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À gauche à la place du cœur
Œuvres complètes, volume 1

Titre original : Links wo das Herz ist (Aufbau, 1955)
Traduction de l’allemand par Gérard Brousseau, révisée et actualisée (première édition, PUG 1992).
Préface de Céline Vautrin et Anne-Lise Thomasson
Postface de Armin Strohmeyr traduite de l’allemand par Walter Weideli

Parution : 24/10/2011
ISBN : 9782748901405
Format papier : 240 pages (14 x 21 cm)
21.00 € + port : 2.10 €

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Premier volume des œuvres complètes de Leonhard Frank à paraître aux éditions Agone, ce roman autobiographique témoigne d’un demi-siècle de vie artistique et politique allemande : d’une guerre mondiale à l’autre, de la bohème de Munich au Berlin des Années folles, de l’avant-garde expressionniste au retour de l’exil.
Écrivain, homme de théâtre et de cinéma Leonhard Frank fut toute sa vie un homme révolté. D’origine modeste, l’auteur se confond avec son héros, tour à tour ouvrier, peintre puis écrivain célèbre ; mais en 1933 ses livres sont interdits puis brûlés. Au terme de dix-sept ans d’exil, il rentre dans un pays en ruine pour constater que ceux qui écrivent contre les lâchetés et les trahisons qui ont conduit au nazisme n’ont plus de place.

Leonhard Frank

Leonhard Frank (1882–1961) est un écrivain allemand proche de l’expressionnisme, humaniste, pacifiste et antifasciste. Son œuvre est marquée par le refus de l’Allemagne wilhelminienne et de ses valeurs, élevée contre la barbarie de la Première guerre mondiale, la misère, les crises et le chômage de masse des années 1920–1930. Il connaît le succès dès son premier roman La Bande de brigands (1914). Contraint à l’exil une première fois entre 1915 et 1918, Frank est obligé de fuir à nouveau en 1933 alors que les Nazis brûlent ses livres. Après dix-sept ans, il retrouve sa patrie en ruine. Ce livre retrace sa traversée du siècle.

Les livres de Leonhard Frank chez Agone

Extrait

Le critique le plus connu de Berlin entra au café de l’Ouest. Il avait peigné les extrémités de sa moustache rousse à la verticale, pointées vers les ailes du nez. Il avait la bouche rose. Des applaudissements l’accueillirent ; la veille, il avait publié un nouveau poème guerrier : « Chaque pas un Anglais, chaque coup un Français, chaque cartouche un Russe ! »
Michael lui jeta un regard plein de haine. Les dix mille instituteurs d’Allemagne n’avaient pas préparé leurs élèves à la vie, mais à la caserne et à la mort. Cette accusation pourrait servir de matière à un poème contre les puissants et la folie de ce temps.
Le 4 septembre, les quelques opposants à la guerre qu’il y avait à Berlin se réunirent dans l’appartement de Michael. Dans l’atmosphère sanguinaire du temps, ils posèrent la question sans réponse : comment stopper cette guerre que ni la parole ni l’écrit ne pouvaient arrêter ?

***

À Berlin, le théâtre était exemplaire. Les concerts symphoniques et l’opéra étaient célèbres à juste raison. Il y avait des éditeurs, des directeurs de galeries et de théâtres téméraires. Les travaux des novateurs les plus échevelés eux-mêmes atteignaient le public. Les jeunes comédiens, toutes les personnes de quelque talent avaient une chance de montrer ce qu’ils savaient faire et dans les revues polémiques exaltées de la jeune génération, on ne respectait rien. La métropole berlinoise était ouverte à l’art nouveau, à la littérature porteuse d’avenir du monde entier. Berlin recevait et donnait. Les nerfs et l’esprit de la ville étaient électriques. La vie même y était électrique.
C’était Berlin au moment où Michael descendit du train à l’Anhalter Bahnhof, à l’automne 1910. Il partit en direction de l’ouest et prit une chambre dans la Joachimsthaler Strasse, pour huit marks la journée, c’est-à-dire bien plus en un mois qu’il n’avait payé en quatre ans à Munich. Au bout de quelques jours, il trouva une chambre dans la Schaperstrasse pour quinze marks par mois, qu’il dut payer d’avance, ce qu’il fit à contrecœur, surpris et indigné. Il trouvait cela répugnant. La vie à Berlin lui semblait moins chaleureuse, moins familièrement cordiale qu’à Munich, la ville des peintres. Il fallait par conséquent tendre certains muscles restés inemployés jusque-là et voir venir.

***

Il alluma la petite lampe de bureau, fit un pas en arrière et considéra avec ravissement son lieu de travail calme et coupé du monde. Il s’assit devant la feuille de papier ministre éclairée d’une lumière chaude, devant le roman qu’il portait en lui. Le début, il voulait que ce soit une description du Vieux Pont sur Le Main à Würzbourg, à une minute bien précise : les gens, la lumière, les odeurs, les bruits, les trente cloches de la ville qui appellent à l’office du soir et une section de fantassins pleins de poussière qui traversent le pont. Il voyait et entendait tout ça très distinctement et n’avait qu’à l’écrire de telle façon que le lecteur le voie et l’entende aussi distinctement. Mais l’image intérieure était incomparablement plus nette que ce qu’il était capable de restituer par des mots. En plus, à chaque fois, la phrase se défaisait en un fouillis de mots à partir duquel il fallait tout reconstruire de zéro.
Il écrivit toute la nuit. Un oiseau se mit à gazouiller. La lumière grise du petit matin se glissa jusqu’à lui. Quand il fut au lit, les mots s’agitaient en tout sens dans son cerveau comme des fourmis.

***

Jusqu’à une heure avancée de la nuit, ils parlèrent de la guerre et de ses causes. Il n’existait pas de cause qui rendait la guerre inévitable. Il y en avait toujours cent et aucune, au gré des gouvernants. À la phrase cynique « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », on pouvait en opposer une autre : « La guerre est la preuve que la politique n’en était pas une ». En outre, l’histoire montrait que les guerres ne réglaient rien à long terme. Les humains s’étaient accommodés des guerres incessantes parce qu’au long de l’histoire apparaissaient sans cesse de nouvelles causes de conflits. Mais il ne fallait pas s’en accommoder. On devait et on pouvait trouver des moyens de régler les différends.
Michael recevait tous les jours en plein cœur les nouvelles sanguinolentes du front. Dans le journal, huit mille Français tués. Pour lui, huit mille n’était pas un nombre : il voit un individu qui tombe la figure en avant. Balle dans la tête. Balle dans le cœur. Il voit le soldat français accroché aux barbelés entre les tranchées ennemies. Balle dans le ventre. On ne peut pas le récupérer au milieu de la mitraille. Il crie pendant vingt-quatre heures avant de mourir. Huit mille en un jour.
Six mille Allemands tombés au champ d’honneur. Qu’est-ce que c’est le champ d’honneur ? Est-ce un honneur d’enfoncer la baïonnette dans le ventre d’un homme ? Des champs de blé, de pommes de terre, voilà des champs d’honneur. Qu’est-ce que c’est l’autel de la patrie ? Un étal de boucherie couvert de sang ! Que sont « nos biens les plus sacrés » ? Les actifs bancaires ! Les biens les plus sacrés de la veuve de guerre sont le regard de son enfant et l’homme qui l’aimait. Ces phrases abominables qui tuent des millions d’hommes, il faudrait enfin qu’on les démystifie. Michael arpentait les rues comme dans un rêve. Un marchand de fleurs lui tend un bouquet de violettes. Il l’achète pour Lisa, et dans sa tête, le repose dans le panier. « Des centaines de milliers de Français et d’Allemands qui ne s’étaient rien fait les uns aux autres, qui ne se connaissaient pas, se mettent à se tuer les uns les autres. Ils avaient des pères, des mères, des femmes, ils aimaient et ils étaient aimés. Qu’est-ce qui pourrait mettre fin à la boucherie ? »
Il rentra chez lui et dit à Lisa : « Je vais écrire un livre contre la guerre. Il le faut.
– Oui. Il le faut ! »

***

En 1934, à Londres, au cours d’un banquet du Pen-Club en l’honneur des écrivains allemands en exil, H.G. Wells fit un exposé sur l’œuvre de Michael qui ne put s’empêcher de penser : « Lui, il peut vivre dans son pays. » Séjournant dans d’autres pays européens, Michael remarqua à des sous-entendus empreints de joie sournoise et à des regrets exprimés sans aménité par des admirateurs d’autrefois que l’écrivain qui n’a plus derrière lui le soutien de son pays, voit sa valeur dégringoler à la bourse de la notoriété comme une action dévaluée. Il accepta ce nouvel état avec résignation, il se retira en lui-même – il était seul.
Le nouveau président nazi de l’Académie de littérature dont Michael était membre, lui demanda dans une lettre avec un imprimé prêt à signer s’il reconnaissait le gouvernement national-socialiste. « Vous n’avez qu’à répondre par oui ou par non. » Michael ne répondit pas, car même un non lui semblait être une preuve de prévenance excessive.
Dans le courant de l’été 1934, il lut dans la Zürcher Zeitung qu’il venait d’être déchu de la nationalité allemande à cause de son livre pacifiste L’Homme est bon. Ce fut un coup en plein cœur. Il était au milieu de la rue avec son journal. Il faisait désormais partie de ces proscrits dont la petite troupe se renouvelait constamment au cours des millénaires et dont l’exil était le prix à payer pour que la lumière ne s’éteigne pas. Et pourtant il ne cherchait qu’à faire son travail.
Andreas, le fils de Michael, se trouvait dans un internat pour garçons à l’encadrement remarquable, l’institut Montana près de Zurich. Une fois par semaine, il venait en ville chez son père et apportait toujours une liste de choses qu’il voulait. Un jour, il avait souligné en gras en haut de sa liste : un canif.
Michael repensa plus tard non sans fierté à la conversation qu’ils avaient eue au sujet de ce couteau. Il lui avait dit : « Je sais qu’un canif, ça compte beaucoup pour un garçon et j’aimerais bien t’en acheter un. Mais j’ai peur que tu te coupes. » Andreas, qui avait alors six ans, avait marché une minute en silence près de son père avant de répondre : « Papa, si tu ne m’achètes pas de couteau, je ne peux pas te prouver que je ne me couperai pas. » La logique de son fils l’impressionna et il lui acheta le couteau.
Durant l’été 1935, Michael acheva son roman Compagnons de rêves qu’il avait commencé à écrire à Berlin. Le livre parut à Amsterdam au Querido à qui le Dr Landshoff, un émigré spécialiste des questions d’édition, avait adjoint une section de littérature allemande. Ce fut un immense service rendu aux écrivains émigrés allemands qui avaient aussi perdu leur patrie éditrice. À l’automne 1936, Querido fit paraître une édition complète des œuvres de Michael interdites et brûlées en Allemagne. Dans son voyage vers l’inconnu, c’était une consolation de savoir que ses livres allaient pouvoir être lus désormais non seulement en traduction mais également dans sa langue maternelle, malgré l’ordonnance « Verboten und verbrannt ».

Dossier de presse
Librairie Compagnie, juin 2012
Nicole Bary
La revue des livres, mai 2012
François Eychart
Les Lettres françaises, avril 2012
Henri Clément
Tout est à nous !, février 2012
Compte-rendu

À gauche à la place du cœur, premier volume des œuvres complètes de l’auteur allemand Leonhard Frank publiées par les éditions Agone, est un roman autobiographique où l’écrivain, à travers son double Michael Vierkrant, raconte son parcours d’homme et d’artiste engagé.

Issu d’une famille plus que modeste, il ressent très jeune le besoin de sortir des sentiers battus, il se croit peintre, il deviendra romancier. Ses années d’apprentissage dans la bohème munichoise puis berlinoise des années 20 le marquent à jamais, lui donnent son goût pour l’anticonformisme et une vie affranchie des conventions. Ses romans, largement inspirés par sa propre vie, connaissent un grand succès critique et populaire mais deviennent totalement incompatibles avec la montée de l’idéologie nazie. Contraint à l’exil, Michael part aux Etats-Unis, et ce n’est que bien plus tard qu’il pourra revenir dans son pays natal et y constater avec beaucoup d’ amertume les dégâts causés par la guerre. «A gauche à la Place du Coeur» est un roman extrêmement vivant sur un demi-siècle de vie artistique et politique allemande. De l’effervescence des années 20 au marasme de la seconde guerre mondiale, Frank garde en permanence un regard à la fois perçant et profondément humaniste sur les évènements, les hommes et les femmes qui traversent sa vie.

Librairie Compagnie, juin 2012
Compte-rendu
Deux ans après avoir retrouvé l’Allemagne au terme d’un long exil, Leonhard Frank (1882 Würzburg – 1961 Munich), romancier et dramaturge proche du courant expressionniste, publie en 1952 un roman fortement autobiographique Links, wo das Herz ist (À gauche à la place du cœur). Michael, le protagoniste du roman, écrivain allemand exilé à Zurich pendant la Première Guerre mondiale, note ses impressions sur un calepin au cours de ses promenades dans la ville calme et paisible. Sa jeune femme Lisa qui vient le rejoindre a été témoin de scènes horribles au cours de son voyage. Elle a croisé les trains de blessés, d’amputés qui reviennent du front. Elle raconte, bouleversée. La guerre s’est imprimée jusqu’au fond de son âme et ne la laissera plus jamais en paix. Bouleversé par le récit de Lisa, Michael commence à écrire l’histoire d’un garçon de café dont le fils est mort à la guerre. Le plus souvent il se rend, pour travailler, dans un café de la ville où se retrouve une bonne partie de l’intelligentsia européenne, en exil comme lui. Le roman de Leonhard Frank devient alors un document passionnant qui témoigne de la vie artistique et politique allemande d’une guerre mondiale à l’autre. Le lecteur croise à Zurich Tristan Tzara et Hugo Ball, les co-fondateurs du mouvement Dada aussi bien que Lénine et sa femme Krupskaïa, la comédienne berlinoise Tilla Durieux, l’écrivain René Schickele. Il assiste aux soirées du célèbre Cabaret Voltaire, haut lieu des avant-gardes. Il s’encanaille avec Michael, de retour d’exil, avec la bohême munichoise et berlinoise des Années folles. Il découvre l’expressionnisme. Premier volume des œuvres complètes à paraître aux éditions Agone, ce roman raconte aussi l’histoire de son auteur, contraint à deux reprises à l’exil et dont les livres furent interdits, puis brûlés en Allemagne. Toute l’œuvre de Leonhard Frank est marquée par son refus de la violence.
Nicole Bary
La revue des livres, mai 2012
Compte-rendu

Leonhard Frank est l’auteur d’une trentaine de livres qui relatent la vie artistique et politique allemande du dernier siècle. Pacifiste en 1914, il passera le temps de la Première Guerre mondiale en Suisse. Sous la République de Weimar, il sera reconnu comme un des écrivains importants, hostile au nationalisme, au nazisme, affichant clairement des convictions socialistes (il n’avait pas accepté le meurtre de Liebknecht et de Rosa Luxemburg, qui avait contribué à sauver la mise à la bourgeoisie allemande). L’arrivée de Hitler le force à s’exiler. Bien qu’antifasciste déclaré, il est interné en 1940, par les autorités françaises, avant de trouver refuge aux États-Unis. Quand il revient en Allemagne, on ne l’y connaît plus.
Une petite partie de son œuvre (La Bande de brigands, Monsieur Mager assassiné, le Bourgeois, Karl et Anna …) a été traduite en français, en particulier aux Éditions Rieder. À gauche à la place du cœur, son autobiographie romancée, vient de reparaître aux Éditions Agone, qui lancent le chantier de ses œuvres complètes. Le livre est un document de premier plan sur une époque dont on est loin de connaître tous les détails et sur un homme de talent qui ne renonce jamais à ses convictions.

François Eychart
Les Lettres françaises, avril 2012
Compte-rendu
« Il faut s’endurcir sans jamais se départir de sa tendresse », cette citation très connue du Che pourrait laisser penser qu’il a lu le roman autobiographique de Leonhard Frank. Expliquant la façon dont il avait élaboré le nom du personnage principal, Michael Vierkant, l’auteur déclarait : « Un équilibre entre tendresse et dureté est nécessaire ». La recherche de cet équilibre est au cœur du parcours de Michael. Issu d’une famille prolétarienne, apprenti serrurier, le jeune homme se tourne peu à peu vers l’art, la peinture d’abord, puis l’écriture, qui lui fait connaître un immense succès populaire. Sa vie durant, il va combiner une profonde sympathie à l’égard d’autrui avec une rigueur inflexible envers ses idées et ses principes. Pendant la première Guerre mondiale par exemple, obligé de fuir l’Allemagne suite à une altercation avec un journaliste, il se réfugie en Suisse où il rédige un recueil de nouvelles intitulé L’homme est bon, une arme contre les mensonges qui justifient la boucherie : « Qu’est-ce que c’est, le champ d’honneur ? Est-ce un honneur d’enfoncer sa baïonnette dans le ventre d’un homme ? […] Qu’est-ce que c’est, l’autel de la patrie ? Un étal de boucherie couvert de sang ! » Malgré la censure, cet ouvrage est un nouveau succès, et sa renommée ne se démentira plus jusqu’à l’arrivée des nazis au pouvoir, où il sera de nouveau contraint à l’exil. Mais la réussite ne lui tourne pas la tête et il reste conscient que cela ne tient pas seulement à ses qualités personnelles : « Il savait pour l’avoir vu qu’il y en a cent qui meurent pour un seul qui va jusqu’à l’accomplissement. Les cent autres, qui ont faim, pensent et luttent à ses côtés, sont le terreau qui lui permettront d’arriver à l’accomplissement. » L’art, ce n’est pas l’éclair de génie d’un individu isolé, baignant dans les espaces éthérés de l’imagination. C’est un processus collectif et surtout un travail, des heures à suer pour trouver le mot juste et toucher le lecteur. Ce roman est donc tout à la fois le portrait d’un écrivain, le tableau du siècle, une réflexion sur la création littéraire et la meilleure introduction qui soit au reste de l’œuvre de Frank, dont les traductions sont annoncées chez le même éditeur. Après Döblin, Kraus, Guillou et Glaser, Agone confirme la grande qualité de sa collection de littérature, parfois méconnue, alors qu’elle relève un véritable défi, avec audace et exigence : nous proposer des livres qui nous fassent battre le cœur – à gauche !
Henri Clément
Tout est à nous !, février 2012
Vocations de la finance – Séminaire de sciences sociales critiques
Le mercredi 11 octobre 2017    Toulouse (31)
Résister à la chaîne
Du mardi 14 au jeudi 16 janvier 2014    Bar-le-Duc (55)
Réalisation : William Dodé