couverture
Hanna & Karl
Monologues autrichiens
Théâtre traduit de l’allemand par Henri Christophe - Préface de Lothar Baier
Parution : 29/09/2004
ISBN : 2748900383
Format papier : 112 pages (12 x 21 cm)
12.00 € + port : 1.20 €

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« Il fallait bien être quelques-uns pour tenir le pays debout. L’époque était difficile. On avait besoin d’hommes ! Moi je pétais le feu ! Je veux dire, je le pète toujours. Regardez-moi ! Soixante ans ! Jamais malade. Toujours pété la santé… Quand les bombardés se sont ramenés, toutes ces victimes des bombardements… J’avais sous ma responsabilité la distribution des cartes et de l’alimentation… J’ai fait mon beurre avec ça… J’aurais pu monter une affaire (montrant l’épicerie fine) comme celle-ci… les victimes des bombardements, de toute façon, ils s’en fichaient. Quelqu’un qui vient de perdre sa maison, il ne pense pas à bouffer. Il est content d’être en vie.
Quand quelqu’un rouspétait, je lui lançais simplement un regard. Tout de suite il la fermait. Ça, je l’ai appris du Führer. Je n’ai pas les yeux bleus, mais ça, je sais le faire moi aussi. »
Dossier de presse
P.D.
Le Monde, 01/09/2000
Deux monologues, deux personnages : une femme et un homme. Mais un seul pays et une seule époque : l’Autriche de 1930 à nos jours. Si Hanna, l’héroïne du premier monologue, ancienne fille de ferme, avoue ne pas pouvoir oublier ce qui s’est passé, la léthargie de toute une population face à la barbarie nazie ; si elle avoue être choquée par l’amnésie d’un peuple qui préfere maintenant regarder autour de lui plutôt que derrière lui, l’homme du second monologue, Karl, a l’art de s’adapter à toutes les situations. « Parler d’opportunisme dons un tel monde n’a aucun sens » écrit Lothar Baier dans une préface qui va faire grincer bien des dents. Car ce bon monsieur Karl qui se vante d’avoir toujours eu l’esprit critique, ne tire aucun réel bénéfice de sa veulerie de grande gueule, sauf celui de conserver sa bonne conscience contre vents et marées : « Regardez comme c’est beau au fond l’Autriche. Et on la connait si mal… » L’Allemagne a été forcée par les alliés à faire acte de repentance et de vigilance ; rien de tel en Autriche où ce rôle a été laissé au courage des seuls artistes qui ont été vilipendés pour cela par une bonne partie de leurs concitoyens. Une raison de plus pour réfléchir aux conséquences d’un boycottage culturel que l’on voudrait infliger à un pays peut-être schizophrène mais sûrement pas d’un seul bloc.
P.D.
Le Monde, 01/09/2000
Réalisation : William Dodé