« En 1967, lorsque le Biafra déclare son indépendance, l’Élysée y voit l’occasion d’accroître l’influence française dans la région. De Gaulle mobilise la Croix-Rouge pour délester les rebelles biafrais de la prise en charge des besoins vitaux des populations sous leur contrôle et fournir des informations de première main sur le déroulement du conflit. Les French doctors s’affranchissent du “pacte de neutralité” humanitaire pour non plus seulement soigner mais aussi témoigner des atrocités observées en zones de conflit. Auréolé de la gloire du sauveur, Bernard Kouchner, nommé secrétaire d’État à l’Action humanitaire en 1988, développera cet humanitaire à la française, caractérisé par la promotion d’un droit d’ingérence permettant aux réseaux de la Françafrique de blanchir leurs opérations d’influence. »

Basé sur une enquête minutieuse mêlant analyse des données historiques et financières et recherche de terrain, ce livre montre le rôle que joue l’action humanitaire de la France en Afrique : fourniture de renseignements stratégiques, aide à la stabilisation de régimes amis, etc. On comprend ainsi comment des ONG supposées indépendantes s’intègrent, plus ou moins consciemment, dans les politiques prédatrices menées sur le continent.