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Huile d’argan : des souks de montagne au marché mondial

27 avril 2020|

Lors de leur enquête au début des années 2010 sur la réalité de l’agriculture biologique au Maroc, Hind Aïssaoui Bennani et Patrick Herman se sont notamment intéressés à la culture des arganiers et au « bio-business » qui s'est développé autour de l'huile d'argan.

Quand on plonge sur la plaine du Sous, qui s’étend au pied des contreforts du Haut Atlas perdus dans la brume, les premiers arganiers font leur apparition sur les pentes ocres des collines. Sur le bord de l’autoroute, un panneau attire l’œil : « Réserve de biosphère ». L’Unesco a en effet intégré en 2000 l’arganeraie dans ce dispositif supranational de protection du patrimoine naturel de l’humanité. Au début du xxe siècle, l’arganeraie couvrait environ un million d’hectares sur une zone du Sud-Ouest marocain, qui s’étend de la région de Safi au nord jusqu’aux confins du Sahara au sud. Mais elle a depuis perdu 200 000 hectares et l’alarme a été sonnée : l’arganeraie risque la désertification en raison de sa « surexploitation par l’homme » – c’est-à-dire les pratiques pastorales des populations locales. L’ennemi de l’arganier serait la chèvre qui grimpe dans les arbres pour manger leurs feuilles et ronger leur écorce, altérant gravement leur productivité et pouvant même entraîner leur mort. Selon Marion Guyon, géographe et écologue, l’arganier est inséré dans un « écosystème agro-sylvo-pastoral »*. C’est aussi un arbre sacré capable de survivre sans eau.

La récolte des fruits s’effectue de juin à septembre, puis une série d’opérations mène à la production d’huile. Ces étapes sont longtemps restées manuelles et l’apanage exclusif des femmes berbères, qui ont développé au fil des siècles un savoir-faire transmis de génération en génération. Une fois ramassé, le fruit est mis à sécher, puis stocké avant d’être dépulpé. Extraits par concassage, les amandons sont ensuite torréfiés puis broyés à l’aide d’un moulin en pierre afin d’obtenir une pâte de laquelle sera extraite l’huile. Ce qui n’est pas conservé à la maison pour la cuisine (tajine et couscous) ou pour l’usage corporel est vendu par les hommes sur les souks hebdomadaires. Cette production, depuis des siècles exclusivement familiale, est une ressource essentielle pour les deux millions de personnes qui vivent dans le territoire de l’arganeraie.

L’huile d’argan était méconnue en dehors du Maroc au tournant des années 1990. « Des universitaires marocains, chimistes et généticiens, vont construire sa réputation et lancer l’idée d’une valorisation internationale*. » À cette époque, l’idée dominante est que « la conservation d’un écosystème doit découler logiquement de la valorisation économique de ses ressources* ». Cette logique va propulser l’huile d’argan sur le marché international où elle va connaître une ascension fulgurante.

Au nom du développement durable…

Le raisonnement de tous les « développeurs » qui veulent sauvegarder cet écosystème en danger – ONG (Enda Maghreb), associations locales, institutions internationales (Fonds monétaire international, Food and Agriculture Organization, Banque mondiale) et nationales (Agence de développement social, Direction provinciale de l’agriculture) – est assez simple : l’arganeraie est menacée, non par l’urbanisation galopante, ni par l’agriculture intensive qui a déferlé sur le Souss Massa, ni par le tourisme de masse grand pourvoyeur de devises, mais par les troupeaux de chèvres. Parler des golfs créés près d’Essaouira sur des défriches d’arganiers n’est pas à l’ordre du jour. Il faut sauver l’arganeraie de ceux et celles qui la façonnent depuis des siècles. On va donc qualifier cet arbre de « sauvage », de « naturel », et ignorer les « pratiques de plusieurs générations : entretien des pousses spontanées et des drageons, taille de formation, dépressage, sélection… L’architecture de l’arbre dans les champs, le long des haies ou en forêt est très variée – arbres à tronc unique, à troncs multiples, en espalier, à allure de gnomes pour ceux qui sont surpâturés. Cette diversité de formes résulte d’un façonnage précis qui correspond à des besoins et à des usages divers : pastoralisme, confection de haies, production de noix, de bois, d’ombre… Chaque arganier est ainsi l’expression du travail de plusieurs générations d’hommes* ».

Ce façonnage artisanal va disparaître au profit de la « gestion durable » d’une forêt dite « naturelle ». Depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, l’heure est au « développement durable ». À savoir, selon la définition du rapport Brundtland : « Un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »*.

Les programmes d’aide vont ainsi pleuvoir sur l’arganeraie : « Programme SMAP, issu du partenariat euro-méditerranéen pour la préservation de la biodiversité ; Projet Arganier, qui vise un développement socio-économique durable par la valorisation des produits issus de l’arganeraie ; Initiative nationale de développement humain du gouvernement marocain (INDH), dont le principal objectif consiste à réduire la pauvreté ; enfin, un programme international baptisé “Earth Guest”, issu d’une action de mécénat de la chaîne d’hôtels Accor* ». L’arganeraie, qui résiste à toutes les sécheresses, ne risquerait-elle pas de périr du flot d’argent déversé sur elle ?

L’essor des coopératives

Dès les années 1990, l’organisme de coopération allemande avait lancé les premières initiatives incitant les femmes à se regrouper pour commercialiser l’huile. Grâce à l’action du chercheur Zoubida Charrouf, la première coopérative était créée en 1996. Le Projet Arganier (2003-2008), financé à hauteur de 6 millions d’euros par l’Union européenne et de 4,2 millions d’euros par l’Agence marocaine de développement social, est venu accélérer le mouvement et participer à la mise en place d’un marché crédible à coups de certifications et de labellisations. Les coopératives ont donc fleuri.

Selon Hassan el-Allali, ingénieur agronome qui travaille à développer la filière pour le compte de l’Association marocaine de l’indication géographique de l’huile d’argane (Amigha), il existe officiellement 180 coopératives, mais une centaine d’entre elles seraient des coquilles vides. Seules 70 à 80 sont en activité, une trentaine travaillent toute l’année, les autres répondent à des commandes ponctuelles.

Le local de vente et d’expédition de la coopérative agricole féminine Tagmat Aziar se trouve dans un quartier du centre d’Agadir. Responsable de la vente à l’international, Majda Alaoui nous reçoit. Elle est chargée de prospecter dans les pays où l’huile d’argan n’est pas encore connue : le Mexique, le Brésil et la Tanzanie. « Huile d’argan, une huile précieuse et prodigieuse », indique le dépliant sous la photo d’un magnifique arganier surmonté de cette fière affirmation : « Des femmes en action pour une huile en ascension ». Dans les vitrines, de petites bouteilles renferment l’huile alimentaire au goût de noisette ou l’huile cosmétique qui « offre à votre peau une nouvelle vitalité ». Une préparation à base d’huile, d’amandes émondées et de miel, l’amlou, est également proposée. Les propriétés médicinales de l’huile (réduction du taux de cholestérol et prévention des maladies cardio-vasculaires) sont aussi un argument de vente.

Créée en 2001 avec dix-neuf adhérentes, la coopérative en compte désormais une soixantaine. Elles désignent parmi elles une présidente, mais le processus de décision est opaque. La commercialisation à l’étranger s’effectue par le biais du groupement d’intérêt économique (GIE) Targanine. Le Projet Arganier a en effet incité les coopératives à adhérer à ces GIE, qui leur ont ouvert l’accès à la certification biologique d’Ecocert, indispensable pour l’exportation. Depuis 2007, Ecocert contrôle l’origine des produits et l’absence de pesticides, contrôle qu’il facture chaque année 12 000 dirhams à la coopérative de Tagmat Aziar.

De quelle recherche de pesticides parle-t-on ? La commune rurale d’Aziar n’est pourtant pas située en zone maraîchère, où il peut théoriquement y avoir un risque. Lorsque nous demandons au comptable de la coopérative Tagmat Aziar à consulter les rapports d’Ecocert, ne nous sont présentées que des analyses microbiologiques et des évaluations du taux d’acidité, nulle analyse de pesticides. Par ailleurs, la conformité au cahier des charges de l’Indication géographique protégée (IGP), effectuée par l’organisme Normacert, vient s’ajouter depuis deux ans au coût de la certification bio. Il ne manque plus que la certification « commerce équitable ». La multiplication des coûts de labellisation incite à se demander si la vente sur le marché intérieur marocain a vraiment besoin de ces garanties. Les coopératrices peuvent-elles désormais se payer un litre d’huile ? Quelle est la répartition de la valeur ajoutée ? Une visite à Aziar nous permettra peut-être d’y voir plus clair.

Au pays des concasseuses

Dans la petite ville d’Aourir, à une dizaine de kilomètres au nord d’Agadir, nous quittons la route qui mène à Essaouira et remontons la gorge étroite d’un oued qui descend des contreforts du Haut Atlas occidental. À la belle saison, cette vallée du Paradis est fréquentée par tous ceux qui cherchent un peu de calme à l’écart de la côte. Piscines naturelles et palmeraies se succèdent jusqu’à Imouzzer, haut lieu de la tribu berbère des Ida Ou Tanane. Après avoir escaladé les pentes parsemées d’arganiers et de thuyas, nous arrivons à Aziar.

La vue porte loin sur une campagne parsemée d’oliviers et d’amandiers. Les bâtiments de la coopérative Tagmate s’étendent en contrebas de la route. Sur la gauche, des maçons s’affairent à la construction d’un nouveau bâtiment pour le stockage. Dans le salon réservé aux visiteurs, le technicien agricole nous accueille chaleureusement. Il explique que les membres de la coopérative ont trois sources de revenus. Elles peuvent fournir des fruits à la coopérative, payés de 2 à 5 dirhams le kilo, ou des amandons, pour 60 dirham le kilo. Elles peuvent aussi travailler au concassage dans les locaux et sont payées au kilo d’amandon extrait. Enfin, une part des bénéfices est censée leur être reversée, l’autre part étant destinée au fonds de roulement et aux investissements. Fournisseuses de matière première, les femmes sont aussi payées à la tâche ; mais sont-elles vraiment sociétaires à part entière ? Une question que nous aurions aimé poser à la présidente de la coopérative – absente.

Dans une pièce à côté, les femmes, assises dos au mur, concassent les noix d’argan. Elles ne parlent que berbère. Dans les coopératives, le concassage est ce qui survit des savoir-faire ancestraux. Tout le reste est mécanisé, comme nous le constaterons durant la suite de la visite, devant les machines en inox utilisées pour le pressage, le filtrage et le sertissage. Les femmes seraient-elles réduites au rôle de cueilleuses et de concasseuses ? Nous poserons la question de la redistribution des bénéfices au comptable de la coopérative – mais il sera impossible d’obtenir une réponse.

Dans cette coopérative d’Aziar, sept postes de salariés ont été créés, et une caisse sociale est alimentée par les clients pour parer aux épisodes de sécheresse, aux frais de la rentrée scolaire et aux problèmes de santé des adhérentes. Même si le gros des débouchés se trouve en Europe, l’objectif annoncé de rechercher de nouveaux marchés témoigne de la volonté de ne pas être soumis à un nombre restreint d’acheteurs. Mais, bon gré mal gré, la coopérative s’est tournée vers l’exportation et la certification biologique exigée par ce marché.

L’envers du décor

Une grosse partie de l’huile d’argan à usage cosmétique (amandons non torréfiés) est exportée en vrac. La réputation d’« élixir de jouvence » de cette huile riche en vitamine E a intéressé très vite les grandes marques cosmétiques (Yves Rocher, Colgate, Palmolive, etc.) qui en utilisent pourtant très peu dans leurs produits (2 à 5 %). L’essentiel est l’image véhiculée par l’« argan » et surtout la valeur ajoutée récupérée en aval de la filière. Ce qui correspond au schéma classique des filières tournées vers l’exportation.

Certains acteurs marocains sont bien conscients du problème. « L’objectif de l’IGP est de faire en sorte que tout ou partie de la plus-value ne fiche pas le camp ailleurs, affirme Hassan el-Allali de l’Amigha. Il faudrait qu’elle reste là, avec la transformation dans les cosmétiques. » Même son de cloche chez Khalid Azim, ingénieur d’État en horticulture et chercheur en agriculture bio méditerranéenne. Pour lui, le ministère de l’Agriculture et AMABio se trompent en accordant la priorité à l’exportation dans le contrat de programme 2001-2020. Une fois de plus, le principe de valorisation des produits sur place afin de conserver la plus-value a été oubliée.

Marion Guyon met en évidence l’accaparement de la plus grande partie de la valeur ajoutée par les laboratoires cosmétiques étrangers : « La valeur ajoutée augmente au fur et à mesure qu’on s’éloigne du lieu de production. En revanche, la part de cette plus-value pour les populations locales diminue. […] La majorité des producteurs locaux sont de fait exclus des nouveaux marchés qui s’ouvrent pour la commercialisation d’huile d’argan. Les principaux bénéficiaires, qu’ils soient ou non marocains, se trouvent pour la plupart loin des forêts d’arganiers et proches du marché des produits de luxe. […] Le Projet Arganier tend à réduire la pauvreté d’une faible part de la population représentée par les fournisseurs et revendeurs du fruit de l’arganier, mais ne réduit pas la pauvreté de la principale population visée, à savoir les femmes*. » Selon l’enquête de Marion Guyon dans la province d’Essaouira, avant les années 2000, le litre d’huile obtenu par la production familiale était valorisé 40 dirhams dans les souks après cette date, les femmes employées par les sociétés privées touchaient au bout du compte 30 dirhams le litre.

Travis J. Lybbert, de l’université de Californie, a étudié les conséquences du boom de cette huile devenue la plus chère au monde (300 dollars le litre et plus)*. Selon lui, une partie de la population rurale a bénéficié des retombées de l’explosion de la filière argan, qui s’est traduite par une scolarisation accrue des filles et une augmentation des troupeaux caprins. Mais en ce qui concerne la forêt, l’étude conclut que « le boom des prix de l’argan ne l’a pas améliorée et peut même avoir conduit à une dégradation ». Un constat déjà effectué en 2005 par d’autres chercheurs : « L’hypothèse selon laquelle ces coopératives seront à la base d’une protection de l’arganeraie ne s’est pas encore concrétisée : elles n’ont pas de terres à reboiser et l’objectif des femmes qui y travaillent est avant tout de produire de l’huile pour gagner de l’argent*. »

Le résultat ? Une pression accrue sur la ressource, comme l’explique Bruno Romagny, économiste à l’Institut de recherche sur le développement (université de Provence) : « Pour la récolte des amandons, les femmes ne se contentent plus des arganiers situés dans leurs champs ou dans les agdal* ; elles se mettent à cueillir les fruits situés plus haut dans la montagne, dans les forêts mixtes, où l’arganier se mêle au chêne vert ou au thuya.

Or cette arganeraie mélangée est soumise à une juridiction excluant toute pratique sur l’arbre ou sur le fruit. La cueillette s’y fait donc de manière braconnière. Elle ne peut plus s’accompagner des pratiques d’entretien de l’arbre (élagage ou taille de formation) puisqu’elles sont interdites. […] Ainsi, la chaîne des pratiques qui entretient la productivité des arbres est rompue. […] Cette rupture est une des raisons majeures de ce qu’on peut appeler “l’échec environnemental des coopératives”* ». Il semble bien que « la construction du produit pour répondre aux exigences d’un marché de niche » ait eu la conséquence suivante : « Avec l’essor de la filière argan, les ménages ruraux ont été peu à peu dépossédés d’un bien patrimonial, devenu un simple produit commercial de luxe, hors de leur portée quand l’huile doit être achetée en dehors des cercles familiaux* ». La certification biologique a-t-elle joué un rôle dans cette dépossession ?

La certification au secours des populations et de la forêt ?

Toujours selon Bruno Romagny, « quasiment aucune traçabilité n’est possible »*. L’augmentation des besoins en matière première pousse les acteurs de la filière à mélanger les noix, les amandons et les huiles. Il faut dire que le « terroir » de l’arganeraie couvre 800 000 hectares !

La certification biologique s’est coulée sans problème dans la logique de construction d’une filière pour l’exportation. Mais est-elle justifiée par d’autres exigences ? Pas sûr. Selon Hassan el-Allali, le coût de cette certification est un problème pour les coopératives. Par ailleurs, elle ressemble fort à une labellisation plaquée sur une réalité bien différente des situations pour lesquelles elle est prévue, comme le constate Marion Guyon : « Les coopératives n’auraient, sans l’aide des GIE, probablement pas pris cette initiative, car les populations riveraines de l’arganeraie semblent trop pauvres pour utiliser engrais et pesticides sur les arganiers. Ce type de certification semble correspondre à une démarche publicitaire » – voire à une stratégie de développement tous azimuts des organismes certificateurs, dont Ecocert est resté longtemps le leader incontesté.

Arrivé le premier sur le marché marocain en 1998 pour certifier l’argan, Ecocert a bénéficié d’une opportunité de taille. Selon Lahcen Kenny, enseignant-chercheur à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan-II (Agadir), « au Maroc, la superficie cultivée déclarée en 2009 en agriculture biologique est d’environ 5 000 hectares et celle des forêts de 500 000 hectares. En comparaison de la situation du secteur en 2001, on constate un boom de la certification des terres forestières à base d’arganier et de plantes aromatiques et médicinales ». Un véritable pactole pour l’industrie de la certification, qui ne pouvait pas laisser passer pareille aubaine : une dizaine d’hectares certifiés en 1990 et 12 500 en 2001*. Une corne d’abondance loin d’être tarie puisque, dans le contrat de plan 2011-2020, l’État marocain s’engage à prendre en charge 60 à 70 % des coûts de certification, ainsi que les frais de sa mise en place.

Cette disposition a suscité des vocations. Composé d’ingénieurs marocains, Normacert a d’abord emporté la labellisation IGP malgré un lobbying très intense de la part d’Ecocert. Désormais, Normacert vise l’accréditation européenne pour la certification bio avec un coût envisagé d’environ 500 dirhams pour les coopératives. S’il existe quelques zones qui peuvent justifier une procédure de contrôle, notamment les arganiers situés près de cultures maraîchères, cette démarche n’en apparaît pas moins comme superflue.

Le business bat son plein, et d’autres marchés sont très prometteurs : par exemple, le safran et l’huile de pépins de figuiers de barbarie. La pompe à finances n’a pas fini de fonctionner, au nom bien sûr de la traçabilité, du développement durable et de l’amélioration du sort des populations rurales. Cette dépendance vis-à-vis d’un marché international susceptible de s’effondrer laisse planer bien des doutes sur l’avenir de cette filière. Et la référence au biologique s’intègre parfaitement à ce que Bruno Romagny et ses collègues désignent comme « un très bon exemple de domination politique, économique et symbolique d’un monde rural, qui vit encore dans une autre logique, par ce qu’on peut appeler “le monde du développement”* ». Que devient le pouvoir de décision des populations locales dans une bio réduite au business de la certification ?

Patrick Herman et Hind Aïssaoui Bennani

Extrait de La Bio entre business et projet de société (Agone, 2012), p. 195-203.