couverture
Spartacus
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Rosenthal
Nouvelle édition. Édition originale : 1951, renouvelé en 1979.
Préface de l’auteur.
Parution : 22/04/2016
ISBN : 9782748902624
Format papier : 448 pages (13x19)
20.00 € + port : 2.00 €

Format numérique
14.99 €

Commander

Lire en ligne 
Format PDF 

Accès libre

PDF 
EPUB 

« Avec beaucoup de douceur, Spartacus le presse : “Je dirai un mot et puis tu diras un mot. Nous sommes des êtres humains. Nous ne sommes pas seuls. Avons-nous fait des choses terribles pour qu’on nous amène ici ? Il ne faut pas que nous ayons honte et que nous nous haïssions l’un l’autre. Tout homme possède un peu de force, un peu d’espoir, un peu d’amour. Ce sont comme des graines plantées dans le cœur de tous les hommes. Mais celui qui les garde pour soi, il les voit se dessécher et mourir très vite. Si, par contre, il donne sa force, son espoir et son amour à d’autres, alors il en retrouve des réserves inépuisables. Il n’en manquera plus jamais et sa vie vaudra la peine d’être vécue. Et crois-moi, gladiateur, la vie est la meilleure chose qui existe au monde. Nous le savons. Nous sommes des esclaves. Nous n’avons rien d’autre que la vie, nous savons donc ce qu’elle vaut. Les Romains possèdent tant d’autres choses que la vie pour eux n’a pas grand sens. Ils jouent avec elle. Mais nous, nous prenons la vie au sérieux, et c’est pourquoi nous devons nous efforcer de ne pas être seuls. Tu es trop seul, gladiateur. Parle-moi un peu.” »

Dans une Rome ravagée par la corruption et l’arbitraire, où les puissants s’engraissent sur le dos des esclaves qui meurent dans les champs et les mines, un fils et petit-fils d’esclaves, Spartacus, se met dans l’esprit de changer le monde. À la tête d’une troupe d’opprimés galvanisés par la légitimité de leur révolte et surpris par leur propre force, il fera trembler Rome au cours d’une véritable guerre qui durera deux ans. Ni naïf, ni dogmatique, Spartacus rappelle avec vigueur et lucidité que rien ne justifie d’accepter indéfiniment l’injustice. Et qu’un soulèvement est si vite arrivé...

Howard Fast

Auteur de plus de quatre-vingt titres, parmi lesquels La Dernière Frontière, La Route de la liberté, Le Citoyen Tom Paine ou Spartacus (Agone, 2016), et de polars signés sous le pseudonyme E.V. Cunningham, dont Sylvia, Fast (1914–2003) brosse le portrait d’une période tourmentée de l’histoire américaine à travers son parcours personnel, qu’il retrace dans sa biographie Mémoires d’un rouge (Agone, 2018).

Les livres de Howard Fast chez Agone

Dossier de presse
Evelyne Pieiller
Le Monde Diplomatique, janvier 2017
Spartacus, la gloire des vaincus
À l’été 73 avant notre ère, à Capoue, une soixantaine d’esclaves tuent leurs gardiens et s’évadent. Bientôt mille fois plus nombreux, ils vont, pendant près de deux ans, mettre en déroute l’armée de Rome, la plus grande puissance du temps. La République prend peur et donne les pleins pouvoirs à un milliardaire, qui recrute cinquante mille hommes. En mars 71, l’armée des esclaves est vaincue. Les six mille survivants sont mis en croix le long des deux cents kilomètres de la voie Appienne, de Rome à Capoue. L’esclave qui les conduisait est mort au combat. Il s’appelait Spartacus, et il était gladiateur.

Il n’est pas tout à fait étonnant qu’une histoire aussi stupéfiante ait basculé du côté de la légende, son authenticité ayant été quelque peu oubliée. Pourtant, les faits sont attestés, et ce ne fut d’ailleurs pas la seule grande révolte d’esclaves. Mais, comme chacun sait, l’histoire est écrite par les vainqueurs, et si les historiens de la Rome antique, de Salluste à Plutarque, les ont bien commentées, en particulier celle de Spartacus, c’est avec une certaine parcimonie, et une tout aussi certaine absence d’empathie. Puis, au fil de l’enseignement des humanités et de la transmission de valeurs confortant l’ordre en place, l’épopée de Spartacus s’est effacée. La grande révolte des esclaves à Saint-Domingue au début des années 1790, l’admiration de Karl Marx, la Ligue spartakiste fondée en 1915 par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht vinrent la réactiver. Il ne semble pas qu’aujourd’hui les programmes d’histoire en France lui accordent quelque importance (1).

Il est vrai que, sauf en des temps portés sur l’idéal révolutionnaire, l’insurrection de Spartacus et de ses camarades peut sembler un exemple regrettable, rappel d’une menace à droite, d’un échec à gauche ; alors, « qui écrira l’histoire de nos batailles, quelles furent nos victoires et nos défaites ? Et qui dira la vérité (2)  ? ».

En 1951, Howard Fast (1914-2003) écrit Spartacus, que tous les éditeurs refusent. Cet unanimisme touchant obéit à la forte prescription du directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), John Edgar Hoover, qui n’aime pas les écrivains communistes. Fast s’autoédite. C’est un succès, que le film de Stanley Kubrick, en 1960, relaiera. Le roman, qui intègre tous les faits connus, alterne pour l’essentiel les conversations, après la dernière crucifixion, entre membres de l’élite romaine, dont Crassus, le vainqueur de Spartacus, et les actions de ce dernier, qui les hante comme une énigme insoluble. Comment un esclave, qui n’est pour le Romain qu’un instrumentum vocale, un « outil qui parle », peut-il devenir un grand général, capable de fédérer tant d’autres « outils » pour refuser les lois romaines et créer les leurs propres ? Comment a-t-il pu avoir d’aussi grands rêves d’homme ?

C’est littéralement impensable, sauf à remettre en question « une société bâtie sur le dos des esclaves et qui trouvait son expression symphonique dans le chant des fouets », sauf à reconnaître que les citoyens de la République n’ont plus d’autre idéal que de lutter contre l’ennui, et à choisir alors d’en finir avec une vie qui apparaît dénuée de sens, comme le fait le vieux politicien Gracchus. Quant à Spartacus, au fil d’un récit où passent des échos, des rythmes de l’épopée homérique, il n’est jamais un surhomme : il se contente d’être, entièrement, un homme qui refuse de pactiser avec la mort, mentale, spirituelle, et qui jamais « ne se considérait comme seul ».

C’est à la question qui dévaste Crassus et Gracchus qu’entreprend de répondre l’historien Yann Le Bohec (3) (qui présente Howard Fast comme un écrivain britannique) : comment des esclaves ont-ils pu former une armée ? Animé d’un allègre mépris pour les lectures marxistes, il s’appuie sur les textes de l’Antiquité, parfois bien postérieurs à l’insurrection, pour expliquer sobrement la réussite de Spartacus par son étonnant talent militaire, brut mais percutant. Il explique aussi son échec final, celui qui, dans le roman, obsède le dernier survivant, par le « manque de personnel qualifié », auquel il ajoute une autre raison, bien plus perturbante : seule une minorité a rejoint les rangs des insurgés. Car il n’y aurait pas eu d’aspiration collective à l’abolition de l’esclavage, mais, au mieux, un désir de libération individuelle ; certains, de surcroît, se satisfaisaient de leur condition. Ce qui donne précisément à ce soulèvement son exemplaire beauté. Car ce défi des misérables aux vainqueurs du monde a pour vertu essentielle d’avoir eu lieu, d’avoir montré que ce qui paraissait impossible pouvait devenir possible. C’est là la victoire de Spartacus, invention d’un autre horizon, promesse à accomplir, et elle importe davantage que son échec final.

(1) Cf. eduscol.education.fr/ressources-2016
(2) Howard Fast, Spartacus, Agone, coll. « Infidèles », Marseille, 2016 (1re éd. : 1951), 448 pages, 20 euros.
(3) Yann Le Bohec, Spartacus, chef de guerre, Tallandier, coll. « L’art de la guerre », Paris, 2016, 224 pages, 17,90 euros.
Evelyne Pieiller
Le Monde Diplomatique, janvier 2017
Réédition de « Spartacus », en mémoire d'un soulèvement collectif

En 1951, Howard Fast publie Spartacus, roman sur une révolte d’esclaves dans l’Empire romain, qui a servi de trame au film avec Kirk Douglas. Il est réédité aujourd’hui dans une nouvelle traduction. Voilà une lecture pour ceux qui passent leur Nuit debout : une histoire de soulèvement collectif, venue d’un temps où l’on croyait aux lendemains qui chantent.
Raconter des histoires, c’est « montrer ce qui pourrait être plutôt que ce qui est, mettre à l’épreuve des rêves et non se lamenter des faits, vêtir les vaincus d’étoffes victorieuses » : les éditions Agone inaugurent ce beau programme avec la réédition de Spartacus dans une nouvelle collection, « Infidèles ». Car la fiction est un lieu d’élaboration politique, ce qui suppose, comme dirait Jacques Rancière, « qu’il y a un lien essentiel entre la politique comme forme spécifique de la pratique collective et la littérature comme pratique définie de l’art d’écrire », non pas sous la forme d’un engagement revendiqué ou de thèses explicites, mais parce que « la littérature fait de la politique en tant que littérature », à commencer par le fait qu’elle ouvre des possibles (Politique de la littérature, Galilée, 2007).
À cet égard, la vie et l’œuvre d’Howard Fast offrent une sorte de chromo de légende. Fils d’une famille pauvre – son père est un ouvrier d’origine juive ukrainienne –, fréquentant les bibliothèques publiques, il est bouleversé par la lecture du Talon de fer de Jack London, qui l’initie au socialisme. Il publie son premier roman à 18 ans, devient rapidement un auteur prolifique, qui connaît ses plus grands succès pendant la Seconde guerre mondiale avec une série de romans historiques autour de héros issus des classes laborieuses : ouvriers, esclaves, travailleurs immigrés. Au même moment, il devient membre du Parti communiste ; ses livres entrent probablement dans une stratégie politique d’envergure, qui consiste à créer des antécédents américains au communisme afin d’en faciliter l’importation. Au fond, Fast fabrique ce qu’Yves Citton appelle aujourd’hui un « imaginaire de gauche » (Mythocraties, Éditions Amsterdam, 2010) : des histoires qui contribuent à forger une mythologie populaire progressiste.

Mais le sénateur McCarthy s’emploie après guerre à chasser les rouges. Ordre est donné à tous les services culturels américains d’ôter des rayonnages les livres de communistes et de les détruire : les romans historiques de Fast tout comme les romans policiers de son grand ami Dashiell Hammett sont visés. Fast est placé sur la liste noire ; il est surveillé par le FBI, ses conférences sur les campus universitaires sont interdites, on refuse de lui délivrer un passeport. Il est inquiété par le comité des activités anti-américaines pour avoir participé à une organisation qui apportait de l’aide aux réfugiés espagnols républicains installés dans le sud de la France. Accusé de refuser de coopérer, il est incarcéré trois mois pour outrage : dans la bibliothèque de la prison, il tombe sur un livre consacré à la révolution allemande de 1918–19, découvre Rosa Luxemburg et le mouvement spartakiste, qui tient son nom de Spartacus, l’esclave thrace qui a conduit la dernière guerre servile de l’Empire romain.
Il en fait un roman. Mais toutes les maisons d’édition refusent le manuscrit. Sans doute pas, comme le prétend Fast, parce que J. Edgar Hoover aurait envoyé un agent intimider l’une d’elles ; il est plus probable que la peur générale ait été assez forte pour que les éditeurs se privent spontanément de publier l’auteur de plusieurs best-sellers. Fast se résout à une publication à son propre compte : Spartacus paraît en 1951. L’écrivain se lance dans une politique commerciale innovante, par correspondance : il vend plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires de son livre. Kirk Douglas veut le porter au cinéma : adapté par Donald Trumbo, lui aussi placé sur la liste noire (ce que raconte Dalton Trumbo, récent biopic), le film sort en 1960. La presse de droite appelle au boycott, mais les temps ont changé : le tout nouveau président Kennedy voit et approuve publiquement le film, qui devient un succès.

Entre-temps, Fast a reçu le prix Staline international pour la paix, puis quitté le parti, après avoir lu le « discours secret » de Khrouchtchev sur les crimes du stalinisme, en 1956. Il restera cependant fidèle à ses convictions politiques : son autobiographie, parue en 1990, s’intitule Being Red (Mémoires d’un rouge, Rivages/Noir, 2005). Spartacus est le reflet de ses idéaux, de l’Amérique des années 1950, tout autant qu’un roman documenté sur l’Empire romain vers 70 av. J.-C. : une sorte de carte postale colorisée, qui donne dans le kitsch de la reconstitution anachronique tout en produisant des images sensibles et fortes.
La rébellion de Spartacus a déclenché la plus importante révolte d’esclaves de l’Empire et conduit à une guerre qui a inquiété Rome : un groupe de 73 hommes s’évade d’une école de gladiateurs de Capoue, agrège progressivement une multitude d’hommes, de femmes, d’enfants, esclaves ou libres mais misérables, en une troupe qui atteindra 120 000 personnes, capable de défaire à plusieurs reprises les armées romaines, sillonnant l’Italie pendant deux ans, de la plaine du Pô jusqu’à l’extrême sud de la péninsule. Ils finissent par être vaincus en 71 av. J.-C. par des légions financées et commandées par Crassus, l’homme le plus riche de son temps, qui devait une partie de sa fortune personnelle au très grand nombre d’esclaves en sa possession. La plupart des révoltés meurt sur le champ de bataille, y compris Spartacus dont le corps ne fut jamais retrouvé, mais Crassus, pour l’exemple, prend 6 000 captifs qu’il fait crucifier le long de la via Appia, entre Rome et Capoue.

« Clouez Spartacus sur la croix ! crient les capitalistes tremblant pour leurs coffres- forts »

Ces esclaves ont sans doute simplement lutté pour survivre, pour conquérir leur propre liberté, cependant une telle histoire se prête aisément à la lecture marxiste qui en fait une lutte universelle pour l’émancipation des dominés ; dans son manifeste, Rosa Luxemburg écrit : « Parce qu’il est celui qui exhorte les révolutionnaires et les pousse à agir, parce qu’il est la conscience socialiste de la révolution, [Spartacus] est haï, calomnié, persécuté par tous les ennemis secrets ou avérés de la révolution et du prolétariat. Clouez Spartacus sur la croix ! crient les capitalistes tremblant pour leurs coffres-forts. » Comme Luxemburg, Fast fait de l’esclave révolté une figure du passé et de l’avenir : Spartacus veut restaurer l’âge d’or, mythe antique d’une harmonie originelle, redéfini dans le roman comme un passé « où hommes et femmes étaient égaux aussi, où il n’y avait ni maître ni esclave et où tous les biens étaient possédés en commun », un horizon du socialisme révolutionnaire en somme.
Spartacus incarne donc un protocommuniste, éclosion singulière des désirs de la multitude, héros qui n’existe que par et pour l’action collective : « Ses propres rêves étaient moins son bien à lui que l’accumulation des souvenirs et des espoirs sanglants de tant d’hommes de sa profession, souvenirs et espoirs des gladiateurs, les hommes qui vivent et qui périssent par l’épée. Voilà qui éclairait le problème pour ceux qui ne peuvent comprendre comment le complot de Spartacus a été mis sur pied. Il ne l’a pas été par un seul, mais par beaucoup. » La révolte des gladiateurs rassemble une sorte de microcosme internationaliste : « Gaulois, Africains, Thraces, Juifs, Germains et Grecs », qui prennent les armes après qu’un gladiateur noir a été mis à mort pour avoir attaqué les spectateurs au lieu de combattre son adversaire dans l’arène. Son cadavre est exposé, cloué à une croix, « nouvel arbre et nouveau fruit, pour que chacun vît ce qui arrivait à un esclave qui refusait d’être esclave ». Le Strange Fruit que chantait Billie Holiday en 1939 pour dénoncer les lynchages racistes n’est pas loin.
Plus tard, Cicéron, qui figure au nombre des personnages du roman, donnera une lecture imparable des événements et de leur répression : « Il ne faut pas que nous tombions dans l’erreur de croire que les esclaves aiment leurs maîtres. Il n’en est rien, et ce ne sont donc pas les esclaves qui nous protégeront contre les esclaves. Aussi la foule de ceux qui ne possèdent pas un seul esclave doit-elle accepter de mourir pour que nous puissions garder nos esclaves. »
La réflexion politique que construit le récit se déploie autour de scènes d’action – violences et plaisirs – redoutablement efficaces : la teinte dominante y est toujours un peu trop soutenue, comme dans les films en Technicolor, mais cela fait partie des charmes du genre, et surtout, loin de tenir à distance le lecteur, les effets assez appuyés nourrissent une compréhension quasi physique de l’histoire. Car l’aventure de Spartacus et de ses compagnons est explicitement articulée comme celle d’une revendication volontaire et intrépide de la vie (sur fond de dialectique hégélienne du maître et de l’esclave), mais elle est aussi, de manière sourde et continue, une histoire de corps : d’un côté, les corps douloureux des esclaves, consumés à la mine, moins bien traités que les animaux aux champs, entraînés, puissants, mais captifs, chez les gladiateurs ; de l’autre, les corps jouissant des Romains corrompus, chez qui « l’amusement a pris la place du bonheur », et qui s’adonnent à toutes sortes de plaisirs décrits comme décadents : gastronomie variée, sexualité débridée, parfums raffinés, spectacles de combats à mort. Le roman est baigné d’une sensualité diffuse, qui n’est pas seulement celle de la lubricité des maîtres, mais aussi celle de la beauté des rebelles, hommes comme femmes – Varinia, la compagne de Spartacus, tient une place essentielle dans le livre : une beauté qui n’a rien d’idéal ; elle naît des descriptions à fleur de peau des personnages.
La force du récit tient aussi au fait qu’il se présente comme un roman, comme de la fiction sur de la fiction : « L’histoire consiste à consigner par écrit autant de mensonges. Si demain tu vas jusqu’à la voie Appienne regarder les croix, là tu verras la seule chose vraie qui concerne Spartacus. La mort. Et rien d’autre. Tout le reste n’est qu’invention pure. » Le soulèvement des esclaves se nourrit des histoires qu’on leur a racontées, les aventures d’Ulysse, la révolte des Maccabées, et elle devient à son tour une histoire : la construction du livre est à cet égard remarquable, qui procède par flash-backs successifs, racontés depuis les points de vue de personnages divers, des jeunes gens pervers de l’aristocratie à l’ultime esclave, christique, expirant sur sa croix, en passant par le général victorieux ou le sénateur repentant. Toute l’histoire de Spartacus se construit alors qu’elle est déjà terminée, alors qu’elle est déjà devenue une légende ; et c’est précisément comme légende venue du passé qu’elle peut constituer à son tour, pour les personnages comme pour le lecteur, un horizon au futur, un souvenir et un espoir.

Lise Wajeman
Mediapart, 4 juin 2016
Projection-débat autour de Howard Fast, auteur de Spartacus.
Le vendredi 29 avril 2016    Paris (75)

À l’occasion de la réédition de Spartacus aux éditions Agone, cette soirée propose la projection du documentaire Howard Fast, Histoire d’un rouge, réalisé par Richard Hamon en 2003, qui mêle images d’archives sur l’histoire des États-Unis et entretiens avec l’écrivain quelques mois avant sa mort.

La projection sera suivie d’un débat animé par Marie Hermann, directrice éditoriale des éditions Agone et de la collection de littérature « Infidèles », avec Alice Béja, maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS/CNRS, et Richard Hamon, réalisateur du documentaire.

Howard Fast (1914–2003) est un des écrivains majeurs du XXe siècle aux États-Unis. Auteur d’une œuvre prolifique et partisan d’une littérature humaniste et protestataire, sa vie a croisé l’Histoire récente américaine, de la Grande Dépression à la présidence de George Bush fils en passant par le maccarthysme qui le mena en prison. Écrit en 1951, Spartacus est son ouvrage le plus célèbre. Il a été adapté au cinéma en 1960 par Stanley Kubrick.

à 19h
à la Maison des métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud
Paris (11)
Réservation conseillée : 01 48 05 88 27

Réalisation : William Dodé