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Introduction à l’économie politique
Œuvres complètes - tome I

Co-édition avec le collectif Smolny…
Préface de Louis Janover

Parution : 23/10/2009
ISBN : 9782748901139
Format papier : 480 pages (14 x 21 cm)
20.00 € + port : 2.00 €

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De 1907 à 1913, Rosa Luxemburg donne des cours d’économie politique à l’école du parti social-démocrate allemand. Alors que ce dernier se montre de plus en plus complaisant à l’égard d’un système qui conduit tout droit à la Première Guerre mondiale, Rosa Luxemburg fait ressortir les contradictions insurmontables du capitalisme, son inhumanité croissante, mais aussi son caractère transitoire. Appuyé sur les avancés scientifiques et critiques de son temps, son regard embrasse les formes d’organisations sociales les plus variées, depuis le « communisme primitif » jusqu’au dernier-né des modes d’exploitation, le capital « assoiffé de surtravail ». Dans ces leçons, qui s’inscrivent dans le droit-fil de la Critique de l’économie politique de Marx comme du Manifeste communiste, elle pose la question qui resurgit aujourd’hui avec plus d’insistance que jamais : socialisme ou chute dans la barbarie !

Louis Janover, le préfacier, est essayiste, traducteur et éditeur français. Il compte en 1956 parmi les signataires du texte du groupe surréaliste de soutien à l’insurrection de Budapest. Collaborateur de Maximilien Rubel, il a été co-directeur de la revue Études de marxologie et co-éditeur des Œuvres de Karl Marx dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Dans son texte « Rosa Luxemburg, l’histoire dans l’autre sens », la pensée de Rosa Luxemburg est utilisée pour questionner autrement les mouvements d’émancipation sociale jusqu’alors interprétés par les idéologues des régimes dits « soviétiques » ou sociaux-démocrates.

Rosa Luxemburg

Rosa Luxemburg (1871–1919), née en Pologne russe en 1871, est l’une des principales militantes et théoricienne du mouvement ouvrier international avant et pendant la première guerre mondiale. Elle enseigne l’économie politique de 1907 à 1913 à l’école du parti social-démocrate allemand de Berlin. Elle maintient lors du premier conflit mondial un internationalisme intransigeant qui lui vaut d’être emprisonnée de façon quasi-continue jusqu’à sa libération par la révolution de Novembre 1918. Avec le groupe Spartakus elle se lance dans une intense activité révolutionnaire jusqu’à son assassinat le 15 janvier 1919 par les corps-francs.

Rosa Luxemburg aux éditions Spartacus

Les livres de Rosa Luxemburg chez Agone

Dossier de presse
Matthijs (AL Montpellier)
Alternative Libertaire n°192, février 2010
Jean-Luc Debry
Gavroche.info
Classique de la subversion
Cet ouvrage est une compilation de cours donnés par Rosa Luxemburg à l’école du parti social-démocrate allemand, réunis pour la première fois dans un ouvrage en 1908. L’objectif est d’expliquer, de façon simple, à des militants n’étant pas forcément des intellectuels, les bases de l’économie politique…
Pour ce faire, Luxemburg commence par définir clairement ce qu’est l’économie politique, ce qui n’est pas chose évidente, comme le montrent les 50 pages consacrées à cette définition. On en retiendra que l’économie politique est l’étude de l’insertion de l’économie (la production et l’échange) dans les rapports sociaux. Elle porte spécifiquement sur l’influence que l’organisation de l’économie et ses logiques de fonctionnement peuvent avoir sur les structures de la société.
Luxemburg étudie cette influence en trois grandes parties, en décrivant le déroulement historique qui mène du communisme primitif au capitalisme industriel. Cette progression est faite en termes plus pédagogiques qu’ historiques, la réalité étant beaucoup plus complexe.
Luxemburg commence par le communisme primitif, en s’appuyant sur les travaux d’Evans-Pritchard, puis montre comment la complexification de la production et de l’échange amène la création d’un instrument d’échange plus commode, la monnaie. À son tour, la logique interne à l’usage de la monnaie mène rapidement à la création du marché, qui désagrège rapidement la formation sociale qu’était le communisme primitif. Enfin, Luxemburg explique comment, de la production marchande, on passe au capitalisme, ou le travailleur est exploité par le biais de la plus value.
Cet exposé constitue une excellente introduction à la compréhension des rapports sociaux qui sont le soubassement dissimulé de l’économie capitaliste mondiale. Cela dit, en termes scientifiques, une partie du chapitre sur le communisme primitif est dépassée. En effet, R. Luxemburg qui s’appuyait sur les connaissances « scientifiques » de son temps, en est victime. Elle utilise les travaux d’Evans-Pritchard, anthropologue britannique, pour décrire ces sociétés communistes primitives. Or, celui-ci était un tenant de l’évolutionnisme, doctrine que chaque société passe par les mêmes phases de développement. Du coup, selon l’évolutionnisme, les sociétés les plus arriérées sont les tribus africaines et océaniennes et les plus avancées sont les sociétés capitalistes modernes.
S’il est dommage que Rosa Luxemburg reprenne ce schéma pour parler du communisme primitif, cela n’enlève pas au reste de l’ouvrage sa valeur. Celui-ci permet de comprendre, ce qu’est l’économie politique, ce qui n’est pas évident. De plus, il permet d’en acquérir facilement les bases, ce qui n’est pas négligeable. Il permet aussi de comprendre comment le capitalisme a pu se mettre en place.
Matthijs (AL Montpellier)
Alternative Libertaire n°192, février 2010
Compte-rendu

Le collectif Smolny s’attache à rendre disponibles les contributions essentielles, dans toute leur diversité et leur complexité, de l’histoire du mouvement ouvrier, notamment celles de la gauche communiste, souvent négligées par l’édition traditionnelle. En tournant volontiers son regard vers l’œuvre d’Anton Pannekoek, il donne le ton.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la publication du texte Introduction à l’économie politique de Rosa Luxemburg. Il s’agit des cours qu’elle dispensa de 1907 à 1913 à l’école du Parti social-démocrate allemand. L’auteur, en marchant sur les traces de Marx, expose, dans un style limpide et didactique, mais sans pédantisme, une lecture personnelle et particulièrement érudite de l’économie politique dans un contexte de développement du système capitaliste. Les contradictions structurelles qu’il ne manque pas de produire y sont exposées avec soin. Le dernier chapitre consacré « à la mondialisation », comme on dirait aujourd’hui, sera, au regard des événements qui secouèrent l’Europe de 1914 à 1930, malgré la note d’espoir qui le clôt, particulièrement douloureux aux lecteurs actuels. L’analyse de Rosa Luxemburg est portée par la conviction que les contradictions d’un tel système économique ne pouvaient qu’aboutir à sa destruction, sous-estimant sans doute la puissance de la contre-révolution qui allait se mettre en route à Berlin en 1919 et à Moscou dès le début des années 1920.

Elle aborde diverses formes d’organisations sociales et économiques, depuis le « communisme primitif ». Son traitement du travail-marchandise trouve dans notre actualité un écho qui en souligne toute la modernité.

La présence d’un sérieux appareil de notes apporte un heureux complément aux lecteurs attentifs et studieux. Ce texte fort peu connu en France (la première édition en langue française date de 1970) est précédé d’une présentation de Louis Janover (de nombreux textes de cet auteur sont disponibles aux éditions Sulliver). Il faut enfin saluer la remarquable chronologie (de 1857 à 1925) incluse en fin d’ouvrage. Elle place le propos dans un cadre historique et politique internationaliste particulièrement bienvenu. La présentation des journaux et organisations complète l’ensemble. À ce propos, il convient de signaler une présentation du KAPD, des syndicalistes révolutionnaires de l’AAU et des groupes oppositionnels qui, en marge et au sein du PCR, tentèrent de résister à la destruction du pouvoir des soviets au profit d’une bureaucratie centralisée. Elle comblera sans doute quelques oublis fâcheux dans notre connaissance des révolutionnaires de ce temps.

Jean-Luc Debry
Gavroche.info
Réalisation : William Dodé