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Les avatars de notre éducation nationale [LettrInfo-1]

23 novembre 2022|

Rétrospectivement, on pourrait penser que le casting des ministres de l’Éducation nationale des gouvernements macroniens suit un plan établi en 2017 par un visionnaire, un mage politique…

(En comparaison, on doit constater que la Culture relève de la décoration : depuis qu’a été débarquée la ministre éditrice sortie d’un plan comm’ en fil blanc, tout le monde cherche à savoir si le poste ait été pourvu et qui l’occupe.)

Après cinq années d’un traitement de cheval dont les observateurs se demandent si le patient survivra vient de s’ouvrir pour l’Éducation nationale une ère d’onguents.

Après la brute, le sage. Après le truand, le bon. Après le marteau-piqueur, la tapisserie. Après le candidat du Printemps républicain, celui de la diversité. Après Jean-Michel Blanquer, l’expert à l’implacable efficacité qui a usé tous les échelons des hiérarchies et labouré le champ scolaire, Pap Ndiaye, l’éternel jeune historien à l’École des hautes études, auteur d’ouvrages importants et reconnus, découvre le domaine avec l’ingénuité et la fraîcheur du novice.

Mais au-delà de toutes ces différences et de ces oppositions de style, c’est une irréprochable continuité qui est à l’œuvre.

Côté syndicalisme enseignant, le second poursuit en douce la répression menée avec tambour et trompettes par le premier ministre de l’Éducation nationale, dont son successeur corrige les outrances en rassurant les braves parents inquiets par la mixité scolaire (trop pour les uns, pas assez pour les autres).

« La mixité scolaire est bonne, non seulement pour les enfants venant des milieux défavorisés, mais aussi pour les autres », explique le nouveau ministre sur le @Qfficiel.

Mais pourquoi donc a-t-il privé ses propres enfants de tels bienfaits en les inscrivant à l’École alsacienne, bien connue pour être la moins socialement mixte de France et de Navarre ?

Pour décoder ce passage de relais ministériel sans faute, lire le dernier livre de Laurence De Cock, Une journée fasciste, où il est question de pédagogie Freinet et des enfants oubliés par l’école publique, dont traite aussi son ouvrage précédent : École publique et émancipation sociale ; et celui qu’elle vient de préfacer : Lettre à une enseignante.

Thierry Discepolo
18 novembre 2022

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