Jamais le démantèlement de l’École publique n’aura été aussi brutal et implacable que sous le mandat présidentiel d’Emmanuel Macron (2017-2022). Peut-être trouve-t-on quelques raisons dans la perte du sens de l’enseignement public qui n’a pas permis d’y opposer les résistances nécessaires du côté des enseignants et des parents, des médias et de l’administration. Toujours est-il que les enfants des catégories populaires ont été les premiers sacrifiés de cette destruction programmée. Même si la boussole de la démocratisation scolaire n’a jamais vraiment permis de tenir toutes les promesses d’une école émancipatrice, il ne faut pas pour autant en abandonner l’ambition, sans laquelle aucune société égalitaire n’est possible.      Après avoir posé un état des lieux laissé par la dernière mandature, des ruines fumantes, ce livre revient sur les fondements historiques des principes d’une éducation nationale théorisée par les révolutionnaires français en 1793 ; principes généreux et audacieux repris à chaque grand moment de démocratisation scolaire, de Jean Zay sous le Front populaire au plan Langevin-Wallon après la Libération, mais aussi travaillés par les pédagogies inspirées de l’éducation nouvelle. Qu’en reste-t-il aujourd’hui et sur quels fondements refonder une École qui retrouve ses ambitions au service des masses ? Aux anciens défis, d’autres se sont ajoutés, tout aussi redoutables : la puissance destructrice de l’idéologie néolibérale, les obscurantismes religieux, les enjeux de santé liés à la crise environnementale.