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L’Héritage d’Arn le templier

Titre original : Arvet efter Arn
Traduit du suédois par Philippe Bouquet et Annelie Jarl-Ireman

Parution : 17/09/2008
ISBN : 9782748901344
Format papier : 448 pages (12 x 21 cm)
25.00 € + port : 2.50 €
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Dans le récit qu’il fit, en l’an de grâce 1275, des événements que nous allons rapporter, le moine Thibaud dit que le peuple les subdivisa en quatre périodes. D’abord vint le temps des veuves. Puis ce fut le temps des barbons, suivi par le temps des malfaiteurs, riche en incendies, larmes et grincements de dents. Finalement advint le temps du jarl – du roi. Pour le peuple, le temps des veuves fut le plus clair et le meilleur. Pour le royaume, en revanche, c’est celui du jarl qui fut décisif.

Cette série de romans inaugurée avec Le Chemin de Jérusalem s’achève avec la naissance d’une nouvelle puissance dans le monde médiéval européen : s’appuyant sur une large documentation, Jan Guillou scelle ici la légende romanesque de son pays, qui prend alors le nom de Suède et la cité fondée sur les bords de la Baltique celui de Stockholm.

Jan Guillou

Le journaliste et romancier Jan Guillou est né en 1944 à Södertälje, en Suède. Très jeune, il est placé par sa mère dans une institution scolaire particulièrement violente. Expérience dont il tirera un roman autobiographique, La Fabrique de violence. Quelques années plus tard, en 1973, il enquête sur les activités d’un bureau de renseignement pratiquant le fichage de citoyens suédois au profit de la CIA. Suite à ces révélations, il sera condamné pour espionnage à dix mois de prison. Jan Guillou est également l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages (traduits en une vingtaine de langues), parmi lesquels une série de romans d’espionnage, Coq rouge, et la trilogie d’Arn le Templier qui ont connu un immense succès populaire en Suède.

Les livres de Jan Guillou chez Agone

Dossier de presse
Jean-Guillaume Lanuque
Dissidences, septembre 2011
Compte-rendu

L’héritage d’Arn le templier est le quatrième tome de la série de romans historiques signés Jan Guillou, les trois premiers retraçant la vie de Arn, un des fondateurs de l’État suédois (Le chemin de Jérusalem, Le chevalier du Temple, Le royaume au bout du chemin). Ce volet supplémentaire se déroule dans la première moitié du XIIIe siècle, et se focalise principalement sur le petit-fils d’Arn, Birger Magnusson. On suit ainsi sa jeunesse d’apprenti chevalier en Suède, et sa progressive implication au sein des luttes de pouvoir autour de la succession au trône de Suède, lui permettant de gravir un à un les échelons, jusqu’à celui de jarl du souverain…

Au-delà d’un roman historique à la fois fluide et agréable, qui nous permet de mieux connaître le passé d’une Scandinavie décidément très à la mode (à travers les polars, en particulier), ce livre présente un certain nombre d’éléments au rendu très contemporain. Ainsi, après la bataille de Gestilren, qui a entraîné la mort d’Arn, le royaume de Suède est implicitement dirigé par des femmes, les quatre veuves, dont la propre mère du roi Knut Eriksson. L’une d’elle, la veuve d’Arn justement, défend même l’idée d’un mariage d’amour pour sa fille, une prise de position pour le moins atypique à l’époque. De même, au sein du fief du clan Folkungar, des sarrasins venus avec Arn, vivent en parfaite entente avec les Suédois christianisés, véritable modèle de cohabitation.

L’objectif de Birger Magnusson, qui est également le fondateur de Stockholm, est en outre de bâtir une nation unie face aux rivalités entre clans, de faire prévaloir le règne de la loi et même de séparer en partie l’Église et l’État. Enfin, comment ne pas mentionner l’expérience marchande de Birger auprès du frère d’Arn sur l’autre rive de la Baltique, au cœur du proto-capitalisme conquérant de la Hanse, tant « (…) le contrôle du commerce et des biens de ce monde prime sur le pouvoir que procurent les cavaliers en armure » (p.205). Au point, d’ailleurs, de faire l’éloge de la vie de marchand par rapport à celle de guerrier (p.361). Bien que paru il y a déjà dix ans en Suède, L’héritage d’Arn le templier laisse cependant un goût d’inachevé, appelant un prolongement en forme d’achèvement.

> Lire l’article sur le site de Dissidences

Jean-Guillaume Lanuque
Dissidences, septembre 2011
Réalisation : William Dodé