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Autopsie des terrorismes
Le monde de l’après-11-Septembre
Traduit de l’anglais par Hélène Morita et Isabelle Genet,
par Étienne Dobenesque et par Celia Izoard

Postface (2015) inédite de l’auteur

Troisième édition augmentée et actualisée
Parution : 13/09/2016
ISBN : 9782748902921
Format papier : 232 pages (11 x 18 cm)
10.00 € + port : 1.00 €

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« Les définitions des “guerres de basse intensité” menées par les États-Unis et celles du terrorisme sont presque identiques. Conçu comme l’utilisation de moyens coercitifs dirigés contre des populations civiles afin d’atteindre des visées politiques, religieuses ou autres, le terrorisme n’est donc qu’une composante de l’action des États.
   Plus nous pouvons imputer de crimes à nos ennemis, plus nous sommes indignés ; plus notre responsabilité y est importante – et plus nous pouvons les faire cesser –, moins nous nous y intéressons. Contrairement aux grandes déclarations, il n’est pas vrai que “le terrorisme, c’est le terrorisme. Il n’y en a pas de deux sortes”. Il en existe manifestement deux : le leur et le nôtre. Et cela ne vaut pas seulement pour le terrorisme. »
  
Une première version de ce livre est parue en 2001. Dix ans après,les attentats du 11-Septembre, les États-Unis exécutent Ben Laden. Cinq ans plus tard, la France entre à son tour dans la « guerre contre le terrorisme », bombardements à l’extérieur, état d’urgence et lois d’exception à l’intérieur.
Après avoir analysé le contexte historique international des attentats, l’auteur discute de la politique des démocraties occidentales au regard des principes du procès de Nuremberg. N’y a-t-il pas incompatibilité entre la justice internationale et l’immunité que s’accordent les grandes puissances ?
  
Linguiste, Noam Chomsky est professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston). Parallèlement à sa prestigieuse carrière universitaire, il est mondialement connu pour ses engagements politiques et sa critique de la politique étrangère des États-Unis.

Avertissement des éditeurs français

Les lecteurs coutumiers des analyses de Noam Chomsky retrouveront sans doute dans ce petit livre la plus grande part des faits à la base de son inlassable observation de la politique étrangère des grandes puissances. Faits historiques qui, pour ne pas être confidentiels, sont à peu près absents des déclarations des gouvernements et des médias officiels. L’occultation de ces faits est en effet indispensable pour maintenir l’adhésion des populations à la poursuite des politiques des grandes puissances. Et le rappel de ces faits dérangeants – dont la liste s’allonge sans cesse (les mêmes raisons du plus fort produisant les mêmes effets sur les plus faibles) – constitue la tâche de toutes celles et tous ceux qui veulent regarder derrière le voile du discours dominant. Activité préalable à tout projet de changement social.
   « Ces faits ont été complètement effacés de l’histoire. Il faudrait quasiment les crier sur tous les toits », faisait remarquer Noam Chomsky à Greg Ruggiero lors de la première édition de ce livre. Dix ans plus tard, pour cette réédition, le monde n’ayant pas changé, ce programme non plus.

Noam Chomsky

Linguiste, Noam Chomsky est professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Boston). Parallèlement à sa prestigieuse carrière universitaire, il est mondialement connu pour son engagement politique et sa critique de la politique étrangère des États-Unis.

Les documentaires sur Noam Chomsky aux Mutins de Pangée : Chomsky & Cie et Chomsky et le pouvoir

Autour des interventions de Noam Chomsky en France

Les livres de Noam Chomsky chez Agone

Extrait

Que pensez-vous de la couverture des attentats du 11 septembre par les médias ? Peut-on établir un parallèle avec la manière dont on avait « fabriqué le consensus » lors de la guerre du Golfe ?

L’information donnée dans les médias américains n’est pas tout à fait aussi uniforme que les Européens semblent le croire, peut-être parce qu’ils se limitent au New York Times, aux chaînes de radio et de télévision publiques nationales, etc. Le 18 septembre, le New York Times a même concédé que les prises de position à New York sont assez différentes de celles transmises par le journal. C’est un bon article, qui suggère aussi que la presse dominante a négligé ce point, ce qui n’est pas tout à fait vrai, sauf pour le New York Times lui-même, jusqu’à ce jour.
Le Times révèle maintenant que « les tambours de la guerre… sont à peine audibles dans les rues de New York », et que les appels à la paix « dépassent largement les demandes de châtiment », même devant le plus grand « mémorial extérieur de la souffrance et du chagrin » dédié aux victimes de cette atrocité. Cette attitude n’est pas exceptionnelle. Il y a bien sûr un désir quasi unanime, ressenti par nous tous, de voir les responsables de cet acte arrêtés et punis. Mais il me semble qu’il y a aussi une forte aversion pour le choix d’une attaque aveugle entraînant le massacre d’un grand nombre d’innocents.
Cela dit, une des attitudes caractéristiques des grands médias et des classes intellectuelles en général consiste en temps de crise à se rallier au pouvoir et à inciter la population à se mobiliser pour la même cause. Cela s’est vérifié, avec une intensité frôlant l’hystérie, au moment des bombardements contre la Serbie1. À ce titre, la guerre du Golfe n’a pas dérogé2. Et le même schéma se retrouve très loin dans l’histoire3.

1 En mars 1999, après plusieurs mois de répression des indé- pendantistes kosovars par l’armée serbe, l’OTAN bombarde le Kosovo et la Serbie sous l’impulsion des États-Unis.

2 En réponse à la tentative d’annexion du Koweït par l’Irak, les États-Unis (avec l’autorisation de l’ONU et le soutien des forces internationales) déclarent la guerre à l’Irak en janvier 1991.

3 Les interventions occidentales en Serbie (Kosovo) et au Koweït (Irak) sont exemplaires de la mobilisation des médias officiels et de la plus grande partie des élites intellectuelles der- rière les décisions bellicistes gouvernementales, rangées sous les slogans de « guerres justes » et « humanitaires ». Si certains mots d’ordre ont changé, le programme de légitimation est aussi ancien que le reflux de l’enrôlement de force des populations.

Réalisation : William Dodé