La philosophie analytique comme arme idéologique du libéralisme ?
En juin dernier, pour l’épreuve de philosophie du baccalauréat, les élèves de terminale ont notamment pu composer sur le sujet : « La vérité est-elle convaincante ? » Mais que peut bien signifier cette question ?…
Si on lit bien le sujet : l’adjectif « convaincant » s’applique à des personnes ou à des phrases ; or, la vérité n’est ni une personne ni une phrase. Tout cela sent l’imprécision, voire le non-sens, et l’emphase avec laquelle on traite la vérité comme une entité s’adressant à des mortels transforme ce concept en une déesse qui peine à nous convaincre.
Le type de critique qui est déployé ci-dessus est le lointain héritage des débuts de la philosophie analytique, à Cambridge, à la toute fin du XIXe siècle. Bertrand Russell y développait une logique devant servir à fonder les mathématiques et une philosophie se voulant scientifique. Avec son compère, G. E. Moore, il traquait impitoyablement les manquements à la clarté et à la rigueur en demandant : « Que voulez-vous véritablement dire par … ? »
Une telle démarche philosophique proposant un « outil » tout à fait pertinent pour une critique radicale des confusions, l’inclure dans le curriculum de tout esprit critique nous paraît justifié, voire indispensable.
Ce serait une grave erreur si l’on en croit Christoph Schuringa, professeur à l’université de Northeastern à Londres. Dans son livre A Social History of Analytic Philosohy : How Politics Has Shaped an Apolitical Philosophy, c’est-à-dire « une histoire sociale de la philosophie analytique : comment la politique a façonné une philosophie apolitique », Schuringa ne défend pas seulement l’idée que la philosophie analytique est inutile à toute émancipation intellectuelle et politique, mais il l’accuse de véhiculer le pire de l’idéologie libérale ; d’où son hégémonie dans les universités du monde anglophone et, au-delà, son impérialisme triomphant.
Pour fonder sa thèse, Schuringa propose une histoire sociale de ce que l’on nomme « philosophie analytique », où il prétend aller à rebours des récits mythologiques. Mais d’une part, les partis pris hostiles et partiaux lui font bien souvent manquer sa cible ; et d’autre part, se méprendre sur la nature de la philosophie analytique le conduit à nous priver d’une réelle discussion sur un projet capable d’incarner les attentes du rationalisme critique.
La prétendue idéologie de la philosophie analytique
Comme Schuringa y insiste lui-même, identifier précisément un programme caractéristique de la méthode analytique est une gageure. Car le sens d’« analytique » semble beaucoup varier. On l’a associé à l’usage massif de la logique, à l’analyse conceptuelle, à la philosophie du langage ou bien encore à une obsession pour l’argumentation claire et précise.
Même les partisans de la philosophie analytique auraient du mal à donner les conditions nécessaires et suffisantes pour définir l’essence de leur pratique. Il ne semble pas non plus possible de présenter une histoire de la philosophie analytique faisant ressortir une tradition homogène.
En France, même si les principaux philosophes analytiques, du fait d’une formation académique très historicisante, ont une meilleure conscience de leur histoire, beaucoup ont tendance à se penser comme sans tradition, sans ancrage socio-historique, au service de la vérité et de la raison, surmontant sans peine leurs intérêts particuliers et les limites constituées par les conditions matérielles, économiques, sociales et politiques de leur travail.
Face à cette impossibilité de définir ce qui est analytique dans la philosophie analytique, les philosophes analytiques contemporains se replient dorénavant sur l’idée d’une pratique au service de la meilleure pensée possible et selon les exigences de la raison publique, c’est-à-dire sous la forme de débats argumentés entre égaux. Toute caractérisation précise de l’« analytique » sera ainsi évacuée parce que sans intérêt.
Cependant, de l’extérieur, reconnaître des philosophes analytiques est assez simple et tout à fait évident, nous dit Shuringa : un style d’écriture direct, nourri d’un jargon commun ; un recours aux objections et aux réponses rapides ; une atomisation des questions – bref, un exercice scolastique mené avec agressivité par des esprits vifs débusquant les failles argumentatives de leurs adversaires. Car les philosophes analytiques pratiquent la discussion sous la forme d’une joute argumentative, où toute affirmation doit être transparente – pour qui connaît le jargon – et soumise à l’examen public afin de s’assurer que les affirmations avancées sur le marché des idées résistent au test quasi-darwinien de la discussion argumentée.
Pour Schuringa, cette pratique est propre à des philosophes qui s’illusionnent totalement sur eux-mêmes. Leur manque de réflexivité les amènerait à promouvoir une philosophie libérale tout en se voyant comme les serviteurs de la vérité ou de la raison. Le philosophe – la philosophe trouve rarement sa place, selon Schuringa, dans les viriles joutes analytiques – jouirait d’une liberté de pensée dans sa sphère privée sans avoir besoin de s’interroger sur les conditions matérielles de sa pensée. À ses yeux, la pensée du philosophe analytique est hors-sol, sans point de vue. Celui-ci se voit même capable de parler au nom du sens commun, de la vérité, de la raison. Pratiquer la philosophie analytique se réduirait donc, pour Schuringa, à réclamer la libre expression de sa libre pensée dans l’espace public de la discussion académique et démocratique entre pairs. C’est pourquoi la philosophie analytique serait, par essence, une conversation bourgeoise et conservatrice.
Pour étayer sa critique, Schuringa procède à une généalogie de la philosophie analytique contemporaine, en prétendant dévoiler le conformisme social et politique de la plupart de ses figures.
Demandons-nous d’abord (ce que Schuringa ne fait pas) si le fait que les universitaires les plus en vue soient de grands bourgeois est propre à la philosophie analytique ou aux conditions de formation et de recrutement académiques ?
Deux contre-exemples
Signalons ensuite une exception remarquable au conservatisme qui a joué un rôle majeur dans la formation de la philosophie analytique : le Cercle de Vienne. Au cours des années 1920 et 1930, ce dernier a promu une philosophie engagée très à gauche, proposant un programme où la compréhension de la logique des sciences devait permettre des progrès intellectuels autant que politiques et sociaux, dans la lignée revendiquée du projet d’émancipation issu des Lumières et contre l’obscurantisme philosophique dont Martin Heidegger était la principale figure.
Certes, l’exception n’est pas la règle. Mais un contre-exemple aussi majeur fragilise une thèse. Et l’intérêt toujours accordé à la démarche des Viennois, y compris par des philosophes qui ne se réclament plus du positivisme, indique que la philosophie analytique ne peut être réduit à un courant conservateur1Lire en particulier Jacques Bouveresse, Essais VI. Les Lumières des positivistes, Agone, 2011..
À la suite de la prise de pouvoir par les nazis et autres fascistes sur le continent européen, les philosophes du Cercle de Vienne et des courants proches ont massivement émigré aux États-Unis. La plupart auraient alors abandonné tout engagement politique, affirme Schuringa.
Pourtant, s’il était bien sûr impossible de poursuivre le programme de « Vienne rouge » sous la férule du maccarthysme, les engagements des anciens membres du Cercle de Vienne réfugiés aux États-Unis, pour discrets, furent réels, loin de l’image d’une philosophie analytique dépolitisée. Ne rappelons qu’une action parmi bien d’autres2Pour d’autres exemple, lire George A. Reisch, How the Cold War Transformed Philosophy of Science, Cambridge UP, 2005. Au cours des protestations contre les Jeux olympiques de Mexico de 1968, qui firent des centaines de morts, deux philosophes furent arrêtés et violemment incarcérés. Dès qu’il fut mis au courant, le fondateur du Cercle de Vienne, Rudolf Carnap, alors âgé de 78 ans, prit l’avion et, non sans difficultés, réussit à les rencontrer dans leur prison. À son retour, il participa aux efforts en vue de leur libération. Ce philosophe analytique s’était-il renié par rapport à ses engagements des années 1920 et 1930 ?
Comme on va le voir, l’histoire de la philosophie analytique selon Schuringa est tout à fait approximative, confinée à certaines publications académiques, passant à côté des engagements politiques réels qui ont pu être menés par des philosophes analytiques, notamment pendant la guerre froide. (Peter Ludlow donne une impressionnante série d’exemples édifiants dans un article aussi vigoureux que très informé : « A Turd in the Punchbowl [Une crotte dans le bol de punch] ».)
Quand il n’ignore pas les faits (délibérément ?), Schuringa les euphémise. Ce que le montre le cas d’Angela Davis.
Philosophe majeur pendant les années 1960-1980, Donald Davidson a renouvelé la philosophie de l’action et de la cognition. Mais il fut aussi le défenseur de la jeune Angela Davis : attaquée par l’institution à cause de ses engagements marxistes, elle peinait à trouver un poste stable à l’université. Suivi par nombre de ses collègues, Davidson la défend en prenant position pour la liberté académique et pour l’enseignement du marxisme.
Si Schuringa veut nous convaincre que la philosophie analytique est, par nature, un agent de l’ordre libéral dominant, il doit non seulement nous expliquer ce que fait un groupe de penseurs de gauche à l’origine de ce courant ; mais aussi comment un philosophe qui l’incarne aussi fortement peut promouvoir dans l’université un enseignement et des recherches si opposées à l’idéal bourgeois et conservateur.
Schuringa poursuit son récit en insistant sur les effets de la mainmise de l’idéologie libérale, qui se feraient sentir même dans la philosophie analytique en apparence la plus critique. Quand des philosophes analytiques tentent de promouvoir, dans leur enseignement, le féminisme, la critique de la race ou la décolonisation, ils ne le font qu’en reconduisant l’hégémonie de leur méthode sans jamais l’interroger. Ils videraient ainsi ces projets de leur substance émancipatrice.
La philosophie politique analytique n’est pas purement libérale
Prenons un exemple étudié par Schuringa. Dans Epistemic Injustice (2007), ouvrage abondamment débattu, Miranda Fricker met au jour les injustices liées à la connaissance. Une personne subit une injustice épistémique quand elle est privée d’outils conceptuels permettant de se penser correctement car elle doit le faire avec les concepts des dominants. De même, sa parole ne sera pas écoutée alors même qu’elle dispose de connaissances tout à fait pertinentes, qu’elle pourrait transmettre utilement. C’est ainsi que la police ignore systématiquement les témoignages de personnes racisées. Par son travail, Fricker entend participer à une prise de conscience libératrice en examinant méticuleusement ces situations injustes. Mais, souligne Schuringa, il ne lui vient pas à l’idée, pas plus qu’à ses contradicteurs, de contester le rôle de la police, l’objectif n’étant que de la réformer dans un cadre libéral.
Même en acceptant l’exigence « radicale » de Schuringa, on doit se demander si le défaut qu’il dénonce provient de la méthode analytique de Fricker ou du choix de l’autrice ? Après tout, on peine à comprendre pourquoi il serait impossible de mener une discussion argumentée sur la légitimité de la police conforme aux standards de la philosophie analytique. En France où la philosophie analytique est tout sauf hégémonique, la contestation – « radicale » ou pas, d’ailleurs – du rôle de la police n’occupe pas non plus le monde universitaire. Ne faudrait-il pas plus s’interroger sur la construction académique des questions pour comprendre pourquoi certaines ne se posent pas dans les départements de philosophique analytique ?
De plus, Schuringa ne rend pas correctement compte des réflexions critiques présentes dans la philosophie analytique, en particulier sur les questions politiques. Son incompréhension est manifeste à propos du livre de John Rawls, Théorie de la justice, paru en 1971, que Schuringa présente comme un compagnon idéologique du libéralisme et de la rationalité militaire de la guerre froide.
L’œuvre de Rawls a été au centre des discussions en philosophie politique pendant des dizaines d’années, et elle reste encore présente dans l’enseignement et les débats en philosophie analytique, et ailleurs. Certes, Rawls utilise la théorie du choix rationnel et la théorie des jeux, qui permettent aussi la modélisation des interactions microéconomiques et des oppositions militaires, par exemple en aidant à évaluer les risques dans la dissuasion nucléaire. Et il insiste sur l’égale liberté des personnes dans la lignée des déclarations des droits humains.
Pour autant, Rawls est tout sauf un idéologue du libéralisme étatsunien. Il défend des exigences de forte redistribution des richesses et de soutien aux plus défavorisés – ce qui le place même plus à gauche que les démocraties scandinaves de son temps, sans parler du reste de l’Europe de l’Ouest… Schuringa pourrait utilement contester les récupérations et simplifications libérales de Rawls plutôt que de confondre ses positions et la vulgate associée à son œuvre.
Quant au marxisme analytique, on peut lui reprocher de manquer de radicalité ou de déformer le marxisme3Lire Fabien Tarrit, Le Marxisme analytique, Syllepses, 2014.. Mais on est loin de la récupération libérale que dénonce Schuringa. Ce courant prend certes les individus comme élément de base de sa théorisation — ce qui, pour des marxistes, peut apparaître très hétérodoxe, voire aberrant. En effet, la tradition marxiste a toujours proposé des approches « macro » du monde social, typiquement à partir des classes sociales ou des mécanismes généraux du capitalisme. Mais entre autres enjeux de ce courant, il veut fournir une analyse fine des mécanismes de constitution des classes et des engagements des personnes.
Schuringa devrait prendre le temps de discuter des résultats de ce choix méthodologique plutôt que de simplement jeter l’anathème sur cette rupture par rapport au marxisme traditionnel.
Enfin, on peut s’étonner que Schuringa ne mentionne jamais un philosophe de la famille analytique comme le mathématicien, logicien et philosophe Jean van Heijenoort, secrétaire et garde du corps de Trotski de 1932 à 1939… Et comment a-t-il pu oublier que l’un des fondateurs de la philosophie analytique, Bertrand Russell, a aussi donné son nom au Tribunal international des crimes de guerre, dit « Tribunal Russell-Sartre », fondé pour dénoncer la guerre du Vietnam et la politique des États-Unis…4Sur la carrière politique de Bertrand Russell, lire Le Pacifisme et la Révolution Écrits politiques (1914-1918), Agone, 2014.
Peut-on refuser la centralité du débat argumenté ?
Schuringa est très hostile à la centralité du débat argumenté en philosophie. Une telle représentation de la pratique philosophique ignorerait massivement les conditions matérielles de la discussion, les rapports de force, les différences de disposition à argumenter en public entre femmes et hommes ou entre riches et pauvres.
En outre, le besoin de récits, de spéculations et de rhétorique serait bien plus important que l’exigence de transparence et d’analyse logique, conceptuelle ou linguistique. Sous couvert d’une discussion rationnelle entre égaux, la pratique du débat en philosophie analytique donnerait en réalité le pouvoir à ceux qui maitrisent la joute oratoire, à savoir les mâles blancs les plus socialement et économiquement favorisés.
Quiconque a assisté à des colloques de philosophie analytique ou a lu des controverses universitaires dans des revues analytiques devra admettre que Schuringa n’exagère pas toujours : la joute oratoire où chacun cherche à se positionner fait parfois écran à la recherche collective.
Mais il y a pire. La mode actuelle, comme le note justement Schuringa, est de conclure les débats par des formules rituelles telles que « Nous n’avons pas les mêmes intuitions ». Comme dans tout débat philosophique, les joutes analytiques ne produisant pas de réponses consensuelles, chacun campe sur ses positions au nom d’intuitions inexprimables. La philosophie qui se voulait la championne de la rigueur et de la précision sombre ainsi trop souvent dans l’arbitraire et la fantaisie individualiste, chacun assurant sa position par des effets de distinction – au sens où l’entendait Bourdieu.
Toutefois, là encore, faut-il y voir une conséquence nécessaire de la méthode analytique ou un effet de la concurrence dans le monde universitaire ? Concurrence d’ailleurs exacerbée par l’hégémonie du néolibéralisme, dans l’université comme ailleurs ?
En creux, par ses critiques du débat, Schuringa nous indique que, pour lui, la philosophie est d’abord un discours de combat où la vérité est la première perdante. Mais sa contestation de l’exigence du débat public où le meilleur argument doit l’emporter est une forme de contradiction performative. (Une contradiction performative est une contradiction entre ce qui est dit et le fait de le dire. Ce qu’illustrent deux exemples : « Je dors » ou « Je me tais » prononcés à voix haute.) L’ouvrage de philosophie écrit par Schuringa pour critiquer une pratique, non seulement conservatrice, mais plus nocive qu’utile, ne semble pas proposer une conviction personnelle mais une série d’arguments à débattre dans un espace public où l’on attend de chaque participant qu’il produise une argumentation acceptable par toutes et tous. À moins de faire semblant de « jouer le jeu » pour tenter d’imposer une opinion considérée comme indiscutable.
L’idéal d’universalité de la raison, que Schuringa jugerait sûrement naïf, ne peut être abandonné aussi rapidement – notamment par un philosophe. Que certaines pratiques soient à réformer est une chose ; que l’exigence du débat public, qui n’a attendu ni la philosophie analytique ni le libéralisme politique pour être promue, soit à abandonner en est une autre.
Enfin, peut-on espérer promouvoir des idéaux démocratiques sans que des questions philosophiques comme celles de la justice, de la liberté ou du pouvoir fassent l’objet d’un débat argumenté ?
Le problème de la radicalité de la réflexivité
Un point exposé dans le livre de Schuringa est cependant à remarquer : le manque de réflexivité sur l’origine et les effets sociaux de la philosophie analytique.
Schuringa rappelle l’épisode peu connu de la tentative de conjonction, à la fin des années 1920, des efforts du Cercle de Vienne (en particulier d’Otto Neurath) – dont on a vu qu’il constitue le grand moment rationaliste et critique de la philosophie analytique – et de l’École de Francfort (menée par Theodor Adorno et Max Horkheimer). Les deux courants auraient pu unir leurs perspectives pour promouvoir une contestation radicale du capitalisme et du fascisme : leurs ennemis communs. Des tentatives en ce sens ont eu lieu. Mais l’opposition des méthodes, la valorisation de la logique par les uns, la valorisation de la dialectique marxiste par les autres, et peut-être des stratégies personnelles incompatibles, ont fait échouer le rapprochement. Les membres de l’École de Francfort reprochaient notamment aux philosophes du Cercle de Vienne de ne pas assez penser la généalogie et les effets sociaux et politiques de leur pratique rationaliste.
Admettons que le point faible de la philosophie analytique reste peut-être encore (il y a des exceptions) le manque de critique de ses conditions d’apparition, de développement et d’exercice. Mais à nouveau, rien n’indique que ce soit son projet d’une argumentation rigoureuse et publique qui soit la source du problème. La position hégémonique semble une cause plus plausible. Et il ne faudrait pas sous-estimer les récents développements d’une histoire analytique de la philosophie analytique5Lire par exemple Sébastien Gandon, Russell Global, Classiques Garnier, 2026..
En appeler à plus de réflexivité ne suffit donc pas pour invalider toute la philosophie analytique et la vouer aux gémonies pour conservatisme. Ne vaudrait-il pas plutôt réclamer plus d’analyses et introduire de nouvelles questions dans l’espace de discussion ?
Sur ces thèmes, du même auteur, directeur de la collection « Banc d’essais », lire, par exemple en ligne sur Antichambre, « De la magie conceptuelle ».
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livre(s) associé(s)
- 1Lire en particulier Jacques Bouveresse, Essais VI. Les Lumières des positivistes, Agone, 2011. ↩︎
- 2Pour d’autres exemple, lire George A. Reisch, How the Cold War Transformed Philosophy of Science, Cambridge UP, 2005 ↩︎
- 3Lire Fabien Tarrit, Le Marxisme analytique, Syllepses, 2014. ↩︎
- 4Sur la carrière politique de Bertrand Russell, lire Le Pacifisme et la Révolution Écrits politiques (1914-1918), Agone, 2014. ↩︎
- 5Lire par exemple Sébastien Gandon, Russell Global, Classiques Garnier, 2026. ↩︎

