance. Les auteurs y rappellent que la France est accusée d’avoir fait bombarder sa propre base militaire en 2004, dans le but de justifier a posteriori un coup d’État planifié contre le président d’alors, Laurent Gbagbo. Puis que son armée a balayé ce même chef d’État par les armes en 2011 au nom de la démocratie, après des élections contestées. Pour Le Courrier, David Mauger, résume l’essentiel des faits connus à ce jour.

Pourquoi cette question de l’ingérence de la France en Côte d’Ivoire est-elle importante à vos yeux aujourd’hui ?
Le cas de la Côte d’Ivoire est emblématique de ce qu’on appelle la «Françafrique», une forme d’impérialisme qu’exerce la France sur ses anciennes colonies africaines. Sous couvert d’une opération de maintien de la paix, en 2011, Paris a fini par trancher par la force le résultat d’une élection présidentielle ivoirienne qui était vouée à l’échec car le pays était divisé en deux par la rébellion armée.
A partir de 2011, on a assisté à un retour à l’ordre ancien. Aujourd’hui Alassane Ouattara, le président en exercice défend le franc CFA, la monnaie imposée par l’ancien colonisateur, et se montre ravi qu’une base militaire française, qui était appelée à disparaître, reste finalement à Abidjan.

Selon vous, la France a tout fait pour que le président Laurent Gbagbo perde le pouvoir dès 2002. Pourquoi ?
Il y a des raisons historiques et d’autres plus actuelles. Dans les années 1980, Laurent Gbagbo avait fondé un parti politique clandestin qui s’opposait à Houphouët-Boigny. Il a été le premier à se présenter lors d’élections contre le président choisi par la France, et avait recueilli déjà près de 20% des suffrages. Aux yeux de la classe politique française, en particulier du président d’alors, Jacques Chirac, Laurent Gbagbo était celui qui bousculait l’ordre ancien.

Lorsqu’il a été élu en octobre 2000, le nouveau chef d’État avait notamment nommé un ministre de l’Économie, Mamadou Koulibaly, hostile au franc CFA. L’outil monétaire de la France, qui bénéficie beaucoup aux grands groupes industriels français, était menacé. Gbagbo avait aussi annoncé qu’il n’octroierait plus presqu’automatiquement les grands marchés publics aux entreprises françaises, mais qu’il ferait jouer la concurrence, notamment chinoise.

En même temps, Gbagbo n’était pas un révolutionnaire…
Tout à fait. Si Laurent Gbagbo a fait des déclarations qui en théorie pouvaient mettre à mal les intérêts français, en pratique, il a été plutôt pragmatique. Gbagbo a continué à céder des marchés très importants à la France, notamment aux groupes Bouygues et Bolloré. Ce n’est qu’en 2011 lorsque qu’il y a eu une grave crise armée après les élections contestées qu’il a fait des déclarations beaucoup plus offensives.
Je précise ici que nous ne prenons pas partie pour un camp ou l’autre dans notre ouvrage. Il ne s’agit pas non plus d’absoudre l’une ou l’autre des parties au conflit.

Qu’a fait la France contre Gbagbo et pour soutenir la rébellion à partir de 2002 ?
En 2002, l’armée française a été déployée le long d’une ligne de cessez-le-feu d’est en ouest qui a coupé le pays en deux. Le gouvernement ivoirien avait sollicité l’intervention de l’armée française pour réduire la rébellion qui venait du Burkina Faso, et qui était de ce fait considérée comme une agression extérieure. Mais les militaires français n’en ont rien fait et se sont contentés de figer la ligne de front.
Cela a eu pour effet d’enraciner les rebelles. Car, de 2002 à 2011, il y eu des moments où la rébellion a connu des crises internes et n’avait plus les forces pour détenir plus de la moitié du territoire ivoirien.
Au niveau diplomatique, la France n’a eu de cesse de légitimer cette rébellion. Cela a été particulièrement flagrant lors des négociations de Marcoussis de 2003, dans la banlieue parisienne, lors de laquelle la France a appelé les différents partis et mouvements rebelles ivoiriens à discuter. Le gouvernement français a donné aux rebelles une place de choix à la table des négociations. Puis, il a largement dicté les conclusions de la réunion qui demandaient que des portefeuilles clés soient donnés aux représentants de l’opposition armée, dont celui de la Défense ! Cela était inacceptable pour Abidjan, et a été contesté massivement dans la rue en Côte d’Ivoire.

La France a-t-elle bombardé sa propre base militaire ?

La France est aussi accusée d’avoir joué un rôle dans le bombardement de sa propre base militaire en 2004 pour faire croire à une agression de Laurent Gbagbo, dans le but de justifier un coup d’État contre ce dernier…
Il faut rappeler le contexte. En 2004, les forces loyalistes ont tenté de reconquérir Bouaké, la capitale rebelle. Leur offensive terrestre était couronnée de succès jusqu’à ce que le bombardement d’une base militaire française à Bouaké vienne contrecarrer l’opération. Deux avions de l’armée ivoirienne ont lâché des bombes sur ce camp militaire, causant dix morts – dont neuf soldats français et un civil étasunien – et une trentaine de blessés parmi les militaires français.
Aujourd’hui, plusieurs spécialistes de la question, dont l’avocat des familles des victimes, Me Balan, estiment que les deux mercenaires biélorusses qui ont piloté ces avions ont probablement été manipulés par la France. Selon le général de Malaussène (numéro 2 de l’opération Licorne1 en 2005), «une machination a été montée par des politiques français». Une information venue de Paris aurait fait croire aux militaires ivoiriens en la présence de chefs rebelles pour provoquer ce bombardement en un endroit désert du camp militaire, afin de justifier par la suite un renversement par la force de Laurent Gbagbo. Mais l’opération aurait mal tourné.

Qu’est ce qui fait penser que c’est la France elle-même qui est derrière cet attentat ?
Cette affaire est émaillée d’éléments très troublants. Le plus curieux est que les deux pilotes biélorusses auteurs du bombardement ont été arrêtés, puis relâchés à deux reprises dans les jours suivants l’attaque. Ils ont été une première fois détenus à l’aéroport d’Abidjan par des soldats français, qui avaient pris possession de l’aéroport, mais ils n’ont pas été inquiétés.
Les autorités françaises ont prétendu ensuite qu’elles n’avaient pas fait le lien entre ces mercenaires et le bombardement de Bouaké. Une déclaration peu crédible quand on sait que les services de renseignement français étaient présents sur la base de Yamoussoukro d’où ont décollé ces avions. Le dossier d’instruction de la justice française (lire ci-dessous) établit qu’ils détenaient toute l’information nécessaire pour faire le lien.
Dans les jours suivants, les pilotes ont réapparu à la frontière togolaise, où ils se sont présentés comme des ouvriers agricoles. Les autorités togolaises ont fait le lien avec l’affaire de Bouaké et ont prévenu les Ministères de l’intérieur et de la défense français. Selon la version officielle, elles n’auraient reçu aucune réponse de Paris. Ils ont donc été relâchés, ont rejoint l’intermédiaire français résidant au Togo qui avait vendu les avions militaires à la Côte d’Ivoire, puis ont disparu dans la nature.

Les blessés et les familles des victimes ont porté plainte contre X en 2005 en France. Qu’a conclu la justice française ?
Une longue enquête judiciaire a eu lieu sur le bombardement. L’instruction s’est terminée cette année. Au cours de l’enquête, les juges d’instruction ont pu constater à quel point les autorités françaises faisaient obstruction, refusant de déclassifier certains documents et en caviardant un bon nombre d’autres.
Au final, la juge a demandé en 2016 le renvoi de trois ministres français devant la Cour de justice de la République, à savoir Michel Barnier, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, estimant que « tout avait été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement » et évoquant « une concertation à un haut niveau de l’État ». A charge, ensuite au procureur de la Cour de lancer une procédure d’instruction. Cela n’a pas encore été fait.
En revanche, en juin 2018, le parquet a demandé l’ouverture d’un procès contre les deux copilotes ivoiriens et contre l’un des deux pilotes biélorusses (le deuxième n’était pas identifié de façon certaine). Les familles des victimes attendent donc l’ouverture du procès.

Ce bombardement a servi de prétexte à Paris pour une action militaire contre le gouvernement de Gbagbo en 2004. Que s’est-il passé exactement?

Après le bombardement du camp militaire de Bouaké, trois colonnes de blindés français sont descendus sur Abidjan. L’une d’elles s’est positionnée devant la résidence de Laurent Gbagbo, ce qui a été interprété comme une tentative de renversement du président. Une hypothèse corroborée par la suite par les déclarations d’ambassadeurs français en poste dans la région et par les hauts gradés de l’opération Licorne interrogés par la juge sur la présence d’un général ivoirien dans l’un des blindés français. Mais nous ne savons pas pourquoi le gouvernement français a reculé.
L’armée française a aussi détruit tous les avions de combats et hélicoptères ivoiriens. En réaction, à l’appel des jeunes patriotes soutenant Gbagbo, une bonne partie de la population est descendue dans la rue pour protester à Abidjan.

C’est à ce moment-là que les soldats français ont tiré sur la foule, tuant de nombreux civils ?
Oui, à plusieurs reprises, au cours de quatre jours de mobilisations, des soldats français ont tiré sur des civils ivoiriens ; sur les ponts, près de l’aéroport, devant le camp militaire français, et devant l’hôtel Ivoire principalement. Il s’agit pour nous du crime majeur commis par l’armée française en Côte d’Ivoire.
Le bilan officiel établi par l’État ivoirien est d’une soixantaine de morts. Une enquête sud-africaine a confirmé que le calibre des balles était celui utilisé par l’armée française. Des images d’une télévision ivoirienne, diffusées en France sur Canal +, montrent très bien des soldats français postés devant l’hôtel Ivoire tirant sur des manifestants non armés. On voit aussi des corps sur ces images. La seule version crédible à ce jour est que l’armée française est à l’origine de ces crimes.

« La France a fermé les yeux sur les massacres »

Quel a été le rôle de la France dans les élections de 2010 ?
L’élection de 2010 était biaisée dès le départ. La France a fait le forcing pour que des élections se tiennent alors que les conditions n’étaient pas remplies et que tout indiquait qu’elles allaient déboucher sur une reprise des hostilités. Le désarmement des rebelles et des milices proGgabgo, notamment, n’a jamais été mis en œuvre.
Un mois avant le scrutin, un rapport de l’ONU montrait au contraire que les deux camps étaient en train de se réarmer, et que, sous couvert d’élections, on était en réalité en train de préparer une sortie de crise par la violence. Dans les accords de 2007 entre le gouvernement et la rébellion, qui ont fait du leader politique de cette dernière, Guillaume Soro, le premier ministre, il était stipulé que le désarmement devait avoir lieu au plus tard deux mois avant les élections. Or, il n’en a rien été.
Il est anormal que l’ONU n’ait pas protesté ni demandé le report du scrutin, alors que l’organisation devait valider les différentes étapes menant aux élections, dont le désarmement. Pendant toute l’année 2010, la diplomatie française s’est employée à convaincre qu’il était irréaliste d’exiger le désarmement des rebelles. C’est ainsi que le pays est allé aux élections sans que le territoire soit unifié.

Les élections ont aussi été émaillées d’irrégularités. Était-ce assez sérieux pour remettre en cause la victoire présumée d’Alassane Ouattara ?
Oui. Tout d’abord, nous constatons que si beaucoup d’observateurs internationaux ont été déployés en Côte d’Ivoire, ils sont pour la plupart restés à l’Ouest du pays, dans le fief de Laurent Gbagbo. Très peu d’entre eux ont surveillé le scrutin au Nord, où se trouvaient les rebelles et où les résultats ont été très contestés. En effet, lors du deuxième tour des élections, il y a eu de très nombreuses irrégularités. Notamment à Bouaké où le nombre de votants excédait le nombre d’inscrits sur la liste électorale.
La Commission électorale indépendante – qui n’avait rien d’indépendante car elle était composée des différents partis et des mouvements rebelles – n’a pas trouvé de consensus sur les résultats. Il est alors discutable que le président de cette commission se soit rendu au quartier général de la campagne de Ouattara pour déclarer ce dernier vainqueur. Et il est plus étrange encore que la communauté internationale ait rapidement validé ces résultats sans analyser avec sérieux les irrégularités constatées.

Après les élections, on a assisté à une reprise du conflit armé qui a duré plusieurs mois, quel a été le rôle de la France dans la prise du pouvoir par Ouattara ?
Au Conseil de sécurité de l’ONU, la France va obtenir que le mandat des casques bleus et celui des forces françaises évoluent, et qu’ils puissent, « par tous les moyens nécessaires », protéger les populations civiles. Sous ce couvert humanitaire, les hélicoptères français vont intervenir à Abidjan en bombardant un camp militaire et en pilonnant la résidence présidentielle. La France a, comme en Libye, outrepassé très claire-ment le mandat qui lui avait été confié.

Dans la même période, pourtant, des massacres sont commis, en particulier à Duékoué où, fin mars, entre 800 et 1000 civils sont tués par les rebelles en l’espace de quelques jours. Là, ni l’ONU ni l’armée française ne vont intervenir pour stopper les tueries. Ce qui comptait aux yeux de Paris c’était la question du pouvoir et non pas la protection des civils. Le 11 avril, les blindés français enfonceront le portail de la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo. L’armée française a appuyé de manière décisive les rebelles pour le capturer et l’emmener devant la Cour pénale internationale (CPI), et installer Alassane Ouattara à la tête du pays.

La CPI, «une justice des vainqueurs»

La CPI a inculpé Gbagbo, mais aucun des rebelles. Cette cour est-elle sous la coupe de la France ?
Le poids de la France est très important au Conseil de sécurité de l’ONU, dont émane la CPI, car elle en est un des cinq membres permanents. En particulier pour tout ce qui concerne ce qu’elle considère comme son pré carré africain.
Dans le cas ivoirien, il a été demandé au départ une enquête sur la crise postélectorale. Or la CPI n’a délivré aucun mandat d’arrêt contre les auteurs présumés de crimes commis par la rébellion. Le premier procureur à avoir mené l’enquête, Luis Moreno Ocampo, s’est focalisé uniquement sur la responsabilité de Laurent Gbagbo et de ses proches. Des messages rendus publics entre Ocampo et la diplomatie française ont révélé qu’avant même que la CPI soit saisie, il y a avait eu un arrangement pour que Gbagbo soit détenu en vue d’être déferré devant la cour. La France avait cette idée-là en tête dès le début de la crise postélectorale en décembre 2010, à en croire des déclarations de Nicolas Sarkozy à ce moment-là.

De façon encore plus cruciale selon nous, la CPI ne s’est jamais intéressée aux crimes de novembre 2004 commis par l’armée française. Il semble qu’elle n’ait pas même enquêté sur ces faits. On constate là claiRement un « deux poids deux mesures ». Nous assistons aujourd’hui à une justice des vainqueurs.

Laurent Gbagbo est en détention préventive depuis sept ans. Pourquoi n’a-t-il pas été inculpé ?
La diplomatie française peut aujourd’hui s’inquiéter de la tournure que prennent les choses à la CPI. Détenir quelqu’un aussi longtemps sans inculpation pose problème. Surtout que la CPI laisse entendre que le procès est appelé à durer encore deux ou trois ans. La cour en a maintenant terminé avec l’audition des témoins cités par l’accusation. Or selon les témoignages recueillis jusqu’à présent le dossier semble relativement mince. Certaines personnes citées à la barre ont même dédouané Laurent Gbagbo de certaines accusations.

Le dossier ne cesse de s’affaiblir. A tel point qu’on se demande actuellement si Gbagbo ne va pas être libéré, soit provisoirement, soit avec l’abandon des charges qui pèsent contre lui. Le procureur essaie sans succès de prouver son implication indirecte dans les crimes commis par son camp contre des civils. A tel point qu’à mi-parcours de ce long procès, les juges laissent maintenant la possibilité à la défense de Gbagbo de plaider son acquittement, avant même l’audition des témoins de la défense.

Bouaké: scandale d’État ignoré

« C’est le plus grand scandale d’État qu’ait jamais connu la République française. » Joint par téléphone, l’avocat des victimes du bombardement du camp de Bouaké de 2004 (lire ci-dessus), Jean Balan, ne mâche pas ses mots. Cela fait bientôt quinze ans qu’il se bat pour faire éclater la vérité sur cette affaire, au sujet de laquelle la plupart des médias français gardent un silence inquiétant.

Me Balan en est convaincu, le pilonnage de la base militaire de Bouaké, en Côte d’Ivoire, qui a notamment occasionné la mort de neuf soldats français, a été commandité par les plus hautes instances de la République. « Sinon la vérité aurait surgit dès 2005, grâce, notamment, à la déclassification de documents secrets ».
Les exécutants de l’attaque, des pilotes biélorusses et copilotes ivoiriens, auraient aussi dû être appréhendés depuis longtemps. « Le mandat d’arrêt international à leur encontre n’a jamais été mis en œuvre. A plusieurs reprises, j’ai informé le parquet de l’endroit où ils se trouvaient, mais ils n’ont jamais été -arrêtés. »

Selon l’avocat, les maigres avancées de l’enquête n’ont pu avoir lieu que grâce à sa propre détermination et à l’opiniâtreté de quelques juges d’instruction: « Le parquet, lui, n’a pas bougé. » L’homme parle prudemment, mais librement: « Cela fait quinze ans que je porte des accusations graves, je n’ai jamais été attaqué pour diffamation. »
Jean Balan se montre satisfait du réquisitoire « courageux » du procureur de la République, François Molin, qui, début juillet dernier, soit près de quinze ans après les faits, a demandé le renvoi devant la Cour d’Assises d’un ancien mercenaire biélorusse, et de deux officiers ivoiriens, tous trois pilotes et copilotes des avions Sukhoï-25, pour les chefs d’assassinat, de tentative d’assassinat et de destruction de biens. « Ce procès se tiendra, mais nous ne savons pas encore quand », ¬tempère-t-il.

Les trois ministres français mis en cause ont été quant à eux accusés par la juge en charge de l’affaire d’empêcher la justice de faire son travail, indique Jean Balan. « Mais il faut aller plus loin et qu’on finisse par démasquer les commanditaires de ce crime », tempête-t-il. La balle est désormais dans le camp de la commission des requêtes auprès de la Cour de justice de la République. Il s’agit de la seule juridiction compétente pour juger les crimes commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. « Il y a de quoi faire, mon dossier compte 18 000 pages, mais pas grand monde ne s’y intéresse. »

Christophe Koessler
Le Courrier, 14 septembre 2018
David Mauger au JT Afrique sur TV5 Monde

À l’occasion de la parution d’_Un pompier pyromane. L’ingérence française en Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Ouattara_, David Mauger était l’invité du JT Afrique de TV5 Monde le mercredi 22 août 2018.


Son intervention est disponible sur <https://information.tv5monde.com/les-jt/afrique> (9’16”).

TV5 Monde, 22/08/19
Rencontre avec Raphaël Granvaud : « Un pompier pyromane »
Le mercredi 14 novembre 2018    Saint-Étienne (42)
Rencontre avec David Mauger : « Un pompier pyromane »
Le mardi 9 octobre 2018    Chambéry (73)
Un pompier pyromane aux rencontres populaires du livre de Saint-Denis
Le dimanche 7 octobre 2018    Saint-Denis (93)
Conférence-débat avec David Mauger : "Pour en finir avec la Françafrique"
Le samedi 6 octobre 2018    Paris (75)
Rencontre avec Raphaël Granvaud : « Un pompier pyromane »
Le mercredi 3 octobre 2018    Lyon (69)
Rencontre avec David Mauger : « Un pompier pyromane »
Le mercredi 26 septembre 2018    Caen (14)
Rencontre avec David Mauger : « Un pompier pyromane »
Le vendredi 21 septembre 2018    Dijon (21)
Rencontre avec Raphaël Granvaud : « Un pompier pyromane »
Le mercredi 19 septembre 2018    Marseille (13)
Rencontre avec Raphaël Granvaud : « Un pompier pyromane »
Le samedi 8 septembre 2018    Toulon (83)
David Mauger à TV5 Monde pour « Un pompier pyromane »
Le mercredi 22 août 2018     (0)