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Sollers tel quel, suivi de Cursus honorum sollersien (1957-2007)

Il y a un mois disparaissait Philippe Sollers. Et comme il se doit, sans la moindre fausse note, les médias, petits comme grands, de droite comme de gauche, parisiens et régionaux, tous ont décliné la tristesse officielle de son employeur. Le temps du deuil passé et avant que son nom ne s’efface des mémoires nous a semblé le bon moment pour rappeler la carrière, la fonction, le fonctionnement de ce type d’« intellectuel pour qui les lettres, les arts, les sciences ou la philosophie sont la continuation de la politique par d’autres moyens : non plus considérée comme un outil de changement social mais comme un instrument pour garder le pouvoir – pas seulement d’être vu ».

À l’instar des autres ombres qui peuplent de leur vivant (mais pas au-delà) le monde des lettres français, figurine à gros cul sur lesquels on tape, qui basculent et reviennent toujours au centre du jeu, qualifié d’« insignifiant » par Guy Debord, de « plat frelaté » par Louis Althusser, de « danseur mondain » par Guy Hocquenghem et de « Sacha Distel » par Patrick Modiano, Philippe Sollers figure dans le site officiel des éditions Gallimard au titre d’une « présence intempestive à l’époque », qu’il a su ériger en mode d’existence.5