Pourquoi préserver la biodiversité devrait-il être une ­préoccupation majeure des êtres humains ? Une première réponse soulignerait simplement les impératifs et les soucis de notre existence collective, qui, comme celle de tout être vivant, dépend des autres.
La mondialisation de la dégradation de l’environnement et de l’extinction en masse des espèces exige un réexamen historique des pratiques sociales humaines. Après l’extermination de la mégafaune par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, la socialisation de la nature se caractérise, avec l’apparition de l’agriculture et d’une société de classes, par la concurrence pour le surplus de production. Une logique à l’œuvre notamment dans les grandes civilisations englouties : Sumer (- 3700 à - 1600), Rome (- 500 à 500), Mayas (200 à 900), etc.
Mais les sociétés industrielles modernes se distinguent par leur compétence sans précédent à dominer la nature, avec une capacité unique dans l’histoire : détruire les écosystèmes à l’échelle planétaire. Pourtant l’idéologie dominante, fondée sur le culte de la croissance, persiste à nier que notre organisation sociale engendre ces comportements mortifères.
Un renversement des valeurs et une modification de la relation des humains entre eux sont aujourd’hui indispensables à la survie des espèces.

  • Revue de presse