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Gallimard et Actes Sud sont, à leur niveau, des acteurs zélés de la concentration éditoriale

29 septembre 2023|

Dans La Trahison des éditeurs, qu’il réédite pour la seconde fois, le fondateur de la maison indépendante Agone, Thierry Discepolo, analyse les effets néfastes de la concentration de l’édition entre les mains de quelques grands groupes. Alors que la rentrée littéraire est bien entamée, et avec elle la course aux prix littéraires, nous avons jugé utile d’interroger l’auteur et éditeur de cet ouvrage.

— 321 romans français, dont 74 premiers romans et 145 romans traduits, sont sortis cette rentrée. Est-ce le signe d’une bonne santé de la littérature française ? Comment comprendre cette surproduction ?

— La plus grande partie de cette production étant destinée à être pilonnée (et le sera, pour une part, avant la fin de l’année), à moins de tenir le gaspillage pour une économie saine, la réponse ne fait pas de doute.

Emblématique du stade industriel de l’« édition sans éditeur », la surproduction entre dans une stratégie de saturation et d’occupation du terrain : déverser sur les librairies et les médias la plus grosse vague de livres possible pour tenter de repousser la marée concurrente tout en suivant les titres (déjà choisis) qui vont surfer et en poussant ceux (déjà choisis) vers un prix littéraire ou un autre pour booster les ventes – notamment en supermarchés.