Le quotidien du chômeur [Précaire-7]
Je suis allé au pays de Mickey, puis j’ai vu la matrice, avant d’essayer de toucher les étoiles et de prendre un billet pour la France d’en haut. J’avais quarante-huit heures pour trouver le sens du placement mais je n’ai retrouvé que le quotidien d’un précaire installé des deux côtés de la ligne de confidentialité. En voici la suite, et la fin…
Les politicards de droite ou ceux dits de gauche parlent souvent de la précarité, des « fins de mois difficiles », des pauvres qui ont du mal « à joindre les deux bouts », « harcelés par les créanciers »… Mais, ils en parlent de loin et de haut. De quoi s’agit-il vu de près et d’en bas ?
Tout commence par le nerf de la guerre, les palots, les lovés. Quand on est un jacko, force est de constater qu’on fait n’importe quoi, lobotomisé par la société de consommation, le consumérisme, la pub. Pour peu qu’on n’ait pas eu beaucoup de cadeaux à Noël, qu’on n’ait jamais pris l’avion, pas de semaine au Club, pas de Maldives, quand le désir, le besoin d’acquisition matérielle devient obsessionnel, ça peut virer à la catastrophe. Viennent la précarité, le chômage, les accidents de la vie… puis on rentre dans un cercle infernal dont il est très difficile de sortir.
Alors qu’on n’est même pas en CDI, on commence par se procurer une CB VISA, les banquiers sont prêts à tout pour trouver de nouveaux clients à qui proposer leurs prêts revolving. Là, on commence à frimer avec l’argent, à faire le riche alors qu’on n’a pas le sou : on se prend une carte à paiement différé, une autorisation de découvert conséquente et nous voilà, gros jacko qu’on mérite d’être, à jongler avec de l’argent virtuel… Mais ça ne dure qu’un temps : après avoir investi dans deux ou trois Levis 501, des polos Lacoste, avoir payé des cafés et des glaces à quelques zindaves, s’être fait péter une semaine all inclusive en République dominicaine et acheté une nouvelle stéréo, on se retrouve vite, très vite, dans la merde. Quand c’est la première fois qu’on explose son autorisation de découvert mais qu’on a retrouvé un petit emploi un peu stable, le banquier est conciliant, d’autant qu’il pro- pose rapidement son crédit revolving : « Alors, vous avez besoin de combien ? » On a envie de dire « Tout l’or du monde », mais très vite il vous fait une proposition, qu’il inscrit dans un projet : « Bon, y a le montant du découvert, il vous faut certainement du matériel informatique, et puis une avance de trésorerie, allez, je peux vous proposer 10.000 euros, que vous rembourserez en quatre-vingt-seize mensualités. » Sur le coup on ne se rend pas compte que ça fait huit piges et surtout que le taux est de 50 %… On se sent juste pousser des ailes : « 10.000 palots comme ça, en moins d’une minute ! »
En fait, c’est le premier pas dans la précarité, dans la misère. On a beau voir les reportages à la téloche sur l’endettement, on pense tout de suite à ce qu’on va pouvoir faire avec tout ce pognon. Bien sûr, on jure sur sa tête que, cette fois, on va faire gaffe, qu’on ne va pas claquer ces thunes n’importe comment. Sauf qu’en moins d’un mois j’étais déjà parti deux fois en vacances en Espagne et, pour l’été, deux mois dans les Cyclades – je voulais voir de mes yeux le temple d’Apollon, l’oracle de Delphes. Ça rigolait pas ! Et puis j’en avais marre de me taper le bled… Ensuite, l’hiver venu, comme je n’étais jamais parti au ski, allez, une semaine à La Plagne. Et voilà, on a épuisé son petit capital… Sauf que là, avec le crédit revolving, on est vraiment dans la merde : maintenant il faut rembourser le crédit plus les intérêts. J’avais beau avoir un BEP compta et quelques notions d’économies, j’avais rien vu venir. (J’étais tellement bien dans les criques aux eaux turquoise et j’avais jamais goûté une aussi bonne moussaka que celle de l’île de Naxos.) Les deux tiers de ma paye de surveillant filaient dans le remboursement de mes dettes.
C’était mal parti. Mais pour se refaire, le jacko a toujours des ressources. Aussi je décidais de changer de banque, histoire d’avoir une paye complète sur un nouveau compte, de jouer sur les autorisations de découvert et de jongler sur les deux comptes. Puis ce fut la grande mode des prêts à la consommation et autres réserves de crédit souvent distribués dans les centres commerciaux sans aucun critère d’attribution. À l’époque, il suffisait d’une pièce d’identité et d’un RIB pour se retrouver avec une réserve de crédit : ils ne vérifiaient que dalle, ni la capacité à rembourser, ni le statut professionnel. Même un chômeur sans indemnités pouvait se faire placer une carte de crédit revolving avec, bien entendu, un taux de la mort…
Les banquiers connaissent bien les jackos : on vient pour acheter une téloche et il vous propose le paradis, du pognon comme ça, en moins de cinq… Et là, c’est le début de la fin, on s’endette très rapidement, on a honte, on reçoit les premières lettres, les premières injonctions de payer, les premières lettres d’huissier, les coups de fil violents… On rentre dans une spirale infernale, le montant des intérêts et les frais dépassent le montant emprunté, on commence à stresser, à faire des cauchemars, puis on se retrouve interdit bancaire et là, on pénètre dans un autre univers : les cabinets d’huissiers, la Banque de France, les bureaux d’aide sociale.
Au début, on est désemparé. D’abord par les lettres d’huissier, qui sont d’une rare violence. On apprend plus tard qu’ils ne peuvent rien faire sans une décision de justice, mais quand on ne connaît pas les mécanismes, on panique. Alors on appelle, on propose des petites sommes, on négocie, et quand les menaces se font plus pressantes, on ajoute une autre petite somme. Surtout, on finit par avoir une calculatrice dans la tête. Et le quotidien devient un enfer, on n’ose pas en parler. Un jour, on achète une connerie dans une boutique et la carte est rejetée : on fait mine de rien, même s’il y a du monde dans la queue, et on rend le produit. Parfois, pour nous éviter l’affiche, le vendeur suggère que la carte doit être démagnétisée. Alors on se rend au distributeur, qui avale la carte : là, on comprend qu’on est interdit bancaire. Puis on reçoit un courrier de la banque, où on vous explique qu’il faut rembourser avec des timbres fiscaux. Puis on se rend à la Banque de France pour se voir notifier son interdit et sa durée : au bout de cinq ans, tout s’efface. S’engage alors une lutte contre le temps : il faut tenir cinq ans ! Cinq ans, c’est long… Et dans cette putain de société, sans carte de crédit, on est vite exclu. Il faut toujours avoir des espèces sur soi, on ne peut plus prendre de l’essence la nuit et on apprend à vivre avec un Livret A, seul compte que les créanciers ne peuvent saisir (à part l’État, sous certaines conditions). On a une carte de retrait, mais on ne peut pas l’utiliser comme moyen de paiement. On vit avec, ce n’est pas très pratique : quand la capacité de retrait au distributeur est dépassée, on doit faire la queue au guichet. Je ne connais pas la proportion de détenteurs de Livret A qui atteignent le plafond et en tirent une rente, mais ce que je sais, c’est qu’on était nombreux chez les précaires à utiliser ce compte épargne comme un compte courant, où on se fait virer nos indemnités ou nos payes. Il devient indispensable à notre survie, car même quand il reste cinq euros on peut en retirer deux pour prendre un café et acheter le journal. Ambiance au guichet de La Poste : « C’est pour un retrait de combien, monsieur ? » On chuchote : « Deux euros, monsieur. » C’est la honte, mais on n’a pas le choix. Cinq ans à attendre. Cinq ans.
Puis vient le temps des dossiers d’aide sociale, les prises de rendez-vous chez l’assistante sociale où l’on doit se justifier, s’expliquer (comme s’il y avait une explication), où on vous demande une tonne de papelards, des relevés bancaires (on fait tout pour ne pas les fournir, histoire de ne pas montrer la ligne de paiement effectuée pour le vol Santorin- Athènes), où on se retrouve à quémander un peu de thunes, saisi d’effroi. Un mois après, on reçoit un chèque barré et on doit se déplacer dans des banlieues paumées à la recherche de la banque où l’encaisser, parfois juste pour quelques euros.
Pendant ce temps, les huissiers ne lâchent pas l’affaire, continuant à nous harceler. On sursaute dès que le téléphone sonne. On se retrouve avec la boîte à lettres blindée tous les matins. L’objectif avoué de ces officines est de susciter la peur. Et ça marche. Des fois on les envoie chier et ils vous raccrochent au nez. Mais on les rappelle, parce qu’on n’a pas le choix. Et on commence à marmonner, à perdre le sommeil, on se bourre la gueule pour oublier, un peu – moi je me suis mis au flash de cognac (un peu de classe, s’il vous plaît).
Quand on est dans la misère noire, l’attente du virement de la paye sur son compte tourne à l’idée fixe : on ne pense qu’à ce truc de fou, on se rend plusieurs fois par jour, un, deux, trois, dix fois de suite au distributeur. On imprime son solde : triple zéro. Mais on y retourne, on est dégoûté, on a envie de chialer, on marmonne, on est à chaque fois plus dégoûté encore, on attend avec impatience cette maudite paye, juste pour avoir quelques palots, pour se mettre « bien », pour remonter à la « surface », s’offrir quelques petits plaisirs, pendant quelques jours. Des plaisirs de jacko : prendre un petit café sur une terrasse lounge en lisant une revue automobile ou sur le golf… Pendant deux-trois jours, on peut, à nouveau, avoir un semblant de vie sociale, mais très vite l’ensemble de son salaire est englouti par le remboursement des dettes.
La honte est un sentiment récurrent quand on est dans la précarité. Je me souviens encore de cette scène au Trésor public de la place des Fêtes, dans le XIXe : on faisait la queue pour encore négocier un énième plan d’apurement. Devant moi, il y a une femme, la quarantaine, aux allures de bourgeoise désargentée, plutôt jolie, maquillage criard, l’air très digne, elle s’adresse très sereinement à l’employé du Trésor :
— Bonjour monsieur, voilà, je vous apporte en espèces une partie de mes impôts.
— Très bien, madame. Parfait.
— Et je vous apporte le reste dans deux mois.
— Aucun problème, madame.
— Eh bien voilà, merci pour tout. Pour la levée de la main courante, ça prendra combien de temps ? C’est immédiat ?
— Il n’y aura pas de levée de la main courante, seulement une fois que vous aurez soldé la totalité de la créance.
Elle s’emporte :
— Quoi !!! Mais vous m’avez dit « C’est bon » et « Très bien ».
— Je ne vous ai rien dit, c’est vous qui interprétez, écoutez, madame, vous arrivez à mon guichet, vous me dites « Voilà tant », je vous dis « Oui », vous me dites que vous donnez le reste dans deux mois, que voulez-vous que je vous réponde ? Je vous dis « Oui, d’accord, très bien », je ne vais pas vous forcer, je ne vais pas vous sauter dessus, il y a une procédure, donc pas de levée de la main courante, je vous dis « Non », vous me dites que vous paierez dans deux mois, ça sera dans deux mois, même dans dix mois, mais tant que vous n’avez pas réglé votre dette, vous pouvez être saisie à tout moment.
La dame entre dans une rage folle.
— Mais comment je vais faire pour vivre ?… Elle s’effondre en larmes, son maquillage se liquéfie.
— Au suivant !
Je me suis toujours dit que la ligne de confidentialité des banques et des administrations était trop proche : on doit souvent murmurer à l’oreille de son interlocuteur. Pareil avec la caissière du supermarché, quand il faut rendre un produit parce qu’on n’a pas d’argent. Un jour, en faisant mes courses, ma CB est rejetée par la machine : pas assez de palots pour tout prendre. La caissière est acculée par les gens de la queue : « C’est pas de ma faute, il n’a pas d’argent!» Des humiliations comme ça surviennent tous les jours dans le quotidien du jacko. Tous les jours…
L’accès aux soins peut également devenir difficile. Quand la mutuelle saute pour impayé, c’est « double peine » : la créance, qui se concrétise par une mise en demeure en bonne et due forme, s’accompagne d’une suspension des garanties. Alors là, mieux vaut ne pas avoir un gros trou dans une molaire !… Bien sûr, vous direz, il y a les dispensaires : essayez ! Et puis moi, bordel, pour faire original, j’ai une putain d’épine de Lenoir dans le talon, alors autant dire que c’est râpé pour une semelle chez le podologue…
Tout est fait pour qu’on ne puisse pas s’en sortir! Quand on cherche un taf, faut avoir une bonne liquette, faire des photocopies, imprimer son CV (on est censé pouvoir le faire au Pôle emploi, quand la machine fonctionne, ou quand elle n’est pas volontairement éteinte par les employés), avoir une connexion Internet chez soi, un ordinateur en état de marche, se faire régulièrement rafraîchir les tifs – mais tout ça a un coût non négligeable ! Vous me direz qu’il y a plein de dispositifs pour pallier ces manques, mais d’abord il faut les connaître, ensuite les places sont limitées et enfin il faut encore remplir des dossiers : ça prend du temps, c’est parfois humiliant et oui, bordel, on a le droit de ne pas avoir envie d’y plonger !…
Lorsqu’un problème, quel qu’il soit, vous tombe sur la gueule, il est amplifié par mille quand on est dans la précarité. Il faut avoir les reins solides pour ne pas tomber dans les pommes! Il m’est arrivé de recevoir une amende à six cents euros six ans après l’infraction : au moment où, bien sûr, j’étais interdit bancaire et sans une thune… C’est donc reparti pour une visite au Trésor public, au tribunal d’instance, et des courriers dans tous les sens, des recommandés avec accusés de réception, etc. On y dépense le peu d’argent qui nous reste, on se dit : c’est pas possible, qu’est-ce qu’on a fait (ou pas fait) pour mériter ça, on chiale, mais ça continue… Au moment où le problème commence à se régler, on reçoit une nouvelle mise en demeure, on s’accroche, le cœur s’emballe… Et un jour on est comme anesthésié par cette misère, on ne sent plus rien, on s’en fout, les huissiers peuvent débarquer, ça sera tant mieux, on abandonne toutes les démarches… Et puis on se ressaisit : on n’a pas le choix, on n’a pas d’autre choix.
On refait des dossiers. Mais faire des dossiers, c’est ce qu’il y a de plus horrible : on vous demande des papiers par kilos, et bien entendu on ne sait plus où on les a foutus, on cherche pendant des heures des documents qu’on retrouvera quand on n’en aura plus besoin. Plan d’apurement, échéancier : tous les ans, c’est la même rengaine, tous les ans, on recommence, jusqu’à ce que l’institution arrête tout. Alors il faut trouver des thunes, sinon, la clochardisation, c’est pour bientôt.
En ce qui me concerne, j’ai mis de côté l’option délinquance. Tout d’abord parce que je n’ai jamais été initié, ensuite parce que je suis con : j’ai une morale, j’ai toujours fait traverser les grands-mères, rapporté les portefeuilles aux objets trouvés, et je crois que « Bien mal acquis ne rapporte jamais ». J’ai bien fantasmé une ou deux fois avec mon pote Jean-Louis pour faire un grand coup. Mais franchement, avec notre veine, ça serait du ferme pour vingt piges…
Oui, je suis un garçon honnête. Et quand on est un jacko en quête urgente de thunes, il existe des tas d’autres solutions. Il y a d’abord les caisses des dépôts et les boutiques de rachat. J’ai essayé, et ça m’a déprimé. J’avais mon super appareil photo, de la balle, grand zoom trente fois, vidéo HD, optique Leica, la grande classe, que j’avais acheté pour faire mon Depardon et faire péter les thunes avec une expo à la FNAC – comme quoi, il vaut mieux d’abord lire Bourdieu. Bref, il s’agissait d’un appareil à six cents palots et la boutique m’en proposait cent, alors je les ai envoyés chier parce que je savais qu’ils allaient le mettre en vitrine à quatre cents euros minimum.
Autre solution pour faire des thunes : les tests de médicaments avec hospitalisation. Il paraît que ça peut rapporter gros : dans les cinq mille euros facile. Mais tout d’abord, on risque sa peau : tester des médocs n’est pas sans incidence sur le métabolisme (car il n’y a pas que des crèmes à tester), sauf si on a pris le placebo (mais on n’est pas censé le savoir). Et puis c’est très contraignant : déjà, quand je suis vraiment malade, ça me saoule de faire une prise de sang, alors que là on doit faire régulièrement des examens ! En plus, je suis un peu superstitieux : j’aurais trop peur de faire un appel du pied à la maladie… Mais un jour où j’étais acculé par les dettes, je suis allé dans une clinique pour la visite préparatoire : j’en suis sorti dégoûté et j’ai claqué les dernières thunes que j’avais en prenant un petit déj’ dans une belle brasserie et en fumant un cigare en feuilletant le Diplo. C’était ma façon de dire : « La misère, je t’emmerde !!! » Finalement, on taxe des thunes à des vieux potes sans savoir quand on va les rembourser…
Quand on est chômeur, on n’a pratiquement plus de vie sociale, alors qu’il faut régulièrement affronter « les autres » : ceux qui ont réussi. Dans la rue, on a peur de rencontrer un ami car on n’aura pas de quoi lui payer un café. On appréhende le « Qu’est-ce que tu deviens ? » car il va falloir se défendre, justifier sa trajectoire.
Je me souviens d’un mariage où je retrouvais avec plaisir, mais non sans angoisse, des cousins dont je savais qu’ils avaient « réussi ». Au moment des retrouvailles, je suis comme la bourgeoise désargentée au Trésor public : j’essaie de rester digne, de paraître serein, mais au fond de mon cœur, je les envie, bien qu’ils s’en tamponnent sans doute…
— Alors, Mous, qu’est-ce que tu fais maintenant ?
— Je suis écrivain !
Mustapha Belhocine
Extrait de Précaire ! Nouvelles édifiantes, Agone, 2016.
À l’issue d’une dizaine d’années d’inscriptions désordonnées à l’université, Mustapha Belhocine obtient en 2012 un master de sociologie à l’EHESS. Sous l’intitulé « Une expérience littéraire en milieu précaire », il y délivre le portrait de son quotidien, fruit d’une pratique assidue de la prise de note et de la mise en récit. Quatre ans plus tard, ce travail est édité sous le titre Précaire ! Nouvelles édifiantes. À l’époque, après trois ans dans diverses structures d’accompagnement des toxicomanes à la Goutte d’or (Paris), il travaille entre 2015 et 2019 comme enseignant contractuel en Seine-Saint-Denis. De cette nouvelle expérience de précaire, il donne un portrait sous le titre « Professeur contractuel en Seine-Saint-Denis ». En 2019, Belhocine obtient le concours de professeur des écoles. Il est aujourd’hui instituteur à Saint-Ouen.
