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Le fil à plomb de l’intello

9 février 2023|

Les moralistes de naguère ne manquaient pas de souligner ce paradoxe de la mauvaise foi qui consiste à reprocher à son voisin de ne pas ôter « la paille » qu’il a dans son œil alors qu’on est soi-même incapable d’ôter « la poutre » qu’on a dans le sien. L’image est suffisamment éloquente pour se passer de commentaires et je ne l’évoque ici que pour la dimension anthropologique qu’elle me paraît comporter.

S’il y a bien en effet une propriété spécifiquement humaine universellement répandue, attestée en tous temps et en tous lieux, c’est cette incapacité foncière des communautés humaines à concevoir une autocritique bien fondée et à la pratiquer lucidement et courageusement.

Quelque malheur ou quelque catastrophe qu’il advienne dans le cours des choses, la faute en est d’abord aux autres. Ce sont eux les méchants, les coupables, les scélérats, la cause de tous les maux. Accusation qui parfois n’est pas dépourvue d’un certain fondement, tant il est vrai que, quoi qu’il arrive, les choses viennent généralement de plus loin qu’on n’imagine, par des voies multiples et si compliquées que personne ne les a vues arriver.