Les Liaisons dangereuses est un des chefs-d’œuvres de la littérature en langue française. Mais ce « roman à scandale » est aussi un abrégé de « sagesse concentrée sur les relations sentimentales, sur les règles de base qui les gouvernent et les moyens par lesquels elles peuvent être manipulées à l’avantage de quelqu’un » : un récit remarquable par sa clarté, sa franchise inégalée, sa simplicité, son détachement et la « rigueur d’une approche qui, en dépit de sa sophistication aristocratique et du temps qui passe, le rendent éminemment accessible au lecteur moderne ». Si Du boudoir à la Révolution revient sur tous ces thèmes, qu’il replace dans leur contexte de production et de réception, ce court essai incisif croise les personnages de fiction avec la biographie de Laclos (jeune capitaine, époux puis révolutionnaire jacobin et enfin officier de Napoléon), pour mettre à jour les qualités intellectuelles et le contenu même de la pensée d’un écrivain immergé dans une époque d’expérimentation des questions morales et politiques qui continue de questionner les nôtres. Les écrits sur Les Liaisons dangereuses sont évidement nombreux (sans parler des interprétations cinématographiques, théâtrales, etc.) et certains sont d’une valeur intellectuelle et d’une érudition incontestables. Mais la majeure partie de ces études ont un style très académique et une approche quelque peu technique « comme si le contenu passionnant du roman devait être compensé par le caractère cryptique et abscons des commentaires qu’il inspire ». S’appuyant sur tout qui permet de rendre au mieux la vision personnelle de Laclos (histoire, biographie, philosophie, critique littéraire, fiction), l’auteure développe un récit accessible aux lecteurs qui sont simplement intéressés par la littérature (ou par l’amour) et par la politique sans disposer pour autant de connaissances particulières sur l’histoire du XVIII e siècle et sur les théories littéraires.

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