Ce numéro est conçu en réaction aux postures, souvent esthétisantes, par lesquelles l’objet guerrier est trop souvent mis en scène comme sidérant, obscur, dépassant l’entendement, et dont il faudrait avant tout « retrouver » la violence dans ce qu’elle a de plus immédiatement brutal. On retrouve notamment cette tendance dans les travaux des historiens de la Guerre de 1914-1918 aujourd’hui dominants. Les contributions ici réunies montrent au contraire que les guerres et leurs violences peuvent répondre de logiques sociales ordinaires. En effet, c’est précisément parce que les meurtres de masses du xxe siècle suscitent à bon droit la stupeur et l’effroi qu’il importe de montrer ce qu’ils doivent aux sociétés qui les ont produites. Contre le tout culturel qui accompagne aujourd’hui la fascination de la violence ou de l’événement guerrier pour lui-même, ce numéro est un plaidoyer pour l’histoire sociale des conflits.

Sommaire

— Philippe Olivera, « Histoire des violences et violence (sociale) de l’histoire. À propos de la “nouvelle histoire” de la Grande Guerre »
— Blaise Wilfert, « Aux sources d’une histoire controversée : une lecture de 14–18 Retrouver la guerre de Stéphane Audoin-Rouzeau et d’Annette Becker »
— François Buton, « Norbert Elias ou la Grande Guerre du sociologue »
— André Loez, « Vers une histoire au plus proche des situations sociales ? Entretien avec Claire Zalc sur l’histoire récente de la Shoah »
— Claudine Vidal, « Enquêtes au Rwanda. Questions de recherche sur le génocide tutsi »
— Dimitri Chavaroche & André Loez, « “L’opération a été bien menée et vigoureusement exécutée”. Un compte-rendu de coup de main à l’été 1916 »
— Nicolas Mariot, « Comment faire une histoire populaire des tranchées ? »

Rubrique « La leçon des choses »
— Susan Watkins, « Le traité de non-protestation nucléaire »

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