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Date de parution : 6 février 2026
Format : 14 x 21 cm
256 pages
ISBN : 9782748906134

Préfacé par 

Traduit par  

Titre original : The Class Matrix: Social Theory After the Cultural Turn (Harvard University Press, 2022).

Ouvrage traduit avec le soutien du Centre National du Livre.

La matrice des classes sociales

La théorie sociale après le « tournant culturel »

Contre-feux

Format Papier(20,00€)
Format Papier(20,00€)
Format ePub(14,99€)
Format ePub(14,99€)

Un livre essentiel pour comprendre l’évolution des rapports de force
internes à la gauche de transformation sociale
en articulant identités culturelles et intérêts matérialistes de classe.

Des qualités pédagogiques remarquables au service
des analyses de l’évolution des rapports de domination
dans le monde du travail, du salariat, du syndicalisme,
du droit, de l’État social et de l’accès aux besoins universels.

« Je soutiens que les marxistes classiques se sont mépris sur les implications de leur propre théorie. Une théorie structurelle des classes, bien comprise, ne prédit pas l’inévitabilité de la constitution des travailleurs en classe mais plutôt son incertitude. Pour l’essentiel, mon raisonnement est que le capitalisme entraîne bien un conflit d’intérêts, comme l’affirmait Marx. Mais aussi qu’il conduit les travailleurs à secouer leur joug – comme le soulignait encore Marx. Toutefois, il favorise la résistance à ce joug sur une base non pas collective, mais individuelle. Une fois admis qu’il n’y a pas de voie royale garantissant une résistance collective plutôt qu’individuelle, on peut s’intéresser aux facteurs qui permettent la transition de l’une à l’autre. Dès lors, il apparaît que la culture et l’identification subjective jouent un rôle très important. »

Suivant la logique du marxisme classique, on devait conclure que l’organisation de la classe ouvrière depuis le XIXe siècle conduirait inexorablement au renversement du système capitaliste. Pourquoi cela ne s’est-il pas produit ? Comment le capitalisme survit-il ? Qu’est-ce qui limite l’existence d’une résistance collective ?
Selon les penseurs critiques de l’après-guerre, la théorie matérialiste des classes n’avait pas les moyens de répondre à la question. Dans les années 1970, le « tournant culturel » a inversé la perspective marxiste : pour expliquer et prédire les comportements des acteurs sociaux, cette nouvelle théorie impute un pouvoir bien plus important à la culture, au langage et à l’identité (la « superstructure ») qu’à la structure sociale (l’« infrastructure »). Si nous avons gagné quelques éléments de réponse théorique, nous n’avons pas gagné en réponse pratique, c’est-à-dire en termes de lutte contre la domination du capital à l’heure de l’anthropocène.
Face au néolibéralisme mondialisé, qui creuse les inégalités en matière de richesse et de pouvoir, Vivek Chibber est convaincu qu’il faut revitaliser les réflexions matérialistes négligées par le « tournant culturel », mais dont il faut tenir compte des acquis.

Chibber s’engage donc dans une fusion des bases du matérialisme et des idées les plus fécondes de la théorie culturelle. Il apporte ainsi une pierre essentielle à la théorie sociale en montrant qu’il est possible d’intégrer les principaux arguments du tournant culturel dans un cadre matérialiste solide.
Tout en montrant qu’est possible une théorie de la structure et de la constitution en classe qui repose sur des fondements « matérialistes » identifiables, l’auteur montre comment la culture joue un rôle central dans de nombreuses sphères pour étudier ces questions. Il revient ainsi sur les notions d’« agentivité sociale » et de « contingence » pour tester ce qui résiste de l’universalité des propriétés structurelles du capitalisme. Ainsi, plutôt que d’opposer les courants qui ont permis d’analyser les rapports de domination de la société capitaliste, Chibber en tire le meilleur.

Dossier de presse :
— « Pourquoi la classe travailleuse ne renverse-t-elle pas le capitalisme ? Repenser la centralité de la classe avec Vivek Chibber », par Florian Gulli, pour Communistes & Matérialistes, 30 septembre 2026
— « Le capitalisme produit une résistance individuelle », entretien avec Florian Gulli pour La Marseillaise, 29 mai 2026
— Recension d’Igor Martinache pour Lectures, OpenEdition.org, 2026.
— « Les classes sociales existent-elles ? », par Charles Conte pour le blog de Médiapart, 11 avril 2026
— « Le “tournant culturel” de la lutte des classes  », pour L’Humanité, 11 avril 2026
— « Classes sociales, culture et conflits », par Frédéric Thomas, pour LundiMatin, 11 mars 2026
— « Florian Gulli revient sur la “centralité stratégique de la classe ouvrière” », par Esteban Évrard pour Liberté Actu, 13 février 2026
— Compte-rendu de Bernard Teper pour Respublica, 22 février 2026
— « La bataille culturelle ne suffit pas », bonnes feuilles dans Le Monde diplomatique (février 2026)

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