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La grève générale aux « temps héroïques » du syndicalisme révolutionnaire (1895-1906)
Textes d’Édouard Berth, Henri Girard, Jean Jaurès, Hubert Lagardelle, Paul Louis, Fernand Pelloutier, Émile Pouget, Georges Sorel et Henri Van Kol

Réunis & présentés par Miguel Chueca
Parution : 12/09/2008
ISBN : 9782748900941
Format papier : 272 pages (12 x 21 cm)
18.00 € + port : 1.80 €

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Table des matières

Introduction. Considérations pour introduire à un débat inachevé Miguel Chueca

Remarques sur le choix des textes de ce recueil

I. Les partisans de la grève générale

II Le débat socialistes/syndicalistes

III Les socialistes : pour ou contre la grève générale

IV. Le mouvement socialiste & la grève générale

Chronologie essentielle (1879-1909)

Glossaire

Bibliographie

Nous avons tenté de rassembler ici les principaux faits relatifs à l’histoire sociale française de la fin du xixe et du début du xxe siècle, au cours des « temps héroïques » du syndicalisme révolutionnaire ou « grève-généraliste » : non seulement les grands congrès ouvriers et les principaux mouvements menés au cours d’une période caractérisée par une intensification de la lutte des classes (les grèves ont pratiquement triplé entre les années 1890-1892 et 1904-1905), mais aussi l’apparition des organes de la presse syndicaliste, socialiste et anarchiste. Nous signalons aussi la parution des textes principaux des propagandistes de la grève générale issus des milieux syndicalistes ou de publicistes proches de ces milieux. Nous y avons adjoint, sans souci exhaustif, la parution de certains ouvrages consacrés, en totalité ou en partie, au thème de la grève générale. Nous avons choisi d’arrêter cette chronologie à l’année 1909, qui marque le début de la « crise syndicaliste ».

1879

20 octobre. Troisième congrès national ouvrier de France à Marseille, qui, regroupant socialistes et anarchistes, prend le nom de Fédération du parti des travailleurs socialistes de France.

1881

Mai. Scission entre anarchistes et socialistes au congrès de Reims de la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France.

1882

Scission au sein des socialistes entre la majorité conduite par Paul Brousse et les partisans de Jules Guesde et Paul Lafargue, les premiers « marxistes » français. Ces derniers tiennent à Roanne un congrès qui va constituer l’acte de naissance du parti ouvrier, baptisé peu après parti ouvrier français (POF).

1884

21 mars. Loi (dite Waldeck-Rousseau) sur les syndicats professionnels, Waldeck-Rousseau étant ministre de l’Intérieur.

1886

Janvier-juin. Grève des mineurs de Decazeville. Le 26 janvier, le sous-directeur de la compagnie est tué par les ouvriers. Après un arrêt, la grève reprend le 26 avril. La reprise générale se fait le 12 juin, après l’intervention de Basly, le dirigeant de la fédération des Mineurs.

Août. Grève d’une durée d’un mois à Vierzon, à la Société française du matériel agricole.

— Premier congrès de la Fédération des syndicats à Lyon, fondée sous l’impulsion du POF.

1887

3 février. Création de la Bourse du travail de Paris.

Octobre. Deuxième congrès de la Fédération des syndicats. Première apparition de l’idée de grève générale dans un congrès syndical.

6 novembre. Le principe de la grève générale est adopté au meeting de la salle Favié, à Paris, par vingt-deux chambres syndicales, en présence de deux mille personnes.

1888

Juillet. Les terrassiers de Paris décident une grève générale des chantiers de la capitale et des environs. Reprise du travail en août.

21 août. Dans une réunion publique tenue à la salle du Globe à l’occasion de la grève des menuisiers, le menuisier anarchiste Joseph Tortelier propose la grève générale comme le « plus puissant moyen pacifique à la disposition du prolétariat pour arriver à son émancipation ».

28 octobre-4 novembre. Au Bouscat, le troisième congrès de la Fédération des syndicats adopte une résolution grève-généraliste.

1889

14 février. Émile Pouget commence à faire paraître Le Père Peinard, où il va défendre « la petiote », l’idée de grève générale.

— Congrès constitutif de la IIe Internationale à Paris.

1890

13-18 octobre. La Fédération des syndicats – qui réunit son quatrième congrès à Calais – rejette, cette fois-ci, le principe de la grève générale.

1891

1er mai. La troupe tire sur une manifestation ouvrière à Fourmies, dans le Nord, faisant neuf morts et soixante blessés.

— Un an après le congrès de Châtellerault, qui a entériné la rupture au sein de la Fédération des travailleurs socialistes de France entre les partisans de Paul Brousse et ceux de Jean Allemane, ces derniers fondent à Paris le parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Ce parti fait de la grève générale un point de son programme : la notion restera à l’ordre du jour de tous les congrès nationaux du parti.

1892

7-8 février. Congrès constitutif de la Fédération des Bourses du travail à Saint-Étienne. Son premier secrétaire est le blanquiste Besset.

— Cinquième congrès de la Fédération des syndicats à Marseille. Aristide Briand y fait adopter le principe de la grève générale.

16 août-13 novembre. Grève des mineurs de Carmaux. Elle commence après le licenciement d’un ouvrier, Calvignac. Ses compagnons demandent le renvoi du directeur de la compagnie et la réintégration du mineur licencié. Ils n’auront gain de cause que sur cette seconde revendication.

1893

4 janvier-27 mars. Grève des ouvriers métallurgistes de Rive-de-Gier (Loire), à la suite du renvoi d’un ouvrier de l’usine Marrel.

12 juin. Début de la grève des cochers de Paris. Le travail ne reprendra qu’en juillet.

6 juillet. Sous prétexte que certains des syndicats qui y sont représentés ne respectent pas toutes les dispositions établies par la loi Waldeck-Rousseau sur les syndicats (notamment l’obligation de déposer à la préfecture leurs statuts et les noms de leurs responsables), le gouvernement Dupuy fait fermer la Bourse du travail de Paris, qui est occupée par la troupe.

12-16 juillet. Congrès national corporatif à Paris, auquel assistent la Fédération des syndicats et la Fédération des Bourses. Création de la Commission d’organisation de la grève générale, dont le secrétaire est l’allemaniste Henri Girard.

14 septembre-6 novembre. Grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais.

23 novembre. Fondation de l’ordre des Chevaliers du Travail ou Chevalerie du Travail française (CTF), société secrète inspirée par les Knights of Labor américains. Sorte de franc-maçonnerie prolétarienne, elle regroupera des socialistes de toutes tendances (y compris Aristide Briand), des anarchistes et des syndicalistes : deux grandes figures du mouvement syndical, Eugène Guérard et Fernand Pelloutier, ont occupé le poste de secrétaire général de l’organisation.

9 décembre. Attentat de l’anarchiste Auguste Vaillant contre la Chambre des députés.

11-12 décembre. Loi sur les « associations de malfaiteurs », aggravant les articles 24, 25 et 49 de la loi du 29 juillet 1881. C’est la première des lois dites « scélérates ».

— Parution de La Société mourante et l’anarchie, de Jean Grave.

1894

7 février. Exécution d’Auguste Vaillant.

16 mars. Début de la grève des verriers de Rive-de-Gier à l’usine Richarme. Elle touche plus de mille ouvriers et durera 317 jours, soit une des plus longues jamais enregistrées.

Mai-septembre. Grève des mineurs de Graissessac, après une diminution du personnel. La grève s’étendra sur 117 jours.

24 juin. Le président de la République, Sadi Carnot, est assassiné par l’anarchiste italien Santo Caserio.

6 août. Début du « procès des Trente », intenté contre des militants anarchistes pour « association de malfaiteurs ».

17-22 septembre. Le congrès corporatif de Nantes, qui adopte le principe de la grève générale, donne lieu à une scission au sein de la Fédération des syndicats, où ne reste que la faction guesdiste : l’autre va constituer la CGT en 1895.

24 septembre. Début de l’affaire Dreyfus.

— Le congrès du POSR tenu à Dijon adopte la résolution suivante : « Le triomphe des revendications ouvrières n’est possible que dans l’action insurrectionnelle des travailleurs du monde entier, soutenant et fomentant une grève générale. »

1895

4 mai. Premier numéro de l’hebdomadaire anarchiste Les Temps nouveaux, qui prend la suite de La Révolte. Ce journal succédait lui-même au Révolté, fondé en 1879 à Genève par un groupe constitué autour de Kropotkine. L’un de ses membres, Jean Grave, en prend la direction à partir de 1883. Deux ans plus tard, le journal commence à paraître à Paris.

9-12 juin. Quatrième congrès de la Fédération des Bourses à Nîmes. Fernand Pelloutier est nommé secrétaire à la place du blanquiste Rieul Cordier.

31 juillet. Début de la grève des verriers de Carmaux. Le comité de la grève reçoit le soutien de Jaurès et Gérault-Richard, qui viennent s’établir dans la ville. La grève ne se conclut qu’en janvier 1896.

23-28 septembre. Congrès constitutif de la Confédération générale du travail à Limoges, où allemanistes et blanquistes sont présents en masse. Dans les statuts adoptés à l’issue du congrès, la grève générale figure comme une des attributions du conseil national de la CGT.

16 novembre. Premier numéro du Libertaire, hebdomadaire fondé par Louise Michel et Sébastien Faure.

Novembre. Publication de Qu’est-ce que la grève générale ? de Fernand Pelloutier et Henri Girard.

— Parution du n° 1 de la revue La Grève générale.

1896

30 mai. Discours de Millerand à Saint-Mandé, où il propose « la substitution nécessaire et progressive de la propriété sociale à la propriété capitaliste » par la voie du suffrage universel.

Juillet-août. Congrès international socialiste à Londres, auquel participent de nombreux anarchistes, dont Pierre Kropotkine, Gustav Landauer, Errico Malatesta, Domela Nieuwenhuis, et les Français Louise Michel, Fernand Pelloutier, Émile Pouget, Élisée Reclus et Joseph Tortelier. Il rejette la stratégie grève-généraliste défendue par Eugène Guérard et écarte les antiparlementaristes, anarchistes purs ou syndicalistes libertaires.

— Parution de l’ouvrage Principes socialistes, de l’exguesdiste Gabriel Deville, qui contient une charge contre la grève générale.

1897

Février. Fernand Pelloutier fonde L’Ouvrier des Deux

Mondes, l’organe de la Fédération des Bourses.

Septembre. La CGT, réunie à Toulouse pour son troisième congrès, adopte à l’unanimité un rapport sur le sabotage et le boycottage inspiré par Émile Pouget.

1898

9 avril. Loi sur les accidents du travail.

16 juillet. Pelloutier est nommé secrétaire de la Chevalerie du Travail.

14 octobre. Échec de la grève générale des transports.

  • Georges Sorel publie « L’avenir socialiste des syndicats » dans L’Humanité nouvelle.
  • Publication de la brochure La Grève générale (librairie Jean Allemane), éditée par le Comité de la grève générale de la CGT et le POSR.

1899

22 juin. Le socialiste indépendant Millerand est nommé ministre du Commerce.

14 juillet. « Manifeste à la France ouvrière et socialiste » des blanquistes et des guesdistes, qui affirment que « le parti socialiste ne saurait devenir un parti ministériel ».

3-8 décembre. Congrès général des organisations socialistes françaises à la salle Japy, à Paris, au cours duquel Aristide Briand intervient en défense de la grève générale.

— Hubert Lagardelle fonde la revue Le Mouvement socialiste.

1900

30 mars. Loi Millerand-Colliard sur la durée de la journée de travail.

Juin. La troupe tire, à Chalon, sur une manifestation d’ouvriers mécaniciens-constructeurs, en grève depuis le 21 avril. Deux grévistes sont mortellement atteints.

Juillet-septembre. Vague de grèves au Havre. La gendarmerie et la troupe occupent les rues de la ville.

10-14 septembre. Au cinquième congrès de la CGT, la grève générale est présentée comme « un des seuls moyens qui, dans le domaine économique, assurera l’émancipation des travailleurs, tout en n’excluant pas les moyens utilisés sur un autre terrain ».

15 novembre. Projet de loi Millerand sur l’arbitrage et la grève.

12 novembre-7 février 1901. Grève des tullistes de Calais.

Décembre. Publication du premier numéro de La Voix du peuple, organe hebdomadaire de la CGT. Le responsable de la rédaction en est Émile Pouget.

— Publication chez Stock de l’étude de Pelloutier Le Congrès général du parti socialiste français, précédée de la « Lettre aux anarchistes », où l’auteur appelle les libertaires à entrer dans les syndicats.

1901

21 janvier-6 mai. Grève des mineurs de Montceau-les-Mines.

Mars. Fondation de l’Union fédérative des syndicats, la première centrale syndicale « jaune », dirigée par Paul Lanoir.

13 mars. Mort de Pelloutier. Il est remplacé par un autre anarchiste, Georges Yvetot, au secrétariat de la Fédération des Bourses.

1er avril. Congrès à Lens de la fédération nationale des Mineurs, qui décide du principe de la grève générale de la corporation.

21 avril. Eugène Guérard est élu secrétaire général de la CGT. Victor Griffuelhes le remplacera en septembre.

29 août-1er septembre. Jaurès fait paraître dans La Petite République une longue et minutieuse critique des thèses grève-généralistes.

22 et 29 septembre. La Commission de propagande de la grève générale de la CGT répond à Jaurès dans les colonnes de La Voix du peuple.

— Parution de la brochure La Grève générale (d’inspiration nettement libertaire), rédigée par la Commission de propagande de la grève générale (CGT). Elle est tirée à 50 000 exemplaires.

1902

5 mars. À son congrès national d’Alais (Alès), la fédération nationale des Mineurs vote la grève générale de la profession contre l’avis de Basly et Lamendin.

Mars. Création à Tours du PSF (parti socialiste français), constitué autour de Jean Jaurès.

27-29 mars. Premier congrès de l’Union fédérative des syndicats.

1er avril. Fondation de la fédération nationale des Jaunes de France, sous l’impulsion de Pierre Biétry.

26-28 septembre. Le parti socialiste de France (PSdF), regroupant les partisans de Jules Guesde et d’Édouard Vaillant, tient son premier congrès national à Commentry.

22-27 septembre. Septième congrès de la CGT à Montpellier, au cours duquel elle fusionne avec la Fédération des Bourses. Griffuelhes est élu secrétaire général, Yvetot est secrétaire de la section des Bourses et Pouget secrétaire à La Voix du peuple.

7 octobre. Le comité national de la fédération des Mineurs décrète la grève générale de la profession. Dans la seconde moitié d’octobre, elle s’étend à dix départements et touche plus de 100 000 mineurs. Le travail reprendra entre le 15 et le 18 novembre.

Parutions. Grève générale réformiste et grève générale révolutionnaire, de la Commission de propagande de la grève générale de la CGT ; Histoire des Bourses du travail, de Fernand Pelloutier (posthume) ; Vers la grève générale, de Georges Yvetot ; La Grève générale, thèse de droit de Léon Schwab.

1903

1er juillet-8 août. Grève à Hennebont (Morbihan) à la Société des cirages français. Émeutes les 3 et 5 août, suivies de l’arrestation de Jean Latapie, leader de la fédération de la Métallurgie, venu soutenir les grévistes.

11 juillet. Loi sur l’hygiène des ateliers.

Octobre. Mouvement de grève dans l’industrie linière d’Armentières, marqué par une courte et violente émeute, le 13 octobre.

Parutions. Au lendemain de la grève générale, brochure d’Émile Giraud ; réédition de Grève générale réformiste et grève générale révolutionnaire, sous les auspices de la Commission des grèves et de la grève générale.

Avril. Le congrès socialiste international d’Amsterdam, à une très forte majorité, déclare la grève générale « inexécutable, parce qu’une telle grève rendrait chaque existence, celle du prolétariat comme toute autre, impossible ».

18 avril. Jaurès crée le journal L’Humanité.

Juin-juillet-septembre. Le Mouvement socialiste publie une enquête internationale sur les relations entre la grève générale et le socialisme.

12-20 septembre. Le congrès de la CGT tenu à Bourges décide de mener campagne pour la journée de huit heures.

1905

13 avril. Premier numéro de l’hebdomadaire l’anarchie, fondé par Libertad.

Avril. Grève des ouvriers porcelainiers de Limoges. Les ouvriers ayant tenté de libérer leurs camarades accusés d’avoir pillé des armureries, l’un d’entre eux, Camille Vardelle, est tué par la troupe.

23-25 avril. Fondation de la SFIO salle du Globe à Paris.

12 octobre. La CGT est expulsée de la Bourse du travail de Paris.

Parutions. La Bibliothèque socialiste fait paraître La Grève générale, où Étienne Buisson tente, dans une perspective socialiste, une réfutation systématique des thèses grève-généralistes ; Paul Louis publie L’Avenir du Socialisme chez Fasquelle.

1906

10 mars. Catastrophe de Courrières dans le Pas-de-Calais 1 200 morts).

14 mars. Clemenceau est ministre de l’Intérieur.

Mars-avril. Grève des mineurs après la catastrophe de Courrières.

Fin avril-août. Nouvelle grève à Hennebont, à la Société des cirages français.

1er mai. Clemenceau met Paris en état de siège. Il mobilise 45 000 soldats et fait arrêter les dirigeants de la CGT, accusés d’avoir fomenté un complot avec des monarchistes.

6-20 mai. Succès de la gauche aux élections.

13 juillet. Vote d’une loi accordant le repos dominical.

8-16 octobre. Neuvième congrès de la CGT à Amiens.

Adoption à une très forte majorité de la motion rédigée par Pouget et Griffuelhes et présentée par ce dernier au nom du comité confédéral. La résolution, rédigée en présence de Paul Delesalle, Louis Niel et Étienne Merzet, sera baptisée ultérieurement « charte » d’Amiens. Elle insiste sur la nécessaire indépendance du syndicat à l’égard des partis et des sectes et rappelle, entre autres choses, l’importance que la CGT continue d’accorder au principe de la grève générale.

18 octobre. Clemenceau devient président du Conseil. Viviani est ministre du Travail.

— Sorel publie ses « Réflexions sur la violence » dans LeMouvement socialiste.

Décembre. Gustave Hervé fonde l’hebdomadaire révolutionnaire La Guerre sociale.

1907

8 mars. Grève sans préavis des ouvriers parisiens des six compagnies d’électricité, qui laisse la « Ville lumière » dans le noir pendant 36 heures.

Juin. Grève de la viticulture et répression sanglante à Narbonne ; le 21, le 17e régiment d’infanterie de Béziers se rebelle ; le 23 juin, le comité confédéral de la CGT fait placarder l’affiche intitulée « Gouvernement d’assassins », qui célèbre le geste de fraternisation des soldats du 17e et dénonce « le trio sinistre qui symbolise le pouvoir… Clemenceau, Briand, Viviani ».

28 juillet. Fusillade à Raon-l’Étape, dans les Vosges, au cours d’une manifestation d’ouvriers chaussonniers en grève : une trentaine de blessés et deux morts.

Août. Congrès international anarchiste à Amsterdam. Controverse entre Pierre Monatte et Errico Malatesta à propos de l’attitude des libertaires face au syndicalisme.

Octobre. Mermeix (Gabriel Terrail) publie Le Syndicalisme contre le socialisme. Origine et développement de la CGT.

1908

Mai-août. Grèves et répression sanglante à Draveil et Villeneuve-Saint-Georges.

1er août. Arrestation des dirigeants de la CGT.

3 août. Échec de la grève générale.

6 août. Fermeture de la Bourse du travail.

5-12 octobre. Dixième congrès de la CGT à Marseille. Dans les débats qui suivent la fin du congrès, la motion adoptée en 1906 est déjà qualifiée de « charte » du syndicalisme, notamment par Louis Niel.

— Publication de l’article « Romantisme révolutionnaire » de Victor Griffuelhes dans la revue syndicaliste révolutionnaire Action directe.

1909

24 février. Griffuelhes, sorti de prison fin octobre, donne sa démission du secrétariat confédéral. Il est remplacé par Louis Niel, du syndicat du Livre.

26 mai. Niel démissionne. Léon Jouhaux lui succède en juillet.

Juillet. Clemenceau est renversé, et remplacé par Briand.

Octobre. Fondation de La Vie ouvrière, publication bimensuelle syndicaliste révolutionnaire animée en particulier par Pierre Monatte et Alphonse Merrheim.

Parutions. Le théoricien socialiste Charles Vérecque reprend les critiques habituelles des guesdistes contre la grève générale dans La Conquête socialiste du pouvoir politique ; Syndicalisme révolutionnaire et syndicalisme réformiste, de Félicien Challaye, contraire au grève-généralisme ; Comment nous ferons la révolution, roman d’anticipation de Pouget et Pataud.

Réalisation : William Dodé